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25/01/2014

Les Culots et l'Brézette

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La rue des Culots en direction de la Grande carrière; au fond à gauche l'ancienne ferme de Pierre Jaivenois dite "Céss du Bergeu"(Photo d'Ovide Canseliet vers 1980)

Les Culots, la première citation de ce lieu remonte à 1577,"les ruelles des Culots", ruelles en cul de sac où, les premières maisons furent construites près du diverticulum en lisière du bois, en fait au "cul du bois".

En 1662, ce lieu est évoqué dans la vente « d’une maison, brasserie, chaudière, cuves et tous hostieux (outils), servant à la brasserie gisant et tenant des deux cotés à la ruelle des Culotz».

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Lieu-Dit "A la Garde de Dieu"

A La Garde de Dieu.

 Lieu-dit situé à l'endroit de la propriété Lefebvre-Deneyer. On trouve dans les archives de la ville d'Ath: 1758: "3 journels appelée pâture dite de la Garde de Dieu à la demoiselle Ducornet de Chièvres" (carte Lebeau); 1762: "Pâture dite de la Garde de Dieu"; en 1850: pâture et ferme appartenant à la veuve Dupres-Devos de Leuze. De la ferme présente sur le plan Popp de 1850, il subsistait jusque dans les années 80, un mur en pierre plate de la hauteur d'une clôture sur lequel y croissaient des fougères.

Il s'agissait probablement d'un alleu cad un bien hérité exempt de tous devoirs féodaux (charges ou redevances), indépendant de tout seigneur laissé donc... "à la garde de Dieu" et ne relevant que de celui-ci.

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La ruelle du moulin vers 1980, à droite "A La Garde de Dieu" (photo de Ovide Canseliet 1980)

La ruelle du moulin,

aujourd'hui section de la rue Ludger Lapoulle, joignait la Grande Carrière au "Moulin à Vent" disparu depuis 1889 et qui était situé à l'emplacement de la ferme dite du "Moulin à Vent", propriété de la famille Labie Elie. Cette ruelle partait de la rue des Culots, la rue Ludger Lapoulle, traversait l'ancienne propriété agricole de la famille Lefebvre (Céss' du Mayeur Sidore) et rejoignait la rue des Hauts d'Oignons au coin de la maison Boulvin. 

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Un bout de la "ruelle du moulin", aujourd'hui section de la rue Ludger Lapoulle.

Le cabaret « à l’Brézette »

 Presqu'au coin de la rue du Pluvinage, cette maison est d'abord une ancienne brasserie "Brasserie Fourmanoir" en 1533 qui sera aussi taverne et cabaret.

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Sur la droite l'emplacement de l'Brézette (Photo de Ovide Canseliet 1980)

Ce sera aussi le berceau de la famille Picron, le "Cabaret de l’Brézette », cité en 1760, a probablement servi de « chambre commune » ou de « maison communale », le cabaretier Augustin Picron, était officier de l’état civil, sous la période française. C’est ici que furent transférés les registres de l’état civil qui avant 1796, étaient tenus, rédigés et conservés par le curé de la paroisse. Le premier maire, Fontaine Luc, en était le plus proche voisin. Le cabaret passera dans la famille Degauquier par le mariage de Degauquier Fabien avec Eugénie Picron, fille de Auguste.  

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L'Brézette aujourd'hui vue de la piedsente dite du Counart

Cent ans plus tard, le cabaret existait toujours et une ducasse y était même instaurée, on a retrouvé dans "Le Journal de Péruwelz" la publicité suivante :

La société des Gais Lurons annonce qu’à l’occasion de la ducasse à l’tarte d’el Brézette, du

15 juillet 1900, les divertissements suivants auront lieu :

                                               À 3 h: Lutte de jeu de balle entre Grosage et Chapelle à Oie.

                                               À 4 h: Lutte du jeu de bricolet.

                                               À 5 h: Mât de cocagne.(*)

                                               À 6 h: Courses aux sacs.

                                               À 6h1/2: Bal à grand orchestre. 

Ajoutons que ce cabaret était le local de l’ancienne société de tir à l’arc « Saint Martin ».

L'endroit donna un surnom à la famille Delzandre: on parlait de Marthe et Jules Brézette, Anne-Marie et Daniel Brézette....logiquement Martine et Alain Brézette...Clin d'œil ???

(*) Le mat de cocagne était une longue perche de +-6 m de hauteur fortement enfoncée dans le sol et enduite de savon noir. Une roue de vélo couronnait le mat, à laquelle pendaient des récompenses comme jambon, saucisses, pains d'épice, pipes..qui excitaient la convoitise des spectateurs. Le concurent portait à la ceinture un sac de suie, cette dernière servant à neutraliser les glissements qui rendaient l'escalade difficile. La foule encourageait les candidats et se moquait des malchanceux.  

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Piedsente du Counart.

Du nom d'une ancienne famille riveraine à ce sentier, elle joint la rue des Culots à la rue Notre-dame-des-Champs et rejoint le cul-de-sac des Culots au niveau de la maison Degouys.  

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La piedsente du Counart vers Notre-Dame-des-Champs  et la ferme Dupriez (Céss du Ptit Homm') Photo de Ovide Canseliet 1980.

La rue des Culots dans le Plan Popp de 1850

 

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N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
548/549b Maison /Verger Degauquier Pierre Joseph,cultiv.(Anc.ferme P Jaivenois)
444/443/442/450 Maison/Jardin/Pré/Jardin Dath Veuve Remy Marchand de lin
448 Maison  Renard Jules Joseph Cultivateur
445/447/451/446 Maison/Jardin/Jardin/Verger Croissiaux Hypolyte Cultivateur
449 Maison Miroir Edouard Elagueur (dit Quédratte)
539/540/546 Maison /Verger/Terre Dath Barthélemy Cultivateur (Anc. Ferme Fauquet)
542/541 Maison/Jardin Labie Télesphore, Cultivateur
543/544 Maison/Jardin Paul Désiré et Jules, cultivateurs
553/552/551/555/545 Maison/Verger/Terre/Bien Rural/Jardin Fontaine Eugénie épouse Nottez Augustin Ladeuze
554/556/550 Maison /Verger/Terre Becqué Jean Rentier Ath
564/562/563a Maison/Jardin/Verger Broquet Jean Baptiste, Cultivateur
565/566 Maison/Jardin Wanberchies François Meunier
571a/570a Maison/Jardin

Battard François Maçon, Battard J Bapt Maçon Ladeuze,

Dagobert Joseph ,Cult. Sirault

571b/570b Maison/Jardin Massy François, Sabotier
573/572/573bis/576 Maison/Jardin/Maison/Bien Rural/ Picron Augustin Cabaretier (Cabaret l'Brézette)
579b/569 Jardin/Pré idem
574/567a/567b/567d Maison/Verger/Jardin/Verger Grard Maturin, Cultivateur
582/583a Maison/Jardin Fontaine Séverin Joseph, Cultivateur

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La rue des Culots aujourd'hui 

Ainsi se termine le 1er circuit des rues et lieux-dit ......

 

Prochaine publication: "Circuit 2"...en commençant par "La rue du Pont Goret" 

18/01/2014

Vers les Culots en venant des champs.....

