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30/04/2016

L'histoire de nos chemins

Le pavage des rues de Husseignies

Le premier pavage des rues de Husseignies remonte à 1829, grâce entr’autre à des dites « corvées » d’habitants du village.

Avant cette période, l’état de nos chemins était comme dans tous les villages à la limite du praticable surtout l’hiver et durant les périodes de fortes pluie. Ils étaient étroits, empiérrés c'est-à-dire couverts d’un mélange de cailloux et de débris divers issus de la démolition de bâtiments.

Un paysage bien différent d'aujourd'hui...

Les rues et les prairies étaient bordées de haies servant de clôtures et les prairies souvent plantées d’arbres comme on peut le constater sur le plan Ferraris de 1750.

Le bois était un matériau extrêmement important, il servait:

  • pour la construction des maisons: madrier de charpente, poutres et chevrons de voûtes,linteaux de portes et de fenêtres, chassis et portes, battants.
  • pour l'ameublement surtout le chêne, le hêtre, le merisier et les bois fruitiers.
  • pour le chauffage.

Ferraris Husseignies (Copier).jpg

Extrait du livre des correspondances de la commune en 1834:

En 1834, le bourgmestre Domitien Gosselin établit un prix de revient d’un mètre de pavage sur une largeur de 3.5m.

Contre toute attente, on utilise pour les 1ers pavages non pas des pavés de porphyre de Lessines mais bien des grès issus des carrières de sable de Grandglise et plus précisément du site les « Bruyères ». La proximité des carrières de sable de Grandglise était prépondérante dans le choix par rapport aux carrières de porphyre de Lessines.

P1040017 - Copie (Copier).JPG

Grès de Grandglise (Soubassement de l'église de Grandglise)

Etat estimatif du coût d’un mètre de pavés sur une largeur de 3 mètres et demi :

  1. Pour coût d’un mètre courant pour les pierres prises aux carrières de Grandglise près d’Harchies : 16 centimes
  2. Idem pour le voiturage des dites pierres : 1 frs 80 ctmes du mètre
  3. Idem pour droits de chausséages des communes d’Estrambruges et Beloeil : 36 ctmes au mètre.
  4. Idem pour le sable : 4 ctmes du mètre.
  5. Idem pour le voiturage du sable les main d’œuvre d’ouvriers comprises : 80 ctmes du mètre.
  6. Idem pour salaire d’ouvriers travaillant à la terrasse:30 ctmes du mètre.
  7. Idem pour salaires des paveurs: 90 ctmes du mètre.

Total : 4 francs 36 ctmes du mètre.

Estimation coû pavage.JPG

Pour frais de réparations des pavés construits en 1829, 1830, 1831, 1832,1833 et 1834 sur une longueur de 1909 mètres ainsi que pour les ponts et aqueducs nécessitera en 1835 une somme de 182 francs 92 centimes et lors de l’achèvement des dits pavés une somme de 900 frs sera nécessaire pour leur réparations annuelles.

Fait à Husseignies, le 10 septembre 1834

Comment financer ces travaux ?

La commune était pauvre et ses habitants n’avaient guère beaucoup de réserves; seuls les paysans s’en sortaient bien mais les rentes foncières sur les terres étaient chères.

Dans un premier temps, les écrits nous apprennent que le bourgmestre-brasseur Domitien Gosselin a prêté de l’argent à la caisse communale pour initier les 1ers travaux de pavage. Ensuite, il fallait bien faire quelques emprunts et les banques n’existaient pas. Ce sont les riches de l’époque qui servaient de banque en prêtant de l’argent.

Les premiers emprunts ont été effectués auprès des héritiers Ducorron de L'esclatière *.

Ensuite, la commune étant exsangue et se devait de continuer à faire des améliorations au réseau débuté en 1829 et aussi paver de nouveaux tronçons, il était donc indispensable de trouver du nouvel argent frais.

Le document ci-dessous nous montre que le bourgmestre sollicite en mai 1835 le Duc d’Arenberg, le plus riche propriétaire du village (214 hectares sur 600 + le moulin à eau + la maison-forte) via son gestionnaire Mr Chopinet pour un emprunt.

Il sollicite un emprunt de 600 francs (300 pour payer les paveurs + 350 pour les pierres prises aux carrières de Grandglise + 150 pour les droits de chausséage sur les territoires de Stambruges et Beloeil). Les 200 autres florins seraient prélevés dans les réserves communales. Le bourgmestre estime qu’un emprunt de 2-3 ans ne lèserait pas trop le contribuable. Il demande une certaine diligence à sa demande car les travaux ne peuvent être exécutés qu’à la bonne saison et avant la moisson. Pour plaire au Duc d'Arenberg, il note qu’il ferait empierrer le tronçon entre la pont Colleau et le petit pont sur le Barbechin au niveau de la maison-forte.

Le Duc d’Arenberg répondra de façon positive et les travaux purent débuter le 15 juin comme en témoigne une lettre envoyée au commissaire d’arrondissement en juillet 1835. Dans une seconde lettre toujours adressée au commissaire, il signale qu’ils ont pris un peu de retard car la moisson est fort avancée cette année mais qu’ils ont néanmoins pu effectuer 515 mètres et qu’ils leur reste encore 136 mètres à terminer pour la fin août.

Lettre à Chopinet 1.JPG

Lettre à Chopinet 2.JPG

Lettre à Chopinet 3.JPG

Lettre au commissaire empierrements 1.JPG

Lettre au commissaire empierrements 2.jpg

Lettre au commissaire empierrements 3.jpg

La construction des ponts sur la Hunelle et les ruisseaux (Barbechin et Fossé Piquet)

 En 1834, la commune a du procéder à la construction de 6 ponts et 22 aqueducs sur les cours d’eau de la commune….

Voici l’état estimatif des travaux (la facture…) dressé par Cyrille Legrand maître maçon domicilié à Husseignies et Jean-Baptiste Battard, maître maçon domicilié à Ladeuze délégués par l’administration communale de Husseignies, « à charge de leur âme et conscience » .

  1. Construction du Pont Colleau construit sur la rivière appelée « la Lunelle » tant pour les pierres que pour la chaux,sable, cendre,voiturages, maçons et manœuvres, il a coûté à la commune une somme de 350 francs et 80 centimes. (Le Pont Colleau est celui sur la Hunelle à la rue de la Quemogne, à la limite de Huissignies et Ladeuze en direction de Beloeil)
  2. Idem pour le pont de la Butte construit sur la même rivière, il a coûté pour sa construction une somme de 360 francs et 50 centimes. (Le Pont de la Butte est celui construit sur la Hunelle le long de la Quemogne )
  3. Idem pour le pont du moulin près du Barouset construit sur le ruisseau du Barbechin une somme de 300 francs 60 ctmes. (au moulin Vandenhaute)
  4. Idem pour le pont Tin du bois construit sur le même ruisseau du Barbechin une somme de 170 francs 40 ctmes. (Pont en face de la friterie à la limite de la rue de l’église et de la Quemogne)
  5. Idem pour le pont Marcotte construit sur le ruisseau du Pont Goret (=le fossé Piquet) une somme de 290 frs 35 ctmes. (Pont en face de la Marcotte enjambant le Fossé Piquet)
  6. Idem pour le pont Goret construit sur le ruisseau du même nom, une somme de 170 frs75 ctmes. (Pont enjambant le Fossé Piquet à la rue Joseph Lizon).
  7. Idem pour un aqueduc sa construction a coûté une somme de 35 francs 65 cmes par conséquent la construction de 21 aqueducs existants dans la dite commune, a coûté une somme de 748 francs 65 centimes.

Total 2372.05

Fait à Husseignies le 20septembre 1834.

Le secrétaire Paul Abraham

Maçonnage des ponts.jpg

(*) La famille Ducorron de L'Esclatière était une riche famille aristocratique athoise.

09/08/2014

La rue Augustin Melsens (anciennement Rue du Monceau)

 

Rue Aug Melsens.JPG

 La Rue du Monceau

  • 1479: Chemin du Moncheau - Juridiction de Ladeuze
  • 1668: Couture et rue du Monlgau / rue du Monchau
  • 1850: sur le plan Popp: Rue du Monchau (Dialecte de Monceau)

L'origine de l'ancien nom de la rue n'est pas vraiment connu. 

Ce n'est qu'après la dernière guerre que la rue devint Augustin Melsens en hommage à ce soldat de Huissignies décédé en captivité en Allemagne durant la dernière guerre.

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Augustin Melsens (Collection Augustin Davister)

 

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 Le champ du village

Cette couture est vraisemblablement la plus ancienne terre cultivée du village. 

 le Champ du Village.jpg

Le lieu-dit "La Champ du Village" à côté de la Piedsente du Facq (Photo d'auteur inconnu)

Ce champ était jadis la propriété de l'Abbaye d'Ath qui y possédait une ferme en bordure de la rue du Monceau. Ces biens furent saisis sous la domination française et vendus comme biens nationaux.

 "Séance du 8 frimaire an VII. Ci-devant Abbaye d'Ath: 4 bonniers, 1 journel de terre et de pâture en 8 pièces affermées par bail de 9 ans commencé le 30 novembre 1792 au citoyen Cauvain moyennant une rente annuelle de 210 livres, porté à un revenu à l'époque de 1790 de 250 frs et au capital à la somme de 2000 frs (Archives de la ville d'Ath-Notes Van Haudenaerde) 

"11 brumaire et 21 brumaire an VII-Adjudication définitive-Canton de Chièvres-Commune de Huissignies-Ci-devant Abbaye d'Ath: Maison compôsée de 2 plans, remises, grange, etc...bâti en terre et pierre, couverte en paille, sur 15 journels de terre, prairies et verger, affermée par bail de 9 ans, commencé le 30 novembre 1792 à la citoyenne veuve Marou, moyennant une rente annuelle de 220 livres, portée à un revenu à l'époque 1790 de 200 frs et en capital, à la somme de 4000 frs (Archives de la ville d'Ath-Notes de Van Haudenaerde)

L'Abbaye d'Ath était propriétaire de toute la partie droite de la rue depuis le tournant du musée jusqu'au Trieu et en profondeur jusque la rue Marcel Bernard, ainsi que d'autres parcelles de terre de part et d'autre du village. 

Rue melsens et à droite l'ancien cabaret Tinio.JPG

L'ancienne ferme de l'abbaye d'Ath se trouvait à l'endroit de la maison Gevart JP, anciennement appelée aussi cabaret "Tinio" 

 

La rue du Monceau (ou Monchau) et le plan Popp

 

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Section B (à gauche à partir de la rue de l'église en direction du Trieu )  
N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
351a/350a/345a/348 Maison/Jardin/Verger/Terre  Duquesne - Massart Pierre-Joseph, Charpentier de moulin, dit Birique (Anc. ferme Oscar Degauquier)
300d/300c/300b/300a Bât.rur/Jardin/Verger/Terre  Duquesne Marie-Désirée épouse Debay Léopold, Cultivateur (Musée)
297/298/296 Maison/Jardin/Verger Gosselin Stanislas, Cultivateur
295/299/303 Bât.Rur/terre/terre Idem
294/288/302 Maison/Verger/Terre Stampe François et Antoine dit Zin, Cultivateur
293a/292b Maison/Jardin Soudans Antoine, Ouvrier
249c/250a/251a Maison/Jardin/Verger Degaland Basile, Cultivateur
     
  (à droite direction Trieu)  
433/434/432/431 Maison/Jardin/Verger/Terre  Duquesne François, Cultivateur (Anc. ferme Procope)
426/425/424 Maison/Jardin/Terre Maton Jean-Baptiste, Commis Voyageur, Leuze (Act. Gevart JP)
     

 

La Piedsente de la Couturelle (ou du Château)

Cette ancienne piedsente longeait le Barbechin depuis le château Malaise jusque derrière le musée. Elle est mentionnée et répertoriée dans l'Atlas vicinal de 1841. 

