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30/09/2016

Husseignies de 1789 à 1814 (4), les "hochniots" au service de la gloire de Napoléon....

                 La conscription et les husseigniens morts pour la gloire de Napoléon….

Dans l’ancien régime….

Jusqu’à la fin du 18e siècle, l’armée était principalement une armée de métier. C’était la tâche des fameux « sergents recruteurs » de la constituer.
Les sergents recruteurs placardaient sur les murs ce qui sera la première affiche publicitaire de l’histoire « Avis à la belle jeunesse ». Ceux-ci étaient des personnages hauts en couleur qui arpentaient villes et campagnes pour embaucher, belles promesses à l’appui, les jeunes gens épris d’aventures, d’autres dégoûtés de leur état de paysan exploité, d’autres encore pour qui l’enrôlement sera l’occasion d’échapper à la potence.

Sous le régime français…..
C’est en 1798 que le général Jourdan fit passer une loi instaurant le service militaire obligatoire et que naquit le mot « conscription » qui consistait en l’inscription au rôle des jeunes gens parmi lesquels le tirage au sort désignait les « conscrits », c’est-à-dire ceux qui devaient partir pour le service militaire. Quand, la même année, furent apposés les premiers placards annonçant l'extension des lois sur la conscription à la Belgique, il s'ensuivit un tollé général et des manifestations de rébellion des paysans éclatèrent aux quatre coins du pays. L’insoumission était quasi générale.
En l’an VII de la République (1799), une proclamation du général Collaud, commandant en chef des départements belges, promettait le pardon à ceux qui gagneraient enfin les rangs de l’armée. Ces belles promesses n’eurent pas beaucoup d’audience et les belges restèrent farouchement hostiles à la conscription. Il faut dire qu’annexés, nos ancêtres n’avaient pas, comme les Français, le stimulant de la gloire nationale.

La charge de la circonscription se révèlera inégale de région en région. Les départements annexés de la Belgique ont payé un lourd tribut à la levée des conscrits. Dans le département de Jemappes, la part des conscrits dans la population totale était de 1% alors que la moyenne française était de 0.74%.

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Le tirage au sort

D'habitude, au mois de février, une affiche signée du bourgmestre et des échevins faisait savoir aux futurs miliciens la date du tirage au sort. Le jour fixé, on groupait les intéressés de toutes les communes faisant partie du canton de milice . C'est au chef lieu du canton (Chièvres) qu'avaient lieu les opérations de ce mode de recrutement des jeunes troupiers. Celles-ci étaient présidées par le Commissaire d'arrondissement d’Ath. Individuellement, le conscrit mobilisé pouvait, après être passé en conseil de révision, demander à un suppléant, moyennant finance, de rejoindre le régiment à sa place.  Le conseil de révision du département de Jemappes se prononçait sur les exemptions pour raisons physiques qui constituait un tiers des appelés.

A noter que nous faisions partie du département 86, celui de Jemappes...en référence à la célèbre bataille remportée par les français.

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Les husseigniens connus, morts au combat pour Napoléon

Brassart Nicolas-Joseph, grenadier au 21ème régiment d’infanterie de Ligne, 4ème bataillon, entré par évacuation à l’hospice (hôpital) civil de Haguenau le  8 du mois de mai 1809 et y est décédé le 10 juin 1809 par suite d’une blessure.

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Duquesne Jean-Baptiste, fusillier à la 5ème compagnie du 1er bataillon de la 2ème légion de ...(?)  est entré à l’hôpital de Pamplune (Espagne) le 22 du mois de décembre de l’an 1808 et y est décédé le 4 janvier de l’an 1809 des suites de fièvre.

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Duquesne Jacques-Joseph, 2ème canonnier à la 2ème compagnie du 1er régiment à pied du corps impérial de l’artillerie est entré à l’hôpital de Tudela (Navarre Espagne) le 24 janvier 1809 et y est décédé le 21 février de l’an 1809.