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La couture de la Barre:

Ce sont les champs et prairies que nous rencontrons en redescendant vers les Culots venant de Notre-Dame-des-Champs en face du Camp Saintin et en bordure du Fossé Piquet. C’est un lieu-dit dont l’appellation se retrouve déjà dans les archives en 1418 "Près à la barre"- 1576 "Couture et ruelle de la Barre".

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La Couture de la Barre à gauche, la ruelle de la Barre et le Camp Saintin à droite.

 La "Ruelle de la Barre"

Est le tronçon du chemin des Culots vers la Grande Carrière. Quant à l'origine de son nom, on peut supposer que cette ancienne voie publique devenait un chemin privé à partir du "Fief Duquesne » au coin de la Grande Carrière et une barrière devait en empêcher l’accès à certains moments. (Fief= bien légué par un seigneur pour services rendus)

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La ruelle de la Barre et les Fourassarts en 1980 (Emplacement actuel de la maison Pierre jaivenois) Photo de Ovide Canseliet

Le Fourasart, 

Se trouvait juste à coté, en 1614, on relève dans les écrits, « le Fourasart dans les prés de la Barre » - en 1665 "Le four Richard dans les près de la Barre". C’était vraisemblablement l’endroit où se trouvait un four à charbon de bois. Ce dernier étant obtenu par carbonisation des bois provenant du déboisement de la forêt proche,...sarts comme essarter signifiant déboiser et brûler.

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Le Fossé Piquet au lieu-dit "Fourassart", face à la maison Pierre Jaivenois.

La Mauvaise Voie. Sera plus largement détaillée dans le contexte de la rue des Hauts d'Oignons. 

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La Couture du Broeucq au coin de la maison Pierre Jaivenois.

La Couture du Broeucq (1537) était un marais entre la rue des Culots et le fossé Piquet juste à côté de la maison Pierre Jaivenois. 

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La couture du Roeulx depuis la Mauvaise Voie en 1980, dans le fond la ferme Degauquier et le chenil anciennement ferme Zaccharie. (Photo de Ovide Canseliet)  

La Couture du Roeulx 

du même nom que la ville du Roeulx. Pour trouver l’origine de ce nom à Huissignies, il faut remonter en 1150, au moment où l’abbaye de Vicoigne (près de Valenciennes), possédait ces terres qu’elle échangea avec le Seigneur de Huissignies, lequel les céda en 1264 aux Seigneurs du Roeulx. Thierry du Roeulx, fils d’Eustache, est d’ailleurs mentionné comme Sire de Huissignies de 1290 à 1295. Nous retrouvons de très nombreuses traces d’obits et messes basses fondées sur ces terres. (obit= commémoration, messe rentée évoluant avec la valeur de l'argent) 

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La couture du Roeulx et la mauvaise voie en 1980. (Photo de Ovide Canseliet).

 

 

11/01/2014

De Notre-Dame-des-Champs vers la Djeffe...

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 Le Bois Quitton, en quittant le site "Notre-Dame-des-Champs, nous ne pouvons ignorer cet ancien bosquet aujourd'hui disparu, si particulier par sa situation perchée et la beauté de son bocage, tant il laissa des souvenirs vivaces dans les mémoires des garçons des années antérieures à 1970.

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Ce qu'il reste du "Bos Quitton" en face de la chapelle (...du nom d'un ancien propriétaire)

Alain Fagnot nous raconte: "Le Bos Quitton fut à maintes reprises le champ de bataille de nos guérillas; il fut aussi le témoin de nos premières cigarettes grillées en cachette et achetées clandestinement chez Louis Titine DéçuPendant les vacances,"l'Bos Quitton" était le lieu de regroupement quotidien, nos insouciants tapages dérangeaient parfois les voisins, à tel enseigne, qu’un jour, nous fûmes surpris que le talus herbeux sur lequel d’habitude nous nous asseyons, avait été recouvert de purin. Il va sans dire que nous étions devenus indésirables en ces lieux".

La Grande Carrière, 

(La Carrière 1570 – La Grande Carrière 1668), est un très ancien chemin forestier dans un premier temps, agraire ensuite, qui part de la Chapelle Notre-Dame-des-Champs vers le nord en direction de la Djeffe. On l'appelait autrefois également le chemin de la Cananelette car conduisant au champ du même nom.

Partant de la courbe de la Grande Carrière, à la limite d’Ormeignies, la piedsente Brassart prolongement de la "Grande Carrière" s’enfonçait autrefois dans le bois de la Rosière en se divisant en 2 sections, l’une rejoignait la Grande Rosière et l’autre, les 4 pavés d’Autreppe. 

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La Grande Carrière, au fond au sud la Rue Notre-Dame-des-Champs.

Le «Camp Saintin»,

déjà signalé dans un acte du 2 juin 1554, on retrouve successivement « Camp Hertain », « Camp Etain ou Stin». C’est la partie située à la droite de la "Grande Carrière" vers les Culots. L’Abbaye d’Ath, dépendant de l’Abbaye Saint-Martin de Tournai, de même que l’église Saint-Martin de Huissignies, percevaient plusieurs rentes sur ce camp,"Camp Saint-Martin" est probablement devenu « Camp Saintin ».

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Photo prise de la Grande Carrière: Le Camp Saintin et dans la fond les premières maisons des Culots. 

La Cananelette,

Le champ de la Cananelette est la couture qui s’étend entre la "grande carrière" et la route de la Djeffe; son nom proviendrait du fait qu’en son milieu, il y avait une large cuvette humide alimentée par le "fossé Picquet", où poussaient roseaux et joncs qu’on appelait vulgairement des cannes.

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Le Champ de la Cananelette; dans le fond les premières maisons de la rue des Haut D'Oignons

Un sentier disparu depuis le remembrement agricole de 1962, venant du Risqu’à tout, coupait "La Cananelette" en diagonale pour aboutir au sommet de la Djeffe au lieu-dit "Sept Journels", c’est pourquoi on l’appelait "Piedsente des 7 journels".

"Les sept journels" (le « Journel » était la superficie qu’un homme "pictait" sur une journée) fut l’objet d’un litige entre le Duc d’Arenberg et la Commune de Husseignies.

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Le blanc bos:

Etait un peuplier blanc situé à la crête de la Djeffe, dernier vestige de la forêt de Huissignies. Le dimanche 14 mai 1967, jour de Pentecôte, un violent orage brisa net notre majestueux blanc bos à une hauteur de 4 m. Au constat de sa chute, on remarqua qu’une main vandale avait quelques jours auparavant bouté le feu à l’intérieur du vieux tronc creux. Décapité, il a ainsi complètement disparu...la solitude l'aura perdu....!

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François Massy moissonnant en 1952 sur les versants de la Djeffe avec le Blanc Bos qui trône en arrière sur les hauts de la Djeffe. (Photo d'Ovide Canseliet)

Le "Blanc Bos" était un arbre dit "borne", repère militaire et cartographique, il avait été l’objet d’une étude du monde colombophile sur l’orientation des pigeons.