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 Photo tirée derrière le musée de la vie rurale, la piedsente longeait les saules en direction du château Malaise

 Ainsi se termine la catégorie "Les lieux-dits et les rues".

Des mises à jour seront effectuées au fur et à mesure d'éventuelles nouvelles trouvailles...!!

 

12/07/2014

La rue Maifrette

 

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La ruelle Maifrette

On trouve dans les archives les dénominations suivantes:

  • 1600: La fraitte de la maize d'Hardempont sur Huncegnies. 

       Une maize  (dérivé de manse) était une sorte de ferme à laquelle était attachée à

       perpétuité une quantité de terre indéterminée.

       Fraitte (frette, frete..) dérivé de frayer: une brèche, un passage.

       La fraitte de la maize était donc un passage qui conduisait à 2 fermes situées à cet

       endroit et qui appartenaient à la seigneurie d'Hardempont dépendant elle même du

       Chapitre Saint-Pierre de Leuze sur le territoire de Huissignies.

       Donc, encore une enclave qui disparaîtra lors de la démarcation cadastrale de 1837, la

       rue Maifrette revenant alors définitivement à Huissignies.

  • 1638: La Maisse Frëtte
  • 1664: Ruelle de la Maizefrete
  • 1675: La Maisse fraitte en Hardempont
  • 1755: Rue Maisfrette
  • 1850: sur le plan Popp, mentionnée: Ruelle de la Maisfrette 

Rue maifrette2.jpg

Les 2 censes de la ruelle....

Au 18ème, la Seigneurie d'Hardempont du Chapitre Saint-Pierre de Leuze possédait 2 fermes importantes dans cette ruelle et les domaines de celles-ci étaient séparés par un fossé coupant les lieux-dits "Couturelle" et "Couture du Barbechin".

  • La Cense dite "Honoré " ou "du Chapitre"

 La ferme du Chapitre 2 (1982).jpg

 La Cense du Chapitre aujourd'hui disparue. Photo d'Ovide Canseliet vers 1980

Cette ferme fut démolie dans les années 1980, la dernière famille qui y habita était la famille Mikuletich. 

Dans les archives, on trouve:

  • Au 17éme siècle, la ferme appartint à la famille Dath dont un des enfants "Messire André Dath" devint chanoine de la cathédrale de Saint-Donnat à Bruges
  • En 1694: "Obit chanté pour André Dath, Yvonne Dath et Jean André".
  • En 1696: "Les cinq vendredy de quaresme, il y a messe basse avec le saint de la sainte Croix fondée par Maître André Dath, on donnera à sept pauvres venus priant pour son âme à chacun....livres".
  • En 1755: Vente à Nicolas-Joseph Delhaye de la maison rue Maisfrette...par cette vente, Nicolas-Joseph Delhaye devient propriétaire des 2 censes de la rue Maisfrette. 
  • En 1793: "Au trépas de Maître Robert-François Bar en son tems vicaire d'Husseignies l'espace de 17 ans et puis curé de Forchies et Piéton et ensuite curé de Huissignies en 1771, a laissé aux pauvres de Husseignies une rente de 21 livres au denier 24 argent fort, hypothéqué sur une maison, héritage des héritiers Jean Delhaye, seigneur d'Hardempont, comme on peut le voir aux greffes de Leuze, échéance le 3 décembre à charge de 2 messes basses et annuellement est à célébrer par le Vicaire du lieu...."

         Nicolas Delhaye propriétaire des lieux payera ces 21 livres.

  • En 1845, cette ferme apprtient toujours à Honoré Delhaye et ensuite par partage en 1855 à Jean-Baptiste Delhaye époux de Marie-Ursule Delhaye.

 

  • La Cense dite "du Marou"

La ferme se situait à l'endroit de la maison actuelle de Georges Fauvaux.

Dans les archives, on trouve:

  • 1755: Nicolas-Joseph Delhaye est propriétaire de la dite cense et il devint mayeur de la Seigneurie d'hardempont en 1791.
  • 1845: La cense du Marou appartient à la veuve Nicolas Delhaye
  • 1877: Delhaye devient bourgmestre de Huissignies.

Par successions succesives, la ferme resta propriété des descendants de la famille Delhaye jusque dans les années 1930. 

Elle appartint ensuite à la famille de Clément Wilmart, vétérinaire et ensuite à la famille de Rosine et Maurice Decoster qui exploitèrent un commerce de bière, de charbon et une affaire de transports. La ferme fut démolie à la fin des années 1960.

 La rue Maifrette

 En 1850 sur le plan Popp, on relève que seules 7 maisons existent dans cette rue 

Rue Maifrette    
N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
253a/254a/255 Maison/Jardin/Verger Picron Maximilien, Maçon
253b Maison/Jardin/terre

 

Duquesne François-Joseph dit Blond, Cultivateur

279/278/280 Maison/Jardin/Verger Delhaye Veuve Nicolas, Ménager
273/274/275 Maison/Jardin/Verger Hennebicq Jean-Baptistre, Cultivateur
258/257/256 Maison/Jardin/Verger Delhaye Jean-Baptiste, Cultivateur
269/267/268/269 Maison/Jardin/Jardin Delhaye-Delhaye Jean-Baptiste, Cultivateur
266/270 Terre/verger  
     

 

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 L'aspect définitif de la rue...

Comme le montrent les photos de Michel Baugnies ci-dessous, il fallut attendre 1963, sous le mayorat d'Albert Jaivenois, pour que la rue prenne l'aspect qu'elle présente aujourd'hui. Les travaux consistèrent à l'élargir et à l'asphalter.  

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Jonction avec la rue Augustin Melsens

 

 

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 Les Piedsentes de la rue Maifrette...

  • La Piedsente dite d'Olivier sur le Plan Popp reliait le Trieu plus précisément la rue des Huées à la rue de la Quemogne. Elle portait le nom, comme souvent, d'un riverain qui habitait au coin de la Piedsente à la rue de la Quemogne.

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Piedsente d'Olivier à la jonction avec la Rue de la Quemogne

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 Piedsente d'Olivier à la jonction avec la Rue Maifrette

Piedsente Olivier 1.JPG

 

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 La "Planque d'Olivier" sur le Barbechin dans la Piedsente d'Olivier vers la Quemogne

Une partie de la piedsente, celle qui relie la rue Maifette et la rue des Huées portera ensuite le nom de "Piedsente Didie" du nom de l'ancien "Café Didie" situé au coin de la rue des Huées.

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     Partie de la Piedsente d'Olivier (ou Didie) entre la Rue Maifrette et le Trieu

  • La Piedsente du Chapitre, du nom de l'ancienne ferme du Chapitre (...de Saint-Pierre de Leuze) relie la rue Maifrette à la rue du Pluvinage.

Piedsente du Chapitre.JPG

Couturelle et piedsente du Chapitre.JPGj

Prochaine publication: La Rue Augustin Melsens (ancienne Rue du Monceau)

21/06/2014

La rue de la Cour

 

  

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La rue de la Cour,

La rue de la cour est la rue de la maison-forte, mais y a-t-il un rapprochement avec cette belle bâtisse nommée communément "Château Malaise"?

Certainement, car autrefois, les termes « cour », « basse-cour » ou encore « cense », désignaient la ferme qui faisait partie du domaine seigneurial. La ferme est aussi vieille que le bastionnet car déjà citée en 1279. 

En 1450, on trouve dans les archives de Huissignies: La Cense, derrière la cense, la cense du château dite la cour.

En 1518: un chirographe confirme que le conseil scabinal se réunissait devant la demeure seigneuriale " et devant la porte de notre basse-cour".

Dès 1610, on parle de la rue de la Cour, c’était une drêve bordée de hêtres dont la plupart furent abattus en 1897.

Cette rue va du pont sur la Hunelle dit Pont Colleau à la Quemogne, épouse l’angle du domaine seigneurial pour rejoindre la rue du Pluvinage.

 

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La ferme du "Gaillard de Fassignies"

 

L'ancienne ferme du gaillard de Fassignies.JPG

 Les ruines de la "Ferme du Gaillard de Fassignies" en face de la maison-forte à côté de l'étang. 

Une importante ferme dite aussi "La cense près du château" existait à la rue de la Cour, juste en face de la maison-forte, elle s’appelait « Ferme du Gaillard de Fassignies » du nom de son riche propriétaire, un citoyen de Sirault, conseiller à la Cour du Hainaut.

La Voie de Beloeil

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Une ruelle qui porta plusieurs noms au cours du temps: Ruelle de Fassignies, Ruelle Pirot, la Voie de Beloeil (eul vwuie d'Belel dans notre dialecte) partait de l’angle de la rue de la Cour et se prolongeait vers Beloeil à travers champs jusqu'à la ferme du Tournebride et au "Goufard" à la rue de la Hunelle. 

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 Les dernières maisons de la "Voie de Beloeil "(Photo d'Ovide Canseliet vers 1980)

C’est dans cette ruelle qu’habitaient les gens attachés au château: ménagers, domestiques, varlets, garde-forestier, ils vivaient dans des chaumières bâties de part et d’autre de la ruelle. Cette ancienne voie vers Beloeil fait aujourd'hui partie de la rue de la Cour.

 

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Les restes de la maison Pirot (aujourd'hui disparue) à l'angle de la rue de la Cour et de "La Voie de Beloeil". Photo d'auteur inconnu dans les années 1950.

Cette ruelle à travers champs était le raccourci de préférence des habitants de Huissignies se rendant à Beloeil à pied ou en vélo jusque dans les années 1950.

Elle faisait partie du patrimoine des piedsentes de l'atlas vicinal de 1840 et à ce titre, elle mériterait d'être réhabilitée. Bizarrement elle a été occultée et appropriée dans les deux cents derniers mètres avant la rue de la Hunelle à Beloeil.

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La rue de la Cour dans les années 1960 à l'angle de la "Voie de Beloeil" (Auteur inconnu)

 

Le pont Colleau

 

 

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La Hunelle venant de Beloeil au niveau du pont Colleau au lieu-dit Aubette

Pour la construction du pont Colleau construit sur la rivière appelée la Hunelle, tant pour les pierres, la chaux, sable, voiturages, manœuvres et maçons, il coûté à la dite commune une somme de 350,80 frs. Cyrille Legrand, maître maçon domicilié à Husseignies et Jean-Baptiste Battard, aussi maître maçon domicilié à Ladeuze, ont été délégués par l’administration communale d’Husseignies à l’effet de procéder à la construction des ponts et aqueducs existants dans la dite commune. (Archives communales de Husseignies) 

 Le Pont Barouse

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La construction du Pont Barouse par les maîtres maçons Legrand et Battard en 1834 sur le Barbechin a coûté à la commune la somme de 300.60 francs. (Archives communales de Husseignies)

Un waréchaix avec plantis était situé entre le pont Colleau sur la Hunelle et le pont du Barouse sur le Barbechin.

La couture de l’Escloperie,

L'Escloperie.JPG

La couture de l'Escloperie avec au fond la ferme du Risqu'à tout et le chemin de Canteleux.

