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01/03/2014

Des Haud'Oignons vers la Djeffe et les Goulouffes....

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La Djeffe (direction Blicquy) n'avait rien à envier aux célèbres pavés du nord.(Photo de Michel Baugnies fin des années 60) 

Le Caillois,

Le petit Caillois, couture 1546 et le grand Cailloit, couture 1524.

C’est la couture qui s’étend à la droite de la Dieffe en direction d’Autreppe. Ce nom vient des cailloux qui jonchent ces terres car, en sous-sol à faible profondeur on trouve une veine rocheuse calcareuse fossilifère; cette même veine apparaissant presque à fleur de sol au lieu dit "Trô del Roc" à Ladeuze (Près du cimetière de Ladeuze).

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Le champ des Caillois à droite en montant la Djeffe

Dans la partie supérieure, à une altitude de 76 m, la couture du Caillois a parfois porté le nom de « couture de Glais, » tenant au chemin de Husseignies à Blicquy (acte du 3 mai 1554, Archives de la ville d'Ath).

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La terre à cochons en la couture du Caillois

On relève aussi dans les archives: 1555, La terre à cauchons (cochons) en la couture du Cailloix, qui était une glandée en bordure de la forêt...les glands appartenant à la seigneurie étaient probablement revendus comme nourriture pour les cochons.

La Djeffe

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La Djeffe vers Huissignies; à gauche La couture Les Caillois (Photo de Michel Baugnies des années 60)

Route qui mène vers Blicquy et qui est restée en mauvais pavés et difficilement carrossable jusqu'en 1974. Son nom issu du vieux français serait synonyme de "glay", son sous-sol est constitué d'une épaisse couche de terre glaise imperméable, propice à la poterie et déjà exploitée pendant la préhistoire et la période gallo-romaine puisqu'on y a retrouvé des objets de ces époques.

Les piedsentes oubliées

 

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Deux sentiers traversaient la couture du Caillois: la piedsente d’Ath partait de la ferme Nottez directement vers Ormeignies, elle constituait la voie essentielle pour les piétons et cyclistes se rendant à Ath.

Quant à la piedsente du Caillois, elle partait du même point pour rejoindre Autreppe par les Goulouffes.

Le Bois de la Rosière

couvrait la partie au delà du Caillois jusque dans le village d'Autreppe et jusque la ferme de la Rosière; la carte Ferraris et le plan Popp (noté Bois de Husseignies) nous le montrent très bien, en 1830 il occupait encore 84 ha, en 1850 il ne subsistait plus que 66 ha.Bois Huiss.jpg

Le comte du Hainaut cèdera cette forêt à l'abbaye de Cambron au 12ème siècle; de succession en succession, elle deviendra propriété des ducs d'Arenberg qui en seront d'ailleurs les derniers propriétaires de l'ancien régime jusqu'à la déforestation progressive durant le 18ème, déforestation qui sera terminera moitié du 19ème avec la vente au fur et à mesure des parcelles aux agriculteurs.  

Les Goulouffes 

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Le lieu-dit "Les Goulouffes" aujourd'hui traversé par le TGV, le bois Lafosse, et la ferme du même nom à l'arrière.

C’est une brusque dépression au nord de notre commune, le versant nord boisé forme le bois Lafosse, dernier vestige du bois de la Rosière.

Cette cuvette a été complètement comblée pour permettre le passage du TGV. La source qui jaillissait aux flancs des Goulouffes a donné pas mal de soucis aux ingénieurs lors de la réalisation de ces travaux, ils avaient beau lui imposer un trajet, elle rejaillissait ailleurs.

Cette source portait un nom poétique « La fontaine au lait buré », ce nom lui avait été donné car en période caniculaire, les fermiers venaient s'approvisionner en eau fraîche de la source pour refroidir le lait dans la fabrication du beurre. 

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 Les Goulouffes début des années 1980 (Photo de Ovide Canseliet)

La ferme Lafosse,

Elle faisait partie d'un ensemble de trois fermes que l’Abbaye de Cambron possédait sur Ormeignies-Autreppe sous le nom de « Seigneurie de la Rosière ». De cette ancienne seigneurie ne subsistent que les fermes de la « Grande Rosière » et de la « Petite Rosière », la troisième dite « Cense des Goulouffes » disparue était établie aux environs de la ferme Lafosse. Un acte de 1330, cite Jacques de la Fosse, mayeur de Husseignies.  

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La ferme Lafosse dite aussi ferme des Goulouffes, sur le territoire d'Ormeignies.

Le Rieu Sauveur

 En 1383,"rieu du Sauvée"; en 1594 et 1644,"rieu du Saulveur". En langue romane "salvarium", réservoir à poissons. 

 

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 Le Rieu Sauveur passe en dessous du TGV et coule vers Ladeuze.

Il prend sa source derrière le TGV et va se jetter dans la Hunelle entre Ladeuze et Tongre-Notre-Dame; il constitue la limite entre Huissignies et Ormeignies.

"Sur la terre de Tiripré arrosée par le rieu sauveur, les colons romains se faisaient creuser à proximité de la villa romaine un étang dans lequel ils élevaient des poissons pour leur usage personnel. Ce réservoir qu'ils dénommaient "salvarium", traduit et altéré par "sauveur" a transmis son nom au ruisseau qui l'alimentait". (Abbé Demeuldre; Histoire de Ladeuze).

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Une dernière photo de la Djeffe de jadis......

 

22/02/2014

La Rue des Haud'Oignons

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Notre mystérieux "Haut Donjon" au centre de ce dessin naïf de la fin du 16ème siècle qui donna son nom à la rue des Haud'Oignons.(Album de Croÿ)

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Rue des Haud'Oignons, nom déformé de rue du Haut Donjon comme on le retrouve vers 1502 dans les textes: rue du Donjon et rue du Haut Donjon en 1716 .

Au XIIème siècle, notre région faisait partie d’une zone tampon entre la Flandre et le Hainaut qu’on appelait Burbant. En 1136, cette région est rattachée au Hainaut et la frontière Nord est fortifiée avec la Tour Burbant à Ath, la maison-forte d’Irchonwelz, notre maison forte et notre donjon qui devait occuper une position stratégique. Puisque nous sommes dans un fief du comte du Hainaut, le dit Haut Donjon était donc inféodé à celui-ci. On trouve dans les archives: Castellum; Ruelle du Hainault 1595 ruelle menant au Bas Trieux. 

