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29/10/2017

Le parcours de jeunes hochniots durant la 2ème guerre mondiale.....

Ils sacrifièrent 5 ans de leur jeunesse pour résister au nazisme.....

2. Florian Houx

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Voici le discours que prononça Florian à l’amicale des anciens prisonniers de guerre de Huissignies lors du 50ème anniversaire de la libération en 1995….Il relate son parcours de guerre :

Milicien de la classe 1939 au 3ème chasseur à pied de Tournai, 14ème compagnie, canon anti-char je suis entré à la caserne de Tournai un an avant la déclaration de guerre.

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Le  10 mai 1940, à l’entrée de l’armée allemande en Belgique, commencent les mouvements de troupes.

Ma compagnie prend position à Leuze au carrefour de Tourpes, puis retour dans les environs de Tournai et ensuite évolution vers Herent, Geel pour aboutir à Zingen sur les bords de l’Escaut.

C’est là que mon camarade Augustin Melsens de Huissignies et Jean Foucart de Beloeil trouvèrent la mort et ç’est là aussi que je fus fait prisonnier le 20 mai après des bombardements meurtriers par l’artillerie et l’aviation allemandes.

L’aventure ne faisait que commencer et cette aventure durera 5 ans.

D’abord traversée de l’Escaut en embarcation, puis direction Denderleeuw et Brasschaat à pied.

Ensuite, nous embarquons à bord d’un train qui longera la frontière hollandaise pour arriver finalement dans un camp où des milliers de prisonniers s’y trouvent déjà.

De là on repart toujours par train, ou plutôt un vrai convoi de bestiaux, on passe la frontière allemande direction le sud pour arriver au camp de Ludwisburg et on m’attribue le matricule 10.008 Stalag 5A et ensuite stalag 5B.

A partir de là, on nous répartit dans des fermes pour y faire la fenaison.

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Après un certain temps, on effectue une sélection par métier; je me déclare mécanicien et je suis envoyé dans une usine où je travaille sur un tour automatique qui produit des vis. La machine utilise beaucoup d’huile, ce qui provoque sur mes bras une irruption de boutons.

Je suis dès lors envoyé à l’infirmerie et on me choisit un autre travail dans une laiterie dans la ville de Ulm, dans le Bad-Wurtemberg  sur la rive gauche du Danube.

Nous sommes 2 prisonniers pour effectuer un travail très lourd : Nous devions réceptionner les cruches de lait et de crème des petites laiteries, les peser, les vider dans la baratte pour en faire du beurre et ensuite les nettoyer…ce qui revient à manipuler 50.000 litres de lait par jour pour en faire 3000 Kgs de beurre. Ajouter à cela le nettoyage du pasteurisateur et des 2 écrémeuses Alfa-Laval avec un bol énorme, il faut 2 hommes pour la soulever.

On nous permettra de boire du lait …mais en cachette !

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Nous logeons dans un fortin sous terre, un des 12 fortins vestiges de la guerre de Napoléon.

Nous préférons dormir à même le plancher de bois car les paillasses sont remplies de puces.

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Question manger, nous étions au régime de la ratatouille tous les jours; heureusement nous recevions régulièrement des colis de la famille et de la croix-rouge !

Un beau jour, à cause de l’avancée des troupes alliées, les allemands nous obligèrent à fuir en nous couvrant de drapeaux blancs de façon à ce que l’aviation nous repère.

Et enfin, nous rencontrons une jeep américaine qui nous libère et ils nous emmènent à la gare de Stuttgart où nous prenons un train en direction de Chalon-sur-Marne en France.

Pour vous parler de mes rapports avec la population allemande, je vous dirais qu’ils étaient quasi nuls sauf dans le cadre du travail quotidien. Je dirais enfin que j’avais des contacts un peu plus intimes mais néanmoins restés platoniques avec une jeune fille qui travaillait à la laiterie…. !

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01/07/2017

Le parcours de jeunes hochniots durant la 2ème guerre mondiale.....

Ils sacrifièrent 5 ans de leur jeunesse pour résister au nazisme......

1. Marcel Labie (2ème partie)

Pendant les mois qui suivent son retour, les activités de Marcel seront partagées entre la briqueterie de son oncle et les travaux à la ferme familiale.

Doté de notions de dessin industriel, il sera embauché dans cette spécialité par la fonderie Jadot à Beloeil le 25 septembre 1941.

Le 6 octobre 1942, l’occupant instaure une loi obligeant le travail obligatoire en Allemagne ….Dès ce moment, les allemands seront à la recherche de jeunes dont le profil les intéresse particulièrement.

Le 13 novembre 1942, une délégation allemande visite la fonderie Jadot et désigne parmi le personnel 10 jeunes aux compétences spécifiques; Marcel fait partie de ceux-là. Le lendemain, les recrutés sont priés de se rendre à Tournai pour remplir les formalités de déportation.

Sept autres hochniots  subiront le même sort: Herman Thibaut, Léon Massy, Marcel Carlier, Hector Labie, Roger Gilgean, Paul Barbieux et Emile Dubois.

La déportation

Le 16 novembre, les désignés déportés embarquent tous en gare de Huissignies pour l’exil vers l’Allemagne via le centre de regroupement de Mons. Ils arriveront à Leipzig le lendemain matin, il y fait glacial et il neige.

Les déportés sont dispersés, Marcel et Roger Gilgean sont désignés pour la même usine, une petite fonderie dans le petit village de Bösdorf à 10 Km à l’est de Leipzig. L’usine comporte une centaine de personnes et est spécialisée  dans les pièces pour le chemin de fer; Marcel est incorporé au bureau de dessin.

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Le village de Bösdorf près de Leipzig

D'emblée, la nourriture est réduite à sa plus simple expression: pain gris, choux, un peu de viande et un café « synthétique »…. Des colis en provenance de Belgique seraient les bienvenus!

Ils sont logés dans des baraquements; leur régime de travail est comme disent les allemands « la semaine anglaise » cad 5 jours de 10 heures de travail et ils reçoivent un salaire hebdomadaire de 12.47 RM (Reich Mark).

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Une des nombreuses lettres de Rose la fiancée de Marcel

Marcel reçoit un demi-jour libre par semaine pour y suivre des cours de dessin industriel à l’école technique de Leipzig ; ce qui est plutôt une nouvelle positive.

Le dimanche est réservé à la messe mais aussi aux travaux d’entretien de l’habillement et au nettoyage du baraquement. La première lettre de Rose sa fiancée arrivera le mercredi 3 décembre. Toutes les lettres leur étant destinées sont ouvertes par les autorités dont ils dépendent.

 Le 19 décembre un 1er colis de marchandises arrive de Huissignies !

Marcel constate que la population du village est assez courtoise, voire même sympathique; par contre la jeunesse embrigadée, « radicalisée au nazisme » est plus agressive . Pour se faire comprendre, ils utilisent un petit dictionnaire de traduction.

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La fonderie de Bösdorf

1943….

L’année 1943 est vécue au rythme des évènements de guerre dont les échos retentissent sur la population locale comme par ex la capitulation des nazis à Stalingrad ce qui provoque au sein de la population une sorte de sanctification des 200.000 victimes allemandes de cette célèbre bataille.

De fréquents passages d’avions sillonnent le ciel et menacent de bombardements ; les exilés sont dans ce cas priés de se disperser dans la campagne environnante, ce qu'ils finiront par considérer comme étant un fait distrayant.  

Sinon, l’ambiance parmi les déportés est assurément pessimiste, cafard et périodes de blues profond….comme on dit aujourd’hui, le « burn out » est plutôt généralisé, ce que l’on comprend aisément !

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A l'intérieur des baraquements, les déportés entassés.....Marcel en haut à gauche 

Le 6 août 1943, un certificat émanant du bourgmestre de Huissignies attestant que Marcel est fils de ferme lui parvient. Ce document est à remettre aux autorités du camp, il pourrait influencer pour obtenir une permission provisoire, le temps que la moisson puisse s’effectuer….malheureusement, la demande sera refusée par les responsables en place.

En octobre 1943, toute la région sera soumise à d’incessants bombardements qui provoquent invariablement la panique au sein de la population locale. Le mois de décembre verra de violents bombardements alliés sur Leipzig, la grande ville proche est en ruine.

Le réveillon du 31 décembre se passe en compagnie de déportés russes, tchèques et polonais qui vivent dans d’autres baraquements.   

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Un baraquement près de la fonderie

1944….

Le 4 janvier, Marcel reçoit un colis de marchandises envoyé de Huissignies le 25 novembre !

Roger Gilgean peut partir 2 semaines en congé mais Marcel doit s’en porter garant; ce qui signifie que si Roger ne revient pas en Allemagne, Marcel ne pourra à son tour partir en congé !