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Ce qu'il restait du Blanc Bos vers 1980 (Photo d'Ovide Canseliet)

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On "étoque" au champ de la Cananelette vers 1958 avec dans le fond le majestueux "Blanc Bos". De gauche à droite: Lise Dequiper, l'ancien bourgmestre Albert Jaivenois et Adelson Laventure. (Collection du musée de la vie rurale)

Le Kron Kène:

(Cron Kesne 1554), lieu-dit figurant sur le Plan Popp; c’était un autre arbre borne, situé à gauche de la Djeffe en descendant vers Autreppe, il marquait la limite de notre versant Nord-Ouest, il a lui aussi disparu depuis très longtemps. C'était aussi le dernier vestige du "Bois de la Rosière" qui resta  boisé jusqu'au début du 19ème siècle. 

 

 

04/01/2014

La rue et la chapelle Notre-Dame-des-Champs

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......En 1895, le 24 mars à 2 heures, un salut solennel sera célébré pour la confrérie Notre-Dame-des-Champs.

Notre-Dame-des-Champs 

Est un vocable et un toponyme assez répandu en France et en Belgique. C'est à l'origine un vocable d'édifice culturel chrétien (église, chapelle, oratoire dédié à la Vierge Marie - Notre Dame). L'allusion aux champs est toujours lié au caractère agraire du paysage, au moment de la fondation.

Chez nous, la confrérie Notre-Dame-des-Champs gèrait une dévotion à la Vierge dans le but de lui demander d'intercéder auprès de dame nature pour qu'il y aie "plein de blé sur nos terres" dans l'année courante; les pénuries alimentaires du 19ème siècle avaient laissé des traces et des peurs dans les mémoires.  

A l'origine, notre chapelle Notre-Dame-des-Champs consistait en une simple statuette en bois placée dans une niche et suspendue à l'aubépine plantée à l'angle de la "Grande carrière" et de la "Piedsente des  Veaux", devenue aujourd'hui, "Rue Notre-Dame-des-Champs".

Elle constituait un point d'arrêt de prières lors des rogations.

Les jours des Rogations sont, dans le calendrier liturgique catholique, les trois jours précédant immédiatement l'Ascension. Le mot « Rogation » vient du latin rogare, qui signifie « demander »... « demandez ce que voudrez et cela vous sera accordé » (Jean 15, 7). 

A Huissignies, les rogations qui furent célébrées jusque les années 60 consistaient en une procession dans les champs tôt le matin en s'arrêtant à une chapelle pour y prier, ensuite le curé procédait à une bénédiction des champs.

En 1953, les familles Dupriez et Dubois firent ériger une chapelle maçonnée qui fut aussitôt inaugurée et bénie par l'Abbé Delire, curé de la paroisse.

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Sur cette photo de 1953, figurent au premier rang les enfants suivants: Claude Dupriez, Annie Dubois, Augustin Davister et Nicole Dubois.

Au second rang: Marie Dupriez, l'Abbé Delire et Désirée Dubois.

A propos des rogations, Michel Baugnies nous relate une anecdote qu'il a vécue....

« A l’époque des rogations - en 1936, je pense – le temps était très pluvieux, les chemins de champs toujours en terre à cette époque étaient impraticables tellement ils étaient boueux. A la halte à N.D. des Champs, une vive discussion éclata entre le curé Gallez et le clerc Victor Croissiaux, ce dernier refusant de poursuivre la procession qui empruntait comme d’ordinaire la Grande Carrière embourbée. Chacun restant sur ses positions, le clerc enleva son surplis, le flanqua dans les mains d'un enfant de chœur, rebroussa chemin en mourmonant dans ses dents, accompagné de quelques dames soucieuses de ne pas salir leur robe et leurs souliers; les enfants du catéchisme continuèrent la procession via la Grande Carrière avec le curé.

Nos godasses s’enfonçaient dans la boue et comme beaucoup avaient des sabots, ils restaient collés dans la gadoue, mais nous avons achevé le tour, crottés mais heureux d'avoir vécu un épisode aussi amusant qu'épique....digne de Pagnol! ».

La rue Notre-Dame-des-Champs

Aujourd'hui petite rue qui resta très longtemps un sentier élargi qui se nommait autrefois "Piedsente des Veaux", voie parallèle à la rue du Pluvinage appelée communément "Rue des Veaux". 

A l'origine, cette ruelle était une section du diverticulum romain qui reliait Ellignies-Ste-Anne à Tiripré à Ladeuze.

La section entre la rue du Pluvinage et la chapelle était nommée "Chemin de la Cannelette" dont la portion qui se poursuivait vers les champs sera appelée "Grande Carrière".

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Le chemin de la Cannelette

La "Piedsente des Veaux" sur le plan Popp de 1850

 

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N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
   
623a/624a Maison /Verger Renard François et Joséphine, journaliers
623b/622e/624b Maison/Jardin/Verger Renard Damitien, ouvrier
623c/622f Maison /Jardin Derumier Edouard,Charpentier Ellignies/Ste/Anne
622c/622b Bâtiment Rural/Jardin Dremière Edouard, Cultivateur
509a/598a Maison /Jardin Remacle François
606a bis/606a Maison /Jardin Dubois Joséphine, Servante Paris
559/558/557 Maison/Jardin/Verger Dath Jean-Baptiste dit Triste Henri, cultivateur

Prochaine publication: De Notre-Dame-des-Champs vers La Djeffe....

29/12/2013

Des Mervaux à Notre-Dame-des-Champs....

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En partant de la ferme Mon Dieu vers le village, on laisse sur la gauche la "vallée des Mervaux" qui laisse une vue sur la ferme de la "Grande Rosière" d'Autreppe. Cet espace aujourd'hui en culture était couvert du "Bois de la Rosière"qui fut propriété:

  • du Comte du Hainaut au XIIème siècle, 
  • de l'Abbaye de Cambron qui posséda jusqu'à un quart des terres du village et englobait dans une seigneurie "haute justice" dite de la Rosière les paroisses d'Ormeignies et d'Autreppe,
  • de l'Abbaye de Ghislenghien qui l'avait reçu d'Agnes d'Assignies (Descamps, les communes de l'arrondissement d'Ath), 
  • Enfin, de l'Abbaye de Vicogne près de Valenciennes.

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La vallée des Mervaux au niveau de la ferme Mon Dieu vers le TGV et la Djef.

A ce niveau, il y a 3 lieux-dit: le "Camp de Casteau", le "Dérodé" et le "Haut de l'Enfer" 

L'origine du nom de Camp de Casteau vient simplement du fait que le propriétaire de ces endroits était l'Abbaye de Cambron Casteau. Le Dérodé vient du verbe "déroder"ou défricher la forêt.

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Le lieu-dit "L'Enfer", au fond le village. 

« L’Enfer »,  c’est le nom de la dépression brusque située entre le « Camp de Casteau » et les « Monts Brunehaut ». L'Enfer, nom fréquemment donné en France et en Belgique aux endroits encaissés. Un acte de 1554 cite « des Roelz dites d’Infer », on trouve en 1665, une autre appellation « le Tro de l’Infer »(*). C'est aujourd'hui un ensemble de champs et prairies dans une cuvette parcourue de plusieurs sources qui aboutissaient à « l’pâture Fauquet », verger dans le bas converti en champs depuis une vingtaine d'années.