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Dubois Pierre-Joseph, grenadier au 21ème régiment d’infanterie de Ligne, 3ème bataillon, est entré à l’hôpital de Thorn (Pologne) le 2 du mois de septembre 1807 et y est décédé le 22 du mois de la même année.

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Meurant Narcisse, fusillier à la 6ème compagnie du 1er bataillon du régiment de Walcheren, âgé de 25 ans est entré à l’hôpital de Middelbourg (Pays-Bas) le 12 du mois de septembre de l’an 1811 et y est décédé le décédé le 17 de novembre de l’an 1811.

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Jaivars Dominique, fusillier au 6ème régiment de Walcheren, 1er bataillon 2ème compagnie, âgé de 25 ans est entré à l’hôpital de Berg-op-Zoom (Pays-Bas) le 5 du mois d’octobre de l’an 1811 et y est décédé le 30 du mois de novembre 1811 de suite de dysenterie.

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Sources: Archives de l'ancienne maison communale de Huissignies.

02/07/2016

Husseignies sous la période française (1794-1814)(3): Recensements et réquisitions.

Généralité

De tout temps, nos ancêtres payèrent un lourd tribut aux occupations militaires....l'occupant français ne fut pas en reste! 

Les réquisitions faisaient partie de ces lourds fardeaux à supporter, elle portaient tant sur les denrées alimen­taires que sur les hommes, les chevaux attelés à des chariots, des bestiaux soit vivants ou abattus pour avoir de la viande fraîche pour le ravitaillement des troupes, mais aussi du pain et des céréales pour les chevaux des troupes: froment, avoine, seigle, paille. Les fermiers étaient en plus corvéables de missions de transport diverses suivant les charrois et animaux de trait qu'ils possédaient.

 Les réquisitions diverses

  • Les premières troupes françaises entrées en ville d’Ath pour en prendre possession au nom de la république française, l’assemblée des magistrats et conseils de la ville d’Ath s’est réunie le 7 juillet 1794.

15000 rations de pain, 8000 livres de viande et 7000 pots de bière sont à fournir  le lendemain matin à Meslin-L’Evêque où se trouve campé un corps d’armée.

D’autres réquisitions sont déjà mentionnées à l’assemblée du 11 juillet : fer, plomb, cuir, drap.

  • Bétail, chevaux et chariots

En séance du 18 nivose de l’an II (1794), les maires et municipaux de Husseignies disent qu’ils n’ont trouvé dans leur commune que 7 vaches, 2 bœufs et 12 moutons propres à livrer aux réquisitions et qu’ils ne sauroient fournir les 12 vaches, 5 bœufs que l’on demande à la dite commune et prient le Directoire d’être déchargés des 5 restants.

Le 17 septembre 1794: les autorités communales déclarent 52 chevaux et 13 chariots. Signé Joseph Coulon, PA Dath, FJ Meurant, P Staumont et Luc Fontaine.

En séance du 3 floral an III (1795), les maires et municipaux d’Husseignies demandent exemption de fournir bœufs et vaches disant qu’elles servent toutes à la consommation des habitants.

Au 15 prairial de l'an III, les autorités communales déclarent qu'il existe à Husseignes: 10 chariots, 18 chevaux de plus de 3 ans et 15 juments pleines.

En séance du 19 nivose de l'an III, Cyril Legrand, François Dufrasne et PF Hennebicq demandent être exempts de pourvoir une quotité pour la réquisition en vaches frappée sur leur commune. Les pétitionnaires n'étant que des ménagers détenant 2 vaches au plus chacun.

 

  • Journal 697 du 19 décembre 1813 :

Vu la dépêche de son Excellence le ministre directeur de l’administration de la guerre . Ce dernier vient d’ordonner la levée par réquisition de 15000 chevaux de cavalerie dans laquelle le département de Jemappes est compris pour savoir :

Chevaux de cuirassiers 120

Chevaux de dragons 80

Chevaux de cavalerie légère 80.