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Endroit présumé du "Haut Donjon" (Derrière maison Delphine Miroir)

L'endroit présumé par Michel Baugnies, se trouverait à l'arrière des maisons Delphine Miroir et de Suzanne Duquesne....pour d'autres, plutôt sur les hauts de la rue en dessous du château d'eau (1659 Couture du Haut Donjon)....en tout cas, les cartes aériennes ne révèlent aucune trace visible de vestige ancien...le mystère reste complet car en plus les archives contiennent très peu de renseignements qui permettraient de la localiser avec précision.Déçu! Les présomptions de Michel découlent d'actes anciens et aussi de pierres bien taillées retrouvées dans le sous-sol de cet endroit. Il semble que sa démolition ait été effectuée au 17ème siècle et les matériaux récupérés pour l'extension de notre maison-forte, le château dit Malaise....??  

La ruelle du Bon Dieu,

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La "ruelle du Bon Dieu" et au fond l'ancienne "Ferme du Bon Dieu" (Photo d'Ovide Canseliet 1980)

La carte Ferraris révèle que la rue était une drève plantée d’arbres depuis le lieu-dit « Coucou » jusqu’en haut de la Dieffe, vraisemblablement des chênes. Le premier de ces chênes à l'angle de la ruelle et de la rue portait un Christ, de là l’explication de la ruelle dite "du Bon Dieu", et aussi l'explication du nom de l'ancienne ferme qui se trouve au fond de la ruelle "La ferme du Bon Dieu » (...Maurice du Bon Dieu, Suzanne du Bon Dieu)! Aux limites des villages, on y trouvait très souvent une croix. On trouve dans les archives en 1701: Chemin du chêne au Dieu .

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Le chêne au Dieu (Représentation) 

 Les Coucous 

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Lieu-dit "Les Coucous"

Le Coucou, c’était l’enseigne que portait le cabaret tenu par Eloi-Joseph Jaivenois en 1850, on retrouvait assez fréquemment cette appellation pour un cabaret situé à l’orée d’un bois; en ce qui nous concerne, l’ancien bois de Huissignies qui commençait à cet endroit et couvrait l'espace jusqu'au sein du village d'Autreppe. En 1836, c’était aussi une barrière d'octroi pour la perception du droit de chausséage (= Péage à charge des transporteurs).

La maison de l'aveugle, la piedsente de l'aveugle et la piedsente de Tiripré

Au fond de la ruelle de Tiripré, la ferme Locreille fut d'abord une forge, appartenant à François Coulon, dit « l’aveugle ». La piedsente dite de " l’aveugle" passait à proximité, elle partait de la prairie jouxtant la ferme Degauquier et parallèlement à la rue des Haud’Oignons rejoignait la ruelle du moulin à vent.

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La ferme Locreille au fond de la ruelle de Tiripré (Photo de Ovide Canseliet 1980)

La piedsente de Tiripré partait des Coucous pour rejoindre le lieu-dit Tiripré aujourd'hui sur le territoire de Ladeuze. 

La mauvaise voie

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C'était l’ancien sentier qui partait des Coucous pour aboutir à la ferme Jaivenois aux Culots, le remembrement en a fait un chemin bétonné rectiligne. Cette ancienne piedsente devait son nom probablement à la praticabilité difficile due à la présence du Fossé Piquet sur le bas. Dans les archives de la ville d'Ath: La Planque Haynin, ponton sur le Fossé Piquet (1535); la Ruelle Bannum 1598. 

La ruelle du moulin

 

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La ruelle du Moulin avec Eloi Boulvin,  dernier Maréchal-Ferrant du village (Photo de Ovide Canseliet 1980)

Cette ruelle déjà évoquée précédemment qui reliait la Grande Carrière au moulin à vent aboutissait à cet endroit en la rue des Haud'Oignons.

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C’est en la maison Caroche qu’une boulangerie s’établit au début du XIX ème siècle et en hiver, le fournil servait de salle d’école. (Photo d'Ovide Canseliet 1980)

 

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Les vestiges de l'ancien cabaret et dernière maison de la rue que l'on nommait « Au Gueux ». 

 

La rue des Haud 'Oignons et le plan Popp

 

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Section C (à gauche direction Autreppe)
N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
489b bis/489c bis/488a Maison/Maison/Jardin Nopenaire-Duquesne Maximilien, Cultivateur
490a/490c Maison/Jardin Duquesne Pierre Joseph, Cabaretier
489/488b/490a Maison/Jardin/Verger Duquesne Pierre Joseph, Cultivateur
483/484/485 Maison/Jardin/Jardin Bonte Désiré, Journalier et consorts
479/480/478 Maison/Jardin/Verger Médart Aimé, journalier et Duquesne Julie ép Dath J Bapt
474/475/476 Maison/Jardin/Verger Dath Jean Bapt dit Triste Henri, Cultivateur
473/472  Maison/Jardin Coulon-Dumoulin Théodore, Cultivateur
467b/467c/467abis Maison/Maison/Maison Duquesne Augustin, Sabotier et héritiers
467a Terre idem
428/429 Maison/Jardin Dequiper Jean-Baptiste, Sabotier
Section A (à droite direction Autreppe)
90/89 Maison/Jardin Thibaut Pierre, Journalier 
87/86/88 Maison/Jardin/Verger Degouys Désiré Joseph, Boulanger (Caroche)
84/85 Maison/Jardin Coulon-Marbaix Joseph, Ouvrier
82/81/83 Maison/Jardin/Jardin Coulon Florent, Journalier
71/70/68 Maison/Jardin/Verger Cousin Pierre Joseph et consorts, Ouvrier
72/73/77 Maison/Jardin/Jardin Cousin Jean Baptiste, Tisserand
69b Maison Limbourg Ghislain, Ouvrier
65/66/67 Maison/Jardin/Verger Duquesne Veuve Jean Baptiste, Cultivateur
64/63/62 Maison/Jardin/Verger Dath François Joseph Veuve et enfants, Cultivateur
56a/56b Maison/Maison Nopenaire Hypolite et Augustin, Cultivateurs
57a/58a Verger/Jardin  
60a/61a/59 Maison/Jardin/Verger Coulon François dit aveugle et héritiers, Journalier
55/54a Maison/Verger Jaivenois Eloi Joseph, Cabaretier (Le Coucou)

Prochaine publication: Des Haud'Oignons vers la Djeffe et les Goulouffes...