La "piedsente de l’Enfer"aujourd'hui disparue partait du chemin des Monts Brunehaut à la hauteur de « la Marlière »en direction de la "Grande carrière" pour aboutir ensuite au "sentier des bois blancs" et enfin regagner Autreppe..

Les « Ganaffes » étaient un champ humide sur le haut de Canteleux, tenant aux Monts Brunehaut et à coté « d’eul Pointe de kmise » aujourd’hui, petit bois triangulaire planté de peupliers depuis 1955.

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Le champ de "la Marlière" et le bosquet "Eul Pointe de kmise"; derrière se trouve Canteleux.

Nous avons cité précédemment « la Marlière », c’était un endroit situé au champ des Ganaffes où on extrayait de la marne, sorte de terre calcareuse, qui servait à amender les terres acides. Ce lieu est cité sous la dénomination « Marlière de Saint Ghislain » en 1407, devenue mare et nommée « trô Marlière » en 1663 (*), elle était une halte privilégiée des oies lors de leur migration.

La "Couture des Monts Brunehaut" d’altitude variant entre 70 et 82 m, s’étend sur le versant sud, entre le chemin du même nom et le chemin de Canteleux, tenant d’un coté aux Ganaffes et de l’autre au Barbazan.

Le "chemin des Monts Brunehaut" était un diverticulum, un chemin dérivé de la grande chaussée Romaine qui partait de Bavay, passait par Ellignies, Blicquy pour se diriger vers Gand. A noter que le nom Brunehaut proviendrait du fait que la reine Brunehaut d’Austrasie fit apporter au VI siècle de notables améliorations et prolongements aux chaussées romaines et leur légua ainsi son nom. Le diverticulum qui nous concerne partait de la chaussée romaine à Ellignies Ste Anne, il passait par les Quéwettes, le haut des Mervaux, l’Accostrie, les Monts Brunehaut, le Barbazan, le sentier des Veaux, les Culots, le fond des Bas Trieux, la ruelle du Moulin à vent et le chemin de Tiripré à Ladeuze où il aboutissait; son parcours initial figurait encore sur la carte Ferraris de 1770. On en modifia le parcours après les défrichements début 18ème siècle. Les "Monts Brunehaut" sont signalés en 1554 sous la dénomination « Mont Bruneau » et en 1576 "Champ du montbruneau)(*).

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 Le lieu-dit "Les Monts Brunehaut" (dans le fond et vers le sud: Canteleux)

 « Le Barbazan », est un lieu dit, étrange par son nom dès son origine. On trouve trace de cet endroit dès 1298 sous l’appellation « Couture derrière l’âtre », qui devient « faul  lattre » en 1650 puis « les faulx Barbasant » dès 1708 et finalement "Le Barbazan"en 1850(*). Âtre venant du latin « Âtrium », était le lieu où on faisait le feu, peut être le lieu où on incinérait les damnés de l’église…? C'était aussi le lieu où on y fabriqua des grandes quantités de briques à partir de 1850; les briqueteries y modifièrent considérablement les lieux.

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Le "Barbazan" sur la gauche du chemin entre la rue du Pluvinage et la chapelle "Notre-Dame-des-Champs" et aussi à gauche du chemin qui monte vers les Mervaux.

Cet endroit était un véritable « rond point » de sentiers et chemins; y aboutissaient, le chemin des Monts Brunehaut, la Grande Carrière, la "piedsente des Veaux", le chemin du Barbazan, le "sentier du Manou" et la "piedsente du Barbazan" venant de Canteleux par le « Risqu’à tout ».  

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Une représentation de la carte Ferraris montrant l'étendue des bois sur la commune de Huissignies (Hunsignies) vers 1760.

Le "bois de Huissignies"s'étendait de Canteleux et partait vers l'ouest à la droite du Chemin de Ligne, jusque la ferme des Quéwettes et jusqu'aux Monts Brunehaut à l'est et la Djef au nord. Il appartenait aux d'Arenberg.

Le "bois de la Rosière"qui s'étendait depuis la ferme de la Grande Rosière jusqu'au delà de la ferme Mon Dieu et recouvrait une partie de l'Autreppe actuel. Il faisait partie de la commune d'Huissignies.

(*) Archives de la ville d'Ath.

Prochaine publication: La Chapelle Notre-Dame-des-Champs et la rue du même nom.

24/12/2013

Le site gallo-romain des Mervaux

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Le champ du site en lisière du bois des Mervaux et à 200 mètres au sud de la ferme Mon Dieu. 

Les premiers vestiges humains retrouvés à Huissignies remontent à l’âge de la pierre polie dite période néolithique (environ 6000 ans avant JC). 

A cette époque, notre région était recouverte d’une immense forêt avec çà et là des clairières habitées par des groupes humains gaulois ou celtiques. Ils choisissaient des points culminants et des versants sud bien abrités des vents. Suivant ces conditions, le site des Mervaux était idéalement localisé.

A cet endroit, Michel Baugnies et une équipe d’archéologues amateurs entreprirent dans les années 1950 une série de fouilles étalées sur plusieurs années. 

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Ils mirent au jour un oppidum, sorte de village défensif, fortifié par un très large et profond fossé (3 mètres de large sur 2 m de profondeur) entouré d’une rangée de pieux plantés sur le rejet intérieur.

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A l'intérieur de ce site de quelques hectares, les fondations d'une villa romaine furent aussi découverts.

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Mise au jour des fondations de la villa romaine

A l’âge du fer (500 ans avant JC), un petit campement fut ajouté à l’extérieur du premier, on y fondait du minerai de fer dans deux bas-fourneaux.  

Le bas fourneau consistait en un trou dans le sol d'environ 30 cm de diamètre, rempli de charbon de bois et de "minerai". On y mettait le feu et au bout d'environ dix heures, on en tirait une loupe incandescente de la taille du poing, grossier mélange de fer plus ou moins réduit et de scories. 

 

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Représentation d'un oppidum

Un ensemble de tombes à incinération fut aussi mis au jour à l'extérieur de l'enceinte de l'oppidum à quelques mètres de la ferme actuelle.

Ce site sera à nouveau occupé plus tard par des exploitations agricoles, ce qui entraîne les premiers défrichements de la forêt et la construction d’un diverticulum, cad une voie romaine secondaire (le chemin des monts Brunehaut) de la chaussée romaine principale Bavay-Blicquy qui passait à Ellignies-Sainte-Anne (L'actuelle chaussée Brunehaut). 

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Des éclats de tuile romaine jonchent encore le champ des Mervaux.


Trois photos des trouvailles de notre archéologue amateur sur le site des Mervaux....

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Merci à Delphine pour son aimable assistance à la rédaction de cet article........Rigolant

Et à tous les lecteurs de ce site......

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La rue Marcel Bernard pendant le rude hiver 1981 (Photo d'Ovide Canseliet)

20/12/2013

De Canteleux vers les Quéwettes et les Mervaux...

De Canteleux, pour rejoindre les Quéwettes, il faut prendre le premier chemin à droite vers le petit Canteleux et ensuite emprunter le chemin « de Ligne ».

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Le chemin de Ligne dans les années 1940 (Photo de Vital Coltin)

Cette route ainsi nommée s'explique par le fait que le Seigneur du village de Ligne, le comte Frastré II, s’étant marié avec Jeanne de Condé, fille du Seigneur de Beloeil, a voulu réunir ses domaines de Ligne et de Beloeil par une route directe à travers champs et bois dite « Chemin de Ligne » .