Ce lieu-dit comprend l’ensemble des terres situées entre la Hunelle et le chemin de Canteleux. On trouve déjà en 1279, le terme « Cloperies de la Court » et dans un acte du 22 mai 1554, « Chemin à l’Esclopperie, allant de Hunchegnies au vivier à Kanteleux ».

C’était le domaine agricole attaché à la « Basse Cour » ou « Cense » du château et aussi à la ferme de Fassignies. Les cloperies signifiaient vraisemblablement des champs clos par des haies vives pour les rendre inviolables, l’entrée était située à la ruelle de Fassignies, une barrière y empêchait toute servitude.

 La maison-forte (château Malaise) fera l'objet d'une rubrique ultérieure.

La rue de la Cour et la plan Popp,

P1010597.JPG 

 

  Section B  
  De la rue de la Quemogne vers la rue du Pluvinage
N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
A droite    
312/311/310a Maison/Jardin/Verger En face du Ch Malaise:
    Bersez François-Joseph, Romaine et Auguste, Cultivateur 
    En montant la rue à droite:
143/144/145/146 Maison/Jardin/Verger/Terre Duquesne Aimé, Jean-Baptiste et Jean-Jacques Cultivateurs
140/141/138a/139/142 Maison/Maison/Verger/Jard/Jard Degauquier-Degauquier Pierre-Joseph, Cultivateurs
     
A gauche    
    Au niveau du pont Colleau:
101a/102d/103a Maison/Jardin/Jardin Legrand Léocadie, épouse Barbier Adolphe Boutiquier
101b/102c/103b Maison/Jardin/Jardin Legrand Ludovine, Cultivateur
101d/102a Maison/Jardin Legrand Noël, Cultivateur
101c/102b/103c Bâtiment rural/Jardin/Jardin Legrand Jean-Baptiste, Cultivateur 
    Domaine seigneurial:
109/108/110/104 Château/Jardin/Bien Rural/Jardin Prosper-Louis d'Arenberg, Duc, Bruxelles
105/106/107/111 Près/Terre/Etang/verger Idem
    Au coin de la rue avec la voie de Beloeil:
112a/112b/115/113/114 Maison/Jard/Jard/Maison/Verger Dufrasne François, Cultivateur; Boite Adolphine Vve Louis
    A la voie de Beloeil:
92/92bis/91/93 Maison/Maison/Jardin/Verger Cousin veuve isidore
    En montant la rue à gauche:
121/120/119/118 Maison/Maison/Verger/Terre Paul Jean-Baptiste, Garde Champêtre
122/123/124 Maison/Jardin/Verger Fontaine Antoine, Cultivateur
127/126/125/128 Maison/Jardin/Verger/Pépinière Dufrasne Augustin et Pierre-Joseph, Cultivateur 
129/130/131/132 Maison/Jardin/Verger/Terre Descamps Napoléonne, Ep Durieux Edouard, rentier, Beloeil
     

 

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 La maison appelée autrefois "Queffrette" prise du pont Colleau (Photo d'auteur inconnu)

Prochaine rubrique: La rue Maifrette. 

30/05/2014

La rue de la Quemogne

Nous entamons le 4ème circuit qui nous emmène de la rue de la Quemogne, vers la rue de la Cour, la rue Maifrette et la rue Augustin Melsens.

 

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La couture de la Quemogne

Le Quemon est une ancienne couture cédée partiellement en échange à Ladeuze en 1827.

Les archives paroissiales de Huissignies renseignent les formes suivantes dans l'orthographe de ce nom: Kemoigne en 1369; ès petites kemognes en 1472; la couture des grandes kemognes en 1522; kemoignes 1555; Rue Quemoignes en 1768; la Quemône en 1750; Couture d'Esquemoine 1802. (G. Decamps, Les communes de l'arrondissement d'Ath)

Sous l'ancien régime, les pâtures de ce lieu-dit appartenaient directement et presque totalement au seigneur du lieu en vertu de son titre. Les manants n'avaient que l'usage de la superficie selon les clauses d'un règlement qui en ordonnait la gestion et moyennant la redevance d'un cens (imposition) en argent. Ces pâturages, parce que communs, s'appelaient les communes, les communs, les kemoignes.

En 1845, on note qu'il existe à Huissignies la propriété dite "Marais d'Esquemogne" indivisible par moitié entre la commune et le seigneur SA Le Duc d'Arenberg. Le chemin de grande communication d'Ath à Beloeil traverse cette propriété dans toute sa longueur. Il est le moins carrossable de tous ceux de la commune tant à cause de sa profondeur que de la nature du terrain bordant la Hunelle.  

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En outre, la plantation épaisse de peupliers du Canada couvre le marais et provoque ombrage sur le chemin à l'heure de midi. Cette plantation est indivisible entre les parties comme le marais lui-même.

La propriété des bois blancs constitua à maintes reprises dans le passé un sujet de litige entre la communauté de Huissignies et le Duc d'Arenberg. Les habitants du lieu coupaient régulièrement les arbres sans en demander la permission au seigneur.

Domitien Gosselin, bourgmestre, s'adressa au Duc d'Arenberg en 1844 pour obtenir sa sollicitude et son concours aux fins de donner au chemin une assiette convenable, une direction régulière et un élargissement suffisant, ce qui nécessite l'emprise d'une partie du marais indivisé dans le but du pavage complet de la rue.

Le Duc d'Arenberg répondit favorablement et autorisa son régisseur à accéder à ces vœux sans qu'il soit nécessaire de recourir à aucune formalité d'expropriation mais en actant sur une convention de 4 articles conclus entre les 2 parties en 1845.

Il fut convenu entr'autre de vendre toute la plantation de peupliers du Canada qui se trouve sur la marais en adjudication publique et dont le produit de la vente sera partagé équitablement entre la commune et la propriété d'Arenberg.

La convention fut signée le 4 septembre 1845 par Domitien Gosselin, bourgmestre, Camille Fouquemberg 1er échevin, Négleputte échevin et Mr Choppinet, fondé de pouvoir et régisseur du Duc d'Arenberg. Vu et approuvé par le conseil communal d'Husseignies le 18 février 1846.

Les différentes parcelles à vendre ont été estimées à un total de 904 francs.

La rue put ainsi être pavée et ainsi s'acheva l'œuvre de pavage de Husseignies entamée par Domitien Gosselin en 1829.

Le Blois

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La couture du Blois avec au fond l'église de Beloeil et la route qui mène à Beloeil

Ce lieu-dit se trouve au niveau de la ruelle qui relie la rue de la Quemogne au canal. Le propriétaire était une ancienne famille constituant la Seigneurie de Tongre-saint-Martin. (Poncelet. Sceaux et armoiries des villes, communes et juridictions du Hainaut).

Ce terrain entra dans le territoire de Ladeuze en 1827et conserva son nom à la couture. (Histoire de Ladeuze de Demeuldre, pages 11-12

Le Pont Colleau et l'Aubette

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Pour la construction du Pont Colleau construit sur la Hunelle au niveau de l'endroit dit l'Aubette à la limite de Ladeuze. 

Tant pour les pierres, la chaux, sable, voiturages, manœuvres et maçons, il a coûté à la commune de Huissignies une somme de 350,80 frs aux maîtres maçons Jean-Baptiste Battard et Cyrille Legrand.(Archives communales de Huissignies).

Il se trouvait à cet endroit au 19ème une barrière d'octroi, sorte de péage à charge des transporteurs qui venaient de Beloeil, d'où le nom de ce lieu "L'Aubette".

Le Pont Birique

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Le Barbechin passe sous la route au coin de l'ancienne ferme Oscar Degauquier et se dirige derrière la Marcotte

Ce pont couvre le Barbechin dans la courbe de la rue de l'église au début de la rue de la Quemogne.

Coût de sa construction en 1834 par les maître-maçon Cyrille Legrand et Jean-Batiste Battard: 170 francs 40 centimes. (Archives communales de Husseignies)

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 Le Barbechin au pont Birique avec la pompe permettant de puiser l'eau du ruisseau à destination des animaux en prairie l'été

Dans un extrait des messes basses de 1779 est cité Pierre-Joseph Duquesne dit "Birique", déclaré agriculteur et tisserand.

Le pont fut aussi appelé au 19ème siècle: Pont tin du Bos et le morceau de la rue: Tin du Bot sur le plan Popp.

Le " chalet"

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Cette jolie demeure au caractère "cottage" fut construite en 1896, par Oscar Verbeek, directeur de la brasserie Dantoing-Verbeek située de l'autre côté de la rue. 

Après la famille Verbeek, elle appartint à la famille Oscar Laurent-Taverne dont l'épouse Marie-Sidonie était institutrice à Huissignies; d'où la dénomination "Chalet Madame Sidonie" pendant très longtemps. Cette maison sera ensuite propriété de la famille Georges Fauvaux avant d'être acquise par la famille Pierre Dath.

Dans la matrice cadastrale du plan Popp de 1850, on note à cet endroit l'existence d' une ferme, propriété de Duquesne Jean-Baptiste.

 La piedsente Masson 

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Ce sentier relie la Quemogne et plus particulièrement la ferme Masson (Eul céss Machon) à l'ancienne gare de Huissignies. Une partie du sentier regagne aussi le pont-à-chêne.

C'est un endroit bucolique le long de la Hunelle apprécié par les marcheurs.

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La brasserie Dantoing-Verbeek fera l'objet d'une rubrique ultérieure.

 

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 Le plan Popp de 1850 et la rue de la Quemogne

 

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Section B (à droite direction Beloeil)  
N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
340a/341/342b/339f Maison/Jardin/Terre/Verger Duquesne Jean-Baptiste (emplacement maison Pierre Dath)
339a/339b/339c/342a Maison/verger/Terre/Terre Duquesne, Magloire Jasques, Cultivateur
339a bis/339a ter  Jardin/Jardin idem
333d / 332a Maison/Jardin Potier Victoire ép Leclercq Florimond, Ouvrier
333c/331a Maison/Jardin Potier Jules, Ouvrier
328/327a/326a/325a Maison/Jardin/Verger/Terre Massart Zéphirin-Joseph, Cultivateur
322a/320/321/322b Maison/Jardin/Verger/Terre Dupret-Devos, Veuve et enfants Emmanuel, Leuze
     
  (à gauche dir. Beloeil)  
605a/6006a/604a Bâtiment rural/Verger/Jardin Jonniau Jean-Bapt, Cultivateur/ Emplacement anc. Brasserie
329a/338b/330 Maison/Terre/Jardin Baugnies Jean-Baptiste, Ouvrier, Ladeuze
338g/338f Maison/Terre Peltier Veuve Pierre-Joseph, Journalier
338r/338q/338m Maison/Jardin/Terre Wanberchies Casimir, Menuisier, Ladeuze
338u/338v Maison/Terre Dremière-Cousin, Désiré, Charpentier
318c/319b Maison/Jardin Capelle Fabien, Désiré et Sidonie-Joseph, Journaliers, Quaregnon
317b Maison Coulon Chevalier Louis, Cultivateur
     

Le début de la rue de la Quemogne en venant de l'église au niveau du pont Birique....P1010587.JPG

Prochaine publication après le 15 juin: La rue de la Cour

 

24/05/2014

Le canal Blaton-Ath

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Photo d'Ovide Canseliet vers 1980

  • Il faut attendre le XVIIème siècle pour que l'on envisage sérieusement le passage de bateaux sur la Dendre de Ath à Dendermonde. Plus précisément, en 1641, le roi Philippe IV autorise la navigation sur le cours d'eau.
  • En 1724, on étudia l'ouverture d'une navigation de Jemappes à Ath d'après les ordres du duc d'Arenberg, grand Bailli du Hainaut. Bien qu'il y ait une nécéssité d'acheminer le charbon du Borinage vers la région d'Alost, aucune suite n'est donnée à ce projet. Les chariots chargés de charbon du Borinage emprunteront la chaussée Mons-Ath pour rejoindre Ath et être embarqués sur la Dendre, mais le marché du charbon continuera à croître et cette chaussée sera rapidement saturée.
  • En 1859, sous l'impulsion et l'influence du prince Eugène de Ligne, sénateur d'Ath, le gouvernement décidera la jonction entre la gare d'Ath et la Dendre canalisée et décrète dans la foulée la construction du canal de Blaton à Ath.
  • Le cahier des charges fixe le départ du canal à Blaton, du canal Pommeroeul-Antoing, et son terme à Ath, au bassin construit près de la gare. Les eaux devront être maintenues à une hauteru de 2.10 m au moins.
  • Le canal fut creusé de 1863 à 1866; les ouvrages d'art: ponts, écluses, maisons furent parchevés en 1867.
  • L'inauguration du canal fut réalisée le 1er octobre 1868; dans l'après-midi, passa le bateau de l'inauguration, lesté de 80 m³ de sable et tiré par 2 chevaux. Il était décoré et fleuri, 3 jeunes filles habillées en marin se trouvaient à la tête du bateau; les explosions de 3 bouches à feu avertissaient de son arrivée.  