Les chevaux devront au moins avoir 60 mois et pas plus de 9 ans.

Leur taille mesurée sous potence devra être au moins :

Pour les cuirassiers de 1m549cm à 1m597cm.

Pour les dragons : de 1m502 à 1m543cm

Pour la cavalerie légère : de 1m434 à 1m439cm.

Tous les chevaux seront hongres, on pourra toutefois admettre 1/3 de juments garanties non pleines.

Le recensement de 1813 relève l’existence de 82 chevaux à Husseignies.

  • Céréales

En séance du 6 germinal de l’an II, la municipalité de Husseignies prévient le Directoire qu’il leur est impossible de fournir les 4 sacs de grain qu’ils sont invités à livrer à cause que les habitants de la dite commune seront bientôt obligés à aller en chercher ailleurs.

En séance du 9 vendimiaire de l’an II, les fermiers de Husseignies déclarent ne pas avoir assez de grain pour la subsistance des habitants de leur commune et exposent l’impossibilité où ils se trouvent de fournir du grain au marché d’Ath et demandent d’être exempts de cette livrance.

En séance du 23 vendimiaire: Les citoyens Isidore Lefebvre et Théodore Massart, ce dernier pour sa mère, disent qu'ils sont requis de fournir une quotité d'avoine chacun, mais ils observent qu'ils n'en ont pas assez pour la subsistance de leurs chevaux tandis qu'il serait aisé aux municipaux de la faire parvenir à la réquisition par les ménagers de la dite commune qui n'ont pas de bétail. Ils demandent que le Directoire leur en donne l'ordre. Signé Isidore Lefebvre. 

...Réponse du Directoire: Les pétitionnaires pourront s'adresser à leur municipalité laquelle est invitée d'avoir tel égard que de justice, observent qu'on doit prendre l'avoine que des particuliers ont à vendre, avant de requérir celle nécessaire à la subsistance des chevaux de la commune.

Le 3ème pluviose de l'an III: Nous, officiers municipaux de la dite commune d'Husseignies, sommes transportés au domicile de Joseph Coulon, habitant la commune, tenant genièvre où nous avons fait le recensement des grains préparés pour la distillation de la dite genièvrerie, nous y avons trouvé le nombre de 80 sacs de grains préparés à cette distillation et nous lui avons donné le temps de 40 jours pour la consommation de l'entièreté du grain germé pour la dite distillation de genièvre. Fait le présent procès verbal pour valoir ce que de raison. Signé Fr Meurant, FRJ Picron, P Staumont, PA Dath et Luc Fontaine maire. 

Les brasseurs de genièvre de la région d'Ath, dont Joseph Coulon, demanderont de pouvoir continuer leur genièvre jusquà consommation de ces denrées qu'ils ont préparées à ce seul usage. 

Sources: "Archives de la ville d'Ath".

28/05/2016

Husseignies de 1789 à 1814 (2). L'occupation française: Les biens du clergé sont nationalisés.....

Contexte....

  • La bataille de Jemappes du 6 novembre 1792 : La ferveur révolutionnaire des sans-culottes, déguenillés et équipés de bric et de broc triomphe à la baïonnette des troupes autrichiennes pourtant plus nombreuses. La Belgique se retrouve sous bannière française. Cette victoire donne aux révolutionnaires français le goût de la conquête.
  • La bataille de Neerwinden le 18 mars 1793: les troupes impériales du général Cobourg battent les sans-culottes sous l’ordre de Dumouriez et notre région redevient autrichienne.
  • La bataille de Fleurus le 26 juin 1794 : Au printemps 1794, les révolutionnaires français redressent la tête et reprennent le dessus. Unité, discipline, encadrement, tactique, les soldats de l’an II ont mûri depuis la campagne désespérée de 1792 mais le feu sacré les anime toujours. Au bout de 14 heures de combat, les troupes françaises avec le général Jourdan sortiront de justesse vainqueurs des troupes autrichiennes. Ces dernières abandonnent les Pays-Bas aux français ; ainsi se referme le chapitre autrichien qui aura duré 80 ans.