15/02/2014

La Rue Ludger Lapoulle, ex Rue des Bas Trieux

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Lieu-dit "Les Bas Trieux", aujourd'hui aménagé en "square".

Les Bas Trieux étaient des waréchaix(*) ou prés communs, terrains en friche appartenant à la commune et dont la location rapportait un droit de"patar" (monnaie ancienne de faible valeur). La commune vendit les waréchaix des Bas Trieux en 1824 pour consolider la trésorerie en vue de la construction de la première école communale.

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Sous la rue des Bas Trieux coule le ruisseau "Le Fossé Piquet" aujourd'hui enfui dans un aqueduc; il était anciennement bordé de parties en friche formées d’étroites bandes de prés. Ces terrains étaient aussi des aisances communales sujettes à inondations où nos manants avaient le droit de vaine pâture pour leur bétail.

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Photo de Ovide Canseliet 1980

A l’entrée de la rue, à l’emplacement du jardin Petit, se trouvaient les Maisons des Veuves, sorte de mini-hospice relevant de l’assistance publique, elles furent détruites vers 1950.

Il n’y avait pas d’autres habitations en ces lieux sur la carte Ferraris en 1770, des endroits bâtis sont repris uniquement au fond des Bas Trieux, vers la droite sur la partie plus élevée à l'abri des débordements du Fossé Piquet.

La "Rue des Bas-Trieux" deviendra "Rue Ludger Lapoulle" en 1919 en hommage à ce soldat natif de cette rue tombé en octobre 1914 dans la sanglante bataille de l'Yzer à Ramscapelle.

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Photo de Ludger Lapoulle en 1914 (Auteur inconnu) 

La ruelle du Moulin à Vent

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Ainsi nommée sur le Plan Popp de 1850, déjà évoquée au départ de la rue des Culots, cette ruelle qui suivait le parcours du diverticulum romain traversait les Bas Trieux, au travers de la propriété Lefebvre (Céss du Mayeur Sidore) en servitude, pour aboutir à la rue des Haud' Oignons au coin de la  maison Boulvin. Elle portera plusieurs noms au cours des temps: Ruelle du Waressay (1533), Ruelle à la Barre (1526), ruelle du Coron (1627).

Le "Paradis des kvaux"

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Cité aux Bas-Trieux en 1540, cet endroit marécageux en bordure du Fossé Piquet était propice à y enterrer les animaux, les chevaux en particulier.

La Piedsente Zante

Du nom de l'ancienne ferme riveraine à cette piedsente, elle relie les fonds des Bas Trieux à la rue des Haud'Oignons en 2 points: au "Coucou" d'une part et la " Ruelle du Moulin" d'autre part.

 

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La Piedsente Zante

La Piedsente des Bas Trieux

Près de la maison Jean Paul, partait la "Piedsente des Bas Trieux", aujourd'hui disparue, ainsi nommée sur le Plan Popp, elle longeait le Fossé-Piquet jusque la maison Pierre Jaivenois et ensuite obliquait pour rejoindre le chemin de Blicquy au-delà de la ferme Degauquier. 

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La Piedsente du Bas-Trieux près de la maison Pierre Jaivenois, aujourd'hui disparue qui reliait en raccourci la rue de l'église à la Djeffe via la Piedsente du Pont Goret. 

La rue des Bas Trieux et le plan Popp de 1850

  

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N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
507/507bis/508 Maison/Maison/Jardin Delcourt Laurent, les héritiers, Journaliers 
516/518/517 Maison/Jardin/Verger Renard Aimé-Joseph, Cultivateur
512/513/511 Maison/Jardin/Verger Lefebvre François, Cultivateur (céss du mayeur Sidore)
514/515a Pépinières Lefebvre François, Cultivateur
463c/463b Maison/Jardin Baugnies-Labie Désiré, ouvrier
461b/462/463a Maison/Jardin/Jardin Labie François, ouvrier
465/464/466 Maison/Jardin/Verger Coulon-Cauchies Hypolyte, cultivateur
460/459/458a Maison/Jardin/Verger Coulon Chrisostome, Rosalie et Henri, Cultivateurs
455a/454a Maison/Jardin Capelle Veuve Nicolas
453a/453b/452 Maison/Maison/Jardin Duquesne Augustin, Cultivateur
520b/519g/521d Maison/Terre/Jardin Miroir Auguste, Tisserand
520a bis/519c Maison/Jardin Waroux Pierre-Joseph, Domestique
522/523/524 Maison/Jardin/Verger Duprez-Devos Veuve et enfants, Leuze

(*) Waréchaix: Les waréchaix appartenaient de droit au seigneur qui percevait un cens de ceux qui en étaient les usagers. Peu à peu, par l'effet de l'évolution qui tendait à affaiblir la puissance seigneurale au profit des communautés, les waréchaix comme les pâturages devinrent de véritables propriétés collectives dont les communautés disposaient en maîtresses quasi-absolues. (Léo Verriest, Le régime seigneurial)   

Prochaine publication: La rue des Haud 'Oignons

08/02/2014

Rue Joseph Lizon (2nde partie)

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La rue du Pont Goret vers 1925

Quelques grafitis taillés dans les grés des anciens bâtiments de la "Ferme Bourdeau » nous rappelent que l'ancienne ferme date du 19ème siècle.....photo ci-dessous.