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 Traction hyppomobile en 1939 (Photo d'auteur inconnu)

  • L'exploitation du canal fut autorisée par arrêté royal du 2 janvier 1869.
  • Le 23 janvier 1869, la société amenait du charbon à destination des pauvres de la ville d'Ath et le 9 février commença définitivement la navigation.
  • Le trafic a varié entre 356.000 et 479.000 tonnes début du 20ème siècle pour atteindre un record de 1.054.000 tonnes en 1920 dont principalement du charbon transporté. L'importance du trafic diminuera ensuite progressivement pour atteindre 410.000 tonnes en 1938.

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Photo de 1939 d'auteur inconnu.

Le transport du charbon se fera peu à peu de plus en plus rare mais il sera remplacé dans les années 60 par celui de grains, de maïs, ainsi que la production de la malterie de Beloeil, de produits chimiques ou d'engrais. Le transit de bois sera également intense jusque dans les années 50, sans oublier le rôle des multiples carrières bordant le canal et la Dendre.

La traction hyppomobile perdurera jusqu'après la seconde guerre mondiale.

Après les années 70, le transport fluvial n’a fait que diminuer et le trafic de marchandises est quasiment nul à ce jour.

Quelques chiffres:

1987 - Tonnage: 38.600 T- Nbre de péniches: 339

1990 - Tonnage: 27.400 T – péniches: 224

2000 - Tonnage: 12.700 T – péniches: 149

2004 - Tonnage: 2500 T – péniches: 29

2005 - Tonnage: 1470 T – péniches: 47

Depuis quelques années, on a amélioré le revêtement du chemin de halage en le bétonnant au grand enchantement des nombreux cyclistes et marcheurs. Le site et l'environnement du canal Blaton-Ath représente un trésor patrimonial naturel qu'il convient de protéger sans ménagement. 

 Morphologie du canal

Le canal, long de 22,6 km, relie Blaton, sur le canal Nimy-Blaton-Péronnes, à Ath où il rejoint la Dendre après avoir franchi un bief de partage. 
À Blaton, la côte altimétrique est de 33 mètres. Le parcours s'élève ensuite jusqu'à la cote 60,39 en passant par 10 écluses. On atteint ainsi le bief de partage qui s'étend de Stambruges à Belœil.  Ensuite, on entame la descente vers la Dendre au travers de 11 écluses pour atteindre la cote 28,65. 
Durant tout ce parcours, 21 écluses doivent être franchies, dont certaines sont très rapprochées. La distance minimum entre 2 écluses se trouve entre l'écluse de Blaton 5 et celle de Blaton 6, soit 257 m.

Le canal a été conçu pour la navigation de bateaux de type "spits" cad d'une longueur de 38 m, d'une largeur de 5 m et d'un port en lourd d'environ 350 tonnes mais comme l'enfoncement maximum de la voie d'eau a été limité à 1.90m, cela réduit la capacité des bateaux à 250 à 300 tonnes. 

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Photo d'Ovide Canseliet vers 1980

 

    Voici le profil en long du canal Blaton - Ath, dont l'alimentation en eau est assurée par      pompage dans le cours de la Dendre orientale (près de Maffle) et déversement dans le bief de partage:

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 Sources:

  • Descamps D et Dupont A, Le canal de Blaton à Ath, Archives de la ville d'Ath.
  • Mouligneau V; histoire du canal Blaton-Ath, Evidendre n°7, Mars 1995
  • Van Haudenard M; Aperçu historique sur la navigation de la Dendre dans les annales du cercle archéologique de Mons, t.55.

 

17/05/2014

La ligne de chemin de fer 81 Blaton-Ath et l'ancienne gare de Huissignies

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Photo d'auteur inconnu

Les débuts de la ligne Blaton-Beloeil

Dans l'Echo de la Dendre du jeudi 27 juin 1876, on peut lire: "A partir du 20 juillet 1876, la section de Blaton à Beloeil du chemin de fer Blaton à Ath sera livrée à l'exploitation pour le service de voyageurs, des bagages et des marchandises. Le trajet entre Blaton et Beloeil sera de 28 minutes".

Toujours dans l'Echo de la Dendre du 21 juin 1877: "Enfin, la section du chemin de fer d'Ath à Beloeil sera mise en exploitation dimanche prochain 24 courant".

L'inauguration du complexe: gare, maisonnette, dépot de marchandises,barrières et bascules aura lieu aussi en 1877.

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Photo d'auteur inconnu

 La station de Huissignies

Du 26 juin 1881, le Journal de Leuze dit avoir appris de source certaine qu'une station de chemin de fer sera prochainement établie en la commune d'Husseignies et à proximité de la fabrique de sucre et du moulin Dantoing-Brouez.

L'Echo de la Dendre de la même époque écrit: "Il se confirme que Husseignies va être doté d'une station de chef. L'emplacement des bâtiments de recettes et des magasins est fixé; c'est à une centaine de mètres du centre de la commune d'Husseignies et à proximité de la fabrique de sucre et du moulin Dantoing-Brouez. Les habitants sont dans une jubilation qui s'explique du reste et ils témoignent une grande reconnaissance à Mr Descamp et Durieu, nos honorables députés, aux efforts desquels ils doivent la réussite d'un projet ardemment sollicité par tout le monde."

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Polémique autour du nom de la station "Gare de Husseignies"... ou suggestion d'un original ladeuzois: "Ladeuze Midi" ou pour un autre " Gare de Ladeuze-Hunchenies"

 Dans l'Echo de la Dendre du 24 juillet 1881, on peut lire:

"Nous avons reçu d'un habitant de Ladeuze fort en archéologie une lettre que l'impartialité nous fait un devoir de publier, laissant à son auteur la pleine responsabilité de ces affirmations. Quant à nous, nous ne voyons dans tout cela qu'une seule chose: les habitants d'Husseignies ont demandé et ont obtenu une station et il est peu important qu'elle soit sur le territoire de Ladeuze si l'emplacement satisfait les intéressés. Le correspondant du reste ne doit pas ignorer que les stations de Bruxelles Nord et Bruxelles Midi sont situées respectivement à St Josse-ten-Noode et à St Gilles, la station d'Enghien et de Petit-Enghien...etc. Il n'y a donc rien de bien extraordinaire à ce que la station d'Husseignies soit à Ladeuze."

Un autre habitant de Ladeuze enverra à L'Echo de la Dendre la lettre suivante:

 Monsieur le Rédacteur,

"Dans un petit article que vous avez publié en date du 10 juin courant pour annoncer une nouvelle station sur la ligne de chemin de fer Blaton-Ath, vous dites que l'emplacement de cette station est fixée à une centaine de mètres du centre de la commune d'Husseignies et à proximité de la fabrique de sucre. Or, ce chemin de fer ne passe qu'à l'extrême limite du territoire d'Hunchenies tandis qu'il traverse la commune de Ladeuze dans toute sa longueur. C'est donc sur ce territoire de Ladeuze et près de la sucrerie de Ladeuze, à 100 mètres de la limite et non près du centre de la commune de Hunchenies que cette station nouvelle sera établie. Les hunchenois, de tout temps jaloux de leurs voisins, ont donc tort de s'attribuer cette station et de dénaturer l'orthographe du nom de leur commune, qui se nomme non pas Husseignies, ni Huissignies mais bien Hunchenies (comme le constatent les archives communales) du nom des huns qui campèrent sur leur territoire, non loin de la rivière Hunelle qui sépare les 2 localités. La commune de Ladeuze sera ainsi dotée d'une seconde station. Aussi est grande sa gratitude pour ses députés: messieurs Descamps et Durieu. Elle n'oubliera jamais que c'est à Mr Descamps aujourd'hui élevé à la dignité de Président à la chambre des représentants que l'on doit l'existence de ce chemin de fer. On sait que pour l'obtenir, Mr Descamps a fait l'impossible. Il faut lui en rendre justice. Cette seconde station donnera beaucoup de facilités aux commerçants et aux individus des 2 localités. Pour la distinguer de la station actuelle et satisfaire nos voisins, on pourrait la désigner sous le nom de "Ladeuze-Hunchenies".  

Signé: Un habitant de Ladeuze, le 18 juillet 1881.

 

 Echo de la Dendre du 8 octobre 1882:

"Par arrêté royal du 25 septembre 1882, il acte qu'un bureau de station rangé dans la 5ème classe a été créé à Huissignies."

"A dater du 20 novembre 1882, un bureau télégraphique sera ouvert à la correspondance privée au départ d'Husseignies, station de chemin de fer."

Pendant la guerre 14-18:

Le samedi 9 novembre 1918, les allemands détruisirent les ponts du chemin de fer sur le Domissart et sur la Hunelle, ainsi que les voies des passages à niveau périphériques. Des mines posées en d'autres endroit n'ont pas explosé.

Une  ligne de chemin de fer à l'activité intense...

La ligne Blaton-Ath connaîtra une activité croissante surtout en période des betteraves.

On dénombre en 1892, 49 passages de trains (voyageurs et marchandises) par semaine.

Des dizaines d’ouvriers de chez-nous, martelaient le pavé de leurs bottines à clous, pour aller prendre le premier train vers 4 heures du matin et regagner les charbonnages de Tertre, Hornu, Bernissart, Wasmes ou les autres usines du Borinage.

En 1953, on  dénombrait 86 passages de trains et michelines.

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Le dernier train est passé le 3 juillet 1960, il portait le N° 7901.  

 Le café de la gare

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Le Café de la gare E.Rousseau-Dath au début du siècle dernier (Photo des éditions Equeter-Lorphèvre)

En face de l’ancienne station, le café Hansart Fidèle était aussi un magasin de chaussures; une bascule publique permettait aux fermiers de venir y peser leurs diverses marchandises.

La ducasse de la gare à la Pentecôte restera active jusque les années 1980.....

 

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Le café de la gare Ets Nottez-Deramaix, Marchand de bestiaux, avec la bascule, vers 1930. (Photo d'auteur inconnu)

 

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 Photo d'auteur inconnu vers 1925

 

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 Photo d' Ovide Canseliet vers 1980

 

10/05/2014

L'ancien moulin à eau, à la rue des Hauts Arbres.

