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28/01/2017

La guerre 14-18 (13): Que s'est-il passé en 1916 dans notre coin....?

A partir de début 1916, la majorité des communes disposeront d'un comité de secours. Ces derniers mettent d'abord en place une soupe populaire à destination des nombreux chômeurs; l'activité économique ayant fortement ralenti dans les mines, les usines, les carrières, les bonnetteries.. Dans certains villages, les comités de secours distribuent également des rations de farine.

Le 1er février 1916, c'est un bruit fracassant qui réveille les habitants de Mainvault. Le zeppelin LZ79 s'est écrasé sur une ferme.

Le 15 février, une rumeur mensongère se répand: les allemands réquisitionnent les porcs. Il n'en faut pas plus pour motiver la tuerie de porcs qu'on vend frauduleusement au qu'on entasse dans les saloirs.

Le 25 février, une escouade d'allemands fait visite dans les fermes pour relever des réserves de pailles, de foin, d'avoine. Le bétail est mis à la ration.

En ce mois des voleurs sévissent. Ils opèrent nuitamment enlevant lapins, poules, cochons et aussi du linge.

Le 1er avril, vers 8 heures du soir, on entend un grand bruit dans le ciel. On aperçoit dans la demi obscurité d'un ciel étoilé un "zeppelin". C'est comme un énorme cigare, il file à quelques centaines de mètres de hauteur, traversant le ciel du sud au nord ouest; il disparaît très vite. Le lendemain, à 5 heures du matin, même vacarme, même apparition.

Dans la 1ère partie de l'année, des borains en petites bandes, circulent de maison en maison, de ferme en ferme , quémandant des pommes de terre. Malgré la rareté du précieux tubercule, chacun donne ce qu'il peut. Plus tard, ils se verront forcés d'aller en Flandre. Ils repasseront, sac à dos et bien chargés. bien heureux s'ils arrivent à destination sans avoir été dépouillés par quelque gendarme.

Le 1er mai apporte une innovation: "l'heure d'été". Toutes les horloges doivent être avancées d'une heure. Motif: économie d'énergie. Les gens rechignent un peu, tardent mais ils finissent par se soumettre.

Le 5 mai, par l'effet d'un brusque changement de température, un fil télégraphique placé le long de la voie ferrée se rompt entre Ladeuze et Tongre-Notre-Dame. Ces 2 communes sont rendues responsables et punissables. Huissignies et Ormeignies sont englobées dans le châtiment. Ces 4 communes reçoivent l'ordre de faire la garde pendant 1 mois, jour et nuit, le long de la ligne. De plus, dans ces mêmes communes, la circulation est interdite après 7 heures du soir. La punition prend fin le 25 mai.

Nous entrons dans une période de vexations répétées...d'après la "Kommandatur", les déclarations d'avoine ne correspondent pas à la réalité. La présence de quelques grains d'avoine observée dans la nourriture des animaux devient pour le fermier l'occasion d'une forte amende.

Le rythme des réquisitions s'intensifie. Partout les allemands enlèvent les métaux, les laines, les matelas et les chevaux.

Malgré les nombreuses initiatives de solidarité mises en place, les restrictions alimentaires toujours plus importantes provoquent une hausse du maraudage. Les cultures font l'objet de vols fréquents à tel point que les autorités doivent engager du personnel afin de patrouiller dans les champs. 

Le 19 septembre, tous les chevaux doivent se trouver à 2 heures au trieu, des belles juments seront saisies. Le 8 novembre, nouvelle saisie de 8 chevaux à Aubechies.

A Beloeil, des repas scolaires sont distribués pour 250 enfants depuis le 1er octobre.

Notre région se trouve dans la zone d'organisation militaire allemande dite des "Etapes" cad zone tampon proche de front et administrée par les officiers militaires allemands présents sur place. Dans la zone dite d'étape, les restrictions de liberté sont plus importantes qu'ailleurs en Belgique. Le 1er octobre 1916, Wadelincourt devient frontière d'étape (cad à la limite de la zone dite d'étape et de la zone dite "du gouvernement général") et un poste de garde y est installé. Un officier allemand y résidera jusqu'à la fin de la guerre.

Les très jeunes enfants ne sont pas oubliés et sont aidés grâce à l'oeuvre de "la goutte de lait". Des comités se forment en vue de collecter le lait dans les fermes. Durant la guerre, les oeuvres de l'aide à l'enfance marcheront si bien qu'elles perdueront sous le nom d'"Oeuvre nationale de l'enfance", ancêtre de l'actuel "Office de la naissance et de l'enfance".

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Dans les 1ers jours de novembre, une rumeur parle de réquisition d'hommes...tout le monde vit dans l'anxiété.

Fin octobre 1916, les premières déportations de main d'oeuvre ouvrière commencent à Mons. Au total, 120.000 subiront ce sort, 2614 d'entre eux mourront en déportation. 

Le 22 novembre, tout le beurre est saisi pour le ravitaillement.

Le 10 décembre, l'éclairage fait défaut. Plus de carbure, plus d'essence. On s'éclaire avec la graisse du ravitaillement.

Le 31 décembre, durant toute la nuit, une pluie abondante tombe sans discontinuer. Le matin, la Hunelle déborde sur la rue de l'église et la rue des Hauts Arbres est envahie par 75 cm d'eau. 

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Sources: "L'histoire de Ladeuze" de l'abbé Demeuldre et "Beloeil à l'heure allemande 1914-1918" de Valentin Malfait.

12/12/2015

La guerre 14-18 (12) / L'année 1915 chez nous

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Après une année 1914 tragique, les premiers jours 1915 se passent dans le calme; la vie économique reprend de jour en jour.

De temps en temps, un petit incident vient troubler cet état de choses.

Le 10 janvier. Un chef allemand accompagné de quelques subalternes descend à la maison communale où les attendent les jeunes gens des classes 1914, 1915 et 1916. Ordre est donné de signer un engagement de ne pas faire pacte avec les alliés en cas de recul allemand. Chacun s’exécute puisqu’il le faut. L’ennuyeux est qu’il faudra se présenter à Chièvres tous les 15 jours, pour le contrôle.

Le 19 janvier: Réquisition des noyers (gautiers en wallon) . Ceux-ci sont condamnés. Qu’en feront l’ennemi ? Certains prétendent des crosses de fusil. Quoiqu’il en soit, la bêche et la hache commencent l’œuvre de destruction. Déjà un bon nombre d’arbres sont étendus sur le sol, quand arrive l’ordre d’arrêter.

Dès les premiers contacts avec la population, l'armée allemande réquisitionne tous les vivres possibles. Avoine pour les chevaux, viande ou bière, les soldats font main-basse sur tout ce qu'ile peuvent trouver. Les communes doivent fournir d'inombrables denrées pour les forces allemandes.

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Les prisonniers : Les familles reçoivent rarement de leurs nouvelles, leur situation est lamentable. Se forment des comités de secours à l’initiative de quelques jeunes qui s’en vont frapper aux portes et touchent les cœurs de nos villageois. Ils reçoivent partout un généreux accueil. Ils enverront tous les 15 jours un colis de 6 Kgs de vivres. Un comité central qui a son siège à Mons, rue Lamir centralisera la confection et l’envoi des collis. Les prisonniers recevront ainsi régulièrement un supplément bien nécessaire sur la ration ordinaire, ce qui leur procure en même temps la consolation de savoir que dans la petite Patrie, il en est qui partagent leurs peines. Ces envois se feront de façon ininterrompue jusqu’en janvier 1917, date à laquelle l’autorité allemande interdit tout rapport avec les prisonniers.