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Cette partie de la rue montante située sur la droite entre le sentier du Pont Goret et le début de la rue de l'église faisait partie dans l'ancien régime de la Seigneurie d'Hardempont, dépendant elle-même du Chapitre Saint-Pierre de Leuze, mais sous juridiction administrative de Ladeuze. Cette situation perdurera jusque la démarcation cadastrale de 1837, sorte de remembrement des communes. Avant 1837, Les villages n'étaient pas homogènes, ils étaient enclavés de lambeaux de territoire appartenant à diverses seigneuries laïques ou religieuses qui étaient foncières, justicières ou les deux à la fois. La Seigneurie d'Hardempont possédait 3 autres enclaves au sein du territoire de Huissignies: à la rue Augustin Melsens, à la rue de l'église et aussi à la Quemogne. La démarcation cadastrale de 1837 se solda donc par une augmentation de la population de Huissignies au détriment de celle de Ladeuze.

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Le cabaret de l'Hounenne se trouvait à la droite de la grange "1860". A la gauche de la grange: la maison Dupont. (Photo d'Ovide Canseliet 1980) 

Plus loin, nous sommes à l’emplacement de l’ancien cabaret de «L’Hounenne»(chenille en dialecte), lieu de loisir et de rencontre renommé qui avait d'ailleurs sa propre grande ducasse. La cour « Eschabinale » de la Seigneurie d’Hardempont y tenait également séance. Cet établissement était la propriété de Magloire André, cultivateur, mais aussi prestataire de services divers et en plus cabaretier. Les descendants de ce dernier nous ont légué le régistre qui servait de livre des comptes du cabaret et des services divers dont voici un extrait datant de 1730....

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Le moulin d’en Haut, au départ un atelier de charronnage, fut transformé au début du siècle en moulin à farine par la famille Bauwens, il était actionné par une machine à vapeur. Il fut la propriété successive des: de Vroede-Bambois, Vanlierde-Gabriels, Caron-Groothaerd, la dernière exploitation, en mode mineur, fut celle de Vanderauwera en 1971. Le moulin fut ensuite transformé en maison particulière.

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Au Preux (1ère maison sur la droite); le moulin d'en haut, seconde maison sur la droite (Photo d'Ovide Canseliet 1980)

Au Preux. 

Nos régions n'ont pas été épargnées par la lèpre! La Maladrerie et la rue de la Maladrerie, partie de la rue de l’église, sont cités de nombreuses fois dans les actes de 1497 et 1599. Une Maladrerie à l’usage des lépreux d’Hunchenies, occupait le terrain sur lequel se trouve l’ancienne ferme Pierre Anne Duquesne (au coin de la rue) . C’était le chapitre de Leuze qui l’avait fait bâtir sur les terres appartenant à sa Seigneurie. La dernière mention de la présence de lèpre chez nous, est relatée dans les comptes des pauvres en 1594 « don d’un manteau à Jehan de Bruffay, lépreux ». La lèpre était un fléau du moyen-âge et le malheureux malade à l'aspect physique repoussant était exclu socialement, mis à l'écart dans une ladrerie ou maladrerie malgré le faible degré de contagiosité de cette maladie. L’ancien enclos de la maladrerie ou hurée Pierre-Anne, fut détruit lors du pavage de la rue du pont Goret vers 1835.

 La rue du Pont Goret (2ème partie) et le plan Popp de 1850

Section B (Partie droite du Trieu vers la rue des Hauts d'Oignons)
  Au-delà de la piedsente du Pont Goret  
361/362/363 Maison/Jardin/Verger Bourdeau Vital, Cultivateur 
358/359/360 Maison/Jardin/Verger Magloire André, Cultivateur (Cabaret L'Hounenne)
356/357/355 Maison/Jardin/Verger Nopenaire maximilien, Tisserand
353/352/354 Maison/Jardin/Verger Duquesnes Pierre-Louis, Cultivateur

 

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Section C (Partie gauche du Trieu vers la Rue des Hauts d'Oignons)
  Au-delà de la rue Ludger Lapoulle  
507/507 bis/508 Maison/Jardin/Verger Delcourt Laurent, les héritiers, Journaliers
506/505 Maison/Jardin Duquesne François, Cultivateur Mainvault
503/504 Maison/Jardin Nairuez Hypolyte et Augustin, Cultivateurs
502a/501b Maison/Jardin Nairuez Eleuther, Ouvrier Trazegnies
499/500 Maison/Jardin Grard Léocadie Vve Cauchies Jean Baptiste, batelière, Arquennes
498b/495b Maison/Jardin Vandevelde Désiré, Domestique
498a/493c Maison/Jardin André François, Cultivateur
497a/496a/495bis Maison/Jardin/Verger Degauquier Eusèbe-Joseph, Cultivateur
493/494/491/492 Maison/Jardin/Verger/Verger Blervacq Joseph
490d/490c Maison/Jardin Duquesne Pierre-Jpseph et fils, Cabaretiers

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Les maisons dites du "Marquis" aujourd'hui emplacement de la propriété Groyne-Sculier.(Photo de Ovide Canseliet 1980). Le même endroit aujourd'hui, ci-dessous.

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En haut de la rue, La maison Dupont, maison bourgeoise bâtie à la fin du 19ème était propriété d'Edmond Dupont, candidat notaire et clerc de notaire de Maître Dulieu à Beloeil. 

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 Les demoiselles Emma et Isa Dupont et leur mère devant leur demeure vers 1932 (Photo d'auteur inconnu)

 

01/02/2014

La rue Joseph Lizon ou rue du Pont Goret (1)

Reprenons notre promenade dans le village pour un deuxième circuit, à partir du Trieu, mais cette fois, vers le nord par la rue Joseph Lizon, les Hauts d'Oignons vers la Dieffe, le Moulin à vent et la Marcotte par la rue de l’église. 

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La Rue du Pont Goret vers 1902 (Edition Equeter-Lorphèvre) 

La rue Joseph Lizon, anciennement Rue du Pont Goret

Cette rue devait son nom au pont qui recouvre le Fossé Piquet à sa sortie des Bas-Trieux, au niveau du magasin Marilou.

On retrouve ce nom de Pont-Goret avec plusieurs orthographes à partir de 1480....

Aux archives de la ville d’Ath: Acte de 1550 : le « Pont Ghorelz » et de 1561: « Pont Ghoret ».