Le 2 février, les bombes pleuvent sur les villages environnants, tout tremble, l’horizon est en feu, un roulement infernal de tonnerre  retentit pendant environ 1 heure….scène d’apocalypse…heureusement les baraquements ne sont pas la cible de ce bombardement ! On leur dit que ces raids menés par les alliés seraient les représailles de bombardements allemands sur Londres.

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Il fallait bien se distraire comme on le pouvait le dimanche.....

En plus de son travail quotidien à l’usine et de son rôle de délégué des déportés du baraquement, Marcel est désigné cuistot suite à l’invalidité subite du préposé.

Juin 44, des rumeurs circulent sur un débarquement des alliés en Normandie, le moral de la population locale est au plus bas mais pour la revigorer, les autorités parlent plutôt de bombardements allemands sur Londres avec une nouvelle arme utilisée: les V2.

Le 1er juillet, ils sont priés de se rendre à Leipzig pour écouter une conférence de Léon Degrelle, le grand leader rexiste wallon. Un souvenir inoubliable pour Marcel et ses compagnons; ils découvrent une bête furieuse vociférant des discours haineux !  

En août et septembre, les bombardements alliés sur la région et particulièrement sur Leipzig s’enchaînent pendant que les bonnes nouvelles venant de l’ouest se multiplient: Paris est libéré par les américains, Charleroi, Tournai et Mons et ensuite Bruxelles le sont également.

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Marcel devant la porte de la fonderie

En novembre, de violents affrontements aériens se produisent entre les chasseurs allemands et anglais, c’est le grand fracas….! Le travail diminue à l’usine faute de combustibles ; le chemin de fer allemand est affecté par les bombardements ce qui explique le manque d’approvisionnement.

1945….

Après un mois d’inactivité, le travail reprend à la fonderie. Les rations de nourriture diminuent et en outre, les colis ne parviennent plus mais par contre une bonne nouvelle: les troupes russes progressent.

Le 10 avril, la gare de Leipzig est détruite et les chars américains se rapprochent par l'ouest. Les soldats allemands recherchent des tenues civiles, les usines arrêtent de fonctionner, le canon tonne aux portes de Leipzig et cette dernière est déclarée « ville sanitaire » pour être épargnée mais Hitler répète que l’Allemagne doit continuer à résister !

Le 11 avril, Marcel et ses compagnons se terrent dans un abri creusé dans le sol ; les chars américains sont tout proches et on entend le bruit des mitrailleuses.

Le 14 avril, ordre est donné aux prisonniers de guerre français d’évacuer; le climat est tendu et quelques heures plus tard, c’est à leur tour de recevoir l’ordre de partir. C’est l’effervescence, en une heure de temps, les bagages sont prêts et placés sur des charettes à bras. Ils partagent les restes de nourriture et se dirigent tous les étrangers ensemble vers un village où ils logeront dans une salle.

Le lendemain, on ne sait que faire d’eux et pour survivre, ils trouveront un peu de travail chez des maraîchers locaux. Les combats continuent sans cesse, les bombes pleuvent un peu partout.

La libération

Le mercredi 18 avril, hourah…un soldat américain  se présente à eux…c’est la délivrance après 884 jours d’exil !! 

Les habitants des villages sortent des drapeaux blancs, les jeunesses hitlériennes se réfugient dans les bois. Après le déluge des combats de la veille, enfin le calme revient ! L’armée américaine occupe le village et la nettoye !

Marcel et ses compagnons retournent à leur ancien baraquement près de l’usine, ils reçoivent du jambon, une caisse de biscuits et du pain de la boulangerie locale…mais ils sont obligés de rester car l’armée américaine engage la bataille de Leipzig où 1400 d’entre eux furent tués !

Le 23 avril, ils se dirigent à Leipzig où 5000 belges se regroupent.

Le 28 avril, l’Allemagne capitule.

Le 8 mai, l’Allemagne signe sa reddition à Reims…..c’est la fin officielle de la guerre.

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Le 1er char américain qui arrive à Huissignies ( Croisement rue Joseph Lizon et rue des Hauts D'Oignons) le 9 sept 1944

Le mardi 23 mai, après 919 jours de déportation, les exilés belges peuvent partir et embarquer sur un train qui se dirigera vers la France et ensuite le Luxembourg. Entrée en Belgique le 27 mai via Arlon, Namur et enfin arrivée à la gare d’Ath le 28 mai.

Marcel raconte : « Me voilà chez les Hainaut à la rue de Brantignies, c’est là que l’abbé Leleux, mon cousin  vicaire à Ath, est venu me chercher. C’est là aussi que ma fiancée Rose me rejoint ; nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre après cette terrible séparation ; ma mère et ma sœur l’avaient accompagnée. Eugène Mayeur averti par mon père est venu me rechercher avec sa voiture. A la maison, une fausse porte avait été dressée par mes voisins pour m’accueillir et je retrouve mon père Sylva et mon frère Willy et toute ma famille. Enfin, je suis chez moi »    

Et Marcel de conclure….

En 1944, nous étions 2.120.000 belges déportés en Allemagne. De leur exil, certains sont revenus avec une jeune femme russe ou polonaise.

Pendant ces  924 jours de déportation, nous avons subi 236 alertes ; au 27 mai 1944, nous en avions subi 190, les autres furent terribles mais par miracle, nous en sortons vivants !

Et dans l’ensemble notre détention dans un village de campagne près de Leipzig fut supportable en comparaison avec la détention dans les camps des grandes villes où la discipline était bien plus rigoureuse.

Dernière anecdote sinistre: un jour que nous n’avions plus à manger, nous avons du tuer le chat qui nous tenait compagnie pour pouvoir survivre quelques jours…. !!

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Le groupe de Marcel et le malheureux petit chat.....

 

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Marcel, 2ème à droite avec un groupe de déportés et prisonniers du village lors d'une commémoration du 8 mai dans les années 80 (On reconnaît aussi Emile Davister avec le flambeau, Alphonse Degouys, Albert Dorsimont, Aryl Martin....)  

 

Source: Mémoires de guerre, Soldat et travailleur déporté (Remémoration de faits saillants des 2280 jours qui gâchèrent six des plus belles années de ma vie) écrit par Marcel Labie.

02/06/2017

Le parcours de jeunes hochniots durant la 2ème guerre mondiale.....

Ils sacrifièrent 5 ans de leur jeunesse pour résister au nazisme.......

1. Marcel Labie (1ère partie)

Le jeudi 1er mars 1939, Marcel Labie est appelé sous les armes à la caserne Rucqoy à Tournai pour y faire son service militaire au 12ème chasseur à pied. Il est désigné pour devenir « Tireur Fusil Mitrailleur ». Quatre autres hochniots connaissent le même sort et l’accompagnent: Willy Croissieaux, André Jaivenois, Gérard Dubuisson et Jules Coulon. L’optimisme n’est pas de mise car la Pologne est déjà en guerre avec l’Allemagne.

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La guerre….

Le vendredi 10 mai 1940, l'Allemagne brise la neutralité de la Belgique et leurs troupes franchissent la frontière….C’est la guerre !

Marcel et ses comparses sont réveillés à 2 heures du matin, ils reçoivent armes et minutions et quittent la caserne 2 heures plus tard; ils se dirigent vers Gaurain-Ramecroix  où ils occuperont une ferme.

La nuit est mouvementée à cause des alertes incessantes, des combats aériens se poursuivront toute la journée, des raids destructeurs sont menés sur Tournai. A 3 heures du matin, la nuit suivante, ils embarquent en train à destination de Ath, Grammont, Alost et à l'entrée de Gand, le train essuye des tirs de mitraillette; les soldats fuient dans la campagne et rejoignent Gand où ils seront logés dans une école.

Le 13 mai, ils regagnent le village de Kieldrecht où ils sont logés dans le salon communal….pendant ce temps, les troupes allemandes progressent au travers de la Belgique. Le peloton de Marcel a pour mission de monter la garde de guet hors du village pour surveiller les avions ennemis.

Le 14 mai, ils voient défiler de nombreuses troupes françaises avec de lourds canons tirés par des chevaux; ces derniers se dirigent vers la Dyle pour y renforcer les troupes belges.Toute la nuit, des bataillons français et de cavalerie défilent avec leurs canons.

Le 15 mai au matin, tout tremble, les allemands se rapprochent, leurs canons tonnent, ils tirent sur des cibles distantes de 35 Km. Sur les routes, c’est un cortège permanent de citoyens qui évacuent et de troupes françaises. Dans l’après-midi le lieutenant décide de quitter et de partir à pied vers Beveren où ils embarqueront à bord d’un train.

A ce moment, le commandement belge s'est probablement résigné; on ne lutte pas à armes égales, les allemands sont bien mieux équipés que les alliés. De nouveaux plans de repli sur la France sont certainement élaborés.