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Photo de 1980, époque à laquelle Arthur Vandenhaute cultivait la vigne (Photo d'Ovide Canseliet)

  • En 1150, le comte du Hainaut possède l'entièreté du territoire d'Huchegnies.
  • En 1176, Baudouin V, Comte de Hainaut, cède sous certaines réserves le quart du territoire de Hunchegnies à l’Abbaye de Vicoigne (située à Raismes près de Valenciennes).
  • En 1224, Gauthier de Ligne, Seigneur voisin, fait également une donation à la même Abbaye, mais en 1264, l'Abbaye de Vicoigne fit un échange avec les Seigneurs du Roeulx, qui possédaient de grands biens près de Vicoigne près de Valenciennes.

C’est entre 1176 et 1264, que les moines de cette abbaye firent construire un moulin à eau en leur « Seigneurie et Terres de Hunchegnies ».  Il est implanté en un lieu dit « Baudouin prés » sur les bords de la Hunelle.

Pour activer la roue force hydraulique, on élève un barrage pour provoquer une chute d’eau et pour donner au cours d'eau un débit suffisant, les moines de l'abbaye de Vicoigne modifient le cours d’eau en amont, depuis la tannerie de Beloeil sur une distance d’un kilomètre en supprimant les méandres.

 

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Photo d'auteur inconnu vers 1940 

A proximité du moulin, il y avait deux viviers dont les produits étaient réservés aux Prémontrés de Vicoigne (Ordre de chanoines).

  • L'abbaye de Vicoigne possédait donc à Hunchegnies un moulin actionné par un courant d'eau (Hunelle) et flanqué de 2 viviers, ce qui amena Gauthier de Ladeuze, dont la Seigneurie se trouvait en aval de Huissignies à souscrire en 1233, un règlement d’eau fixant la hauteur du seuil du moulin et de celle de ses vantaux; le texte de cet accord est conservé dans les archives de l’Abbaye de Vicoigne à Lille.

La pêche fut réservée aux prémontrés de Vicogne dans la limite de leurs biens propres et ils s'engagèrent à ne créer en amont, ni étang, ni vivier, à payer cens et rentes pour les terres qu'ils rachèteraient sur Ladeuze, et à laisser à Gauthier de Ladeuze la haute justice sur ce territoire.

 Voici l'accord passé en 1233 entre Gauthier Wale de Estrepi, Sire de Ladeuze, et l'église de Vicoigne (Cartulaire de l'abbaye de Vicoigne conservé aux archives du nord à Lille sous la côte 59H97, Numérotation XXVII) :

"ke li sucle et li ventaille del moelin ke l'église de Vicoigne a Huceignies demoreroient de cele hauteté et de cel point ke ils estoient al jor. Ke il (les arbitres) disent jor dit ki fu lendemain de la feste Saint Nichaise, sauf ce ke les ventailes ki estoient depeciet pooent li segnor de Vicogne refaire de la hauteté des autres et le sucle et les ventelles poent ils refaire de cele hauteté a lor volonté et de cela hauteté doije avoir la mesure se je vuel et il aussi. L'escluse de lvivier d'une part et d'autre del moelin poet l'église agrangier et enforcier tout com se terre dire à sa volonté"

  • En novembre 1264, les prémontrés de Vicogne cédèrent à Thierry le Roeulx tous les biens à Huissignies y compris le moulin et ne conservèrent que la dîme (J. Genevois, L'abbaye de Vicogne-1929-Lille).

Comme dans la plupart des Seigneuries, le moulin était banal, c'est-à-dire qu’il y avait « ban » ou défense de faire moudre ailleurs, les habitants du lieu étaient contraints d’y faire moudre leur grain.

  • Le moulin resta la propriété des seigneurs successifs sur la " Seigneurie et Terre d'Husseignies" , les derniers étant durant des siècles, les duc d’Arenberg.
  • Sous le régime français et les lois révolutionnaires, le Duc d'Arenberg perdit ses titres et privilèges ainsi que la banalité du moulin, mais restait propriétaire de l'ensemble des biens.

Dans une lettre de 1832, le bourgmestre Domitien Gosselin interpelle le Duc d'Arenberg en lui demandant de justifier l'autorisation de l'établissement du moulin à eau d'Husseignies, la réponse du régisseur du Duc d'arenberg est assez ironique:

"Il est connu que Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Duc d'Arenberg possède ce moulin à titre de succession de son père qui le possédait au même titre du chef de ses Ancêtres Seigneurs d'Husseignies. Ce moulin existe depuis plusieurs siècles, il a été établi, non par un particulier qui aurait du en obtenir l'autorisation des devanciers du duc d'Arenberg, mais par le Seigneur d'Husseignies lui-même qu'en avoit le droit par suite des lois existantes à l'époque à laquelle cette construction eut lieu.

Dans un tel état de choses on ne se donnaoit pas une autorisation par écrit à soi-même pour exercer un droit que l'on possédait légalement. Les lois qui donnoient ce droit ont été abolies mais la députation des états sait que les lois abolitives de la féodalité ont eu pour seul objet d'anéantir les rapports de la puissance d'un côté et la sujétion de l'autre, que ces lois n'ont frappé que sur les droits recognitifs de cette puissance, et qu'elles n'ont porté aucune atteinte aux propriétés antérieurement acquises ou établies en vertu des lois féodales ou coutumières. En vous donnant ces explications, je pense avoir satisfait à votre demande. Agréez monsieur le bourgmestre l'assurance de ma parfaite considération. Signé J. Chappinet fondé de pouvoir du Duc d'Arenberg." (Archives communales de Huissignies)

 

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Dans le régistre des propriétés- Plan Popp-commune d'Husseignies publié vers 1850, le bâtiment du moulin même, cadastré Section B n°596 et celui attenant sur la même face et portant section B N° 595 appartenaient toujours à Prosper-Louis Duc d'Arenberg. Par contre les autres bâtiments du site du moulin (Bâtiment rural et maison) appartenaient déjà à la veuve Joseph Brouez, meunière à Husseignies.

  • Justine Brouez, fille de Joseph, se marie avec Auguste Dantoing du moulin de Grosage.
  • En 1871, le moulin est vendu aux Dantoing-Brouez par la descendante des d'Arenberg: Elisabeth Thérèse Engelberte Leonarda Borghese ou Aldobrandini, fille de Marie-Flore d'Arenberg, épouse de son excellence Don Filippo, Prince Lancelloti, propriétaire à Rome.
  •  L'acte fut passé à Ath chez maître Le Tellier le 23 février 1871. (Minutes particulières de Arthur Vandenhaute et minutes de la succession Dantoing)
  • Par succession, le moulin à eau appartiendra ensuite aux Dantoing-Verbeek. De 1871 à 1911, le moulin a connu une belle prospérité: 30 tonnes par jour. En 1905, on y installe une machine à vapeur. En 1911, il finit par sombrer, concurrencé par les grosses minoteries de 100 tonnes la journée.
  • En 1912, Overleau devint propriétaire du moulin par vente publique après la faillitte des Dantoing.
  • La famille Vandenhaute devient ensuite propriétaire par rachat à Overleau. Ils louent à Brocart, et c'est à ce moment que le moulin est transformé en fabrique de tourteaux pour bétail mais le 17 février 1930, le moulin brûle et Brocart part au Chili.
  • Arthur Vandenhaute, revenu du Congo, aura la lourde tâche de reconstruire le moulin et par la même occasion, il sera doté de l'électricité pour moudre à façon. Il sera le dernier propriétaire de l'ancien moulin et il terminera ses activités dans les années 60. 

 

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      Les vantelles du moulin à eau et l'endroit de l'ancienne roue.

 Notes diverses relatives au moulin à eau....

  • Le 15 primaire de l'an 9 de la république française(1801): décès de Catherine Goret, meunière 72 ans, née à Lens et demeurant au dit Huissignies, veuve en première noce de Ferdinand Gicart déclarant Zéphirin Joseph Massart, petit-fils de la défunte meunière.
  • 1808: François Gicart, meunier, 28 ans, époux de Marie Thérèse Deridder native de Blicquy. 
  • Le 20 mars 1822, Tourneur Désirée, 18 ans tricoteuse, et domiciliée à Beloeil est décédée vers les 7 heures du soir sous les roues du moulin à eau d'Husseignies.
  • 1826, le droit de mouture établi sous la période hollandaise a rapporté à la recette des accises de la commune la somme de 1152 francs.
  • 1846: Brouez Armand Constant Joseph, meunier, marié à la fille de François Gicart et de Marie-Thérèse Deridder.
  • 1848: Décès de Brouez Armand Constant, meunier à Tongre-Notre-Dame. 

 

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L'ancien moulin aujourd'hui vu de la piedsente Masson derrière la demeure.

 

Prochaine publication: L'ancienne ligne de chemin de fer Blaton-Ath

 

 

 

01/05/2014

La rue des Hauts Arbres

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La rue des Hauts Arbres vers 1905 (Auteur inconnu) 

La rue des Hauts Arbres, anciennement aussi appelée Rue du Moulin, était une ancienne drève de hêtres avec des marais de chaque coté; le marais de gauche à l’emplacement des jardins actuels, celui de droite appelé le Thibaurieu était en réalité, l’un des viviers du moulin.

Le Pont à Chênes

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La Hunelle (en crue) au Pont à Chênes

Nous franchissons la Hunelle sur le « Pont à Chênes » ou pont du But.

Le pont délimite le territoire de Ladeuze et de Huissignies. Un écrit de Tongre-Saint-Martin(AP de Ladeuze) en date de 1741, appelle ce pont "Pont Achelle". Ensuite dans le language populaire, il sera appelé "Pont à fachennes". Ce qui explique le passage de ce pont autrefois difficile à la mauvaise saison. Pour aider à le franchir, on jetait de mètre en mètre des fagots de petit bois, dits en patois des fachennes. D'où la déformation vers la dénomination "Pont à chêne".

Nous sommes ici au point le plus bas de la partie habitée du village, c’est le confluent des différents affluents de la Hunelle, pour la rive gauche: le Barbechin et le fossé Piquet, pour la rive droite anciennement le Domissart, ce dernier venait de Grosage et pour diminuer les risques d’inondations au niveau du moulin, son cours a été modifié fin des années 1960; il longe le canal et se jette dans celui-ci au niveau de l'écluse de Ladeuze.

 

Le Jonquois 

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 Le lieu-dit "Jonquois" entre l'église et la Hunelle le long du sentier (Photo d'Ovide Canseliet 1980)

De l’autre coté de la Hunelle, nous trouvons le lieu-dit « Joncquois ».

Il s’agit des près tenant à la Hunelle et au sentier de la Haute Planque. C'est une ancienne propriété de l'église, vendue en 1809 pour financer l'achèvement de la construction de l'église; on y extraya l'argile pour y faire des briques pour continuer la construction de l'édifice. 

C’était une prairie marécageuse où poussaient des joncs, d'où l’origine de « Joncquois » qui est déjà cité dans les actes en 1443, on trouve aussi "Courtil au jonquoit, 3 journels de pasture" (1494).

 

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L'église vue du Jonquois

 La Haute Planque,

1755, la Haute Planque, nom donné au petit pont sur la Hunelle que l’on passait sur une planche .

Ce pont sur la Hunelle livrait par une large piedsente "passage à la vieille voie de Blicquy à Mons", l’accès à la prairie près de la pharmacie en est un dernier témoignage.