Goret est le nom d’une très ancienne famille locale dont l’habitation se trouvait à cet endroit; cette famille ayant même donné un mayeur (1479 : Melcior Ghoret, mayeur) et en 1662, "Maximilien Ghoret, brasseur à la rue des Culotz ». On trouve encore vers 1694 : Arnould Goré, Martine Goret, Toussaint Gorêt, Julien Ghoré, Marie Goret.

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 En 1945, la rue changea de dénomination, elle devint rue Joseph Lizon, en souvenir de ce citoyen de Huissignies décédé pendant sa captivité en Allemagne durant la seconde guerre mondiale.

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Au début de cette rue on trouvait le cabaret du Trieu, qu’on  appelait « L’hôtesse ». En 1798, les tenanciers étaient Isidore Bastien, charron, natif de Gages et sa femme Nathalie Gosselin; leur fils Christian devint curé d’Hastières- Lavaux, il se retira à Huissignies en 1878 pour y mourir en 1883.

Diverses quittances nous prouvent que le cabaret servait en même temps de corps de garde, de chambre commune en l’absence de « Maison Communale » et de salle de fêtes.

En 1814:"Sur quittance du sieur Bastien, payé 30 frs pour loyer et entretien de la maison commune". De 1831 à 1834... payé 30 frs chaque année à Nathalie Gosselin, veuve Bastien,... entendu que la commune ne possède pas de maison commune autre qu'une chambre louée à cette fin. 

Le lundi 13 août 1828, à onze heures du matin, à la requête du sieur Nicaise, Maître Roucloux, notaire à la résidence de Chièvres, procèdera à la vente aux enchères publiques de la raspe croissante sur 5 bonniers environ, au bois de la Rosière dit menu bois, coupe ordinaire de 1829,divisé en 20 lots.

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Le café du trieu nommé à l'époque "Café des concerts" à l'occasion de la     représentation de l'opérette "Les Saltimbanques" en 1941.                                   (Collection familiale Alain Fagnot)

Plus tard, la salle des fêtes connaîtra une intense activité théâtrale et musicale avant d’être transformée en maison particulière il y a plus de 20 ans…nous y reviendrons dans une rubrique dédiée aux « Cabarets et salles des fêtes ».

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Le cabaret Schiettecatte, dernier tenancier de cet ancestral débit de boissons et salle des fêtes (Photo d'Ovide Canseliet vers 1980)

La ferme Delestray était une propriété des Ducs d’Arenberg (Plan Popp de 1850),vendue vers 1870 à la famille Delestray-Bastien, et qui fut reconstruite à l’identique en 1875; une poutre réutilisée porte la date de 1760. En 1898, une fabrique de chicorée, actionnée par une machine à vapeur y fut installée. 

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La cour de la Ferme Delestray (Photo de Ovide Canseliet 1980)

 

 Le Plan Popp et la 1ère partie de la rue du Pont Goret

 

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N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
Section B (Partie droite du Trieu vers la rue des Hauts d'Oignons)  
411/410 Maison/Jardin Bastien Modeste Charon (Anc café Schiettecatte)
408 bis /409 Maison/Jardin Duc d'Arenberg (Ferme Delestray)
408a/406a Maison/Verger Degauquier Edouard Joseph, Cultivateur
408b/407a Maison/Terre Trémont Zéphirin et Mixe Joséphine, Ouvriers
395/396/394bis/390 Maison/Verger/Pré/Terre Jonniaux Pierre-Fr.,Marchand de bois (Ferme V. Dath)
403a/4004a/402a/405b/405a Maison/Maison/Jardin/Verger/Jardin Coulon Pierre et Ferdinand, Sabotiers
400c/400d/401a Maison/Jardin/jardin André Louis, Cultivateur
399/398b/397a Maison/Jardin/Verger Dupont Jacques Joseph, Journalier

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Une autre photo de la rue du Pont Goret en 1925 (le petit garçon est Florian Houx)

Section C (Partie gauche du Trieu vers la Rue des Hauts d'Oignons)  
532a/533/531 Maison/Jardin/Verger Degouys Jean Baptiste, Cultivateur
530c/530d/530a Maison/Jardin/Verger Meurant François dit Tanta, Briquetier
528/529/530c/526a Maison/Jardin/Verger Coulon François-Jos. Cult.(Maison Lucien Bernard)
527b/527c/527a Maison/Maison/Pré Meurant François dit Tanta, Briquetier

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La Piedsente du Pont Goret

Dans le bas de la rue, nous sommes sur le fossé Piquet, il a été couvert et coule maintenant dans un aqueduc sous la rue. De cet endroit part la "Piedsente du Pont Goret" ainsi appelée dans le plan Popp; elle joint la rue Joseph Lizon à la rue Marcel Bernard.

En 1834, le secrétaire Abraham Paul paye à Cyrille Legrand et à Jean-Baptiste Battard, tous deux maçons, la somme de 170frs75 pour la reconstruction du pont Goret sur le ruisseau.

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 La Piedsente du Pont Goret vers la Rue Marcel Bernard

 

25/01/2014

Les Culots et l'Brézette

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La rue des Culots en direction de la Grande carrière; au fond à gauche l'ancienne ferme de Pierre Jaivenois dite "Céss du Bergeu"(Photo d'Ovide Canseliet vers 1980)

Les Culots, la première citation de ce lieu remonte à 1577,"les ruelles des Culots", ruelles en cul de sac où, les premières maisons furent construites près du diverticulum en lisière du bois, en fait au "cul du bois".

En 1662, ce lieu est évoqué dans la vente « d’une maison, brasserie, chaudière, cuves et tous hostieux (outils), servant à la brasserie gisant et tenant des deux cotés à la ruelle des Culotz».

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Lieu-Dit "A la Garde de Dieu"

A La Garde de Dieu.

 Lieu-dit situé à l'endroit de la propriété Lefebvre-Deneyer. On trouve dans les archives de la ville d'Ath: 1758: "3 journels appelée pâture dite de la Garde de Dieu à la demoiselle Ducornet de Chièvres" (carte Lebeau); 1762: "Pâture dite de la Garde de Dieu"; en 1850: pâture et ferme appartenant à la veuve Dupres-Devos de Leuze. De la ferme présente sur le plan Popp de 1850, il subsistait jusque dans les années 80, un mur en pierre plate de la hauteur d'une clôture sur lequel y croissaient des fougères.