Le train dans lequel ils ont embarqués se dirige le 17 mai vers Bruges, Dixmude, Boulogne et pendant 9 jours, ils se dirigeront vers le sud de la France via Bordeaux et Montpelier. Pendant tout ce temps, le ravitaillement fait défaut et est bien mal organisé.

Le 22 mai, ils débarquent à Avignon et poursuivent leur exode à pied au travers de villages de collines provençales; ils établissent leur camp dans une ferme du village de Saint-Gély.

Le 28 mai, ils sont toujours présents dans ce village; le commandant leur apprend que le roi Léopold III a capitulé, il le qualifie de « traître »; le gouvernement belge se retire vers Londres pour continuer la lutte et le roi est chassé.

Le lendemain, le bataillon est désigné « Bataillon de travailleurs ».

Le 7 mai, la TSF (radio de l’époque) annonce que les troupes belges repliées en France vont monter en ligne.... ce qui les rend inquiets.   

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Abandon et détention….

Le dimanche 9 juin, on les embarque dans un train de marchandise à Pont-Saint-Esprit en direction du nord-est de la France. Ils arriveront à Verdun le lendemain après-midi. Ils partent à pied dans la campagne évacuée, ils logent dans une ferme où ils trouvent de quoi se rassasier, ils y dormiront dans le fenil. A 23 heures, ils entendent les canons tonner. Le lendemain, il y aura des raids aériens sur Verdun.

La nuit du 14 au 15 juin, ils dorment par une nuit froide dans un bois près de Souilly au sud de Verdun. La nuit est rythmée par d’incessants passages d’avions de la DCA qui effectuent des bombardements sur Verdun.

Les 3 compagnies de la caserne tournaisienne marchent toujours ensemble vers Bar-le-Duc et ensuite vers Pierrefitte. Ils croisent des convois de ravitaillement qui montent vers le front et des troupes en retraite qui vont comme eux vers le sud des Ardennes françaises.

Le 15 juin, les gradés disent à la troupe : « Vous êtes libres, faites ce que vous voulez et allez le plus loin possible en direction de la Suisse…. !! » A partir de cet instant, c’est la débandade mais ils restent néanmoins groupés et se dirigent vers Epinal.

A Epinal, ils croisent les allemands qui mitraillent…Marcel sera légèrement blessé au bras droit; il sera soigné par un brave brancardier allemand et ensuite par la Croix Rouge.

Le 20 juin…OUF, la France signe l’armistice avec l’Allemagne ! Les allemands défilent dans la ville d’Epinal, Marcel reçoit une piqûre antitétanique à l’hôpital, les hochniots se retrouvent à la caserne de la même ville où ils peuvent se loger….mais pour se nourrir, c’est le règne de la débrouille !

Le 23 juillet, ils peuvent enfin partir. Ils embarquent à bord d’un train en partance pour Saarbrucke et ensuite direction Cologne.

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Le retour…..

Le train ne passera jamais le Rhin, ils ne sauront jamais pourquoi….toujours est-il que le convoi prendra la direction d’Hasselt où ils passent la nuit dans la gare.

Le 28 juillet, le train repart en direction de Mons et arrive à Jurbise.... le train ralentit….les hochniots en profitent pour sauter en bas du train et faire la belle; ils rejoignent Vaudignies à pied! Un habitant du village, l’oncle d’André Jaivenois les ramènent en voiture à Huissignies….

L’accueil chaleureux à Huissignies….

C’est dimanche et il est 10H30, les cloches sonnent et les paroissiens sortent juste de la messe….c’est l’effervescence. Ils sont entourés et embrassés par la foule en liesse qui en oublie le curé Marquegnies qui célébrait sa première messe….Il faut dire qu’ils étaient les derniers soldats qui rentraient au village; les autres ayant déjà regagné leur foyer depuis belle lurette.

Tout est bien qui finit bien….Marcel peut enfin retrouver sa famille et surtout sa fiancée Rose Dupont…… !!

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A l’endroit où ils furent ramenés à la rue de l’église, la famille Georges Croissiaux-Lorphèvre, parents de Willy Croissiaux, érigèrent une chapelle en 1945 en reconnaissance à Sainte-Rita, à Sainte-Thérèse et à la Sainte-Vierge. 

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Dès le lendemain, Marcel reprend le chemin du travail…à la briqueterie de son oncle Oscar Labie à Ellignies-Sainte-Anne…. !!

             La guerre n'est pas terminée pour autant pour Marcel....suite à la prochaine rubrique.

Source: Mémoires de guerre, Soldat et travailleur déporté (Remémoration de faits saillants des 2280 jours qui gâchèrent six des plus belles années de ma vie) écrit par Marcel Labie.

 

28/01/2017

La guerre 14-18 (13): Que s'est-il passé en 1916 dans notre coin....?

A partir de début 1916, la majorité des communes disposeront d'un comité de secours. Ces derniers mettent d'abord en place une soupe populaire à destination des nombreux chômeurs; l'activité économique ayant fortement ralenti dans les mines, les usines, les carrières, les bonnetteries.. Dans certains villages, les comités de secours distribuent également des rations de farine.

Le 1er février 1916, c'est un bruit fracassant qui réveille les habitants de Mainvault. Le zeppelin LZ79 s'est écrasé sur une ferme.

Le 15 février, une rumeur mensongère se répand: les allemands réquisitionnent les porcs. Il n'en faut pas plus pour motiver la tuerie de porcs qu'on vend frauduleusement au qu'on entasse dans les saloirs.

Le 25 février, une escouade d'allemands fait visite dans les fermes pour relever des réserves de pailles, de foin, d'avoine. Le bétail est mis à la ration.

En ce mois des voleurs sévissent. Ils opèrent nuitamment enlevant lapins, poules, cochons et aussi du linge.

Le 1er avril, vers 8 heures du soir, on entend un grand bruit dans le ciel. On aperçoit dans la demi obscurité d'un ciel étoilé un "zeppelin". C'est comme un énorme cigare, il file à quelques centaines de mètres de hauteur, traversant le ciel du sud au nord ouest; il disparaît très vite. Le lendemain, à 5 heures du matin, même vacarme, même apparition.

Dans la 1ère partie de l'année, des borains en petites bandes, circulent de maison en maison, de ferme en ferme , quémandant des pommes de terre. Malgré la rareté du précieux tubercule, chacun donne ce qu'il peut. Plus tard, ils se verront forcés d'aller en Flandre. Ils repasseront, sac à dos et bien chargés. bien heureux s'ils arrivent à destination sans avoir été dépouillés par quelque gendarme.

Le 1er mai apporte une innovation: "l'heure d'été". Toutes les horloges doivent être avancées d'une heure. Motif: économie d'énergie. Les gens rechignent un peu, tardent mais ils finissent par se soumettre.

Le 5 mai, par l'effet d'un brusque changement de température, un fil télégraphique placé le long de la voie ferrée se rompt entre Ladeuze et Tongre-Notre-Dame. Ces 2 communes sont rendues responsables et punissables. Huissignies et Ormeignies sont englobées dans le châtiment. Ces 4 communes reçoivent l'ordre de faire la garde pendant 1 mois, jour et nuit, le long de la ligne. De plus, dans ces mêmes communes, la circulation est interdite après 7 heures du soir. La punition prend fin le 25 mai.

Nous entrons dans une période de vexations répétées...d'après la "Kommandatur", les déclarations d'avoine ne correspondent pas à la réalité. La présence de quelques grains d'avoine observée dans la nourriture des animaux devient pour le fermier l'occasion d'une forte amende.

Le rythme des réquisitions s'intensifie. Partout les allemands enlèvent les métaux, les laines, les matelas et les chevaux.

Malgré les nombreuses initiatives de solidarité mises en place, les restrictions alimentaires toujours plus importantes provoquent une hausse du maraudage. Les cultures font l'objet de vols fréquents à tel point que les autorités doivent engager du personnel afin de patrouiller dans les champs. 

Le 19 septembre, tous les chevaux doivent se trouver à 2 heures au trieu, des belles juments seront saisies. Le 8 novembre, nouvelle saisie de 8 chevaux à Aubechies.

A Beloeil, des repas scolaires sont distribués pour 250 enfants depuis le 1er octobre.

Notre région se trouve dans la zone d'organisation militaire allemande dite des "Etapes" cad zone tampon proche de front et administrée par les officiers militaires allemands présents sur place. Dans la zone dite d'étape, les restrictions de liberté sont plus importantes qu'ailleurs en Belgique. Le 1er octobre 1916, Wadelincourt devient frontière d'étape (cad à la limite de la zone dite d'étape et de la zone dite "du gouvernement général") et un poste de garde y est installé. Un officier allemand y résidera jusqu'à la fin de la guerre.