Conséquences....

Il est difficile de juger au travers des maigres archives quel était l’état d’esprit des husseigniens face à l’envahisseur français.

La disette et la crainte de manquer de subsistance, la généralisation des réquisitions, l’effondrement de la monnaie républicaine, les atteintes au culte dans nos villages si catholiques n’étaient probablement pas de nature à tranquiliser nos ancêtres. Ensuite, la conscription à partir de 1798 viendra encore aggraver la situation. A décharge, la suppression des privilèges féodaux était néanmoins de bonne augure pour nos citoyens. La seigneurie d'Husseignies sous la coupe de la famille d'Arenberg devient obsolète, leurs biens sont mis sous séquestre mais les d'Arenberg restent néanmoins propriétaires.

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Persécution du clergé durant le régime français (Dessin de Geelhant Archives de la ville de Turnhout)

1. Réquisition et enlèvement des cloches dans les communes de l’arrondissement d'Ath, An II.

Situation à Husseignies : 1 grosse cloche, 1 moyenne et 2 petites ; quantité qui existoient dans la commune avant l’enlèvement.

Quantité enlevée : 1 moyenne et 2 petites.

Date des réquisitions : 30 thermidor an III de la république (17 août 1794)

Noms des commissaires qui les ont mis à exécution : Jean-Joseph Botte et Ghislain Legay.

Désignation du dépôt où elles ont été conduites : Mons, reçues par Gaudillot garde magasin le 24 brumaire an III (le 14 novembre 1794)

Remarque : l’église auroit désirée retenir la clochette  avec la grosse cloche pour l’aisance de l’office divin et autres nécessités journalières. Malgré ces raisons, elle n’a pu l’obtenir malgré que plusieurs l’ont obtenu.

Le commissaire Botte et Legay et leurs adjoints venus  enlever les cloches ont employés environ 2 heures a cette besogne et ont resté une journée dans la commune, ont reçu du maire pour salaire 87 livres, outre les dépenses qu’ils ont faites et qu’ils ont laissé à payer aux cabaretiers  et autres, montant à la somme d’environ 101 livres.

Signé: Coulon, Staumont, F Meurant, FJ Meurant, PJ picron, Luc Fontaine, PA Dath

Fait à Husseignies par les maires et municipaux soussignés ce 30 frimaire de l'an III de la république (20 décembre 1794).

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  • L’arrêté du 4 thermidor an III (22/07/1795) interdit l’exercise du culte hors des églises. Suivant les termes de la loi, les croix des clochers, christs, madones, petites chapelles dans les façades, les calvaires, tout ce qui avait un rapport avec le culte devrait disparaître. C’est probablement à cette époque que disparaît la croix située au bout de la rue de la Garde à la limite de Ladeuze.

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  • Le 22 nivose de l’an VI, le ministre de la police générale rappelle aux municipalités de canton qu’il est interdit par les lois l’usage du son des cloches qui annonce les cérémonies du culte catholique.

2. La cure de Husseignies construite dans la 2ème partie du XVIIIème siècle est mise en vente ainsi que diverses propriétés.

  • La 1ère séance d’enchères aura lieu le 1er prairial an VII (Mai 1799) : Maison curiale couverte en ardoises, composée de 7 places au rez de chaussée, 2 cabinets à l’étage, avant cour, remise et jardin comprenant 20 verges de terrain, affermée par bail de 3-6-9 ans commencé le 9 pluviose an VI (Janvier 1798) au citoyen Laroche moyennant un rendage annuel de 50 francs, porté à un revenu à l’époque de 1790 de 300 francs et en capital à la somme de 12.000 francs. Frais 57 francs.