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 Le chemin de Ligne en 2013, dans le fond le Petit Canteleux 

Cette route privée était autrefois bordée de 2 rangées de superbes hêtres d'où son nom populaire de « route à foyaux ». Le débardage des arbres provoqua l’encaissement du chemin, d’où son nom aussi  de « cavée ». 

Les racines béantes de ces grands hêtres centenaires dans le talus et les nombreux terriers creusèrent d’énormes cavités dites « traus à sorcières » car les cris des chouettes qui colonisaient ces lieux, en s'envolant le soir, pouvaient se confondre avec le ricanement cynique de sorcières.....Certes, cet endroit était paraît-il d'une beauté naturelle rare!  

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La ferme des Quéwettes et le Mont Isaac sur la droite

Les « Quéwettes », nous sommes à la ferme et au bois de ce nom; en haut de la montée, au sommet du plateau dit du « Mont  Isaac », à la côte 80, à la limite d’Ellignies Ste-Anne et d’Ormeignies- Autreppe. Le nom de « Quéwettes » signifie queue d’un village... dernière maison du village.

A proximité de la ferme, on doit noter l’existence antérieure d’un imposant monument mégalithique de l’époque celtique: un dolmen formé de 4 pierres droites plantées et recouvertes par une cinquième pierre plate. Etait-ce un tombeau ou un autel de sacrifice? Les restes de ces pierres se trouveraient toujours dispersées dans le bois des Quéwettes..? 

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Le bois des Quéwettes

A côté du bois des Quéwettes, il y a le bois « des Mervaux » dont le nom viendrait de « Mir – Mer » comme mirer, admirer, et de « Vaux » vallée, cela invite donc à admirer la vallée car, nous jouissons ici d’un large panorama sur toute la région, nous sommes en effet à la côte 85. Le site des Mervaux est à l’origine de notre communauté, des fouilles y ont mis au jour, des témoignages des périodes néolithique, celtique et gallo-romaine sur lesquels nous reviendrons.

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La ferme Mon Dieu (ou de Gaille) et le bois des Mervaux à l'arrière.

La « ferme  Mon Dieu » et la ferme de la « Grande Rosière » toute proche à Autreppe étaient propriété de l’Abbaye de Cambron. Ces biens du clergé ayant été confisqués sous la période française (1794-1815), une partie des "bois de la Rosière" fût vendue. Ils furent dérodés, mis en culture et la ferme Mon Dieu construite fut communément appelée « Eul’cees Gaill » (la ferme Gaill)....Pourquoi?...nous l'ignorons!

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Le Bois des Mervaux en automne. 

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A l'intérieur du bois des Mervaux en automne.(Propriété privée!)

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La ferme de la "Grande Rosière" (Autreppe) vue de la ferme Mon Dieu . 

Le bois de la Rosière couvrait tout cet espace jusque début 19ème siècle.

 

Prochaine publication: le site gallo-romain des Mervaux. 

13/12/2013

Canteleux, hameau de Huissignies (3)....Album Photos

En noir et blanc, des photos des années 1940, de Vital Coltin.....

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La ferme Delbecque au printemps 1943.

 

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Les Longs Prés.

 

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Cour de ferme à Canteleux...le jeu avec les oies.

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Le berger de Canteleux, Emile Scotte, dans les Longs Prés et sous la neige.

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Hypolite Cousin (Grand-père de Michel Baugnies) savourant une pipe au coin de son poêle au charbon en 1946 sous le regard attentif de son chien Ketty,... paraît-il le plus grand braconnier de l'histoire de Canteleux.

 

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Emile Scotte, le dernier berger de Huissignies, faisant pâturer ses moutons à l'orangerie du château

Et d'autres photos, plutôt du Petit Canteleux.....

 

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Le petit Canteleux sous la neige.

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Culture de tabac, "étoques"de paille (...dizeau en français) et labourage avec un attelage de vaches. 

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Le repos sur une charretée de paille prête à être engrangée.

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Traite manuelle en fin de journée d'été.

Et deux photos en couleur d'Ovide Canseliet vers 1980

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Oscar Deaspe et ses chevaux; la ferme Delbecque avec son rucher à l'arrière.

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La ferme Delbecque au printemps 1984.

07/12/2013

Canteleux, hameau de Huissignies (2)

 Les Longs Prés

Ce lieu-dit est aujourd'hui le bosquet planté de peupliers traversé par un ruisseau nommé "Rieu Notre-Baie" qui vient d'Ellignies-Sainte-Anne et qui fait limite avec la commune de Huissignies. Ses eaux traversant les Longs Prés étaient autrefois retenues par les éclusettes pour le rouissage du lin et le curoir servait pour blanchir les toiles de lin des tisserands de Canteleux.  

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Le "Rieu Notre-Baie" dans les "Longs Prés" (Photo d'Ovide Canseliet 1983)

Le système d’ éclusettes permettait d’inonder les parties basses de chaque coté du rieu et servait ainsi au rouissage du lin, ce qui facilitait la séparation des fibres textiles du reste de la plante. Plusieurs vestiges des ces anciennes éclusettes subsistaient encore il y a une vingtaine d'années le long du ruisseau: maçonnerie dans les berges, pierres avec rainures dans lesquelles on glissait des planches pour retenir l’eau. Les derniers tisserands connus à Canteleux, appartenaient à la famille Cousin, l’atelier se trouvait au coin du hameau, le curoir se trouvait en avant cour. 

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Eclusette dans "Les longs Prés" (Photo d'Ovide Canseliet 1983)

 En bordure des longs près, partait la piedsente  « du Viau » dite aussi piedsente « des longs près » qui longeait la ferme Delbecque pour aboutir à Robertsart (Ellignies-Ste-Anne)en passant par la ferme dite du « Viau ».

 

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Une ancienne borne, présente aujourd'hui au musée de la vie rurale, avec les lettres AR liées qui désignaient les initiales d’Arenberg, derniers Seigneurs de Huissignies; cette borne limitait les propriétés d’Arenberg et de Ligne.

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La borne d'Arenberg (Photo de Ovide Canseliet 1983)

Le « Vivier Dame Colle », cité dans un acte de 1194  était un petit étang, une réserve de poissons.

1367 : « Record demandé par Jean le Maître contre jean Baudri de la convention faite par ce dernier devant Jean Plateau et Jeanne de Briffeuil, femme de guillaume le Mouton, de payer par moitié les dommages qui pourraient résulter lorsqu’on romprait l’Eclusettte parce que leur preis qu’on dist au vivier dame colle float tous d’aive »

Acte du 28 janvier 1553 (Archives de la ville d’Ath): "Jehan Aliot, brasseur à Ladeuze vend à Maître Antoine Pureur laboureur à Hunchegnies espreis condist de canteleu, tenant à l’éritage de Monseigneur le Comte de Ligne, condist le vivier dame Colle ». 

Ce vivier se transforma ensuite en prairie marécageuse de plusieurs hectares avec une faune et une flore aquatique typique traversée par  le rieu « Notre Baie ». 