Les très jeunes enfants ne sont pas oubliés et sont aidés grâce à l'oeuvre de "la goutte de lait". Des comités se forment en vue de collecter le lait dans les fermes. Durant la guerre, les oeuvres de l'aide à l'enfance marcheront si bien qu'elles perdueront sous le nom d'"Oeuvre nationale de l'enfance", ancêtre de l'actuel "Office de la naissance et de l'enfance".

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Dans les 1ers jours de novembre, une rumeur parle de réquisition d'hommes...tout le monde vit dans l'anxiété.

Fin octobre 1916, les premières déportations de main d'oeuvre ouvrière commencent à Mons. Au total, 120.000 subiront ce sort, 2614 d'entre eux mourront en déportation. 

Le 22 novembre, tout le beurre est saisi pour le ravitaillement.

Le 10 décembre, l'éclairage fait défaut. Plus de carbure, plus d'essence. On s'éclaire avec la graisse du ravitaillement.

Le 31 décembre, durant toute la nuit, une pluie abondante tombe sans discontinuer. Le matin, la Hunelle déborde sur la rue de l'église et la rue des Hauts Arbres est envahie par 75 cm d'eau. 

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Sources: "L'histoire de Ladeuze" de l'abbé Demeuldre et "Beloeil à l'heure allemande 1914-1918" de Valentin Malfait.

12/12/2015

La guerre 14-18 (12) / L'année 1915 chez nous

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Après une année 1914 tragique, les premiers jours 1915 se passent dans le calme; la vie économique reprend de jour en jour.

De temps en temps, un petit incident vient troubler cet état de choses.

Le 10 janvier. Un chef allemand accompagné de quelques subalternes descend à la maison communale où les attendent les jeunes gens des classes 1914, 1915 et 1916. Ordre est donné de signer un engagement de ne pas faire pacte avec les alliés en cas de recul allemand. Chacun s’exécute puisqu’il le faut. L’ennuyeux est qu’il faudra se présenter à Chièvres tous les 15 jours, pour le contrôle.

Le 19 janvier: Réquisition des noyers (gautiers en wallon) . Ceux-ci sont condamnés. Qu’en feront l’ennemi ? Certains prétendent des crosses de fusil. Quoiqu’il en soit, la bêche et la hache commencent l’œuvre de destruction. Déjà un bon nombre d’arbres sont étendus sur le sol, quand arrive l’ordre d’arrêter.

Dès les premiers contacts avec la population, l'armée allemande réquisitionne tous les vivres possibles. Avoine pour les chevaux, viande ou bière, les soldats font main-basse sur tout ce qu'ile peuvent trouver. Les communes doivent fournir d'inombrables denrées pour les forces allemandes.

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Les prisonniers : Les familles reçoivent rarement de leurs nouvelles, leur situation est lamentable. Se forment des comités de secours à l’initiative de quelques jeunes qui s’en vont frapper aux portes et touchent les cœurs de nos villageois. Ils reçoivent partout un généreux accueil. Ils enverront tous les 15 jours un colis de 6 Kgs de vivres. Un comité central qui a son siège à Mons, rue Lamir centralisera la confection et l’envoi des collis. Les prisonniers recevront ainsi régulièrement un supplément bien nécessaire sur la ration ordinaire, ce qui leur procure en même temps la consolation de savoir que dans la petite Patrie, il en est qui partagent leurs peines. Ces envois se feront de façon ininterrompue jusqu’en janvier 1917, date à laquelle l’autorité allemande interdit tout rapport avec les prisonniers.

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Les semaines, les mois s’écoulent sans évènement notable.

 

Sources: Histoire de Ladeuze de l'Abbé Demeuldre / Beloeil à l'heure allemande 1914-1918 (Expo et document n°4 ASPB.

27/12/2014

La guerre 14-18 (11) / Les derniers mois 1914 dans notre région

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Les premiers jours de septembre révèlent la puissance des canons allemands, du calibre 42. Les vitres de notre village tremblent par les ondes de choc qu'occasionnent les bombardements à partir de Givry sur les forts de Maubeuge. 

Le 19 septembre, une proclamation interdit la lecture des journaux.

 

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 Télégramme du commissaire d'arrondissement d'Ath Mr de la Croix d'Orgimont à tous les bourgmestres, avertissant de la présence d'espions allemands dans notre région.  

Le 28 septembre, une forte explosion se fait entendre. On apprendra que des soldats belges ont placé une bombe sur le pont de chemin de fer près de la gare d'Ormeignies.

Le  7 octobre, les détenteurs de chevaux doivent se rendre à Chièvres pour une réquisition de chevaux, mais finalement un seul cheval sera réquisitionné.

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 Vers la mi octobre, le pétrole se fait rare. La prise d'Anvers par les allemands et les bombardements sur les tanks d'huile provoquent une pénurie. On va rechercher sur les greniers les systèmes d'éclairage des anciens: quinquet, lampe à tringle, lampions, crassets...et bien sûr les ancestrales bougies. D'autres utiliseront du suif coulé dans des verres, des lampes de vélo, des lampes à carbure.

Installation par les allemands d'une commandanture d'étape à Grandglise. Quelques semaines plus tard, elle sera déménagée à Péruwelz. 

Le 12 décembre, les miliciens doivent se rendre à Ath, pour signer et prêter serment "qu'ils ne feront pas alliance avec les ennemis de l'Allemagne".

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Les premiers symptômes de la disette en froment confisqué en septembre se font sentir. Le rationnement en farine est prononcé: 250 grs par jour et par personne. Par convention internationale, l'occupant est imposé de devoir ravitailler la population civile.

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Un comité central se forme avec des comités locaux sous-jacents qui auront comme mission de distribuer pendant la période des hostilités, les aliments de toute première nécessité: farine, pommes de terre, riz, lard, graisse, etc....

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Il fallait se rendre plusieurs fois par semaine dans un local communal désigné pour acheter sa part de produits alimentaires. Cette organisation fonctionnera toute la guerre et ne sera supprimée qu'en mai 1919.

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Sources: L'histoire de Ladeuze de l'Abbé Demeuldre; Documentation de l'Association de Sauvegarde du Patrimoine de Beloeil et documents de l'expo "Beloeil à l'heure allemande" (A.S.P de Beloeil).  

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13/12/2014

La guerre 14/18 (10) / Le repos de nos guerriers....Correspondances de nos soldats

 Correspondance de Georges Cousin au Camp d'Auvours dans la région de Le Mans à Georges Debeaumont au front de l'Yser....

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Dans un premier temps, le camp d'Auvours fut un camp pour remettre en condition les soldats qui venaient de retraiter en ce mois d'octobre 14. Plus de 14000 soldats de la IV division y sont passés jusqu'en décembre 14. En même temps, il fallait  accueillir les recrues (les volontaires de guerre) et les former avant de rejoindre d'autres camps plus "spécialisés".

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Dans le courant de  1915, des camps d'instruction furent établis en Normandie également et le camp d'Auvours remplissait alors une autre mission, accueillir les recrues formées en Normandie et leur donner une dernière instruction propre à leur régiment. Après cette instruction... départ pour le front.

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Fantassins belges faisant l'escrime à la baïonnette au Camp d'Auvours

Chaque camp avait sa spécialité, Ardres était pour le génie. Les hommes se perfectionnaient  dans leur arme. Après ce stage de formation, il rejoignaient leur régiment souvent avec un grade plus élevé ou une autre affectation, Parfois certains soldats voulant changer d'unité, passaient par des camps d'instruction afin de se familiariser avec leur "nouvelle " arme.

 

Correspondance en 1917 de Gaston Broquet en congé de repos à Issy Les Moulineaux près de Paris à Georges Debeaumont au front de l'Yzer....

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Quant au camp près de Paris à Issy Les Moulineaux, c'était un camp pour les permissionnaires en repos et qui se rapprochaient de la ville lumière pour profiter de leur permission. A Paris, il y avait plusieurs lieux d'accueil pour les soldats belges en permission.

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Correspondance de Georges Fauvaux en 1915 de son service à La Panne à Georges Debeaumont au front de l'Yzer....

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 Correspondance d'Eugène Baugnies au front de l'Yzer à un ami Arthur Barbieux qui était en campagne de sucrerie à Us dans le Val d'Oise en France... 

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29/11/2014

La guerre 14-18 (9) / Les jeunes hochniots dans l'enfer des combats / Georges Fauvaux

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Photos Collection famille Fauvaux

Georges Fauvaux , né à Callenelle en 1884, instituteur de Huissignies en 1914, faisait partie de ces brancardiers de 14-18 qui étaient essentiellement réservistes « dispensés du service en temps de paix ».