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Les semaines, les mois s’écoulent sans évènement notable.

 

Sources: Histoire de Ladeuze de l'Abbé Demeuldre / Beloeil à l'heure allemande 1914-1918 (Expo et document n°4 ASPB.

27/12/2014

La guerre 14-18 (11) / Les derniers mois 1914 dans notre région

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Les premiers jours de septembre révèlent la puissance des canons allemands, du calibre 42. Les vitres de notre village tremblent par les ondes de choc qu'occasionnent les bombardements à partir de Givry sur les forts de Maubeuge. 

Le 19 septembre, une proclamation interdit la lecture des journaux.

 

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 Télégramme du commissaire d'arrondissement d'Ath Mr de la Croix d'Orgimont à tous les bourgmestres, avertissant de la présence d'espions allemands dans notre région.  

Le 28 septembre, une forte explosion se fait entendre. On apprendra que des soldats belges ont placé une bombe sur le pont de chemin de fer près de la gare d'Ormeignies.

Le  7 octobre, les détenteurs de chevaux doivent se rendre à Chièvres pour une réquisition de chevaux, mais finalement un seul cheval sera réquisitionné.

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 Vers la mi octobre, le pétrole se fait rare. La prise d'Anvers par les allemands et les bombardements sur les tanks d'huile provoquent une pénurie. On va rechercher sur les greniers les systèmes d'éclairage des anciens: quinquet, lampe à tringle, lampions, crassets...et bien sûr les ancestrales bougies. D'autres utiliseront du suif coulé dans des verres, des lampes de vélo, des lampes à carbure.

Installation par les allemands d'une commandanture d'étape à Grandglise. Quelques semaines plus tard, elle sera déménagée à Péruwelz. 

Le 12 décembre, les miliciens doivent se rendre à Ath, pour signer et prêter serment "qu'ils ne feront pas alliance avec les ennemis de l'Allemagne".

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Les premiers symptômes de la disette en froment confisqué en septembre se font sentir. Le rationnement en farine est prononcé: 250 grs par jour et par personne. Par convention internationale, l'occupant est imposé de devoir ravitailler la population civile.

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Un comité central se forme avec des comités locaux sous-jacents qui auront comme mission de distribuer pendant la période des hostilités, les aliments de toute première nécessité: farine, pommes de terre, riz, lard, graisse, etc....

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Il fallait se rendre plusieurs fois par semaine dans un local communal désigné pour acheter sa part de produits alimentaires. Cette organisation fonctionnera toute la guerre et ne sera supprimée qu'en mai 1919.

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Sources: L'histoire de Ladeuze de l'Abbé Demeuldre; Documentation de l'Association de Sauvegarde du Patrimoine de Beloeil et documents de l'expo "Beloeil à l'heure allemande" (A.S.P de Beloeil).  

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13/12/2014

La guerre 14/18 (10) / Le repos de nos guerriers....Correspondances de nos soldats

 Correspondance de Georges Cousin au Camp d'Auvours dans la région de Le Mans à Georges Debeaumont au front de l'Yser....

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Dans un premier temps, le camp d'Auvours fut un camp pour remettre en condition les soldats qui venaient de retraiter en ce mois d'octobre 14. Plus de 14000 soldats de la IV division y sont passés jusqu'en décembre 14. En même temps, il fallait  accueillir les recrues (les volontaires de guerre) et les former avant de rejoindre d'autres camps plus "spécialisés".

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Dans le courant de  1915, des camps d'instruction furent établis en Normandie également et le camp d'Auvours remplissait alors une autre mission, accueillir les recrues formées en Normandie et leur donner une dernière instruction propre à leur régiment. Après cette instruction... départ pour le front.

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Fantassins belges faisant l'escrime à la baïonnette au Camp d'Auvours

Chaque camp avait sa spécialité, Ardres était pour le génie. Les hommes se perfectionnaient  dans leur arme. Après ce stage de formation, il rejoignaient leur régiment souvent avec un grade plus élevé ou une autre affectation, Parfois certains soldats voulant changer d'unité, passaient par des camps d'instruction afin de se familiariser avec leur "nouvelle " arme.

 

Correspondance en 1917 de Gaston Broquet en congé de repos à Issy Les Moulineaux près de Paris à Georges Debeaumont au front de l'Yzer....

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Quant au camp près de Paris à Issy Les Moulineaux, c'était un camp pour les permissionnaires en repos et qui se rapprochaient de la ville lumière pour profiter de leur permission. A Paris, il y avait plusieurs lieux d'accueil pour les soldats belges en permission.

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Correspondance de Georges Fauvaux en 1915 de son service à La Panne à Georges Debeaumont au front de l'Yzer....

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 Correspondance d'Eugène Baugnies au front de l'Yzer à un ami Arthur Barbieux qui était en campagne de sucrerie à Us dans le Val d'Oise en France... 

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29/11/2014

La guerre 14-18 (9) / Les jeunes hochniots dans l'enfer des combats / Georges Fauvaux

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Photos Collection famille Fauvaux

Georges Fauvaux , né à Callenelle en 1884, instituteur de Huissignies en 1914, faisait partie de ces brancardiers de 14-18 qui étaient essentiellement réservistes « dispensés du service en temps de paix ».

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 Georges en haut à droite lors de sa mobilisation en août 1914 à Lierre.

Séminaristes, prêtres ou instituteurs, ils furent mobilisés pour constituer l'effectif des colonnes d'ambulances. 

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 Mais les brancardiers n'ont pas que des tâches d'assistance médicale . Parce qu'ils sont souvent très scolarisés, ils rendent d'éminents services à leurs compagnons d'infortune dont beaucoup sont illettrés. 

Les mois du cantonnement étaient longs; le service même des tranchées n'exigeait pas une égale tension dans tous les secteurs; la lecture était, pour beaucoup, le meilleur passe-temps. Mais il fallait des livres. Les brancardiers aidèrent les aumôniers à créer de nombreuses bibliothèques.

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 La salle de lecture dans un barraquement à Wulpen près de Furnes.

Plus encore que les livres, les journaux faisaient la joie des soldats. Les brancardiers prenaient les abonnements et se chargeaient de la distribution. Chaque jour, et parfois au péril de leur vie, ils allaient jusqu'aux avant-postes porter aux sentinelles la feuille impatiemment désirée.

Les hôpitaux permanents du front et les ambulances

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 Georges dans son tablier blanc de soignant à l'hôpital permanent de Wulpen près de Furnes en 1915

L'abandon d'Anvers, le retrait sur l'Yzer eurent comme conséquence que tous les blessés du front devaient être traités d'abord dans des hôpitaux permanents à proximité du front avant d'être évacués vers la région côtière.  

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Dès novembre 1914, grâce à l'initiative du Dr Depage, la Croix Rouge installa à La Panne "l'hôpital de l'Océan" qui contint plus de 800 lits. Ensuite, un autre à Adinkerke dans la Villa Cabour près duquel s'agglomèrèrent de nombreux baraquements. A Vinckem, on installa également un hôtpital de 1500 lits.