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L'arbre borne

C'est un charme vieux de quelques centaines d’années, le « bos troê » qui a élevé en son sein, un frêne déjà plus que centenaire, c’est donc une curiosité naturelle. Le charme, était souvent choisi comme témoin de propriété, c'est-à-dire d’arbre-borne, en raison de sa longévité, celui-ci délimitait à Canteleux, les Seigneuries de Beloeil-Ligne et de Huissignies-d’Arenberg.

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Au centre de la photo, le charme-borne

A partir de Canteleux vers les Quéwettes, s’étendait autrefois, le bois de Canteleux.

Le bois de Canteleux comme le bois d'Husseignies qui s'étendait à partir de la rue des Hauts Doignons étaient propriété de la "terre et seigneurie d'Husseignies"; ils deviendront ensuite propriété du Duc d’Arenberg. Ils ont été défrichés au XVIIIème et dans la première partie du XIX siècle. La déforestation était appelée à cette époque le "dérodage".

30/11/2013

Canteleux, hameau de Huissignies (1)

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Canteleux dans les années 1940 (Photo d'auteur inconnu)

En entrant dans Canteleux sur la droite, le lieu-dit « Le buisson Frangière », qui était autrefois un bocage avec végétation franche très touffue; aujourd'hui ne subsistent que quelques arbrisseaux. Les enfants redoutaient de passer seuls à cet endroit car, comme il était de coutume à l'époque, les ainés colportaient des légendes...en outre subsistait la peur du loup-garou caché dans les buissons....sans oublier d'ajouter que le soir, l'endroit n'était pas éclairé!  

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Sur la droite de la photo, le "Buisson Frangière" et sur la gauche, il y a le « Petit Camp », champ autrefois traversé par le "sentier du Coq", raccourci qui conduisait à Beloeil au moulin (Le Tournebride) et à la brasserie Descamps.

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Mythes et légendes du loup

Canteleux,

Hameau de Huissignies, son nom est déjà cité en latin en 1194 : « Cantilupus », ensuite on trouve canteleup, Canteleur, Quanteleux et Canteleu en 1391 (Les communes de l’arrondissement d’Ath par G Decamp).

Un acte de 1668 cite "terre au loup", un autre stipule "terre du leu". Le souvenir du loup survit dans quelques localités dans le Hainaut et aussi en France.

Canteleux, chante loup ou camp de loups… ? 

L’ancienne forêt qui englobait le bois de Canteleux était un excellent refuge pour ces carnassiers, les derniers y auraient été exterminés en 1805. Les anciens au 20ème siècle ont maintes fois conté les souvenirs qu’évoquaient leurs aïeux à propos d'un carnage que les loups auraient fait dans le troupeau de moutons de Jacques Chevalier à la fin du 18ème siècle. Disaient ils, parfois même, ils allaient jusqu’à déterrer des cadavres de moutons enfouis dans la prairie « Dame Colle ». 

Canteleux, appartenait à la commune de Ladeuze jusqu'en 1837, année de la démarcation cadastrale, et devint alors hameau de Huissignies. 

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Photo de Canteleux (Ovide Canseliet 1983)

 

Canteleux et le plan Popp de 1850

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N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
9 et 10 Maison /Jardin Quertinier Marie Léocard épouse Cauvin Charles,Cultivateur
11/8a Jardin/Bien Rural idem + Baugnies François Cultivateur
7b/6b/12b Maison /Jardin/Verger Quertinier François Cultivateur
6a/7a/12a Maison /Jardin/Verger Quertinier Edouard Cultivateur
4a/5b/12d Maison /Jardin/Verger Quertinier Jean Baptiste Cultivateur
5a/4b Maison/Jardin Quertinier Adrien Joseph Cultivateur
1/2 et 3 Maison /Jardin/Terre Chevalier Louis Cultivateur
143/144/145/146 Maison /Jardin/Verger/Terre Duquenne Aimé, Jean Bapt et Jean Jacques Cultivateurs
140/141/142 Maison /Maison/Jardin Degauquier Pierre Joseph Cultivateur
139/138a Jardin/Verger  
     

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Canteleux aujourd'hui

27/11/2013

Circuit 1 / La Rue du Pluvinage et le plan Popp de 1850

 

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La rue du Pluvinage début des années 1900 (Auteur inconnu)  

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La rue du Pluvinage aussi nommée "Grand chemin de Basècles à Ath" sur le plan Popp

 (Pour agrandir l'extrait du plan Popp ci-dessus, sauvez le dans "Vos images" et puis zoomez)

Section B   A gauche de la rue direction Canteleux
202 /199 Maison /Jardin Massy Fidèle Tisserand et Brassart François Cultivateur 
201 / 200a Maison /Jardin Baugnies Jean Baptiste Ouvrier
197a / 198a Maison /Jardin Labie - Baugnies François Ouvrier
196a / 194b Maison /Jardin Labie Pierre Joseph Ouvrier
195b bis / 195b Maison /Jardin Labie Joseph, le jeune, Ouvrier
195a bis / 195a Maison /Jardin Labie Jules dit Blond Ouvrier
192c / 192b Maison /Jardin Noirez François Tisserand
191a /  190 Pré / terre Gosselin Marie-Claire Religieuse à Leuze
189a / 190a Maison /Jardin Delavallée Narcisse Bourrelier
186a/187/188a Maison /Jardin/Verger Soudan Floribane Vve dath François Magloire Cultivateur
185/177/178 Maison /Jardin/Terre Trufin Joséphine ép Degauquier Désiré Cultivateur
184/179/176 Maison /Jardin/Terre Trufin Henriette, ép Dupont François Clerc de notaire
182a/180a/175 Maison /Jardin/Terre Paul François Abraham Secrétaire communal 
173/174 Terre/Terre  
169/172 jardin/Bien Rural Martin Joséphine fille de Clément
171/170/168 Maison /Jardin/Terre Picron Pierre Jos Cultivateur
163a/164a Maison/Verger Barbieux Désiré Sabotier Villers-Notre-Dame
156a/161a/160a Maison/Jardin/Verger Barbieux Adolphe et consorts héritiers Sabotier
157a/158c Verger/Verger Cambier Désiré Cultivateur
155/154/153 Maison/Jardin/Verger Cambier Désiré Cultivateur
150b/151/152a Maison/Jardin/Verger Legrand Aurélie Veuve Carlier Joachim Cultivateur
150c Bien Rural  
149/148/147 Maison/Jardin/Verger Cauvain Charron
134/135/136 Maison/Jardin/Verger Fontaine-Degauquier Jean Baptiste Cultivateur
Section C   A droite de la rue direction Canteleux
580a/579a/578 Maison/Jardin/Jardin Boulvin Eloi Maréchal Ferrant
580b Forge  
585 Verger Fontaine Séverin Cultivateur Lieu-Dit "Préau"
589/586/588 Maison/Jardin/Verger Dath Catherine épouse Fontaine François
590/591/592 Maison/Jardin/Verger Bersez François Joseph, Romaine et Auguste Cultivateurs
595/594/593 Maison/Jardin/Verger Aupaix Désiré Cultivateur
596 bis/597 Maison/Jardin Dupriez Joséphine Adolphine et consorts Journaliers
604a/602 Maison/Jardin Renard Badilon Cultivateur
605a/605b/606b Maison/Maison/Jardin Dubois Jean Baptiste et consors Journaliers
607abis/606a/607d Maison/Jardin/Jardin Dubois Joséphine Servante Paris
609a/609b/610 Maison/Maison/Jardin Massy Badilon et autres, Journaliers
612/614/611 Maison/Jardin/Verger Dufrasne Augustin Cultivateur
613/615 Verger/Terre  
617/616/621b Maison/Jardin/Verger Delatour Hypollite Cultivateur
618 Bien Rural  
619/620/621 Maison/Jardin/Verger Quitton Nicole épouse Cousin J. Baptiste Cultivateur
625 Terre Defacqz Julie Palmyre Rentière La Buissière
625 Terre Duquesne Louis et consors Boucher Ladeuze
214c/216a Maison/Jardin Fontaine Vincent Cultivateur
214b/213a Maison/Jardin Fontaine Louis Joseph Cultivateur
209/208/207 Maison/Jardin/Terre Ferme du Risqu'à tout.Carlier Jean Bapt. Cultivateur à Chièvres
   