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 Georges en haut à droite lors de sa mobilisation en août 1914 à Lierre.

Séminaristes, prêtres ou instituteurs, ils furent mobilisés pour constituer l'effectif des colonnes d'ambulances. 

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 Mais les brancardiers n'ont pas que des tâches d'assistance médicale . Parce qu'ils sont souvent très scolarisés, ils rendent d'éminents services à leurs compagnons d'infortune dont beaucoup sont illettrés. 

Les mois du cantonnement étaient longs; le service même des tranchées n'exigeait pas une égale tension dans tous les secteurs; la lecture était, pour beaucoup, le meilleur passe-temps. Mais il fallait des livres. Les brancardiers aidèrent les aumôniers à créer de nombreuses bibliothèques.

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 La salle de lecture dans un barraquement à Wulpen près de Furnes.

Plus encore que les livres, les journaux faisaient la joie des soldats. Les brancardiers prenaient les abonnements et se chargeaient de la distribution. Chaque jour, et parfois au péril de leur vie, ils allaient jusqu'aux avant-postes porter aux sentinelles la feuille impatiemment désirée.

Les hôpitaux permanents du front et les ambulances

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 Georges dans son tablier blanc de soignant à l'hôpital permanent de Wulpen près de Furnes en 1915

L'abandon d'Anvers, le retrait sur l'Yzer eurent comme conséquence que tous les blessés du front devaient être traités d'abord dans des hôpitaux permanents à proximité du front avant d'être évacués vers la région côtière.  

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Dès novembre 1914, grâce à l'initiative du Dr Depage, la Croix Rouge installa à La Panne "l'hôpital de l'Océan" qui contint plus de 800 lits. Ensuite, un autre à Adinkerke dans la Villa Cabour près duquel s'agglomèrèrent de nombreux baraquements. A Vinckem, on installa également un hôtpital de 1500 lits.

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 Le Roi Albert 1er à gauche (...et le général Jacques?) le long de la digue à La Panne (Photo prise par Georges Fauvaux)

L'hôpital militaire belge de Calais

En 1915 furent créés à Calais et dans la banlieue une série d'établissements qui constituèrent la base sanitaire. Au début 1916, 18 hôpitaux et ambulances étaient en activité dans cette ville.

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Georges,2ème à partir de la gauche aux côtés de 2 militaires français du 43ème Régiment d'Infanterie Coloniale et de militaires anglais en 1916 à Calais.

L'hôpital militaire belge de Calais, appelé aussi de la porte de Gravelines ou encore du Petit Courgain fut édifié en 1915. De 36 baraques, il passa à 54 pavillons soit 1.500 lits. C'était un très gros hôpital médico-chirurgical qui hospitalisa 25.000 hommes de 1916 à 1918.

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Georges à gauche en compagnie d'un aumônier (en col blanc sous la veste), d'un autre brancardier et d'un médecin.

Les piquets de 2ème ligne..photos prises par Georges Fauvaux à Oostkerke près de Dixmude...

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Une zone de piquet de 2ème et 3ème ligne à Oostkerke en 1916

Un roulement s’instaure entre les jours passés en première ligne (3-4 jours), le piquet en deuxième ligne (3-4 jours) et le repos dans un cantonnement à l’arrière (aussi 3-4 jours). Ce repos est rythmé de travaux divers, de manoeuvres et d’inspections. Mais il permet aussi aux soldats de se distraire, de se laver, d’ajouter un supplément à leurs rations, de visiter des amis. 

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 Le nombre de jours se distribue différemment suivant l’époque, le secteur selon qu’il est calme ou agité, l’imminence de combats ou non. Les soldats déménagent constamment, avec tout leur barda, sans jamais rien laisser derrière eux, puisque d’autres occupent la place libérée. Tous les trois à six mois, les soldats bénéficient d’un grand congé, de deux à quatre semaines.

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    Georges Fauvaux avec ses classes de l'école communale de Huissignies en 1919 arborant un panneau de gratitude envers la ville de Sparta aux Etats-Unis qui a fourni pendant la guerre des vêtements aux enfants des écoles du village.

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Georges épousa Célina (dite Adèle) Massart de Huissignies avec qui il eut 5 
enfants: Emile, Julienne, Nathalie, Georges et Jean-Marie (Jurbise) et 4 petits-
enfants: Victor (décédé) et Marie-Ange (Australie), Georges (Huissignies) et
Véronique (Jurbise) .
Il habitait au N° 35 de la rue de l'église.
Il fut un instituteur remarquable qui marqua de nombreuses générations d'enfants 
du village de
1895 à 1945.
 
Il décèdera le 13 juillet 1958, il est enterré au cimetière de Huissignies.

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15/11/2014

La guerre 14-18 (8) / Les jeunes hochniots dans l'enfer des combats / Gaston Vilette

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Gaston Vilette naquit le 16 décembre 1893 à Husseignies de l'union de Désiré, maréchal-ferrant résidant au trieu et de Haubourdin Antoinette également du village.

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Gaston qui exerce le métier de maréchal-ferrant avec son père est appelé en service le 15 septembre 1913 au 1er Régiment d'Artllerie à Gand.

En août 1914, il fait partie de la 4ème brigade mixte / 9ème bataillon.

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Photos et documents de la collection Famille de Bernard Vilette

 Il sera blessé au bras d'un éclat d'obus dans la défense d'Anvers à Rumst la nuit du 30 septembre au 1er octobre 1914. Il reçoit l'ordre de regagner en train la gare centrale d'Anvers pour être évacué vers un centre de revalidation. En cours de route, le train est bombardé et après moultes péripéties il aboutira à pied via Knocke, Dixmude, Dunkerque au dépot de la 1ère Division d'Artillerie d'Offekerque près de Calais en France.

Il y est soigné dans une maison privée durant un mois et il reçoit ensuite l'ordre de regagner le front à pied dans son régiment d'origine qui s'est replié au front de l'Yzer à Ramscapelle. 

Il entame la bataille de l'Yzer le 12 novembre 1914. 

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 Oostkerke Mai 1916 / Gaston est en bas à droite

A partir de juillet 1915, notre armée se réorganise, se remet en état, renforce sa position principale sur l'Yzer et marque une recrudescence de travaux: renforcement des abris des tranchées, on bétonne et on blinde les caves servant d'abris. 

Le régiment d'artillerie sera mis à l'honneur pour tous les travaux exécutés partout et surtout de nuit et jusque les postes les plus avancés, pour renforcer et améliorer la légendaire position de l'Yzer.

Il prend place à Oostkerke près de kaaskerke dans une des 4 lignes de défense le long de l'Yzer .

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Oostkerke Juillet 2016

En 1916, l'artillerie reçoit des mortiers de tranchée, une batterie anti-aéronefs et des batteries d'obusiers légers. Le 1er Régiment occupe le lieu-dit "La ferme franco belge" toujours à Oostkerke, à l'ouest de la ligne de chemin de fer "Dixmude-Nieuport" .

Ils prendront part à l’offensive libératrice  par la forêt d’Houthulst et les hauteurs de Clercken, pour se trouver, à l’armistice, aux portes de Gand.

Gaston sera gratifié de plusieurs distinctions: la Médaille Militaire de 2ème Classe, la Croix de Guerre, Médaille de la Victoire, la Médaille Commémorative, la Croix du Feu et sera élevé Chevalier de l'ordre de Léopold II et Chevalier de l'Ordre de la Couronne.

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La blessure traitée avec retard avec les moyens de l'époque provoquera une invalidité qui lui empêchera de reprendre la profession de maréchal-ferrant par la suite. 

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Gaston épousera en 1921 Warniez Denise de Huissignies. Ils s'établirent au N° 54 de la Rue de l'église (maison contiguë à la boucherie du Court Tournant), ils eurent un fils Bernard qui deviendra plus tard bourgmestre de Lanquesaint et ensuite 5 petits enfants. Il était le frère d'Albert Vilette, un des derniers maréchal-ferrant de Huissignies, et donc aussi l'oncle de Lutgard et Josée Vilette. Devenu veuf, en seconde noce, il mariera Julia Latour. Il exerça la profession d'électro-mécanicien notamment à la firme Cambier d'Ath.

Il décède le 14 avril 1965 et est enterré au cimetière de Huissignies.

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Gaston, sa 1ère épouse Warniez Denise et leur fils Bernard vers 1940

Cette rubrique fut réalisée grâce aux documents et photos transmises par les petits-enfants de Gaston. 

01/11/2014

La guerre 14-18 (7) /Des jeunes hochniots dans l'enfer des combats / Debeaumont Léopold dit Georges

Léopold est né le 1 septembre 1888 à Ladeuze  au n° 11 de la rue des Hauts Arbres, fils de Debeaumont Eugène et de Polard Alodie Marie tous deux nés à Harchies. Sa mère Alodie était garde-barrière à la gare de Huissignies.