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 Le Roi Albert 1er à gauche (...et le général Jacques?) le long de la digue à La Panne (Photo prise par Georges Fauvaux)

L'hôpital militaire belge de Calais

En 1915 furent créés à Calais et dans la banlieue une série d'établissements qui constituèrent la base sanitaire. Au début 1916, 18 hôpitaux et ambulances étaient en activité dans cette ville.

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Georges,2ème à partir de la gauche aux côtés de 2 militaires français du 43ème Régiment d'Infanterie Coloniale et de militaires anglais en 1916 à Calais.

L'hôpital militaire belge de Calais, appelé aussi de la porte de Gravelines ou encore du Petit Courgain fut édifié en 1915. De 36 baraques, il passa à 54 pavillons soit 1.500 lits. C'était un très gros hôpital médico-chirurgical qui hospitalisa 25.000 hommes de 1916 à 1918.

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Georges à gauche en compagnie d'un aumônier (en col blanc sous la veste), d'un autre brancardier et d'un médecin.

Les piquets de 2ème ligne..photos prises par Georges Fauvaux à Oostkerke près de Dixmude...

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Une zone de piquet de 2ème et 3ème ligne à Oostkerke en 1916

Un roulement s’instaure entre les jours passés en première ligne (3-4 jours), le piquet en deuxième ligne (3-4 jours) et le repos dans un cantonnement à l’arrière (aussi 3-4 jours). Ce repos est rythmé de travaux divers, de manoeuvres et d’inspections. Mais il permet aussi aux soldats de se distraire, de se laver, d’ajouter un supplément à leurs rations, de visiter des amis. 

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 Le nombre de jours se distribue différemment suivant l’époque, le secteur selon qu’il est calme ou agité, l’imminence de combats ou non. Les soldats déménagent constamment, avec tout leur barda, sans jamais rien laisser derrière eux, puisque d’autres occupent la place libérée. Tous les trois à six mois, les soldats bénéficient d’un grand congé, de deux à quatre semaines.

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    Georges Fauvaux avec ses classes de l'école communale de Huissignies en 1919 arborant un panneau de gratitude envers la ville de Sparta aux Etats-Unis qui a fourni pendant la guerre des vêtements aux enfants des écoles du village.

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Georges épousa Célina (dite Adèle) Massart de Huissignies avec qui il eut 5 
enfants: Emile, Julienne, Nathalie, Georges et Jean-Marie (Jurbise) et 4 petits-
enfants: Victor (décédé) et Marie-Ange (Australie), Georges (Huissignies) et
Véronique (Jurbise) .
Il habitait au N° 35 de la rue de l'église.
Il fut un instituteur remarquable qui marqua de nombreuses générations d'enfants 
du village de
1895 à 1945.
 
Il décèdera le 13 juillet 1958, il est enterré au cimetière de Huissignies.

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15/11/2014

La guerre 14-18 (8) / Les jeunes hochniots dans l'enfer des combats / Gaston Vilette

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Gaston Vilette naquit le 16 décembre 1893 à Husseignies de l'union de Désiré, maréchal-ferrant résidant au trieu et de Haubourdin Antoinette également du village.

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Gaston qui exerce le métier de maréchal-ferrant avec son père est appelé en service le 15 septembre 1913 au 1er Régiment d'Artllerie à Gand.

En août 1914, il fait partie de la 4ème brigade mixte / 9ème bataillon.

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Photos et documents de la collection Famille de Bernard Vilette

 Il sera blessé au bras d'un éclat d'obus dans la défense d'Anvers à Rumst la nuit du 30 septembre au 1er octobre 1914. Il reçoit l'ordre de regagner en train la gare centrale d'Anvers pour être évacué vers un centre de revalidation. En cours de route, le train est bombardé et après moultes péripéties il aboutira à pied via Knocke, Dixmude, Dunkerque au dépot de la 1ère Division d'Artillerie d'Offekerque près de Calais en France.

Il y est soigné dans une maison privée durant un mois et il reçoit ensuite l'ordre de regagner le front à pied dans son régiment d'origine qui s'est replié au front de l'Yzer à Ramscapelle. 

Il entame la bataille de l'Yzer le 12 novembre 1914. 

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 Oostkerke Mai 1916 / Gaston est en bas à droite

A partir de juillet 1915, notre armée se réorganise, se remet en état, renforce sa position principale sur l'Yzer et marque une recrudescence de travaux: renforcement des abris des tranchées, on bétonne et on blinde les caves servant d'abris. 

Le régiment d'artillerie sera mis à l'honneur pour tous les travaux exécutés partout et surtout de nuit et jusque les postes les plus avancés, pour renforcer et améliorer la légendaire position de l'Yzer.

Il prend place à Oostkerke près de kaaskerke dans une des 4 lignes de défense le long de l'Yzer .

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Oostkerke Juillet 2016

En 1916, l'artillerie reçoit des mortiers de tranchée, une batterie anti-aéronefs et des batteries d'obusiers légers. Le 1er Régiment occupe le lieu-dit "La ferme franco belge" toujours à Oostkerke, à l'ouest de la ligne de chemin de fer "Dixmude-Nieuport" .

Ils prendront part à l’offensive libératrice  par la forêt d’Houthulst et les hauteurs de Clercken, pour se trouver, à l’armistice, aux portes de Gand.

Gaston sera gratifié de plusieurs distinctions: la Médaille Militaire de 2ème Classe, la Croix de Guerre, Médaille de la Victoire, la Médaille Commémorative, la Croix du Feu et sera élevé Chevalier de l'ordre de Léopold II et Chevalier de l'Ordre de la Couronne.

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La blessure traitée avec retard avec les moyens de l'époque provoquera une invalidité qui lui empêchera de reprendre la profession de maréchal-ferrant par la suite. 

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Gaston épousera en 1921 Warniez Denise de Huissignies. Ils s'établirent au N° 54 de la Rue de l'église (maison contiguë à la boucherie du Court Tournant), ils eurent un fils Bernard qui deviendra plus tard bourgmestre de Lanquesaint et ensuite 5 petits enfants. Il était le frère d'Albert Vilette, un des derniers maréchal-ferrant de Huissignies, et donc aussi l'oncle de Lutgard et Josée Vilette. Devenu veuf, en seconde noce, il mariera Julia Latour. Il exerça la profession d'électro-mécanicien notamment à la firme Cambier d'Ath.

Il décède le 14 avril 1965 et est enterré au cimetière de Huissignies.

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Gaston, sa 1ère épouse Warniez Denise et leur fils Bernard vers 1940

Cette rubrique fut réalisée grâce aux documents et photos transmises par les petits-enfants de Gaston. 

01/11/2014

La guerre 14-18 (7) /Des jeunes hochniots dans l'enfer des combats / Debeaumont Léopold dit Georges

Léopold est né le 1 septembre 1888 à Ladeuze  au n° 11 de la rue des Hauts Arbres, fils de Debeaumont Eugène et de Polard Alodie Marie tous deux nés à Harchies. Sa mère Alodie était garde-barrière à la gare de Huissignies.

Léopold Debeaumont étant le 7ème d'une lignée de 7 garçons consécutifs, il a donc eu le privilège d'être le filleul de sa majesté le roi Léopold II et il reçut le prénom du roi. Toutefois, à Huissignies, il se faisait appeler Georges.

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 Il reçut à cette occasion une médaille honorifique ainsi qu’un brevet de l’association nationale des filleuls de SM Léopold II. 