La cure sera achetée par Jos Provins d’Ath mais ce dernier n’ayant jamais pu la payer, elle sera restituée à la commune après la période française.

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D’autre part, 10 terres et prairies sur le territoire de la commune appartenant : à l’Abbaye d’Ath, aux Sœurs Grises de Chièvres, à l’Abbaye de Vicogne, à l’Abbaye de St Ghislain, aux Oratoriens de Chièvres, à la fabrique d’église de Tongre-Notre-Dame, au Chapitre de Leuze seront vendues et majoritairement achetées par des fermiers de Husseignies.
 
Dans l’ancien régime, l’Eglise remplissait une série de fonctions sociales que le nouveau pouvoir reprend à son compte. Les actes de naissance, de mariage et de décès étaient régis par l’église, ce que l’on appelait les régistres paroissiaux. Désormais, ils seront régis par l’administration communale et seront nommés les régistres de l’état civil.

Les différents curés de notre commune auront tenu les régistres paroissiaux :

  • de 1678 à 1797 pour les baptêmes.
  • de 1667 à 1797 pour les décès.
  • de 1678 à 1797 pour les mariages.

Voir numérisations (des régistres paroissiaux et état civil) de la commune sur le site des archives de l'état.

3. Arrêt de la construction de l’église

L’ancienne église fut démolie en septembre 1793 et reconstruite aussitôt par ordre et aux frais des abbayes de St-Ghislain et de Vicoigne en qualité de décimateurs ( = Institution écclésiastique à qui revenait le bénéfice de la dîme levée sur une paroisse; et qui en retour devait participer aux frais d'entretien de la paroisse). A l’entrée des troupes françaises en juillet 1794…. »On étoit parvenu aux sous bases des fenêtres dans tout le contour de la dite église du côté du chœur à la hauteur de 20 pieds et 15 pieds du côté des nefs. Les décimateurs privés de leurs biens et en fuite, l’entrepreneur sans payement abandonna les ouvrages et l’église est restée dans le même état jusqu’à présent (1796). Pendant ce temps, on célébroit les offices dans une grange qu’on louoit ; l’année suivante on a pris la résolution de profiter des murailles assez élevées pour empêcher d’y entrer sans échelles en couvrant le chœur et la grande nefd’un toit de paille, élevés dans la dite nefsur piliers en pierre et, fermé dans le contour par un paillasson laissant les petites nefs et les murailles extérieures dans l’état où elles étoient ; la sacristie est couverte de pannes….etc. ».

Ainsi, les offices purent reprendre dans une église semi restaurée jusqu’en 1810. A partir de cette année, avec les accords des autorités, les travaux purent reprendre grâce aux moyens financiers dégagés par la vente de certains terrains de la commune.     

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Soucieux de se concilier la majorité de la population restée attachée à l’église traditionnelle, Napoléon Bonaparte va s’efforcer de normaliser la situation religieuse. Il négocie avec le Pape  Pie VII le concordat le 16 juillet 1801. Napoléon Bonaparte estime que la religion est nécessaire à la stabilité de l'État, mais est aussi partisan d'un nécessaire pluralisme religieux.

27/02/2016

Isidore Lefebvre, insoumis au régime autrichien en 1793....

La première occupation française (1792-1793)

Le 6 novembre 1792, l'armée française menée par Dumouriez bat l'armée autrichienne lors de la bataille de Jemappes. L'indépendance de la Belgique est déclarée le 8 novembre et les troupes autrichiennes quittent les provinces belges. Le 19 novembre, la Convention confirme sa doctrine de propagande et non d'annexion. Les Français sont accueillis en libérateurs.

Très vite, les français changent de doctrine et de vision lorsque Brissot, qui parlait encore le 21 novembre « d'une ceinture de républiques » autour de la France, exhorte le 26 devant la Convention de reculer « nos barrières jusqu'au Rhin ». L'annexion de la Belgique est réclamée par Danton le 31 janvier 1793 dans une déclaration à la Convention où il précise la doctrine des frontières naturelles de la France.