 

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La cense dite du "Manou".

Entre le "Risqu'à tout" et cet endroit, on avait instauré après les premiers pavages de rue vers 1840, une barrière d'octroi, sorte de péage à charge des transporteurs. Une adjudication annuelle remettait en question l'emplacement du bureau d'octroi.

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La rue du Pluvinage dans les années 1910 (avant l'installation du réseau électrique)....Remarquez les petits tas de fumier au bord du chemin. (Auteur inconnu)

22/11/2013

Circuit 1 / La rue du Pluvinage et le "Risqu'à tout"

  

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La rue du Pluvinage vers 1925; au coin, le "Café Moderne" (auteur inconnu)

Appelée en dialecte: la rue des viaux.

Un acte de 1475 signale déjà la rue du « Puvinage », en 1545, on trouve « gisant au dit Huncegnies en la rue du Pluvinage, tenant à "Jacquemart Le Veau ». Pluvignaige (1556), Pluvinage en 1807.

Puvinage comme pevanage: ce terme désigne un pigeonnier, il dérive du mot wallon pivion, pouvion (Dictionnaire étymologique par A. Carnoy). 

Nous devons aussi considérer qu'avant le 18ème siècle, la forêt recouvrait une grande partie de notre territoire et que sa lisière était proche et parallèle à cette rue et de ce fait un grand nombre de pigeons sauvages envahissait nos premiers champs de culture en ce lieu.

il peut s'agir aussi du pluvier, oiseau migrateur dont le passage aurait influencer le nom de ce lieu.

Mais d'où vient le nom de « rue des Viaux » ? Le nom de Leveau subsistera jusqu’en 1810, il est donc vraisemblable que l’appellation populaire « rue des Veaux » y trouve son origine, d’autant plus que l’une des familles a compté jusqu’à 9 enfants. 

 D’un parcours rectiligne depuis le Trieu, la rue du Pluvinage s’élargit et oblique vers la gauche au coin de la ferme Ed. Laurent, face à l’ancien lieu-dit « Montagne »…. L’élargissement et la courbe sont dus à la présence d’un waréchaix planté qui était drainé par un fossé qui traversait la Couturelle. Ce fossé servait au rouissage du lin.

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« Au « Risqu’à tout » 

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La ferme du "Risqu'à tout" de la famille Labie

Cette dénomination était souvent le nom d’un cabaret isolé, ici c’était bien le cas, ce qui donne à penser qu’il était dangereux de s’engager au-delà à cause d’un bois ou d’un chemin creux dangereux. Au delà du "Risqu'à tout", on s'engageait dans la forêt de Huissignies et on se risquait à tout, notamment au danger que représentaient les loups affamés. 

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                                        Photo insolite d'auteur inconnu vers 1933.

 Marcel Labie figure sur cette photo tirée à la ferme du Risqu'à tout. Remarquez le pâturage libre du bétail...le moindre carré d'herbes était exploité à cette époque.

14/11/2013

Circuit 1 / La rue des Huées

 

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La rue des Huées 

C’est la rue en ceinture du Trieu, qui fût aussi appelée « Carrière Basile » car elle donnait accès à la ferme Basile Delhaye, située sur le jardin de l’école.

On pourrait comprendre Huées d’abord dans le sens de « Wès », un passage à gué dans un terrain sujet à inondations ou aussi dans le sens de « haie », ce qui donnerait à penser que le Trieu était clos par une haie.

Petite anecdote, à cet endroit se situait le cabaret « Didie », c’est ainsi que la dimanche 22 juillet 1900, (une semaine après la ducasse de l’Brézette ), les sieurs Joseph Bonte et Victor Cousin dit Oscar Didie, informaient le public qu’ils feront la ducasse « d’el Wait », assurant qu’on trouverait chez eux, de la bonne tarte et des jeux divers.

La piedsente Didie qui part du gîte et qui rejoint la rue Maifrette doit son nom au 20ème siècle au cabaret qui se trouvait au coin de la rue et de la piedsente. En 1850, sur le plan Popp, cette piedsente se nomme "Piedsente d'Olivier" du nom d'un autre riverain à cette piedsente. 

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 La rue des Huées sur le plan Popp de 1850 

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  • 242 (maison), 243 (jardin), 244a (verger) appartiennent à Cauvin Isidore, cultivateur.

       La photo ci-dessous,c'est l'endroit du lieu-dit "Paradis Viairain" qui sera associé à une légende prétendant qu'un trésor y était enterré..on parlera tantôt de "viau d'or" et tantôt de "viau d'airain". Cette légende hantait nos ancêtres qui profondément naïfs feront des fouilles pour retrouver ce trésor...sans succès bien sûr!

On peut encore apercevoir la base en béton de la perche verticale du tir à l'arc de la société Saint-martin.

  (L'airain est un terme vieilli pour désigner un alliage de cuivreOn retrouve l’airain dans la mythologie grecque et dans les pays nordiques. Le terme est aussi utilisé dans la Bible et dans le registre poétique).

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                                                       Endroit dit du "Paradis Viairain"

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Felix et Richard LORPHEVRE lors d’un tir à l’arc au "Paradis Viairin". (Collection Alain Fagnot)

  • 212 (jardon), 213 (maison) 211a (verger) appartiennent jusqu'en 1850 à Gosselin Domitien, bourgmestre et brasseur; appartiendront ensuite à sa fille Gosselin Marie-Claire, religieuse de St François de Sales et ensuite Soeur Supérieure Générale de la congrégation. (C'est le gîte du Ruiclot aujourd'hui)
  • 207 (maison), 208a (maison), 208b (maison), 209a (maison), 210 (jardin) appartiennent à la commune.
  • 206 (maison), 204a (jardin), 203a (maison) appartiennent à Duquesne Désiré, journalier.
  • 199 (jardin), 202 (maison) appartiennent à Massy Fidèle tisserand et à Brassart François cultivateur.
  • 215 (maison), 216 (jardin) appartiennent à Brassart veuve Napoléon, boulanger à St Josse-ten-Noode.
  • 217c (Bien rural), 217d (jardin), 218a (maison) appartiennent à Broquet Ferdinand cultivateur.
  • 218a (maison), 217c (jardin) appartiennent à Cousin François ouvrier.
  • 218a bis (maison), 217b (jardin) appartiennent à Bracquegnies Adolphe, maçon....un nom toujours d'actualité à la rue des Huées!!