Il fit son école primaire à l’école des frères à Ath et apprit le métier de menuisier-ébéniste à l’école industrielle d'Ath.

Le 22 septembre 1908 alors âgé de 20 ans, il entre au service militaire au régiment des GrenadiersIl avait pourtant tiré un bon numéro au tirage au sort mais un jeune homme plus riche qui avait tiré un mauvais numéro lui rachète ses deux années de service militaire. 

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Léopold dans sa tenue militaire de campagne, modèle 1870 (Photos Collection Frédéric Cornillie)

Démobilisé, il se marie en 1912 avec Marthe Carlier et de leur union naquit le 26/6/1913 leur fille unique Georgette Debeaumont.

Le 4 août 1914 il est rappelé dans son régiment d'origine le 2ème bataillon de garde des Grenadiers .

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Pendant la première partie de la guerre, les deux régiments de grenadiers prirent part à toutes les sorties d’Anvers et combattirent vaillamment à Hofstade, Elewijt, Molen, Werchter, Opdorp et St-Amand. 

Repliés sur l’Yser, du 21 au 30 octobre 1914, ils se battirent sans répit et dans des conditions épouvantables à Tervaete, à Schoorbakke, à Stuyvekenskerke, au Groot Beverdijck et à Pervyse. 

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Jusqu’en février 1915, les grenadiers continrent l’ennemi devant Dixmude. 

Reconstitué à quatre bataillons grâce aux recrues, aux volontaires et aux blessés guéris, le régiment releva les Français aux tranchées de Steenstraete de mars à juillet 1915. C’est dans ce secteur que les grenadiers subirent le 22 avril la première attaque allemande par gaz asphyxiants et que, résistant pendant plusieurs jours aux attaques furieuses de l’ennemi, ils arrêtèrent complètement son offensive, l’empêchant ainsi de violer notre front de combat.  

Après Steenstraete et jusqu’à la fin de l’année 1915, les grenadiers reprirent à nouveau la garde dans le périlleux secteur de Dixmude. En 1916, ils tinrent le front entre Dixmude et Drie Grachten. 

En 1917, les deux régiments occupèrent les secteurs de Boesinghe et de Nieucappelle. 

En 1918, ils relevèrent les Français à Nieuport, puis les Anglais à Ypres. 

Dans tous ces secteurs, les grenadiers se distinguèrent par de fréquentes patrouilles et des raids audacieux dont ils ramenèrent de nombreux prisonniers. Toutes les attaques allemandes y furent repoussées et bien des postes ennemis y furent capturés, occupés et maintenus. 

Pas un jour de garde aux tranchées ne se passa sans que plusieurs des leurs n’y fussent tués ou blessés. 

C’est d’Ypres qu’ils partirent, le 28 septembre 1918, pour participer à l’offensive libératrice.

Ils laissèrent de nombreux camarades dans les combats sanglants livrés pour conquérir la crête de Passchendaele, libérer la Flandre et poursuivre l’ennemi jusqu’à l’Escaut. 

Ils venaient de traverser ce fleuve, après avoir perdu 50 hommes au cours de la dernière nuit de guerre, lorsque, le 11 novembre au matin, l’armistice mit fin à leur ultime combat. 

   Durant ses 52 mois de guerre Léopold eut la chance de ne pas avoir été blessé et sera exempt de séquelles de son exposition aux gaz asphyxiants.

 

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 Il reçut de nombreuses décorations qu’il plaçat dans un cadre qu'il confectionna lui-même. 

On peut entre autre y distinguer la croix de chevalier de l’ordre de Léopold 1er avec Glaives, la croix de chevalier de la couronne avec Glaives, la croix de chevalier de l’ordre de Léopold II avec glaives, la croix de guerre avec 2 palmes et lion de bronze, la croix de feu, la croix de l’Yser ainsi que de nombreuses autres distinctions honorifiques

Il fut décoré sur la plage de la Panne face au régiment de grenadiers par le roi Albert 1er qui motive comme suit sa décoration de la "Croix de guerre": « Excellent sous officier d’une conduite exemplaire, d’un courage et d’un dévouement absolu, qualités dont il n’a cessé de donner des preuves durant toute la campagne et particulièrement lors du violent bombardement du 16 novembre 1917. Ce brave gradé n’a jamais quitté le front depuis le 01/08/1914."

Un adjudant, 3 caporaux et 5 soldats ont été décorés en même temps que lui le 15/12/1917.

Leurs drapeaux à fourragère amarante portent cinq citations glorieuses et les noms de leurs 1300 morts sont gravés dans la pierre de leur mémorial à la caserne Prince Albert. 

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Les promotions militaires de Léopold....

  • Caporal le 10 novembre 1914
  • Sergent le 11 novembre 1915
  • Sergent Fourrier le 10 mars 1918 (Aux ordres du sergent-major, le fourrier tient toutes les écritures de la compagnie)
  • Sergent-Major le 15 juillet 1919 

Il sera mis en congé définitif le 26 août 1919

Il s'établit d'abord à la rue du Pluvinage et fit construire ensuite une maison à la rue de la cour n° 20, à la section dite de la "Voie de Beloeil". Il travaillera comme menuisier à la Société Nationale des Chemins de Fer. Sa fille Georgette exploitera plus tard l'épicerie Unic près du château de Beloeil et 2 petits enfants naquirent , Anne-Marie et Jean Lenoir. L'histoire locale était ausi une marotte pour lui.

Il est décédé le 16 juillet 1970 à l’âge de 82 ans, quelques mois après son épouse. 

Il sera enterré au cimetière de Huissignies le mardi 21 juillet 1970 le jour de la fête nationale …. un beau jour pour enterrer un vétéran de la grande guerre qui a défendu fièrement et courageusement sa patrie !

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 Georges Debeaumont dans son verger dans les années 1960

Ce texte put être rédigé grâce aux documentations et photos transmises par Frédéric Cornillie de Mont-sur-Marchienne, arrière petit fils de Léopold et fils d'Anne-Marie Lenoir.

Merci aussi à  Bernadette Terrasse qui grâce à ses relations beloeiloises nous aida à rentrer en contact avec la descendance de Georges Debeaumont. Merci également à Christian Philipart et Jacques Deconinck pour leur expertise de la grande guerre.   

18/10/2014

La guerre 14-18 (6) /Des jeunes hochniots dans l'enfer des combats/ In Memoriam Ludger Lapoulle

Il y a 100 ans, le 26 octobre 1914.... Ludger Lapoulle perdait la vie à Ramscapelle au cours d'une des plus célèbres batailles de l'Yzer ....

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Ludger Lapoulle naquit à Huissignies, à la rue des Bas-Trieux le 12 septembre 1891 de l'union de Charles Lapoulle, vitrier et Coulon Marie Hermence.

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C'est au fond de la rue des Bas Trieux que Ludger naquit et passa son enfance

Il entra en service militaire le 1er octobre 1912 au 5ème régiment de Ligne, 2ème Division Armée. Démobilisé en 1913, il fut rappelé le 1er août 1914. 

Le 5ème régiment de ligne tenait garnison en 1914 à Anvers; à la mobilisation d’août il se dédoubla et forma avec le 25ème de ligne la 5ème brigade mixte qui, avec les 6ème et 7ème constitua la 2ème division d’armée.