Léopold Debeaumont étant le 7ème d'une lignée de 7 garçons consécutifs, il a donc eu le privilège d'être le filleul de sa majesté le roi Léopold II et il reçut le prénom du roi. Toutefois, à Huissignies, il se faisait appeler Georges.

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 Il reçut à cette occasion une médaille honorifique ainsi qu’un brevet de l’association nationale des filleuls de SM Léopold II. 

Il fit son école primaire à l’école des frères à Ath et apprit le métier de menuisier-ébéniste à l’école industrielle d'Ath.

Le 22 septembre 1908 alors âgé de 20 ans, il entre au service militaire au régiment des GrenadiersIl avait pourtant tiré un bon numéro au tirage au sort mais un jeune homme plus riche qui avait tiré un mauvais numéro lui rachète ses deux années de service militaire. 

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Léopold dans sa tenue militaire de campagne, modèle 1870 (Photos Collection Frédéric Cornillie)

Démobilisé, il se marie en 1912 avec Marthe Carlier et de leur union naquit le 26/6/1913 leur fille unique Georgette Debeaumont.

Le 4 août 1914 il est rappelé dans son régiment d'origine le 2ème bataillon de garde des Grenadiers .

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Pendant la première partie de la guerre, les deux régiments de grenadiers prirent part à toutes les sorties d’Anvers et combattirent vaillamment à Hofstade, Elewijt, Molen, Werchter, Opdorp et St-Amand. 

Repliés sur l’Yser, du 21 au 30 octobre 1914, ils se battirent sans répit et dans des conditions épouvantables à Tervaete, à Schoorbakke, à Stuyvekenskerke, au Groot Beverdijck et à Pervyse. 

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Jusqu’en février 1915, les grenadiers continrent l’ennemi devant Dixmude. 

Reconstitué à quatre bataillons grâce aux recrues, aux volontaires et aux blessés guéris, le régiment releva les Français aux tranchées de Steenstraete de mars à juillet 1915. C’est dans ce secteur que les grenadiers subirent le 22 avril la première attaque allemande par gaz asphyxiants et que, résistant pendant plusieurs jours aux attaques furieuses de l’ennemi, ils arrêtèrent complètement son offensive, l’empêchant ainsi de violer notre front de combat.  

Après Steenstraete et jusqu’à la fin de l’année 1915, les grenadiers reprirent à nouveau la garde dans le périlleux secteur de Dixmude. En 1916, ils tinrent le front entre Dixmude et Drie Grachten. 

En 1917, les deux régiments occupèrent les secteurs de Boesinghe et de Nieucappelle. 

En 1918, ils relevèrent les Français à Nieuport, puis les Anglais à Ypres. 

Dans tous ces secteurs, les grenadiers se distinguèrent par de fréquentes patrouilles et des raids audacieux dont ils ramenèrent de nombreux prisonniers. Toutes les attaques allemandes y furent repoussées et bien des postes ennemis y furent capturés, occupés et maintenus. 

Pas un jour de garde aux tranchées ne se passa sans que plusieurs des leurs n’y fussent tués ou blessés. 

C’est d’Ypres qu’ils partirent, le 28 septembre 1918, pour participer à l’offensive libératrice.

Ils laissèrent de nombreux camarades dans les combats sanglants livrés pour conquérir la crête de Passchendaele, libérer la Flandre et poursuivre l’ennemi jusqu’à l’Escaut. 

Ils venaient de traverser ce fleuve, après avoir perdu 50 hommes au cours de la dernière nuit de guerre, lorsque, le 11 novembre au matin, l’armistice mit fin à leur ultime combat. 

   Durant ses 52 mois de guerre Léopold eut la chance de ne pas avoir été blessé et sera exempt de séquelles de son exposition aux gaz asphyxiants.

 

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 Il reçut de nombreuses décorations qu’il plaçat dans un cadre qu'il confectionna lui-même. 

On peut entre autre y distinguer la croix de chevalier de l’ordre de Léopold 1er avec Glaives, la croix de chevalier de la couronne avec Glaives, la croix de chevalier de l’ordre de Léopold II avec glaives, la croix de guerre avec 2 palmes et lion de bronze, la croix de feu, la croix de l’Yser ainsi que de nombreuses autres distinctions honorifiques

Il fut décoré sur la plage de la Panne face au régiment de grenadiers par le roi Albert 1er qui motive comme suit sa décoration de la "Croix de guerre": « Excellent sous officier d’une conduite exemplaire, d’un courage et d’un dévouement absolu, qualités dont il n’a cessé de donner des preuves durant toute la campagne et particulièrement lors du violent bombardement du 16 novembre 1917. Ce brave gradé n’a jamais quitté le front depuis le 01/08/1914."

Un adjudant, 3 caporaux et 5 soldats ont été décorés en même temps que lui le 15/12/1917.

Leurs drapeaux à fourragère amarante portent cinq citations glorieuses et les noms de leurs 1300 morts sont gravés dans la pierre de leur mémorial à la caserne Prince Albert. 

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Les promotions militaires de Léopold....

  • Caporal le 10 novembre 1914
  • Sergent le 11 novembre 1915
  • Sergent Fourrier le 10 mars 1918 (Aux ordres du sergent-major, le fourrier tient toutes les écritures de la compagnie)
  • Sergent-Major le 15 juillet 1919 

Il sera mis en congé définitif le 26 août 1919

Il s'établit d'abord à la rue du Pluvinage et fit construire ensuite une maison à la rue de la cour n° 20, à la section dite de la "Voie de Beloeil". Il travaillera comme menuisier à la Société Nationale des Chemins de Fer. Sa fille Georgette exploitera plus tard l'épicerie Unic près du château de Beloeil et 2 petits enfants naquirent , Anne-Marie et Jean Lenoir. L'histoire locale était ausi une marotte pour lui.

Il est décédé le 16 juillet 1970 à l’âge de 82 ans, quelques mois après son épouse. 

Il sera enterré au cimetière de Huissignies le mardi 21 juillet 1970 le jour de la fête nationale …. un beau jour pour enterrer un vétéran de la grande guerre qui a défendu fièrement et courageusement sa patrie !

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 Georges Debeaumont dans son verger dans les années 1960

Ce texte put être rédigé grâce aux documentations et photos transmises par Frédéric Cornillie de Mont-sur-Marchienne, arrière petit fils de Léopold et fils d'Anne-Marie Lenoir.

Merci aussi à  Bernadette Terrasse qui grâce à ses relations beloeiloises nous aida à rentrer en contact avec la descendance de Georges Debeaumont. Merci également à Christian Philipart et Jacques Deconinck pour leur expertise de la grande guerre.   

18/10/2014

La guerre 14-18 (6) /Des jeunes hochniots dans l'enfer des combats/ In Memoriam Ludger Lapoulle

Il y a 100 ans, le 26 octobre 1914.... Ludger Lapoulle perdait la vie à Ramscapelle au cours d'une des plus célèbres batailles de l'Yzer ....

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Ludger Lapoulle naquit à Huissignies, à la rue des Bas-Trieux le 12 septembre 1891 de l'union de Charles Lapoulle, vitrier et Coulon Marie Hermence.

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C'est au fond de la rue des Bas Trieux que Ludger naquit et passa son enfance

Il entra en service militaire le 1er octobre 1912 au 5ème régiment de Ligne, 2ème Division Armée. Démobilisé en 1913, il fut rappelé le 1er août 1914. 

Le 5ème régiment de ligne tenait garnison en 1914 à Anvers; à la mobilisation d’août il se dédoubla et forma avec le 25ème de ligne la 5ème brigade mixte qui, avec les 6ème et 7ème constitua la 2ème division d’armée.

Le 5ème de ligne participa en août et septembre 1914 aux sanglantes sorties d’Anvers.

Le 12 septembre à Molen, hameau de Rotselaer-lez-Louvain, il subit des pertes énormes tant en officiers, qu’en gradés et soldats. 

Dès le 16 octobre, l’armée belge s’installe le long de l’Yser afin de faire front à la Quatrième armée allemande. La défense s’avère laborieuse, malgré les renforts venus de France.

Le 20 octobre, le 5eme de Ligne est dans la tête de pont de Lombarsijde. Il va résister 13 heures aux assauts allemands.

Le régiment se déplace ensuite vers le village de Ramskappelle qui se situe près de Nieuport, sur la ligne de chemin de fer reliant Nieuport à Dixmude. 

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Le 25 octobre, les Allemands marquent un temps d’arrêt dans leur poussée.
L’armée belge est épuisée, ses canons sont inutilisables après leur emploi intensif et les munitions manquent. Les troupes françaises de la 42ème Division d’infanterie renforcent les Belges qui décident d’inonder la plaine entre Dixmude et Nieuport.
La ligne surélevée de chemin de fer est renforcée par le génie belge de manière à en constituer une digue étanche.