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Le pont de la Haute-Planque sur la Hunelle

A proximité se trouvaient la brasserie du Joncquois, la ferme du Puch ainsi qu’une houblonnière. La planque de pierre sur la Hunelle a été renouvelée en 1846 pour la somme de 33.5 F par les maître maçons Legrand et Battard .

L'ancienne "Ferme le Parme"(1616)

Dans le tournant face à Alliance Blé, il y avait un important domaine agricole ayant été aussi brasserie et auberge. Disparue au 19ème siècle, elle était aussi appelée "Ferme du Tigre".

Les usines de la rue des Hauts Arbres.... 

Une fabrique de sucre était implantée entre la ligne de chemin de fer et le canal, on ne connait pas la date du début des activités. Elle cessa ses activités à la suite de l’hiver 1880-81 qui fut particulièrement rigoureux; les fortes gelées anéantirent les récoltes et endommagérent inexorablement les installations; elle ne s'en releva pas et la partie du matériel encore valable prit la route de l’Argentine pour y travailler la canne à sucre. Cette sucrerie était agencée de 8 presses et pouvait transformer 10.000 tonnes de betteraves à chaque campagne. Elle était bâtie sur 1Hectare 60 ares de terrain entouré de murs avec une maison d'habitation. 

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Plus tard, une usine appelée Sucramos active dans la fabrication de produits mélassés pour bétail fonctionnera avec intermittence à partir de 1928 mais elle sera complètement incendiée en 1930.

Les « Pigments Minéraux » s’installèrent en 1911 pour fabriquer des colorants, des pigments en poudre, des peintures en pâtes et même le fameux blanc de zinc (Oxyde de Zinc) qui était utilisé dans la fabrication des peintures.

La société Chimique du Hainaut, sous l’administration des Bidaine, fut créée en 1928, elle fructifia jusqu’à occuper plus de cent ouvriers travaillant en 3 équipes.

L'entreprise s'oriente à partir de 1945 vers les peintures prêtes à l'emploi et commercialise des peintures au latex, synthétiques et acryliques.

 

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Les pigments minéraux ont laissé place dans les années 80 aux établissements Devleeschouwer toujours active dans les peintures et à la société Huygens spécialisée en menuiserie.

  

Autres photos de la rue des Hauts Arbres.....

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Photo prise du Pont-à-Chêne vers 1925 (Edition Equeter-Lorphèvre)

 

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Le Jonquois et la piedsente de la Haute Planque sous une parure automnale.

 

12/04/2014

La rue Marcel Bernard et la Planque du Facq

La rue Marcel Bernard 

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Appelée dans le passé "Piedsente de l'église" ou "Piedsente de l'Hounenne" continuité de la "Piedsente du Pont Goret", elle fut définitivement appelée "Rue Marcel Bernard" en hommage à ce soldat de Huissignies tué durant la première guerre mondiale.

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La mise sous aqueduc du ruisseau "Fossé Piquet" et l'élargissement de la rue furent achevés en 1957, ce qui permis la construction de maisons sur la rive droite du fossé.

 

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En 1850 sur le Plan Popp, la rue ne comptait qu'une seule maison à l'endroit de la maison de Marie-Thérèse Hansart; il s'agissait de la maison et du jardin appartenant à Debay Raphaël, meunier.

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La rue dans les années 40 (Photo d'auteur inconnu)

La Planque du Facq

C'est le nom du sentier probablement le plus utilisé de nos jours et qui permet un raccourci dénué de danger pour les piétons et cyclistes qui veulent joindre le Trieu à la rue de l'église.

La Planque était la planche qui permettait le passage au-dessus du fossé Piquet à la jonction avec la rue Marcel Bernard.

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La Piedsente du Facq à l'endroit de la planque. (dans le fond, la rue Augustin Melsens)

Origine du nom Facq....??

On pourrait imaginer qu'à l'origine, le passage au dessus du fossé était fait de fagots posés au-dessus du petit ruisseau....fag comme fagots ?

 

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Le champ qui appartenait à l'Abbaye d'Ath durant l'ancien régime le long de la piedsente du Facq. (Photo d'auteur inconnu)

Autre supposition plus plausible: le notaire Defacqz d'Ath fut chargé de mettre sous séquestre à la révolution française le champ jouxtant la piedsente qui appartenait à l'Abbaye d'Ath. Cette propriété fut cédée au bureau de bienfaisance d'Ath.

 Les coutures du Haut Courtil et du Bas Courtil

Le Haut Courtil (1519) et le Bas Courtil sont séparés par la Piedsente du Pont Goret. 

Le Bas Courtil longe le Fossé Piquet.

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La Couture du Bas Courtil à gauche, en pente vers le Fossé Piquet

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La Couture du Haut Courtil à droite de la Piedsente du Pont Goret sur la photo. 

La Piedsente Laprusse

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Les derniers pans de mur en torchis de la maison aujourd'hui disparue qui faisait le coin de la piedsente Laprusse en face de la pharmacie.(Photo d'Ovide Canseliet 1980)

La piedsente Laprusse relie la rue Marcel Bernard au Court Tournant. On devrait son nom à un riverain de cette piedsente qui aurait combattu en Prusse au sein de l'armée napoléonienne. 

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La rue dans les années 40, une aquarelle de Georges Brotcorne riverain de cette ancienne piedsente.

La Piedsente du Pont Goret

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Elle relie la rue Joseph Lizon à la rue Marcel Bernard.

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La rue Marcel Bernard dans sa parure de neige durant l'hiver 1980-81 (Photo d'Ovide Canseliet )

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L'église vue de la rue Marcel Bernard

 

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La rue Marcel Bernard et l'église dans un décor printanier (Photo d'Ovide Canseliet 1980)

 

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La Piedsente Laprusse en 1980...elle a perdu ses charmes d'antan....(Photo d'ovide Canseliet)

 

05/04/2014

La rue de l'église (2)...du Court Tournant au Pont Birique

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La procession passe à la rue de l'église, devant la maison Scolastique Crucq dernière maison en torchis du village, à l'endroit de la pharmacie actuelle. (Photo d'auteur inconnu vers 1945) 

L'ancien cabaret du vieux-temps

L’ensemble des bâtiments avait été très peu modifié jusqu’à son aménagement en habitations, l’ensemble faisait partie d’un  domaine brassicole.

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Ancien café du Vieux Temps (Photo de Ovide Canseliet 1980)

Son époque de construction est  incertaine mais la lignée des brasseurs nous permet de remonter vers les années 1650/1670. Jusqu’à la fin du XVIII siècle, on retrouve 3 familles qui se succédèrent comme brasseurs: les Bournot, Denis et Cappelle.

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Ancienne maison Massart et dépendances ayant servies de brasserie 

En 1796, apparaît Théodore Massart, né à Montreul-au-Bois, brasseur, aubergiste et … chirurgien !! Association bizarre de professions et en outre, à défaut de maison communale, on tenait également chez lui, « Chambre Commune ». Cette brasserie reste exploitée par les descendants des Massart jusqu’en 1865, nous ne savons pas à quelle date elle a cessé ses activités mais une partie des bâtiments fût démolie pour permettre la construction de l’habitation de Massart Adèle épouse de Georges Fauvaux, ancien instituteur de la 1ère moitié du XXème siècle.

La Marcotte,

 

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La Marcotte et à l'avant-plan le "pont de la Marcotte", en dessous coule le Fossé Piquet qui se jette dans la Hunelle 100 mètres plus loin à la rue des Hauts Arbres.

De 1795 à 1884, c’était un cabaret-auberge qui appartenait à la famille Stampe:en 1798, il s'agit de Antoine Stampe, débiteur de bières époux de Marie-Thérèse Massy. Antoine mourut en 1823, son épouse poursuivra l'exploitation. A son décès, la Marcotte appartiendra à François Stampe, son fils. 

La Marcotte a également servi de chambre commune faute de maison communale.

En 1870, le bâtiment subit une transformation en 2 habitations.

En 1884, la Marcotte passe en donation à Thérèse et Joséphine Stampe.

En 1894: reconstruction totale.

En 1913, la grange est convertie et agrandie en salle des fêtes.

Vers 1950, Sylva Lorphèvre dit Mamar la transforme en salle de cinéma, mais son existence fut éphémère.

Mis en vente, sans destination définie, les sociétés du village se mobilisèrent et ont convaincu la commune de Huissignies, d’acheter le bâtiment en 1975, les installations de départ du Centre Culturel « La  Marcotte » furent inaugurées en 1979, son évolution ne faisait que commencer.

Le pont de la Marcotte

Ainsi nommé dans le passé mais complètement occulté aujourd'hui, il permettait de passer au-dessus du Fossé Piquet qui coule en-dessous de la rue venant de la rue Marcel Bernard. En 1834, sa reconstruction par Cyrille Legrand de Husseignies et Jean-Baptiste Battard de Ladeuze, tous deux maître-maçon, a coûté à la commune la somme de 290 francs 35 centimes.

L'église et la cure feront l'objet de rubriques ultérieures. 

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 Photo de la place de l'église dans les années 40. A la gauche, le café-épicerie de la famille Lefebvre-Boucq  (Photo de Charles Boucq)

Le Pont Birique

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 Pont sur le Barbechin dans la courbe au début de la rue de la Quemogne; le Barbechin fait la limite entre la rue de l'église et la la rue de la Quemogne.

Coût de la construction du "Pont Birique"en 1834 par les maître-maçon Cyrille Legrand et Jean-Batiste Battard: 170 francs 40 centimes.

Dans un extrait des messes basses de 1779 est cité Pierre-Joseph Duquesne dit "Birique", déclaré agriculteur et tisserand.

Le pont fut aussi appelé dans le temps: Pont tin du Bos et Tin du Bot sur le plan Popp (Tin du Bos = Augustin Dubois).

Au pied du pont Birique, l'ancienne ferme Oscar Degauquier.

 

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Dans les années 80, devant la ferme d'Oscar Dugauquier (dans son fauteuil), une sorte de conseil des aînés s'y tenait chaque soir de l'été....tous les figurants de cette photo sont aujourd'hui décédés.  (Photo d'Ovide Canseliet)

Le plan Popp et la seconde partie de la rue de l'église 

 

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Rue de l'église (du Court Tournant vers Beloeil)   
Section B (à droite direction Beloeil)  
N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
476/475/477 Maison/Jardin/Verger Nopenaire Maximilien, dit Gros, Marchand
484d/484c/484a Maison/Jardin/Verger Croisiaux Auguste, Tailleur
489d/485b Maison/Maison/Jardin Limbourg Ferdinand, Domestique
458a/460a Maison/Jardin Debay Clément, Sabotier
458b/469a Maison/Jardin Debay Maximilien, Sabotier
458a bis/461c/461c Maison/Jardin/Verger Meurant Jules, Sabotier
455/454/457/456 Maison/Jardin/Verger/Brasserie Massart Jean-Bapt,Antoine et Benoit, Cultivateurs
451/452/453 Maison/Jardin/Grange Moulin Jean-Baptiste, Cultivateur
450/449 Cure Commune
447a/448a Maison/Jardin Moulin Damien, Boulanger
445c/445b/445d Maison/Maison/Jardin Jennart Jean-Baptiste, Marchand
439/439g Maison/Jardin Quitton François, Menuisier
436a/437b Maison/Jardin Paul Abraham et Romain, Secrétaire et ménager
351a/350a Maison/Jardin Duquesne, Massart Pierre-Joseph, Charpentier
     
Section A (à gauche direction Beloeil)  
492b Maison Meurant Modeste, Cultivateur
491d/491c/493b Maison/Jardin/Verger Duquesne François-Joseph, Berger
562a/562b Maison/Jardin Crucq Marie-Christine, Couturière
563a/562c Maison/Jardin Crucq veuve Benoit-Joseph
565a/567 Bien rural/Verger Dehérissem Baron Charles, Bruxelles
565b/566 Maison/Jardin Brismoutier-Delmée Jean-Bapt., Gendarme
572 Eglise et Cimetière Commune
586a/587 Maison/Jardin Descamps Edouard, Brasseur, Beloeil
573a/574/573b Maison/Jardin/Verger Delaye Alexandre, Charpentier
576b/575b Maison/Jardin Vanus Veuve Jacques, Ouvrier
577c/578/577g Maison/Jardin/Grange Legrand Bastien Zaccharie, Cultivateur Ladeuze
588a/588b/589 Maison/Maison/Jardin Stampe François, dit Pinche, Cultivateur (Marcotte)
601c/601b Maison/Jardin Picron Jean-Baptiste, Ouvrier
601d Maison Jonniau Jean-Baptiste, Cultivateur
     

 

 

 

29/03/2014

La rue de l'église (1)...de la Maladrerie au Court-Tournant....