Le 5ème de ligne participa en août et septembre 1914 aux sanglantes sorties d’Anvers.

Le 12 septembre à Molen, hameau de Rotselaer-lez-Louvain, il subit des pertes énormes tant en officiers, qu’en gradés et soldats. 

Dès le 16 octobre, l’armée belge s’installe le long de l’Yser afin de faire front à la Quatrième armée allemande. La défense s’avère laborieuse, malgré les renforts venus de France.

Le 20 octobre, le 5eme de Ligne est dans la tête de pont de Lombarsijde. Il va résister 13 heures aux assauts allemands.

Le régiment se déplace ensuite vers le village de Ramskappelle qui se situe près de Nieuport, sur la ligne de chemin de fer reliant Nieuport à Dixmude. 

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Le 25 octobre, les Allemands marquent un temps d’arrêt dans leur poussée.
L’armée belge est épuisée, ses canons sont inutilisables après leur emploi intensif et les munitions manquent. Les troupes françaises de la 42ème Division d’infanterie renforcent les Belges qui décident d’inonder la plaine entre Dixmude et Nieuport.
La ligne surélevée de chemin de fer est renforcée par le génie belge de manière à en constituer une digue étanche.

Le 26 octobre, alors que l’eau envahit les parties basses, les Allemands lancent une attaque sur la voie ferrée. Ordre est donné aux troupes françaises et belges de résister

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Georges Capron, camarade de régiment de Ludger raconte:

"Le secteur de Ramscapelle était défendu par les soldats belges et français. Nous étions situés derrière le lieu-dit "La Ferme Violette".

C'est durant le bombardement du 26 octobre qu'un obus tombant dans un cratère existant dans lequel se dissimulait Ludger le tuant sur le coup.

Deux français subirent le même sort. Etant situé dans l'entonnoir voisin, j'en rechappa par miracle!"

Ludger ne repose pas au cimetière de Huissignies, son corps n'ayant pu être identifié. Néanmoins, sa mère Hermence Coulon fit ériger une tombe factice qui perpétue sa mémoire. Sa rue, la rue des Bas-Trieux lui sera dédiée et deviendra "Rue Ludger Lapoulle"

 

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04/10/2014

La guerre 14-18 (5)/Des jeunes hochniots dans l'enfer des combats/In Memoriam Marcel Bernard

Il y a 100 ans, le 5 octobre 1914.... Marcel Bernard perdait la vie sous les feux de l'artillerie allemande à Kontich dans l'éprouvante défense d'Anvers.

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Photos collection de la famille Bernard

Marcel Bernard vit le jour à Huissignies le 28 novembre 1889. Il naquit de l'union d'Ernest Léopold, médecin-vétérinaire et de Coulon Elmyre. Il a 3 frère et soeurs: Jeanne, Ernest et Louise. 

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Les enfants de la famille Bernard-Coulon vers 1895: Jeanne, Ernest, Louise et Marcel. 

Après ses études secondaires, il fera de brillantes études universitaires à l'université de Gand d'où il sortira en 1910 avec le diplôme d'ingénieur des ponts et chaussées. Au cours de cet épisode en 1909, il entretiendra avec sa famille un courrier intense dans lequel il dépeint avec beaucoup d'humour et de verve la vie de l'étudiant de son époque, aux prises avec les vicissitudes de son temps: les puces, les maladies, épidémies et leurs pénibles remèdes, la froidure dans son "quartier" (= kot), la solitude de l'éloignement de la famille, la scarlatine et son long séjour à l'hôpital de Gand. De ce courrier précieusement conservé par la famille, Christiane Bernard en constitua un recueil.

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Après son service militaire qu'il effectua au 2ème Régiment de Ligne à Gand en 1910, il entamera sa vie professionnelle à Charleroi comme "Conducteur Ponts et Chaussées".  

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Marcel Bernard (2ème debout de gauche à droite) avec son unité au camp de Beverloo lors de son service militaire en 1910 

Le 1er août 1914 à la mobilisation, il sera rappelé au 2ème régiment de Ligne, 1ère Division Armée.

Dans un premier temps, le 2ème de Ligne participe à la défense de Liège et ensuite il prit position derrière la rivière la Gette dans la région de Tirlemont.  

Le 18 août 1914, le régiment qui avait tenu des tranchées construites à Vissenaken reçoit le baptême du feu en protégeant le repli de l'armée venant de Liège et subit de sérieuses pertes.

Au sein de la 2ème brigade, ils participent le 25 août à la première sortie d'Anvers et se distinguent aux combats de Sempst et de Weerde.  

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Le 11 septembre, les 2ème et 22ème de ligne attaquaient à travers les bois de Schiplaeken, le front allemand entre la Senne et le canal de Louvain, mais ne purent entamer la forte position allemande de Campelaer, Wippendries et Elewyt. 

Les deux régiments, au début d’octobre, tenaient la rive sud de la Nèthe entre Rumpst et Duffel.

Le 5 octobre, l'artillerie allemande bombarde le secteur, un obus s'abat sur le 2ème de Ligne touchant plusieurs soldats dont Marcel Bernard. Il succombera à ses blessures.

Anvers tombera ensuite aux mains des allemands et l'armée se retrancha dans le secteur de l'yzer où elle entama avec les alliés la guerre des tranchées. 

La dépouille de Marcel sera inhumée définitivement au cimetière de Huissignies le dimanche 25 septembre 1921 à 15 heures.

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"L'Echo de la Dendre" du dimanche 25 septembre 1921 

La population lui rendit un vibrant hommage et témoigna sa sympathie à la famille Bernard.

Une rue de Huissignies, la piedsente de l'église, lui sera dédiée.

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Parentés de Marcel Bernard:

Neveux: Lucien Bernard, ses frères Marcel et Jean aujourd'hui décédés.

Petits neveux: Les enfants de Lucien et Marcel Bernard: Line, Eric, Thérèse, Christiane, Viviane, Annie et leurs enfants respectifs. 

Les enfants de la famille Marcel Lefrancq (habitent Baudour, Mons, Paris, Bruxelles).

 

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Correspondance de Marcel datée le 24 août 1910 de son camp militaire de Beverloo.

20/09/2014

La guerre 14-18 (4) / Des jeunes hochniots dans l'enfer des combats / René Baugnies

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 Photos Collection Michel Baugnies

René Baugnies naquit à Huissignies le 13 octobre 1893 de l'union d'Oger Baugnies et de Mathilde Broquet.

Il avait 2 soeurs: Isa et Elmyre et 3 frères: Oswald, Nestor et Maurice.

Il était de la classe 1913 au 8ème régiment de Ligne; son service à peine achevé, il fut aussitôt rappelé au début août 1914. 

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Au moment de la mobilisation, le 8ème de ligne se trouvait à Laeken, d’où il fut transféré, le 3 août 1914, par chemin de fer sur Rhisnes pour engager la défense de Namur. 

Il participe vaillamment à la défense de la "Position Fortifiée de Namur", après s’être dédoublé en 28ème de ligne. 

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 Le 26 août 1914, l'ensemble des troupes belges de la défense de Namur dut battre en retraite dans l'Entre-Sambre et Meuse, puis sur Laon en France. Ils rejoignirent ensuite Rouen en chemin de fer de façon à se réorganiser pour le retour vers la Belgique at ainsi entamer de nouveaux combats.

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 René Baugnies fut aussi "Ordonnance" du Colonel Couturiaux qui sera promu Général.