Il s'agissait probablement d'un alleu cad un bien hérité exempt de tous devoirs féodaux (charges ou redevances), indépendant de tout seigneur laissé donc... "à la garde de Dieu" et ne relevant que de celui-ci.

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La ruelle du moulin vers 1980, à droite "A La Garde de Dieu" (photo de Ovide Canseliet 1980)

La ruelle du moulin,

aujourd'hui section de la rue Ludger Lapoulle, joignait la Grande Carrière au "Moulin à Vent" disparu depuis 1889 et qui était situé à l'emplacement de la ferme dite du "Moulin à Vent", propriété de la famille Labie Elie. Cette ruelle partait de la rue des Culots, la rue Ludger Lapoulle, traversait l'ancienne propriété agricole de la famille Lefebvre (Céss' du Mayeur Sidore) et rejoignait la rue des Hauts d'Oignons au coin de la maison Boulvin. 

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Un bout de la "ruelle du moulin", aujourd'hui section de la rue Ludger Lapoulle.

Le cabaret « à l’Brézette »

 Presqu'au coin de la rue du Pluvinage, cette maison est d'abord une ancienne brasserie "Brasserie Fourmanoir" en 1533 qui sera aussi taverne et cabaret.

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Sur la droite l'emplacement de l'Brézette (Photo de Ovide Canseliet 1980)

Ce sera aussi le berceau de la famille Picron, le "Cabaret de l’Brézette », cité en 1760, a probablement servi de « chambre commune » ou de « maison communale », le cabaretier Augustin Picron, était officier de l’état civil, sous la période française. C’est ici que furent transférés les registres de l’état civil qui avant 1796, étaient tenus, rédigés et conservés par le curé de la paroisse. Le premier maire, Fontaine Luc, en était le plus proche voisin. Le cabaret passera dans la famille Degauquier par le mariage de Degauquier Fabien avec Eugénie Picron, fille de Auguste.  

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L'Brézette aujourd'hui vue de la piedsente dite du Counart

Cent ans plus tard, le cabaret existait toujours et une ducasse y était même instaurée, on a retrouvé dans "Le Journal de Péruwelz" la publicité suivante :

La société des Gais Lurons annonce qu’à l’occasion de la ducasse à l’tarte d’el Brézette, du

15 juillet 1900, les divertissements suivants auront lieu :

                                               À 3 h: Lutte de jeu de balle entre Grosage et Chapelle à Oie.

                                               À 4 h: Lutte du jeu de bricolet.

                                               À 5 h: Mât de cocagne.(*)

                                               À 6 h: Courses aux sacs.

                                               À 6h1/2: Bal à grand orchestre. 

Ajoutons que ce cabaret était le local de l’ancienne société de tir à l’arc « Saint Martin ».

L'endroit donna un surnom à la famille Delzandre: on parlait de Marthe et Jules Brézette, Anne-Marie et Daniel Brézette....logiquement Martine et Alain Brézette...Clin d'œil ???

(*) Le mat de cocagne était une longue perche de +-6 m de hauteur fortement enfoncée dans le sol et enduite de savon noir. Une roue de vélo couronnait le mat, à laquelle pendaient des récompenses comme jambon, saucisses, pains d'épice, pipes..qui excitaient la convoitise des spectateurs. Le concurent portait à la ceinture un sac de suie, cette dernière servant à neutraliser les glissements qui rendaient l'escalade difficile. La foule encourageait les candidats et se moquait des malchanceux.  

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Piedsente du Counart.

Du nom d'une ancienne famille riveraine à ce sentier, elle joint la rue des Culots à la rue Notre-dame-des-Champs et rejoint le cul-de-sac des Culots au niveau de la maison Degouys.  

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La piedsente du Counart vers Notre-Dame-des-Champs  et la ferme Dupriez (Céss du Ptit Homm') Photo de Ovide Canseliet 1980.

La rue des Culots dans le Plan Popp de 1850

 

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N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
548/549b Maison /Verger Degauquier Pierre Joseph,cultiv.(Anc.ferme P Jaivenois)
444/443/442/450 Maison/Jardin/Pré/Jardin Dath Veuve Remy Marchand de lin
448 Maison  Renard Jules Joseph Cultivateur
445/447/451/446 Maison/Jardin/Jardin/Verger Croissiaux Hypolyte Cultivateur
449 Maison Miroir Edouard Elagueur (dit Quédratte)
539/540/546 Maison /Verger/Terre Dath Barthélemy Cultivateur (Anc. Ferme Fauquet)
542/541 Maison/Jardin Labie Télesphore, Cultivateur
543/544 Maison/Jardin Paul Désiré et Jules, cultivateurs
553/552/551/555/545 Maison/Verger/Terre/Bien Rural/Jardin Fontaine Eugénie épouse Nottez Augustin Ladeuze
554/556/550 Maison /Verger/Terre Becqué Jean Rentier Ath
564/562/563a Maison/Jardin/Verger Broquet Jean Baptiste, Cultivateur
565/566 Maison/Jardin Wanberchies François Meunier
571a/570a Maison/Jardin

Battard François Maçon, Battard J Bapt Maçon Ladeuze,

Dagobert Joseph ,Cult. Sirault

571b/570b Maison/Jardin Massy François, Sabotier
573/572/573bis/576 Maison/Jardin/Maison/Bien Rural/ Picron Augustin Cabaretier (Cabaret l'Brézette)
579b/569 Jardin/Pré idem
574/567a/567b/567d Maison/Verger/Jardin/Verger Grard Maturin, Cultivateur
582/583a Maison/Jardin Fontaine Séverin Joseph, Cultivateur

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La rue des Culots aujourd'hui 

Ainsi se termine le 1er circuit des rues et lieux-dit ......

 

Prochaine publication: "Circuit 2"...en commençant par "La rue du Pont Goret" 

18/01/2014

Vers les Culots en venant des champs.....