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La rue de l'église et le Court-Tournant (Edition Equeter-Lorphèvre 1902)

La rue de la Maladrerie

La Maladrerie et la rue de la Maladrerie, actuellement rue de l’église, sont cités de nombreuses fois dans les actes: 1483 "Chemin de la maladrerie"; 1507: "Couture et rue de la Maladrerie", 1508 "Chemin des maladreries"; 1558: "La voye qui maine de la maladrerie d'Husseignies à Ladeuze".

 

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Une Maladrerie à l’usage des lépreux d’Hunchegnies, occupait le terrain sur lequel se trouve l’ancienne ferme Pierre-Anne Duquesne. C’était le chapitre de Leuze qui l’avait fait bâtir sur les terres appartenant à sa Seigneurie. La dernière mention de la présence de lèpre chez nous, est donnée dans les comptes des pauvres en 1594 « don d’un manteau à Jehan de Bruffay, lépreux ». L’ancien enclos de la maladrerie ou "Hurée Pierre-Anne" fut supprimée lors du pavage de la rue vers 1835.

 Le calvaire,

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Le Calvaire Pierre-Anne (Photo de Ovide Canseliet 1980)

Le vieux calvaire qui trônait à l’angle de cette propriété fut aussi supprimé lors du pavage et l'élargissement de la rue du Pont Goret.

La famille Duquesne érigea un nouveau calvaire sur le pignon de sa ferme face au chemin de la Garde. Le Christ actuel ou "Bon Dieu Pierre-Anne "provient du calvaire Duhoux, rue de Warpotte à Ladeuze, en face de la maison Ghislain.

L'ancienne ferme des Tourelles (...ou des Tourettes)

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Sur la gauche, l'ancien emplacement de la ferme des Tourelles; y subsistaient encore en 1980 une partie des murs d'enceinte (photo de Ovide Canseliet)

La ferme des Tourelles déjà citée en 1409 était un important domaine agricole ayant appartenu pendant des siècles à la noble famille Dedessuslesmoustier de Bovekerke; elle fera l'objet d'une rubrique spécifique ultérieurement.

 

Le Court Tournant

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Photo du Court Tournant vers 1925 (Auteur inconnu)

A la jonction avec la rue de la Corne, se trouve le court-tournant, on comprend mieux l’origine du nom de l’endroit en voyant le départ vers Ath avant la réalisation de la nouvelle route en 1956.

La maison de la boucherie était un cabaret dit "Chez Quéquinze" où l'on dansait à la viole.

La ferme-Brasserie Domitien Gosselin

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L'ancienne ferme Jean Dath, aussi appelée anciennement "Ferme du  Canari ».

Elle fut le siège de l’exploitation agricole et brassicole de Domitien Gosselin, bourgmestre et brasseur au 19ème siècle dont la grange construite en 1815 était la plus vaste du village. (Plus d'informations suivront dans la rubrique relative aux anciennes brasseries)

La piedsente Jean Manon

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La piedsente Jean Manon offrait un raccourci pour la majorité des gens du village se rendre au cimetière. Déjà reprise sous ce nom dans le plan Popp de 1850, elle porte le nom d'un ancien propriétaire de la ferme Debay à la rue de la Corne.

 La rue de l'église et le plan Popp de 1850

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Section B (à gauche du Court Tournant vers le Calvaire, direction Blicquy)  
N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
474/473/472 Maison/Jardin/Verger Delavallée Ernest, Maréchal
469/470/471 Maison/Jardin/Jardin Domitien Gosselin, Bourgmestre et Brasseur
467a/467a bis/468a Maison/Maison/Jardin Croisiaux Auguste, Tailleur
465a/464b Verger/Terre Idem
385/386/384a Maison/Jardin/Verger Delestray Auguste, Cultivateur
382/383 Maison/Jardin Defroyen Joseph, Tisserand
376/377/378 Maison/Maison/Jardin Coulon Pierre-Joseph, Cultivateur et consort
379/380 Jardin/Verger Idem
379b/375b/373a Maison/Jardin/Verger Jaivenois Jean-Baptiste, Cultivateur
353/352/354 Maison/Jardin/Verger Duquesne Pierre-Louis, Cultivateur
     
Section A (à droite du Court Tournant vers le Calvaire, direction Blicquy)  
350a Maison Degouys Eleuthère et Héritiers
352/351b/353 Maison/Jardin/Jardin Massy François, Cultivateur
354a/355/354c Maison/Jardin/Brasserie Gosselin Domitien et Stanislas, Brasseurs
328a/326/329a/329b Maison/Jardin/Verger/Terre Bécart Adrien, Cultivateur (Ferme des Tourelles)
324/325/323 Maison/Jardin/Verger Marbaix Jean-Baptiste, Cultivateur
     

 

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Une ancienne maison au court-tournant portant une pierre en-dessus de porte datée  1777. (Maison de Croisiaux Auguste sur le Plan Popp)

Prochaine publication: La rue de l'église, depuis le court tournant jusqu'au Pont Birique. 

22/03/2014

La rue de la Corne

Nous entamons un 3ème circuit qui nous conduira de la rue de la Corne via la rue de l'église vers le canal Ath-Blaton.

 

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Photo de Ovide Canseliet 1980

 La rue de la Corne

On devrait son nom au profil de la rue qui amorçait un tournant en forme de Corne pour éviter 2 waréchaix un peu au-dessus du cimetière; la rectification de cette courbe eut lieu en 1844 lors du pavage de la rue.

C’est au cabaret « A la Corne » à la limite de Ladeuze que dès 1836, on percevait le droit de chausséage.

Le cimetière

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Le cimetière actuel date de 1900, avant cette date nos morts reposaient autour de l’église. Le terrain appartenait sous l'ancien régime à la cure de Husseignies; elle en fut démunie sous le régime français au profit du bureau de bienfaisance.

En face, se trouve la ferme « Debay », son pignon porte la date de 1880: c’est une des plus anciennes du village, ses bâtiments auraient abrité une autre brasserie.

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  La ferme Debay (Photo Ovide Canseliet 1980)

La Place à Ladeuze,

Lieu-dit qu'il ne faut pas confondre avec la Place de Ladeuze. C'est une sorte de placette triangulaire à l'endroit où la rue de la Corne et le chemin Bailli Dupont forment un Y.

Cet endroit devenu terrain communal pendant la domination française faisait partie du territoire de Ladeuze et ne fût rattaché à Huissignies que lors des échanges de 1837. 

On note en 1447 : « Le place à Ladeuse parmy sissante 60 verges de kakeuve(*) tenu de Mme de la Hamaide ». 

En 1577: "Près à caqueuse"

(*) Kakeuve, caqueuse = Prêle.

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 La rue Bailli Dupont 

Du nom d'un ancien bailli (*) de la seigneurie de Ladeuze, et aussi nommée "Ruelle Maton" dans le plan Popp de 1850.

En empruntant cette rue , on trouve " la couture du  Chesneau " ou couture du petit chêne. Ensuite au delà de l'ancienne voie de chemin de fer, on trouve sur la droite le lieu-dit « Le Pachy des bœufs » déjà cité en 1569, il s’agit d’un « Bonnier »(environ 1ha27) d’aulnois appartenant à la Seigneurie de Ladeuze avec autorisation de pacage, donc de pâturage libre. 

(*) Le bailli était un agent d'administration ou officier de l'autorité seigneuriale; il percevait les impots et amendes de justice.

Exemple: "Jehan Desmasures, bailli de Monseigneur Philippe Comte de Lalaing, seigneur de Husseignies dépose plainte contre Martin du Frasne de Husseignies, qui après avoir bu en novembre 1572 à la taverne Jehan de Vertenoelle devant l'église et en étant sorti avait blessé à sang et de nuit, d'un coup d'épée sur la rue Pierre Pottier dit Lachu. Le bailli réclame au nom du seigneur une amende de 20 livres blans et demande un jugement aux échevins. Après enquête et examen des chartes générales et coutumes du Hainaut, ils confirment l'amende de 20 livres blanc à imposer au coupable."  (Extrait des chirographes du greffe scabinal de Huissignies)

 Le chemin de la justice

 

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Le chemin de la justice qui allait du centre de Ladeuze aux fourches patibulaires

A la "Place à Ladeuze", on aperçoit vers l'est l’ébauche d’une ancienne voie qui va vers "les Près", c’était le "chemin de la justice" qui avant la percée du canal, reliait le centre de Ladeuze au champ des Fourques. Les condamnés en haute justice de Ladeuze étaient détachés du pilori et étaient amenés par ce chemin pour être pendus au gibet.

Les Frais Près

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 En face du cimetière, un espace bucolique, très boisé à la nature encore sauvage: "Les Frais Près" ou "Couture des Près" dans le Plan Popp. 

"Es fretz prés (1564) tenant à la couture condist des Bayart et à la rivière, jugement d'Hunchignies". 1588: Es pret; en 1594: Es prée.

  La rue de la Corne et le Plan Popp

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Section A (à gauche direction Ath)  
N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
357a/357b/356 Maison/Maison/Jardin Degand Thomas, Journalier Valenciennes
344 d/b/c Bâtiment rural/jardin/Jardin Nopenaire Benjamin, Marchand de lin
343b/342b/340b Maison/Verger/Terre Stassart Céline, èpouse Andrieux Jean-Bapt, Cultivateur
230/232/233/231 Maison/Jardin/Terre/Verger Dupret-Devos, Veuve et enfants Emmanuel , Leuze
229/227/228 Maison/Jardin/Verger Vivier Elie, Ouvrier
     
Section B (à droite direction Ath)  
495a/496/494a Maison/Jardin/Verger Crucq Joseph, Sabotier
498/499/500/501/502 Maison/Verger/terre/Terre/Pré Cossée Victor Louis Joseph, Contrôleur de 1ère classe, Mons
507/506/505/510/514 Maison/Verger/Terre/Verger/terre Dupont Veuve Félix, Cultivateur
508/509/511/513 Maison/Jardin/Verger/Terre Dupont Elie, Frères et sœurs, Cultivateurs
522/524/525/523 Maison/Maison/Maison/Jardin Jouret Hippolyte, Propriétaire et consorts, Chièvres
526/527/528/529 Jardin/Terre/Terre/Terre Idem
535c/535d/535f/535g Maison/Maison/Maison/Terre/Jardin Delecourt Philippe, Meunier à Ladeuze et Cauvin Louis Emphytéote
     

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L'église de Huissignies vue des "Frais Près", entre les saules têtards.