Le 31 août, l'attaché militaire belge à Paris fit savoir au Général Michel que les troupes qu'il avait sauvé de Namur devaient rejoindre Anvers. 

Le 7 septembre, ils rejoignirent Le Havre pour embarquer à bord d'un bateau qui les ramena à Zeebrugge.

Réorganisée sous Anvers, la 4ème DA coopéra à la défense de cette place forte et prend part aux combats de Termonde où ils se distingueront et de là ils gagnent l'Yzer.

Pendant la période de stabilisation, le 8ème de ligne occupe successivement les secteurs de Nieuport, Ramscappelle, Dixmude, Boesinghe, Merckem, Elverdinge et Nieuwcappelle.

René était estafette cycliste au sein du 8ème régiment, il était chargé de transmettre les messages d'état major au travers des différentes lignes de combat. Il racontera plus tard que le port du masque anti-gaz n'était pas très commode car en pédalant il avait besoin davantage d'oxygène, c'est la raison pour laquelle, il laissa souvent tomber le masque au risque des nuisances sur sa santé. 

En première ligne, dès le 28 septembre 1918, le régiment participe brillamment à l’offensive des Flandres et termine la guerre à Baerlevelde, coopérant à la prise de Gand, en contournant la ville par l’Est.

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 René était titulaire de la Carte du feu qui fut créée en 1932 pour être attribuée aux belges qui ont accompli au moins 12 mois dans une unité au contact de l'ennemi. Il reçut aussi la médaille de l'Yzer et la médaille de la Victoire.

Le 3 décembre 1918, le régiment, en même temps que le 18ème de Ligne, défile superbe d’allure dans les rues d’Aix-la-Chapelle.

René ne sera définitivement démobilisé qu'en octobre 1919 après plusieurs mois d'occupation de l'Allemagne avec les troupes alliées, il consacra donc presque 7 ans de son existence à la défense de la patrie!

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Sur le drapeau des deux régiments brillent en lettres d’or les noms glorieux de : NAMUR, TERMONDE, YSER, TERVAETE, EESEN, KORTEMARCK.

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René épousera Jeanne Cousin avec qui il eut 2 fils: Roger et Michel et plus tard 2 petits enfants: Corine et Jean-Luc . Il reprendrera la ferme de ses beaux-parents à Canteleux; il décèdera le 7 septembre 1957. Il est enterré au cimetière de Huissignies..

 

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05/09/2014

La guerre 14-18 (3) / Des jeunes hochniots dans l'enfer des combats / Edgard Gosselin

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Photos Collection Nicole et Annie Gosselin

Edgard Gosselin naquit à Huissignies le 14 août 1892 de l'union d'Augustin Gosselin et de Sylvia Marginet. 

  En 1912, il est appelé en service au 21ème régiment de Ligne.

 

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A la mobilisation d’août 1914, le 1er de ligne qui tenait garnison à Gand se dédoubla et forma avec le 21ème régiment de ligne, la première brigade mixte. 

Celle-ci fut dirigée dès le début de la campagne sur la position défensive de la rivière "La Gette" dans la région de Tirlemont. 

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Edgard 1er à gauche avec ses copains du 21ème de Ligne 

Après le repli sous Anvers, les deux régiments participèrent aux sorties effectuées par l’armée de campagne, ils se distinguèrent les 25 et 26 août sur la rive ouest du canal de Willebroek et les 10 et 11 septembre sur le front Humbeek-den-Heuvel-Eversem. 

Après la retraite d’Anvers sur l’Yser, le 21ème de ligne fut dissous et intégré au 1er de Ligne. Ce dernier participa à la bataille du 17 au 31 octobre 1914 et un de ses bataillons fut décimé lors de la chute de Dixmude le 10 novembre 1914. 

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Le régiment continua à participer à la « garde sacrée » et occupa les différents secteurs du front. 

Le 21ème de Ligne reconstitué fin décembre 1916, reforma brigade avec le 1er de ligne au sein de la 5ème division d’infanterie avec le 2ème chasseurs à pied. 

Lors de l’offensive libératrice déclenchée le 28 septembre 1918, la 5ème division d’infanterie tient le front de Nieuport à Pervyse, puis enlève les positions allemandes de la rive sud de l’Yser, notamment les fermes Terstille et Violette.

Le 16 octobre, les 1er et 21ème de ligne quittent leurs secteurs et progressent victorieusement à l’aile gauche de l’armée belge, atteignant le front Ostende-Oudenburg. 

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Dans les tranchées de l'Yzer 

Le 18, les deux régiments marchent par Maldegem vers le canal de dérivation de la Lys, que le 21ème de ligne aborde au nord, au pont de Celie, tandis que le 1er de ligne est arrêté devant Balgerhoeck. 

Jusqu’au 2 novembre, les lignards livreront de sanglants combats pour franchir le canal, puis, toujours à l’aile gauche, progresseront le long de la frontière belgo-hollandaise, jusqu’au canal de Gand-Terneuzen où ils terminent la guerre. 

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L'image que tous retiennent des tranchées est celle du début de la guerre, une simple tranchée de terre à peine aménagée, faite dans l'urgence de la situation.

Au fil des mois, elles seront aménagées pour le "confort" (c'est un grand mot!) et la sécurité du soldat. Pour la résistance au bombardement, des abris sont aménagés, comme pour les radios, les postes de commandement,..etc. Ces nouveautés n'enlèvent rien à la dureté des combats et aux mauvaises conditions de vie de ces braves types qui peuplaient nos lignes. Donc les soldats exerçant un métier compatible avec ces aménagements étaient embauchés: maçon, menuisier, charpentier... mais il n'abandonnaient pas le fusil pour autant. (Chr. Philipart)

Le 1er et le 21ème de Ligne avaient obtenu les citations : "Anvers – Yser – Dixmude – Celiebrug  et Balgerhoeck". 

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 Edgard est titulaire de la "Carte du Feu"qui a pour thème la défense belge à l'Yzer et aussi de la "Croix de Guerre".

La "Carte du Feu" a été créée en 1932 pour être attribuée aux belges qui ont accompli au moins 12 mois dans une unité au contact de l'ennemi.

La "Croix de Guerre" était décernée pour des actes de bravoure ou autre vertu militaire sur les champs de bataille de la 1ère guerre mondiale.

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Hommage de la patrie reconnaissante

Edgard était l'aîné d'une famille de 4 enfants: Germaine, Richard (mon grand-père paternel) et Maurice. Il épousera Léona Broquet avec qui il eut un fils Paul et puis 2 petites filles: Annie et Nicole. Il travaillait dans le secteur de la construction. Il décèdera en 1942 d'un arrêt cardiaque; il est enterré au cimetière de Huissignies. 

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22/08/2014

La guerre 14-18 (2) / Des jeunes hochniots dans l'enfer des combats / Eugène Baugnies

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Photos collection Famille Baugnies-Olivier

Eugène Baugnies naquit à Huissignies le 3 février 1895 de l'union de Camille Baugnies et Rousé Irma. 

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 Eugène Baugnies, 2ème à gauche avec ses copains mitrailleurs du 5ème de Ligne

Il fut mobilisé au 5ème Régiment de Ligne dans l'unité des mitrailleurs comme indiqué M sur le col de son uniforme.