Les autichiens reviennent, les français repartent…..

En mars 1793, l'armée française est vaincue à Neerwinden: les Autrichiens réoccupent, avec l'assentiment du peuple belge, les "Etats belgiques" et replacent le prince-évêque de Liège sur son trône.

Les réquisitions et corvées....

De tout temps, nos ancêtres payèrent un lourd tribut aux occupations militaires.

Les exactions étaient nombreuses, les réquisitions se portaient tant sur les denrées alimen­taires, que sur les hommes, les chevaux attelés à des chariots, des bestiaux soit vivants ou abattus pour avoir de la viande fraîche pour le ravitaillement des troupes, mais aussi du pain et des céréales pour les chevaux des troupes: froment, avoine, seigle, paille. Les fermiers étaient en plus corvéables de missions de transport diverses suivant les charrois et animaux de trait qu'ils possédaient.

A Husseignies, Isidore Lefebvre se distingue par son insoumission aux autrichiens…il sera condamné….!

« Vu par l’office roial des villes et chatellenie d’Ath le rapport des maire et échevins des village d’husseignies du 7 7bre 1793, duquel il résulte qu’Isidore Lefebvre habitant du dit lieu, a fait refus de fournir à Ath le 15 du dit mois à cinq heures du matin un chariot attelé de deux chevaux pour transporter jusqu’à Valenciennes des caisses, tonneaux et harnais au régiment de Latour chevaux légers, ensuite de leur ordre lui intimé le 14 précédent par Philippe Saligot mayeur du dit Husseignies, conformément à l’ordonnance qu’ils avoient reçue de Monsieur le Chatelain au dit jour 14, tout considéré.

Le dit office, pour le dit défaut, a condamné le dit Isidore Lefebvre a être emprisonné, à quel effet, il sera appréhendé et conduit dans les prisons de cet office, en outre à paier tous frais occasionnés pour le chariot qui a du être fourni par son défaut, le condamnant au surplus aux frais et mises en justice, le tout conformément aux reglemans du 25 juin 1744 et 27 juillet 1793.

Ainsi prononcé à Ath le 21 septembre 1793.

Signé Tainteniez

Le soussigné Messier d’Husseignies certifie d’avoir dument semoncé le nommé Isidore Lefebvre à la fin reprise en cet acte. Husseignies le 17 7bre 1793.

Signent les échevins et mayeur de Husseignies : Philippe Saligot, Philippe Staumont, François Joseph Picron, Luc Fontaine, Jacques-François Denis, Pierre-André Dath et Joseph Coulon. »

(Archives de la ville d'Ath)

Isidore Lefebvre dit "Mayeur Sidore" (1746-1831)

Originaire d'Ormeignies, époux de Marie-Françoise Massy, il était cultivateur à la rue Ludger Lapoulle (Rue des Bas Trieux à l'époque), et était le principal locataire foncier du Duc d'Arenberg.

Isidore Lefebvre fut maire de la commune de 1806 à fin 1812.

Il est un ancêtre en ligne directe à Bruno Lefebvre, actuel bourgmestre député de la commune de Chièvres.

Nous ne savons pas si Isidore exécuta sa peine car peu de temps après, les français reviendront et la Belgique sera française jusqu'en 1815. 

Les documents originaux....

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Le Comte Baillet de Latour.

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Feld-Maréchal au service de l'Autriche, il naquit en Belgique d'une famille noble luxembourgeoise d'origine de France. Il gravit rapidement les échelons hiérarchiques militaires malgré la jalousie des généraux autrichiens. Il continua à servir remarquablement son souverain et il se distingua en 1793 dans la guerre que la coalition menait à la France. L'armée autrichienne avait repoussé l'armée française au delà de Valenciennes, c'est au cours du siège de cette ville qu'Isidore Lefebvre fut sollicité à exécuter une corvée à destination du régiment de Latour.