Le 26 octobre, alors que l’eau envahit les parties basses, les Allemands lancent une attaque sur la voie ferrée. Ordre est donné aux troupes françaises et belges de résister

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Georges Capron, camarade de régiment de Ludger raconte:

"Le secteur de Ramscapelle était défendu par les soldats belges et français. Nous étions situés derrière le lieu-dit "La Ferme Violette".

C'est durant le bombardement du 26 octobre qu'un obus tombant dans un cratère existant dans lequel se dissimulait Ludger le tuant sur le coup.

Deux français subirent le même sort. Etant situé dans l'entonnoir voisin, j'en rechappa par miracle!"

Ludger ne repose pas au cimetière de Huissignies, son corps n'ayant pu être identifié. Néanmoins, sa mère Hermence Coulon fit ériger une tombe factice qui perpétue sa mémoire. Sa rue, la rue des Bas-Trieux lui sera dédiée et deviendra "Rue Ludger Lapoulle"

 

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04/10/2014

La guerre 14-18 (5)/Des jeunes hochniots dans l'enfer des combats/In Memoriam Marcel Bernard

Il y a 100 ans, le 5 octobre 1914.... Marcel Bernard perdait la vie sous les feux de l'artillerie allemande à Kontich dans l'éprouvante défense d'Anvers.

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Photos collection de la famille Bernard

Marcel Bernard vit le jour à Huissignies le 28 novembre 1889. Il naquit de l'union d'Ernest Léopold, médecin-vétérinaire et de Coulon Elmyre. Il a 3 frère et soeurs: Jeanne, Ernest et Louise. 

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Les enfants de la famille Bernard-Coulon vers 1895: Jeanne, Ernest, Louise et Marcel. 

Après ses études secondaires, il fera de brillantes études universitaires à l'université de Gand d'où il sortira en 1910 avec le diplôme d'ingénieur des ponts et chaussées. Au cours de cet épisode en 1909, il entretiendra avec sa famille un courrier intense dans lequel il dépeint avec beaucoup d'humour et de verve la vie de l'étudiant de son époque, aux prises avec les vicissitudes de son temps: les puces, les maladies, épidémies et leurs pénibles remèdes, la froidure dans son "quartier" (= kot), la solitude de l'éloignement de la famille, la scarlatine et son long séjour à l'hôpital de Gand. De ce courrier précieusement conservé par la famille, Christiane Bernard en constitua un recueil.

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Après son service militaire qu'il effectua au 2ème Régiment de Ligne à Gand en 1910, il entamera sa vie professionnelle à Charleroi comme "Conducteur Ponts et Chaussées".  

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Marcel Bernard (2ème debout de gauche à droite) avec son unité au camp de Beverloo lors de son service militaire en 1910 

Le 1er août 1914 à la mobilisation, il sera rappelé au 2ème régiment de Ligne, 1ère Division Armée.

Dans un premier temps, le 2ème de Ligne participe à la défense de Liège et ensuite il prit position derrière la rivière la Gette dans la région de Tirlemont.  

Le 18 août 1914, le régiment qui avait tenu des tranchées construites à Vissenaken reçoit le baptême du feu en protégeant le repli de l'armée venant de Liège et subit de sérieuses pertes.

Au sein de la 2ème brigade, ils participent le 25 août à la première sortie d'Anvers et se distinguent aux combats de Sempst et de Weerde.  

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Le 11 septembre, les 2ème et 22ème de ligne attaquaient à travers les bois de Schiplaeken, le front allemand entre la Senne et le canal de Louvain, mais ne purent entamer la forte position allemande de Campelaer, Wippendries et Elewyt. 

Les deux régiments, au début d’octobre, tenaient la rive sud de la Nèthe entre Rumpst et Duffel.

Le 5 octobre, l'artillerie allemande bombarde le secteur, un obus s'abat sur le 2ème de Ligne touchant plusieurs soldats dont Marcel Bernard. Il succombera à ses blessures.

Anvers tombera ensuite aux mains des allemands et l'armée se retrancha dans le secteur de l'yzer où elle entama avec les alliés la guerre des tranchées. 

La dépouille de Marcel sera inhumée définitivement au cimetière de Huissignies le dimanche 25 septembre 1921 à 15 heures.

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"L'Echo de la Dendre" du dimanche 25 septembre 1921 

La population lui rendit un vibrant hommage et témoigna sa sympathie à la famille Bernard.

Une rue de Huissignies, la piedsente de l'église, lui sera dédiée.

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Parentés de Marcel Bernard:

Neveux: Lucien Bernard, ses frères Marcel et Jean aujourd'hui décédés.

Petits neveux: Les enfants de Lucien et Marcel Bernard: Line, Eric, Thérèse, Christiane, Viviane, Annie et leurs enfants respectifs. 

Les enfants de la famille Marcel Lefrancq (habitent Baudour, Mons, Paris, Bruxelles).

 

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Correspondance de Marcel datée le 24 août 1910 de son camp militaire de Beverloo.

20/09/2014

La guerre 14-18 (4) / Des jeunes hochniots dans l'enfer des combats / René Baugnies

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 Photos Collection Michel Baugnies

René Baugnies naquit à Huissignies le 13 octobre 1893 de l'union d'Oger Baugnies et de Mathilde Broquet.

Il avait 2 soeurs: Isa et Elmyre et 3 frères: Oswald, Nestor et Maurice.

Il était de la classe 1913 au 8ème régiment de Ligne; son service à peine achevé, il fut aussitôt rappelé au début août 1914. 

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Au moment de la mobilisation, le 8ème de ligne se trouvait à Laeken, d’où il fut transféré, le 3 août 1914, par chemin de fer sur Rhisnes pour engager la défense de Namur. 

Il participe vaillamment à la défense de la "Position Fortifiée de Namur", après s’être dédoublé en 28ème de ligne. 

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 Le 26 août 1914, l'ensemble des troupes belges de la défense de Namur dut battre en retraite dans l'Entre-Sambre et Meuse, puis sur Laon en France. Ils rejoignirent ensuite Rouen en chemin de fer de façon à se réorganiser pour le retour vers la Belgique at ainsi entamer de nouveaux combats.

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 René Baugnies fut aussi "Ordonnance" du Colonel Couturiaux qui sera promu Général.

Le 31 août, l'attaché militaire belge à Paris fit savoir au Général Michel que les troupes qu'il avait sauvé de Namur devaient rejoindre Anvers. 

Le 7 septembre, ils rejoignirent Le Havre pour embarquer à bord d'un bateau qui les ramena à Zeebrugge.

Réorganisée sous Anvers, la 4ème DA coopéra à la défense de cette place forte et prend part aux combats de Termonde où ils se distingueront et de là ils gagnent l'Yzer.

Pendant la période de stabilisation, le 8ème de ligne occupe successivement les secteurs de Nieuport, Ramscappelle, Dixmude, Boesinghe, Merckem, Elverdinge et Nieuwcappelle.

René était estafette cycliste au sein du 8ème régiment, il était chargé de transmettre les messages d'état major au travers des différentes lignes de combat. Il racontera plus tard que le port du masque anti-gaz n'était pas très commode car en pédalant il avait besoin davantage d'oxygène, c'est la raison pour laquelle, il laissa souvent tomber le masque au risque des nuisances sur sa santé. 

En première ligne, dès le 28 septembre 1918, le régiment participe brillamment à l’offensive des Flandres et termine la guerre à Baerlevelde, coopérant à la prise de Gand, en contournant la ville par l’Est.

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 René était titulaire de la Carte du feu qui fut créée en 1932 pour être attribuée aux belges qui ont accompli au moins 12 mois dans une unité au contact de l'ennemi. Il reçut aussi la médaille de l'Yzer et la médaille de la Victoire.

Le 3 décembre 1918, le régiment, en même temps que le 18ème de Ligne, défile superbe d’allure dans les rues d’Aix-la-Chapelle.

René ne sera définitivement démobilisé qu'en octobre 1919 après plusieurs mois d'occupation de l'Allemagne avec les troupes alliées, il consacra donc presque 7 ans de son existence à la défense de la patrie!

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Sur le drapeau des deux régiments brillent en lettres d’or les noms glorieux de : NAMUR, TERMONDE, YSER, TERVAETE, EESEN, KORTEMARCK.

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René épousera Jeanne Cousin avec qui il eut 2 fils: Roger et Michel et plus tard 2 petits enfants: Corine et Jean-Luc . Il reprendrera la ferme de ses beaux-parents à Canteleux; il décèdera le 7 septembre 1957. Il est enterré au cimetière de Huissignies..