 

15/03/2014

La Rue de la Garde

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Le corps de garde se trouvait au coin de la rue , sur la pelouse de la maison Massy

Le corps de garde

Il se situait au début de la rue sur le coin.

Le corps de garde était un bâtiment où se tenait un poste de soldats appelés gardes. Ces gardes qui dépendaient de l’autorité militaire étaient chargés d’un service d’ordre et de surveillance.

Leurs principales fonctions étaient de garder le territoire, de veiller à l’éxécution des ordonnances, de dénoncer les soldats déserteurs, d’arrêter les mendiants, les vagabonds, les gens sans aveu, d’examiner les passeports des étrangers et de prêter main forte aux patrouilles paysannes, de prévenir la population d'un danger iminent.

Les appréhendés étaient enfermés dans le corps de garde, en attendant d’être emmenés dans les prisons du chef-lieu.

Chaque nuit à minuit les gardes tiraient un coup de feu pour attester leur présence. Le service militaire des gardes fut supprimé en 1799 et ses fonctions furent confiées à la gendarmerie.

D’apparence modeste, le corps de garde ne comprenait qu’une seule pièce éclairée par une fenêtre unique.

Sur le territoire de Ladeuze, il existait un corps de garde au Fayt et ce sont les communautés de Ladeuze, d’Hardempont et de Grosage qui en avaient l’entretien.

Les gardes du Fayt avaient la surveillance des routes jusqu’au corps de garde d’Huissignies, ceux de Huissignies jusqu’au corps de garde de Blicquy.  (L’histoire de Ladeuze, Abbé Demeuldre) 

8 à 13 hommes assuraient ce service qui déjà suspendu en 1770, fût confié en 1790 à la gendarmerie (Brigade de Basècles).

Les soussignés maire et échevins du village d’Husseignies ordonnent à Pierre-Joseph Duquesne, receveur de la taille du dit lieu de payer à Amand Legrand, maître maçon, la somme de 148 livres pour avoir démoli et rétabli le corps de garde du dit Husseignies, lequel lui fut adjugé le 20 mai de cette présente année telle qu’il en comte pour la criée concernant ce sujet et donné en notre assemblée ce 9 août 1789. Signé : FJ Massart, Blat, Staumont, André, PJ Cauchies, JB Duquesne. Amand-Joseph Legrand a reçu. (Archives de la ville d’Ath

 

terrage,fourche patibulaire,chaufour

 La rue de la Garde,

elle n’a pas toujours porté ce nom, on trouve, en 1384 : « à la rue Croix du kemin d’Ath » et en 1558, « la voye qui maine de la Maladrerie d’Husseignies à Ladeuze, couture de la Croix ».   

 Au Caufour,

C’est la dénomination de la dernière maison de la rue de la Garde (Maison Herman Thibaut).

Dès 1462, on retrouve « Les Chaufours Condist de Hunsegnies, terre de Ladeuze; "où l'on dist à chaufour en la couture de la Croix près de la cense de la Tourette (1751) ».

Des fours à cuire la roche pour la convertir en chaux (chaux fours, fours à chaux) y étaient installés. 

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Le lieu-dit "Au Caufour" 

Cette dénomination « Chaufours », se retrouve d’ailleurs dans de nombreux villages voisins où on exploitait des fours à chaux. La chaux mélangée à de la farine de seigle servait de ciment pour la construction.

 Coutures Delcroix

Citée plusieurs fois du XIV au XVIème siècle avec les noms de Delcroix-Occidentale,  Delcroix-Orientale et Mont en Croix.

Il s'agit en réalité " De la Croix...", car il y avait présence d'une croix à l'intersection de la rue de la Garde et de la rue de la Corne. C'est en 1395 que la croix est mentionnée pour la première fois.

C'était au nom de la croix et la croix sur l'habit que les chevaliers croisés au XI ème siècle partaient en Palestine pour la conquête du tombeau du Christ. La dévotion à la croix en devint très répandue et sa manifestation extérieure se traduisit dans les campagnes par la plantation de croix le long des chemins et aux abords des champs. C'était aussi un lieu de refuge; en se réfugiant auprès d'une croix, la victime arrêtait la poursuite de son agresseur.

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Un exemple de croix de campagne 

De la croix comme point de repère, la couture est divisée en: "Couture Delcroix Occidentale", du chemin de la Garde jusqu’à la couture des Vaulx à l'ouest,

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La couture Delcroix Orientale 

"Couture Delcroix Orientale", du même chemin de la Garde jusqu’à la Hunelle, aussi appelée couture des Prés, et "Le Mont-en-Croix", à partir de la croix en remontant vers Tiripré (sous juridiction de Ladeuze avant 1827).

 

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La couture Delcroix Occidentale sur la gauche de la rue 

Le Champ des Fourques,

Lieu-dit situé en la Couture Delcroix occidentale.

1517: "Couture des Fourches"; 1568: "Courtil des Fourches"; 1645: "Courtil des Fourques, 3 journels enclos de fossés".

A partir du XIIème siècle, le comte de Hainaut reprit le jugement des causes qui entraînaient la peine d emort; l'homicide, le vol, le rapt, l'incendie, tout en laissant au seigneur l'exécution de la sentance. Le criminel était suspendu au gibet dit "fourches patibulaires" et son cadavre était abandonné aux oiseaux de proie. Le gibet se trouvait d'ordinaire en quelque endroit élevé pour intimider les malfaiteurs par l'exemple. 

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Les Fourches patibulaires (Représentation)

D'après la matrice cadastrale du plan Lebeau de 1758, la terre du "Champ des Fourches" appartenait à Joseph Negleputte, il devait terrage (*) à 4 seigneurs ce qui laisse supposer que ce lieu de supplice aurait servi pour plusieurs seigneuries. 

 (*) Le terrage, sorte d'impôt sur terres cultivées de céréales qui se traduisait par le prélèvement en gerbes de celles-ci  par le représentant du seigneur avant que le paysan ne puisse engranger sa récolte personnelle. Le contrôle s'opérait sur le champ juste récolté par un sergent seigneurial et plus tard par un officier spécial. Pour les prés et les coutures, l'impôt se nommait "Cens" qui lui était sonnant et trébuchant.

La rue de la Garde et le plan Popp 

 

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N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
312/311/310 Maison/Jardin/terre Miroir Auguste, Rosalie et jean-Bapt, Journaliers
314/313/315 Maison/Jardin/terre Nairuez jean, Tisserand
317/318/316c Maison/Verger/terre Nopenaire Isidore, Cultivateur 
319bis/319 Maison/terre Veuve Vanus Bélori, cabaretière
322/321 Maison/Jardin Dath Vincent, cultivateur
304/305 Maison/Jardin Carlier Désiré et Auguste, Ouvriers
303/302 Maison/Jardin Fouquembarg Théodore Casimir, Cultivateur
300b/300c Maison/Jardin Cuvelier Veuve Jean-Baptiste et Télesphore, Ouvriers
     

 

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La Croix bien représentée sur une carte de 1745

08/03/2014

Du Moulin à vent vers Tiripré

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La butte du moulin à vent à gauche

La Ruelle du Moulin à vent et l'ancien moulin à vent,

Faisant fourche avec la rue de la Garde, on trouve dans les archives de 1554 « Ruelle du Moulin »; 1624 "Ruelle du Moulin à vent".

L’emplacement de l'ancien  moulin devait être plus à gauche de la butte, peut être vers le Château d’eau actuel.

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La 1ère construction du moulin à vent serait donc antérieure à 1550 et le dernier moulin aurait été construit sur un tumulus à la fin du XVIII siècle.

A l'origine, le moulin à vent dépendait du domaine de la "Cense de la Tourelle" mais il en a été parfois séparé soit par vente ou succession.  

En 1801, il est la propriété de la famille Noël Joseph Coulon-Negleputte et c’est en ce temps qu’un enfant a été tué par les ailes en mouvement du moulin; ce drame allait d’ailleurs altérer profondément la santé mentale du meunier qui mourut aliéné à Tournai.

La matrice cadastrale du plan Popp (1850) révèle que la famille Bécart en est propriétaire au même titre que la ferme des Tourelles aussi appelée à l'époque "Ferme Bécart".

L’incendie qui le détruisit complètement en 1889 fut d'origine douteuse d'après la rumeur publique de l'époque. Sa démolition s'en suivit en 1890.

Le terrain du moulin et la ferme attenante, furent achetés en 1894 par Nestor Dupont, ancêtre des propriétaires actuels, la famille Labie.

 

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Annonce de vente du moulin à vent (Echo de la Dendre vers 1875)

Le château d’eau,

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Le château d'eau 

Réserve d’eau qui garantit une pression minimale dans le circuit de distribution d'eau; il a été construit en 1959 lors de la création du réseau du village. Ce bâtiment est situé à la côte d'altitude 76; du haut de son dôme, on découvre un large panorama avec vue sur Leuze, La Houppe, le relais hertzien de Silly, le château d’eau de Lens et la tour de Pairy Daisa à Cambron...pas sûr qu'il soit encore fonctionnel??

Tiripré

Appartenait à la commune de Huissignies avant la démarcation cadastrale de 1837, lieu-dit aujourd’hui appartenant au territoire de Ladeuze. 

1400, Thiery Pret,1428, couture de Thiripret, 1529, Theripret, 1588, Tiripret (comptes de pauvres).

C'est la couture comprenant des prés ayant appartenu à un certain Thierry.

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Le lieu-dit "Tiripré" sur la gauche; au fond à gauche l'église de Tongre-Notre-Dame et sur la droite la ferme du Chasseur à Ladeuze.

Appellée autrefois aussi "Ville de Tiripré" par les habitants de Huissignies et de Ladeuze.

Les fouilles pratiquées en 1912 par la société royale d'archéologie de Bruxelles à Tiripré (champ N°70 du cadastre et champ contigu) mirent à découvert les structures d'une villa romaine et aussi la présence d'une étable. Cette station romaine exploitée par un colon romain consistait à ravitailler l'armée romaine occupante. La nécessité de pâturages pour l'entretien de son bétail impliquerait dans le mot Tiripré, le terme "pré". Dans cette hypothèse, "Ville de Tiripré" signifierait: l'exploitation, Villa (ville) des prés (pré) de Thiron (Tiri). (Abbé Demeuldre, Histoire de Ladeuze)  

 Les Vaulx,

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Lieu-dit les Vaulx vu du Château d'eau; au fond l'église de Tongre-Notre-Dame

Dénomination en relation avec vallée ou vallon, cette appellation se retrouve déjà actée en 1450: "Couture des Vaulx". Cette couture s’abaisse en pente douce au Nord vers le Rieu-Sauveur, elle ne fût cédée à Huissignies qu’en 1827.

Sur cette couture, quelques noms de lieux dits très particuliers sont à signaler, dans un acte de 1668, on cite la « Houblonnière en la couture des Vaux", on y aurait donc cultivé le houblon pour quelque brasserie locale. Ce fait est d’autant plus vraisemblable qu’un acte de la même époque cite "La couture  de l’aramule », signifiant champ de ramules cad de rameaux; la culture du houblon, haute plante grimpante, nécessitant la mise en place de hautes perches ou ramures, en patois de chez-nous.

A noter aussi dans un acte de 1540:« le Haut Courtil en la couture des Vaux", un courtil étant un champ clos voire un grand jardin.

Prochaine publication: La rue de la Garde