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La couture de la Barre:

Ce sont les champs et prairies que nous rencontrons en redescendant vers les Culots venant de Notre-Dame-des-Champs en face du Camp Saintin et en bordure du Fossé Piquet. C’est un lieu-dit dont l’appellation se retrouve déjà dans les archives en 1418 "Près à la barre"- 1576 "Couture et ruelle de la Barre".

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La Couture de la Barre à gauche, la ruelle de la Barre et le Camp Saintin à droite.

 La "Ruelle de la Barre"

Est le tronçon du chemin des Culots vers la Grande Carrière. Quant à l'origine de son nom, on peut supposer que cette ancienne voie publique devenait un chemin privé à partir du "Fief Duquesne » au coin de la Grande Carrière et une barrière devait en empêcher l’accès à certains moments. (Fief= bien légué par un seigneur pour services rendus)

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La ruelle de la Barre et les Fourassarts en 1980 (Emplacement actuel de la maison Pierre jaivenois) Photo de Ovide Canseliet

Le Fourasart, 

Se trouvait juste à coté, en 1614, on relève dans les écrits, « le Fourasart dans les prés de la Barre » - en 1665 "Le four Richard dans les près de la Barre". C’était vraisemblablement l’endroit où se trouvait un four à charbon de bois. Ce dernier étant obtenu par carbonisation des bois provenant du déboisement de la forêt proche,...sarts comme essarter signifiant déboiser et brûler.

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Le Fossé Piquet au lieu-dit "Fourassart", face à la maison Pierre Jaivenois.

La Mauvaise Voie. Sera plus largement détaillée dans le contexte de la rue des Hauts d'Oignons. 

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La Couture du Broeucq au coin de la maison Pierre Jaivenois.

La Couture du Broeucq (1537) était un marais entre la rue des Culots et le fossé Piquet juste à côté de la maison Pierre Jaivenois. 

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La couture du Roeulx depuis la Mauvaise Voie en 1980, dans le fond la ferme Degauquier et le chenil anciennement ferme Zaccharie. (Photo de Ovide Canseliet)  

La Couture du Roeulx 

du même nom que la ville du Roeulx. Pour trouver l’origine de ce nom à Huissignies, il faut remonter en 1150, au moment où l’abbaye de Vicoigne (près de Valenciennes), possédait ces terres qu’elle échangea avec le Seigneur de Huissignies, lequel les céda en 1264 aux Seigneurs du Roeulx. Thierry du Roeulx, fils d’Eustache, est d’ailleurs mentionné comme Sire de Huissignies de 1290 à 1295. Nous retrouvons de très nombreuses traces d’obits et messes basses fondées sur ces terres. (obit= commémoration, messe rentée évoluant avec la valeur de l'argent) 

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La couture du Roeulx et la mauvaise voie en 1980. (Photo de Ovide Canseliet).

 

 

11/01/2014

De Notre-Dame-des-Champs vers la Djeffe...

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 Le Bois Quitton, en quittant le site "Notre-Dame-des-Champs, nous ne pouvons ignorer cet ancien bosquet aujourd'hui disparu, si particulier par sa situation perchée et la beauté de son bocage, tant il laissa des souvenirs vivaces dans les mémoires des garçons des années antérieures à 1970.

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Ce qu'il reste du "Bos Quitton" en face de la chapelle (...du nom d'un ancien propriétaire)

Alain Fagnot nous raconte: "Le Bos Quitton fut à maintes reprises le champ de bataille de nos guérillas; il fut aussi le témoin de nos premières cigarettes grillées en cachette et achetées clandestinement chez Louis Titine DéçuPendant les vacances,"l'Bos Quitton" était le lieu de regroupement quotidien, nos insouciants tapages dérangeaient parfois les voisins, à tel enseigne, qu’un jour, nous fûmes surpris que le talus herbeux sur lequel d’habitude nous nous asseyons, avait été recouvert de purin. Il va sans dire que nous étions devenus indésirables en ces lieux".

La Grande Carrière, 

(La Carrière 1570 – La Grande Carrière 1668), est un très ancien chemin forestier dans un premier temps, agraire ensuite, qui part de la Chapelle Notre-Dame-des-Champs vers le nord en direction de la Djeffe. On l'appelait autrefois également le chemin de la Cananelette car conduisant au champ du même nom.

Partant de la courbe de la Grande Carrière, à la limite d’Ormeignies, la piedsente Brassart prolongement de la "Grande Carrière" s’enfonçait autrefois dans le bois de la Rosière en se divisant en 2 sections, l’une rejoignait la Grande Rosière et l’autre, les 4 pavés d’Autreppe. 

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La Grande Carrière, au fond au sud la Rue Notre-Dame-des-Champs.

Le «Camp Saintin»,

déjà signalé dans un acte du 2 juin 1554, on retrouve successivement « Camp Hertain », « Camp Etain ou Stin». C’est la partie située à la droite de la "Grande Carrière" vers les Culots. L’Abbaye d’Ath, dépendant de l’Abbaye Saint-Martin de Tournai, de même que l’église Saint-Martin de Huissignies, percevaient plusieurs rentes sur ce camp,"Camp Saint-Martin" est probablement devenu « Camp Saintin ».

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Photo prise de la Grande Carrière: Le Camp Saintin et dans la fond les premières maisons des Culots. 

La Cananelette,

Le champ de la Cananelette est la couture qui s’étend entre la "grande carrière" et la route de la Djeffe; son nom proviendrait du fait qu’en son milieu, il y avait une large cuvette humide alimentée par le "fossé Picquet", où poussaient roseaux et joncs qu’on appelait vulgairement des cannes.

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Le Champ de la Cananelette; dans le fond les premières maisons de la rue des Haut D'Oignons

Un sentier disparu depuis le remembrement agricole de 1962, venant du Risqu’à tout, coupait "La Cananelette" en diagonale pour aboutir au sommet de la Djeffe au lieu-dit "Sept Journels", c’est pourquoi on l’appelait "Piedsente des 7 journels".

"Les sept journels" (le « Journel » était la superficie qu’un homme "pictait" sur une journée) fut l’objet d’un litige entre le Duc d’Arenberg et la Commune de Husseignies.