 

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05/09/2014

La guerre 14-18 (3) / Des jeunes hochniots dans l'enfer des combats / Edgard Gosselin

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Photos Collection Nicole et Annie Gosselin

Edgard Gosselin naquit à Huissignies le 14 août 1892 de l'union d'Augustin Gosselin et de Sylvia Marginet. 

  En 1912, il est appelé en service au 21ème régiment de Ligne.

 

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A la mobilisation d’août 1914, le 1er de ligne qui tenait garnison à Gand se dédoubla et forma avec le 21ème régiment de ligne, la première brigade mixte. 

Celle-ci fut dirigée dès le début de la campagne sur la position défensive de la rivière "La Gette" dans la région de Tirlemont. 

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Edgard 1er à gauche avec ses copains du 21ème de Ligne 

Après le repli sous Anvers, les deux régiments participèrent aux sorties effectuées par l’armée de campagne, ils se distinguèrent les 25 et 26 août sur la rive ouest du canal de Willebroek et les 10 et 11 septembre sur le front Humbeek-den-Heuvel-Eversem. 

Après la retraite d’Anvers sur l’Yser, le 21ème de ligne fut dissous et intégré au 1er de Ligne. Ce dernier participa à la bataille du 17 au 31 octobre 1914 et un de ses bataillons fut décimé lors de la chute de Dixmude le 10 novembre 1914. 

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Le régiment continua à participer à la « garde sacrée » et occupa les différents secteurs du front. 

Le 21ème de Ligne reconstitué fin décembre 1916, reforma brigade avec le 1er de ligne au sein de la 5ème division d’infanterie avec le 2ème chasseurs à pied. 

Lors de l’offensive libératrice déclenchée le 28 septembre 1918, la 5ème division d’infanterie tient le front de Nieuport à Pervyse, puis enlève les positions allemandes de la rive sud de l’Yser, notamment les fermes Terstille et Violette.

Le 16 octobre, les 1er et 21ème de ligne quittent leurs secteurs et progressent victorieusement à l’aile gauche de l’armée belge, atteignant le front Ostende-Oudenburg. 

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Dans les tranchées de l'Yzer 

Le 18, les deux régiments marchent par Maldegem vers le canal de dérivation de la Lys, que le 21ème de ligne aborde au nord, au pont de Celie, tandis que le 1er de ligne est arrêté devant Balgerhoeck. 

Jusqu’au 2 novembre, les lignards livreront de sanglants combats pour franchir le canal, puis, toujours à l’aile gauche, progresseront le long de la frontière belgo-hollandaise, jusqu’au canal de Gand-Terneuzen où ils terminent la guerre. 

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L'image que tous retiennent des tranchées est celle du début de la guerre, une simple tranchée de terre à peine aménagée, faite dans l'urgence de la situation.

Au fil des mois, elles seront aménagées pour le "confort" (c'est un grand mot!) et la sécurité du soldat. Pour la résistance au bombardement, des abris sont aménagés, comme pour les radios, les postes de commandement,..etc. Ces nouveautés n'enlèvent rien à la dureté des combats et aux mauvaises conditions de vie de ces braves types qui peuplaient nos lignes. Donc les soldats exerçant un métier compatible avec ces aménagements étaient embauchés: maçon, menuisier, charpentier... mais il n'abandonnaient pas le fusil pour autant. (Chr. Philipart)

Le 1er et le 21ème de Ligne avaient obtenu les citations : "Anvers – Yser – Dixmude – Celiebrug  et Balgerhoeck". 

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 Edgard est titulaire de la "Carte du Feu"qui a pour thème la défense belge à l'Yzer et aussi de la "Croix de Guerre".

La "Carte du Feu" a été créée en 1932 pour être attribuée aux belges qui ont accompli au moins 12 mois dans une unité au contact de l'ennemi.

La "Croix de Guerre" était décernée pour des actes de bravoure ou autre vertu militaire sur les champs de bataille de la 1ère guerre mondiale.

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Hommage de la patrie reconnaissante

Edgard était l'aîné d'une famille de 4 enfants: Germaine, Richard (mon grand-père paternel) et Maurice. Il épousera Léona Broquet avec qui il eut un fils Paul et puis 2 petites filles: Annie et Nicole. Il travaillait dans le secteur de la construction. Il décèdera en 1942 d'un arrêt cardiaque; il est enterré au cimetière de Huissignies. 

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22/08/2014

La guerre 14-18 (2) / Des jeunes hochniots dans l'enfer des combats / Eugène Baugnies

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Photos collection Famille Baugnies-Olivier

Eugène Baugnies naquit à Huissignies le 3 février 1895 de l'union de Camille Baugnies et Rousé Irma. 

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 Eugène Baugnies, 2ème à gauche avec ses copains mitrailleurs du 5ème de Ligne

Il fut mobilisé au 5ème Régiment de Ligne dans l'unité des mitrailleurs comme indiqué M sur le col de son uniforme.

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Le 5ème régiment de Ligne tenait garnison en 1914 à Anvers; à la mobilisation d’août il se dédoubla et forma avec le 25ème de Ligne la 5ème brigade mixte qui, avec les 6ème et 7ème constitua la 2ème division d’armée. 

Le 5ème de Ligne participa en août et septembre 1914 aux sanglantes sorties d’Anvers.

Le 12 septembre à Molen, hameau de Rotselaer-lez-Louvain, le 5ème de Ligne subit des pertes énormes tant en gradés et soldats. Il perdit en un seul jours trois cents de ses membres. Le régiment devait protéger la retraite des grenadiers lancés sur Werchter et les environs. Un monument fut d'ailleurs érigé à Rotselaer en mémoire aux 300 lignards tués lors de ces combats.  

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"Ils furent 300 des 5ème et 25ème de Ligne et mitrailleurs de la 5ème brigade qui tombèrent au matin du 12 septembre 1914" (Photo du Colonel Van Hoecke)

En octobre sur l’Yser, le régiment se distingua à Ramscapelle et à Lombarzyde. Il participa ensuite à la garde sacrée (*).

(*) La garde sacrée, c'est la défense du dernier lopin de terre belge et libre, la mise en valeur de la résistance belge de l'Yser. Une expression dans le genre de l'époque pleine de sentimentalité, de mise en valeur de l'héroïsme. (de Chr. Philippart que je remercie pour l'aide documentaire qu'il m'accorde). L'adresse de son bloc est:  http://ceuxde14-18.skynetblogs.be/

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Photographié lors d'une permission avec son père Camille (Un de mes arrière-grand père)

Le 20 décembre 1916, le 5ème de Ligne forma avec le 15ème de ligne la 5ème brigade, puis, en janvier 1918, avec le 6ème de ligne la 2ème division d’infanterie. 

 

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Lors de l’offensive libératrice qui débuta le 28 septembre 1918, cette division fut maintenue sur le front défensif Pervijse-Dixmude et harcela les positions allemandes. 

Le 14 octobre 1918, les 5ème et 15ème de ligne font partie du "groupement Sud" de l’armée des Flandres chargé d’enlever la « Flandern Stellung » au sud de Roulers, puis de progresser vers la Lys. 

Le 15 octobre, les régiments sont devant Isegem après avoir subi de lourdes pertes à Oekene-lez-Roulers. Ils marchent ensuite sur Ingelmunster et le 18 s’emparent d’Oostrozebeke au-delà du canal de Roulers.

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Ils s’établissent alors au sud de Bruges, puis gagnent la région Aertrijke-Zedelgem pour progresser ensuite vers le canal de dérivation de la Lys dont ils occupent la rive ouest, entre Ronsele et Zomergem. Fin octobre et début novembre, les 5ème et 15ème de ligne occupent la région Evergem-Wondelgem-Mariakerke. 

L’Armistice signé le 11 novembre mit fin aux opérations qui avaient valu aux deux régiments la citation : « Oostroozebeek », avec celles d’Anvers, Yser et Lombarzyde.

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Les 5ème et 15ème de ligne sont titulaires de la fourragère à la couleur du ruban de l’Ordre de Léopold.

Eugène épousa Julia Docquegnies de Huissignies, ils habitaient à la rue de la Cour Ils eurent une fille Irène et par la suite 2 petits enfants: Daniel et Liliane Olivier. Il effectua la majorité de sa vie professionnelle au sein de la firme Delbart de Ladeuze où il deviendra "Conducteur des travaux". Il décéda en octobre 1956 suite à des problèmes respiratoires récurrents et conséquents à l'exposition aux gaz moutarde; il est enterré au cimetière de Huissignies. Eugène avait une soeur, Irma, ma grand-mère paternelle, bien connue à Huissignies pour avoir été couturière à domicile durant 60 ans, de 1920 à 1980. 

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