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Le 5ème régiment de Ligne tenait garnison en 1914 à Anvers; à la mobilisation d’août il se dédoubla et forma avec le 25ème de Ligne la 5ème brigade mixte qui, avec les 6ème et 7ème constitua la 2ème division d’armée. 

Le 5ème de Ligne participa en août et septembre 1914 aux sanglantes sorties d’Anvers.

Le 12 septembre à Molen, hameau de Rotselaer-lez-Louvain, le 5ème de Ligne subit des pertes énormes tant en gradés et soldats. Il perdit en un seul jours trois cents de ses membres. Le régiment devait protéger la retraite des grenadiers lancés sur Werchter et les environs. Un monument fut d'ailleurs érigé à Rotselaer en mémoire aux 300 lignards tués lors de ces combats.  

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"Ils furent 300 des 5ème et 25ème de Ligne et mitrailleurs de la 5ème brigade qui tombèrent au matin du 12 septembre 1914" (Photo du Colonel Van Hoecke)

En octobre sur l’Yser, le régiment se distingua à Ramscapelle et à Lombarzyde. Il participa ensuite à la garde sacrée (*).

(*) La garde sacrée, c'est la défense du dernier lopin de terre belge et libre, la mise en valeur de la résistance belge de l'Yser. Une expression dans le genre de l'époque pleine de sentimentalité, de mise en valeur de l'héroïsme. (de Chr. Philippart que je remercie pour l'aide documentaire qu'il m'accorde). L'adresse de son bloc est:  http://ceuxde14-18.skynetblogs.be/

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Photographié lors d'une permission avec son père Camille (Un de mes arrière-grand père)

Le 20 décembre 1916, le 5ème de Ligne forma avec le 15ème de ligne la 5ème brigade, puis, en janvier 1918, avec le 6ème de ligne la 2ème division d’infanterie. 

 

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Lors de l’offensive libératrice qui débuta le 28 septembre 1918, cette division fut maintenue sur le front défensif Pervijse-Dixmude et harcela les positions allemandes. 

Le 14 octobre 1918, les 5ème et 15ème de ligne font partie du "groupement Sud" de l’armée des Flandres chargé d’enlever la « Flandern Stellung » au sud de Roulers, puis de progresser vers la Lys. 

Le 15 octobre, les régiments sont devant Isegem après avoir subi de lourdes pertes à Oekene-lez-Roulers. Ils marchent ensuite sur Ingelmunster et le 18 s’emparent d’Oostrozebeke au-delà du canal de Roulers.

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Ils s’établissent alors au sud de Bruges, puis gagnent la région Aertrijke-Zedelgem pour progresser ensuite vers le canal de dérivation de la Lys dont ils occupent la rive ouest, entre Ronsele et Zomergem. Fin octobre et début novembre, les 5ème et 15ème de ligne occupent la région Evergem-Wondelgem-Mariakerke. 

L’Armistice signé le 11 novembre mit fin aux opérations qui avaient valu aux deux régiments la citation : « Oostroozebeek », avec celles d’Anvers, Yser et Lombarzyde.

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Les 5ème et 15ème de ligne sont titulaires de la fourragère à la couleur du ruban de l’Ordre de Léopold.

Eugène épousa Julia Docquegnies de Huissignies, ils habitaient à la rue de la Cour Ils eurent une fille Irène et par la suite 2 petits enfants: Daniel et Liliane Olivier. Il effectua la majorité de sa vie professionnelle au sein de la firme Delbart de Ladeuze où il deviendra "Conducteur des travaux". Il décéda en octobre 1956 suite à des problèmes respiratoires récurrents et conséquents à l'exposition aux gaz moutarde; il est enterré au cimetière de Huissignies. Eugène avait une soeur, Irma, ma grand-mère paternelle, bien connue à Huissignies pour avoir été couturière à domicile durant 60 ans, de 1920 à 1980. 

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26/07/2014

La guerre 14-18 (1) / Il y a 100 ans... Août 1914, le début de la guerre.

Introduction

Les prémices de la guerre…

  • L’europe vit dans un climat politique tendu ; elle est divisée en 2 blocs hostiles : « L’Entente Alliance » qui regroupe la France, l’Angleterre et la Russie et la « Triple Entente » qui unit l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie.

  • La Belgique tente de sauvegarder une neutralité imposée par les accords internationaux de 1830. Notre pays est prospère, il est à la pointe de l’industrie et des affaires et sa main d’œuvre est très productive, son agriculture se porte bien.

  • L’Allemagne s’applique à rendre inévitable un conflit avec la France; elle tente de négocier avec notre roi certains territoires mais sans succès. La 1ère guerre n’est donc pas un conflit subitement éclaté, mais le fruit d’une politique à long terme soigneusement mené.

       Le 2 août, le ministre des affaires étrangères de la Belgique reçoit de

       Guillaume II l’ultimatum allemand: quitter la neutralité et aider à la conquête

       allemande ou être envahie!!

 

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Le roi et le parlement refuseront sèchement cet ultimatum et la mobilisation générale est déclenchée.

Cette dernière se déroule sans incident, sans panique. La plupart des mobilisés pensent en effet que la Belgique, protégée par son statut de neutralité, n’aurait pas à faire la guerre. Dans les derniers jours de juillet, on voulait encore croire à la paix mais on ignore qu'on se trouve à quelques heures à peine du début d'une des plus grandes tragédies qui va marquer le XXe. A cette époque, le sentiment patriotique est fortement ancré dans les mentalités. Un soldat part défendre sa patrie, sa famille, ses valeurs, sa liberté.

Le dimanche 2 août, dans toutes les églises de Belgique des prières publiques sont récitées afin que soit sauvegardée la neutralité de la Belgique.

Avant même l'échéance de cet ultimatum, impatientes de semer la terreur, les troupes du Kaiser Guillaume ont franchi la frontière et envahi l'Est du territoire.

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Le service militaire et l’armée

En décembre 1909, le roi Léopold II instaure la loi du service militaire obligatoire pour un fils par famille. Le contingent devient dès lors plus important et nécessite une première réorganisation de l'armée.  

En août 1913, le roi Albert Ier change le contenu de la loi et impose le service militaire obligatoire pour tous les fils d'une famille. Seul un état de santé défaillant évite l'appel sous les drapeaux. De nouveau, le contingent augmente et le pays se retrouve avec une armée de plus de 250.000 hommes qu'il faut armer, entraîner, habiller, loger et nourrir. Des manœuvres seront organisées afin d'appliquer les théories et plonger les hommes dans des situations plus réelles. Malgré les efforts consentis, notre armée ne sera pas complètement en ordre de marche lors de la déclaration de la guerre. 

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  Miliciens avant 1914 (Collection Association de la sauvegarde du patrimoine de Huissignies)

Avant 1913, le service militaire était fondé sur un tirage au sort, hérité à l'indépendance de 1830 des occupations française et hollandaise. Chaque province devait fournir un nombre précis de conscrits, en vertu d'un contingent voté annuellement par le parlement. Le tirage avait lieu chaque année en février et il était possible pour celui qui avait tiré un mauvais numéro de se faire remplacer par un autre jeune homme .... moyennant paiement, souvent par l'intermédiaire de sociétés spécialisées.

 

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Le tirage au sort en 1908 à Chièvres, Louis Dath de Huissignies a tiré le numéro 160

     Lors de l'introduction du service militaire personnel, il en coûtait ainsi 1.800 francs (environ   3.000 euros actuels) pour se faire remplacer sous les drapeaux. 

