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15/03/2014

La Rue de la Garde

 La garde et la rue de la garde.JPG

Le corps de garde se trouvait au coin de la rue , sur la pelouse de la maison Massy

Le corps de garde

Il se situait au début de la rue sur le coin.

Le corps de garde était un bâtiment où se tenait un poste de soldats appelés gardes. Ces gardes qui dépendaient de l’autorité militaire étaient chargés d’un service d’ordre et de surveillance.

Leurs principales fonctions étaient de garder le territoire, de veiller à l’éxécution des ordonnances, de dénoncer les soldats déserteurs, d’arrêter les mendiants, les vagabonds, les gens sans aveu, d’examiner les passeports des étrangers et de prêter main forte aux patrouilles paysannes, de prévenir la population d'un danger iminent.

Les appréhendés étaient enfermés dans le corps de garde, en attendant d’être emmenés dans les prisons du chef-lieu.

Chaque nuit à minuit les gardes tiraient un coup de feu pour attester leur présence. Le service militaire des gardes fut supprimé en 1799 et ses fonctions furent confiées à la gendarmerie.

D’apparence modeste, le corps de garde ne comprenait qu’une seule pièce éclairée par une fenêtre unique.

Sur le territoire de Ladeuze, il existait un corps de garde au Fayt et ce sont les communautés de Ladeuze, d’Hardempont et de Grosage qui en avaient l’entretien.

Les gardes du Fayt avaient la surveillance des routes jusqu’au corps de garde d’Huissignies, ceux de Huissignies jusqu’au corps de garde de Blicquy.  (L’histoire de Ladeuze, Abbé Demeuldre) 

8 à 13 hommes assuraient ce service qui déjà suspendu en 1770, fût confié en 1790 à la gendarmerie (Brigade de Basècles).

Les soussignés maire et échevins du village d’Husseignies ordonnent à Pierre-Joseph Duquesne, receveur de la taille du dit lieu de payer à Amand Legrand, maître maçon, la somme de 148 livres pour avoir démoli et rétabli le corps de garde du dit Husseignies, lequel lui fut adjugé le 20 mai de cette présente année telle qu’il en comte pour la criée concernant ce sujet et donné en notre assemblée ce 9 août 1789. Signé : FJ Massart, Blat, Staumont, André, PJ Cauchies, JB Duquesne. Amand-Joseph Legrand a reçu. (Archives de la ville d’Ath

 

terrage,fourche patibulaire,chaufour

 La rue de la Garde,

elle n’a pas toujours porté ce nom, on trouve, en 1384 : « à la rue Croix du kemin d’Ath » et en 1558, « la voye qui maine de la Maladrerie d’Husseignies à Ladeuze, couture de la Croix ».   

 Au Caufour,

C’est la dénomination de la dernière maison de la rue de la Garde (Maison Herman Thibaut).

Dès 1462, on retrouve « Les Chaufours Condist de Hunsegnies, terre de Ladeuze; "où l'on dist à chaufour en la couture de la Croix près de la cense de la Tourette (1751) ».

Des fours à cuire la roche pour la convertir en chaux (chaux fours, fours à chaux) y étaient installés. 

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Le lieu-dit "Au Caufour" 

Cette dénomination « Chaufours », se retrouve d’ailleurs dans de nombreux villages voisins où on exploitait des fours à chaux. La chaux mélangée à de la farine de seigle servait de ciment pour la construction.

 Coutures Delcroix

Citée plusieurs fois du XIV au XVIème siècle avec les noms de Delcroix-Occidentale,  Delcroix-Orientale et Mont en Croix.

Il s'agit en réalité " De la Croix...", car il y avait présence d'une croix à l'intersection de la rue de la Garde et de la rue de la Corne. C'est en 1395 que la croix est mentionnée pour la première fois.

C'était au nom de la croix et la croix sur l'habit que les chevaliers croisés au XI ème siècle partaient en Palestine pour la conquête du tombeau du Christ. La dévotion à la croix en devint très répandue et sa manifestation extérieure se traduisit dans les campagnes par la plantation de croix le long des chemins et aux abords des champs. C'était aussi un lieu de refuge; en se réfugiant auprès d'une croix, la victime arrêtait la poursuite de son agresseur.

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Un exemple de croix de campagne 

De la croix comme point de repère, la couture est divisée en: "Couture Delcroix Occidentale", du chemin de la Garde jusqu’à la couture des Vaulx à l'ouest,

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La couture Delcroix Orientale 

"Couture Delcroix Orientale", du même chemin de la Garde jusqu’à la Hunelle, aussi appelée couture des Prés, et "Le Mont-en-Croix", à partir de la croix en remontant vers Tiripré (sous juridiction de Ladeuze avant 1827).

 

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La couture Delcroix Occidentale sur la gauche de la rue 

Le Champ des Fourques,

Lieu-dit situé en la Couture Delcroix occidentale.

1517: "Couture des Fourches"; 1568: "Courtil des Fourches"; 1645: "Courtil des Fourques, 3 journels enclos de fossés".

A partir du XIIème siècle, le comte de Hainaut reprit le jugement des causes qui entraînaient la peine d emort; l'homicide, le vol, le rapt, l'incendie, tout en laissant au seigneur l'exécution de la sentance. Le criminel était suspendu au gibet dit "fourches patibulaires" et son cadavre était abandonné aux oiseaux de proie. Le gibet se trouvait d'ordinaire en quelque endroit élevé pour intimider les malfaiteurs par l'exemple. 

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Les Fourches patibulaires (Représentation)

D'après la matrice cadastrale du plan Lebeau de 1758, la terre du "Champ des Fourches" appartenait à Joseph Negleputte, il devait terrage (*) à 4 seigneurs ce qui laisse supposer que ce lieu de supplice aurait servi pour plusieurs seigneuries. 

 (*) Le terrage, sorte d'impôt sur terres cultivées de céréales qui se traduisait par le prélèvement en gerbes de celles-ci  par le représentant du seigneur avant que le paysan ne puisse engranger sa récolte personnelle. Le contrôle s'opérait sur le champ juste récolté par un sergent seigneurial et plus tard par un officier spécial. Pour les prés et les coutures, l'impôt se nommait "Cens" qui lui était sonnant et trébuchant.

La rue de la Garde et le plan Popp 

 

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N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
312/311/310 Maison/Jardin/terre Miroir Auguste, Rosalie et jean-Bapt, Journaliers
314/313/315 Maison/Jardin/terre Nairuez jean, Tisserand
317/318/316c Maison/Verger/terre Nopenaire Isidore, Cultivateur 
319bis/319 Maison/terre Veuve Vanus Bélori, cabaretière
322/321 Maison/Jardin Dath Vincent, cultivateur
304/305 Maison/Jardin Carlier Désiré et Auguste, Ouvriers
303/302 Maison/Jardin Fouquembarg Théodore Casimir, Cultivateur
300b/300c Maison/Jardin Cuvelier Veuve Jean-Baptiste et Télesphore, Ouvriers
     

 

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La Croix bien représentée sur une carte de 1745