Le gîte du Ruiclot
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Propriété appartenant aujourd'hui à une personne descendante de la famille Delestray, cette ancienne ferme appartenait à la famille Augustin Gosselin (1735-1798)- Marie Claire Delestray (1750-1816) à la fin du 18ème siècle. (cadastrée 213 sur le plan Popp)

Ils eurent 7 enfants: Stanislas (mon ancêtre) qui épousa Catherine Ghiste originaire de Gondregnies, soeur du curé de Huissignies, Domitien qui fut brasseur et bourgmestre de 1814 à 1849 qui épousa en 1ère noce Catherine Stampe, Marie-Thérèse Stampe en seconde noce et Rosalie Manfroy de Stambruges en 3ème noce, François qui épousa Catherine Marquebreucq de Deux-Acren, Athanase qui épousa Marie-Claire Fontaine de Huissignies, Romaine qui épousa François Duquesne de Huissignies, Nathalie qui épousa Isidore Joseph Bastien de Huissignies, Marie-Agathe qui épousa François Joseph Capelle de Huissignies, Sophie qui épousa Mathieu Saudoyez de Ville Pommeroeul et Monique qui épousa Augustin Trufin de Huissignies.

07/11/2013

Circuit 1 de balade au travers du village / Avant-propos et le Trieu

Avant-Propos

Définition du lieu-dit : Partie d'une commune désignée d'après une particularité topographique ou historique.

Plus concrètement dans notre paysage rural, il s’agira du nom particulier d’une couture, d’un champ ou d’un chemin qui permet de repérer l’endroit dans les conversations, dans les premiers actes écrits et plus tard dans les actes notariés. Ils peuvent aussi être repris sur les cartes.

Le relief, la nature, une situation particulière, un personnage peuvent être à l’origine de ces dénominations.

L’étude linguistique ou historique de ces noms de lieux s’appelle toponymie.


Ce travail s'inspire de recherches effectuées principalement par Michel Baugnies.

Nous reprenons le canevas de présentation des lieux-dit tel qu'il fut utilisé dans le montage audiovisuel qui avait été réalisé en 1986 par "l'Association de la sauvegarde du patrimoine de Huissignies"....à savoir nous balader au travers le village en utilisant 4 circuits différents..... 

Le premier circuit nous conduira du Trieu par la rue des Huées et du Pluvinage vers Canteleux, la ferme des Quéwettes, les Monts Brunehault, la Grande Carrière, les Culots pour revenir au Trieu.

Le Trieu

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Le trieu dans les années 30 (Auteur inconnu)

Actuellement place communale de l’école, le trieu était anciennement la partie marécageuse entre la rue des Huées et la rue du Pluvinage, mais il n’y a pas qu’à Huissignies qu’il y a une place du Trieu, d’où vient cette appellation? C’était une terre en friche, généralement plantée d’arbres, communément appelée dans notre patois « à t’chié » sur laquelle, chacun avait le droit de laisser paître son bétail.

Signalons que les tilleuls actuels ont été plantés en 1873 pour la somme de 133 francs et 10 centimes.

A l’angle formé par la rue du Pluvinage et la rue Augustin Melsens (anciennement rue du Monceau) était érigé le pilori de la « Terre et Seigneurie de Huissignies »

Qu’est-ce qu’un pilori ?  Celui-ci consistait en une colonne de pierre bleue sur socle avec un carcan et des chaînes, c’était donc un instrument de torture; suivant les délits, on y attachait les condamnés que l’on exposait au public, à la honte et aux reproches des passants, c’était un élément de justice féodale. 

Qu’est devenu ce pilori ? Il aurait été démantelé en 1794, à la période française, au moment où on voulait effacer toute trace de l’ancien régime. Il semblerait qu’une partie du fût ait été utilisée pour remplacer un pilier défaillant au travail de la forge du "Marichaux" (Emile Houx, dernier forgeron du village, décédé dans les années 70).  

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Le trieu début des années 40 (Auteur inconnu)

Le Trieu et la plan Popp de 1850(*)

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 Cadastralement en 1850, la zone du Trieu, bien communal, englobait la zone carrée au centre de l'image ci-dessus considérée jusqu'alors comme un waréchaix qui va laisser place petit à petit à une zone d'habitat.

Bon nombre d' habitations construites en cet endroit l'étaient sur terrain communal et étaient assorties d'un bail de 45 ans .

Voyons la composition de la matrice cadastrale de l'époque:

  • 225 est une zone inculte qui sert de place publique et aussi au "jeu de balle" qui aurait pris naissance en 1805.
  • Les premières écoles récentes étaient bâties sur les parcelles 221 a et 221 bis.
  • 224, la ferme de Basile Delhaye, cultivateur avec le jardin: 222a et une terre en 214. 
  • 219a (jardin) , 220a et 220b (maisons) appartenaient à Domitien Capelle,tisserand
  • 222b (jardin) et 223 (Grange)  appartenaient à Dath Désirée, épouse Avez Georges rentier. 
  • 226a (maison) et 227a (jardin) appartiennent à Fournier Jean Baptiste,ouvrier.
  • 228c (maison), 229a (Atelier) et 228b (jardin) appartiennent à Vilette Albert,maréchal-ferrant....un nom toujours familier au trieu!
  • 230a (maison) appartient à Laurent François,négociant.
  • 234a (maison) et 235a (jardin) appartiennent à Sauvage Jean-Baptiste,journalier.
  • 236b (maison) et 236a (jardin) appartiennent à Fontaine Jean-Baptiste,cultivateur.
  • 239b (maison) et 239a (jardin) appartiennent à Gosselin Marie-Joseph,servante.
  • 241a (bâtiment rural) et 240a (jardin) appartiennent à Becq Pierre Joseph,journalier.
  • 240b (maison) appartient à Becq Joseph. 
  • 535 (maison), 534 (verger), 536 (jardin) et 537 (pré) appartiennent à Jaivenois Xavier cultivateur....cette propriété appartient toujours à la famille Jaivenois.
  • 414 (maison) et 413 (jardin) appartiennent à Brassart Christiane,cabaretière.
  • 415 (maison) et 416 (jardin) appartiennent à Dath désirée épouse Avez Charles,rentier.
  • 418a (maison) et 417b (jardin) appartiennent à Renard Veuve François, tisserand.
  • 419 (pré) et 422 (terre) appartiennent à Smits Julien, médecin à Bruxelles.

    (*) Les plans Popp, sont d'anciennes lithographies, réalisées par Monsieur Popp entre 1842 et 1879, pour les communes des provinces du Hainaut et de Liège.
    Chaque plan Popp reprend l'ensemble de la commune à l'échelle 1/5000 - avec des développements pour le centre ou les hameaux éventuels à l'échelle 1/2500, faisant mention des chemins, sentiers, cours d'eau, etc. 
    Ils reprennent aussi bien sûr les emplacements des châteaux, moulins ou autres curiosités et, naturellement, toutes les parcelles bâties ou non avec leurs limites précises.. 

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