     Août 1914 dans notre région...

A Beloeil, la commune célèbre avec faste le 100ème anniversaire de la mort du Feld-Maréchal Charles-Joseph de Ligne le WE du 25 et 26 juillet. Les maisons sont pavoisées et les rues décorées.

A Tournai, le 4 août, une foule énorme assiste au départ des troupes à la gare. Les 3e et 6e Chasseurs partent pour le front, ils seront remplacés à Tournai par la Garde civique. 

"Les jours qui suivent seront plutôt fiévreux? Ce n'étaient qu'attroupements dans les rues, discussions dans les cafés. Les uns munis de journaux, d'autres de copies de dépêches les plus invraisemblables, commentaient les graves évènements de la journée. Chacun émettait son avis. Ces avis tantôt optimistes, tantôt pessimistes, produisaient des hauts et des bas d'espoir et de découragement.  

Le 16 août, par décision du gouvernement, toute distribution de correspondance est suspendue et le 22 août les journaux ne paraîtront plus. Les lettres et correspondances des soldats parviennent néanmoins.

Le 20 août, la garde civique doit remettre les armes aux mains de l'autorité locale. Les sentinelles désignées pour la nuit du 21 au 22 se trouvent ainsi désarmées; la garde fut ainsi congédiée au motif qu'une garde sans armes n'avaient plus de raison d'être.

Les allemands entrent à Ath le 21 août. C'est la veille de la ducasse; toutes les festivités sont suspendues; les usines de meubles d'Ath sont fermées. Il est défendu de rouler à vélo, de lire les journaux, d’avoir des pigeons, les gens étaient réquisitionnés. Au soir du 21 août, les premières cannonades se firent entendre. Le 23, on les entendra plus distinctement et chaque jour sans interruption notable jusqu'au 11 novembre 1918.

En même temps, arrivaient à la rue d'Hardenpont à Ladeuze et à la rue de la Corne, 12 "Uhlans éclaireurs"(Cavaliers). Ils hébergèrent, hommes et chevaux à la ferme Botte de Ladeuze. Le lendemain, seul un d'eux survivait encore. Le même soir, vers 18 heures, 200 vélocipédistes allemands occupaient le "pont du Chasseur" et 1500 cavaliers arrivaient camper à Tongre-Notre-Dame pour y passer la nuit. " (Extrait résumé de l'histoire de Ladeuze de l'Abbé Demeuldre)

Le 23 août, à Huissignies des patrouilleurs rebroussent chemin avec plusieurs chevaux sans cavalier.

Des troupes allemandes passeront toute la journée à Hardenpont, venant de Chièvres et se dirgeant vers Beloeil. Ce sont des canons, des mitrailleuses, des caissons à larges roues qui se succèdent, serrant dans leurs intervalles des bandes de cavaliers ou de fantassins. Pendant les temps d'arrêt, les soldats envahissent les maisons, exigent du pain, du lait, du beurre, des chaussettes, des chemises, furettent de la cave au grenier en quête de quelque chose d'utile. Les vergers sont ravagés par les soldats, les puits vidés pour fournir de la boisson aux chevaux. Le corps d'armée qui a défilé est estimé à 40.000 hommes. La route n'était plus reconnaissable; elle était retournée, les accottements étaient creusés de profondes ornières. 

Le lundi 24 août, une fièvre d'évacuation s'empare des habitants de Huissignies et des environs, et rares sont ceux qui n'ont pas pris la direction de Blicquy ou d'Ormeignies; le soir, cependant, presque tous étaient déjà rentrés. Les faux bruits colportés avaient surexcités les esprits au point qu'une grande terreur s'était emparée de nos citoyens.

Le 26 août, la bataille du Borinage envoye l'écho du canon. Le soir une brigade d'allemands emmenant 300 prisonniers anglais et français passe à Hardempont, se dirigeant vers Chièvres. 

 Le 30 août, à midi, passe à la rue de l'église à Ladeuze un convoi de prisonniers anglais. 

 Les jeunes hommes de Huissignies qui sont mobilisés

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Léon Baugnies, volontaire au 18ème Régiment de Ligne

31 seront rappelés et Baugnies Léon se porte volontaire. 

Les miliciens de la classe 1913 qui terminent leur service militaire devront rester sous les armes.

 

Nom  Levée Profession Corps d'affectation  
         
André Emile 1904 Briquetier 1er Chasseur à pied Rappelé
André Oscar  1900 Terrassier Troupe d'administration Rappelé
Baugnies Eugène  1914 Ouvr. Travaux Publics  Mitrailleur 5ème de Ligne  
Baugnies Léon 1914 Cultivateur 18ème de Ligne Volontaire
Baugnies René 1913 Boulanger 8ème de Ligne  
Bernard Marcel 1909 Ing. Ponts et Chaussées 2ème de Ligne Rappelé
Bonte Camille 1913 Briquetier Sergent / 7ème de Ligne  
Broquet Gaston 1913   III TAS  
Coulon Oscar 1896 Terrassier Cavalier 1ère classe Rappelé
Cousin Georges        
Croissieaux victor 1910 Tailleur d'habits Chasseurs à pied Rappelé
Debeaumont Léopold 1908 Menuisier Grenadiers Rappelé
Degouys Edmond 1906 Cultivateur Chasseurs à pied Rappelé
Dequiper Oscar  1906 Sabotier Carabiniers Rappelé
Duquesne Emile 1908 Briquetier 21ème de Ligne Rappelé
Fauvaux Georges 1904 Instituteur Troupe d'administration Dispensé en temps de paix
Foucart Auguste 1910 Mineur 4ème de Ligne Rappelé
Gosselin Edgard  1912 Maçon 21ème de Ligne Rappelé
Hérode Clovis  1911 Maçon 1er de Ligne Rappelé
Houx Alphonse 1913 Maréchal Ferrant 16ème Régim. d'artillerie  
Houx Léopold        
Labie Camille 1899 Ouvrier Agricole 9ème de Ligne Rappelé
Lapoulle Ludger 1912 Briquetier 25ème de Ligne Rappelé
Laurent Désiré 1909 Cultivateur Chasseurs à pied Rappelé
Leclercq Henri 1909 Terrassier Régim. d'Artillerie Rappelé
Locreille Gaston  1915 Maréchal Ferrant 14ème Régim. d'artillerie  
Lorphèvre Oswald        
Massy Charles  1904 Briquetier 11ème de Ligne Rappelé
Médart Philippe 1902 Ouvr. Agricole 11ème de Ligne Rappelé
Miroir Edouard 1904 Briquetier Canonnier Rappelé
Miroir Eloi 1907 Cultivateur 4ème de Ligne Rappelé
Picron Octave 1909 Briquetier 3ème Chasseurs à pied Rappelé
Renard Alphonse       Rappelé
Renard Hector 1906 Briquetier 3ème Chasseurs à pied Rappelé
Rouzé Jules        
Rutteau Augustin 1901 Ouvr.Brassicole 12ème de Ligne Rappelé
Vilette Gaston  1913 Maréchal Ferrant   1er Rég d'Artillerie  
         

  

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Livret de mobilisation de René Baugnies (Collection Michel Baugnies)

 

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 Plans d'opérations des forces françaises et allemandes en août 1914 

 

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