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Le blanc bos:

Etait un peuplier blanc situé à la crête de la Djeffe, dernier vestige de la forêt de Huissignies. Le dimanche 14 mai 1967, jour de Pentecôte, un violent orage brisa net notre majestueux blanc bos à une hauteur de 4 m. Au constat de sa chute, on remarqua qu’une main vandale avait quelques jours auparavant bouté le feu à l’intérieur du vieux tronc creux. Décapité, il a ainsi complètement disparu...la solitude l'aura perdu....!

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François Massy moissonnant en 1952 sur les versants de la Djeffe avec le Blanc Bos qui trône en arrière sur les hauts de la Djeffe. (Photo d'Ovide Canseliet)

Le "Blanc Bos" était un arbre dit "borne", repère militaire et cartographique, il avait été l’objet d’une étude du monde colombophile sur l’orientation des pigeons.

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Ce qu'il restait du Blanc Bos vers 1980 (Photo d'Ovide Canseliet)

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On "étoque" au champ de la Cananelette vers 1958 avec dans le fond le majestueux "Blanc Bos". De gauche à droite: Lise Dequiper, l'ancien bourgmestre Albert Jaivenois et Adelson Laventure. (Collection du musée de la vie rurale)

Le Kron Kène:

(Cron Kesne 1554), lieu-dit figurant sur le Plan Popp; c’était un autre arbre borne, situé à gauche de la Djeffe en descendant vers Autreppe, il marquait la limite de notre versant Nord-Ouest, il a lui aussi disparu depuis très longtemps. C'était aussi le dernier vestige du "Bois de la Rosière" qui resta  boisé jusqu'au début du 19ème siècle. 

 

 

04/01/2014

La rue et la chapelle Notre-Dame-des-Champs

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......En 1895, le 24 mars à 2 heures, un salut solennel sera célébré pour la confrérie Notre-Dame-des-Champs.

Notre-Dame-des-Champs 

Est un vocable et un toponyme assez répandu en France et en Belgique. C'est à l'origine un vocable d'édifice culturel chrétien (église, chapelle, oratoire dédié à la Vierge Marie - Notre Dame). L'allusion aux champs est toujours lié au caractère agraire du paysage, au moment de la fondation.

Chez nous, la confrérie Notre-Dame-des-Champs gèrait une dévotion à la Vierge dans le but de lui demander d'intercéder auprès de dame nature pour qu'il y aie "plein de blé sur nos terres" dans l'année courante; les pénuries alimentaires du 19ème siècle avaient laissé des traces et des peurs dans les mémoires.  

A l'origine, notre chapelle Notre-Dame-des-Champs consistait en une simple statuette en bois placée dans une niche et suspendue à l'aubépine plantée à l'angle de la "Grande carrière" et de la "Piedsente des  Veaux", devenue aujourd'hui, "Rue Notre-Dame-des-Champs".

Elle constituait un point d'arrêt de prières lors des rogations.

Les jours des Rogations sont, dans le calendrier liturgique catholique, les trois jours précédant immédiatement l'Ascension. Le mot « Rogation » vient du latin rogare, qui signifie « demander »... « demandez ce que voudrez et cela vous sera accordé » (Jean 15, 7). 

A Huissignies, les rogations qui furent célébrées jusque les années 60 consistaient en une procession dans les champs tôt le matin en s'arrêtant à une chapelle pour y prier, ensuite le curé procédait à une bénédiction des champs.

En 1953, les familles Dupriez et Dubois firent ériger une chapelle maçonnée qui fut aussitôt inaugurée et bénie par l'Abbé Delire, curé de la paroisse.

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Sur cette photo de 1953, figurent au premier rang les enfants suivants: Claude Dupriez, Annie Dubois, Augustin Davister et Nicole Dubois.

Au second rang: Marie Dupriez, l'Abbé Delire et Désirée Dubois.

A propos des rogations, Michel Baugnies nous relate une anecdote qu'il a vécue....

« A l’époque des rogations - en 1936, je pense – le temps était très pluvieux, les chemins de champs toujours en terre à cette époque étaient impraticables tellement ils étaient boueux. A la halte à N.D. des Champs, une vive discussion éclata entre le curé Gallez et le clerc Victor Croissiaux, ce dernier refusant de poursuivre la procession qui empruntait comme d’ordinaire la Grande Carrière embourbée. Chacun restant sur ses positions, le clerc enleva son surplis, le flanqua dans les mains d'un enfant de chœur, rebroussa chemin en mourmonant dans ses dents, accompagné de quelques dames soucieuses de ne pas salir leur robe et leurs souliers; les enfants du catéchisme continuèrent la procession via la Grande Carrière avec le curé.

Nos godasses s’enfonçaient dans la boue et comme beaucoup avaient des sabots, ils restaient collés dans la gadoue, mais nous avons achevé le tour, crottés mais heureux d'avoir vécu un épisode aussi amusant qu'épique....digne de Pagnol! ».

La rue Notre-Dame-des-Champs

Aujourd'hui petite rue qui resta très longtemps un sentier élargi qui se nommait autrefois "Piedsente des Veaux", voie parallèle à la rue du Pluvinage appelée communément "Rue des Veaux". 

A l'origine, cette ruelle était une section du diverticulum romain qui reliait Ellignies-Ste-Anne à Tiripré à Ladeuze.

La section entre la rue du Pluvinage et la chapelle était nommée "Chemin de la Cannelette" dont la portion qui se poursuivait vers les champs sera appelée "Grande Carrière".

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Le chemin de la Cannelette

La "Piedsente des Veaux" sur le plan Popp de 1850

 

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N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
   
623a/624a Maison /Verger Renard François et Joséphine, journaliers
623b/622e/624b Maison/Jardin/Verger Renard Damitien, ouvrier
623c/622f Maison /Jardin Derumier Edouard,Charpentier Ellignies/Ste/Anne
622c/622b Bâtiment Rural/Jardin Dremière Edouard, Cultivateur
509a/598a Maison /Jardin Remacle François
606a bis/606a Maison /Jardin Dubois Joséphine, Servante Paris
559/558/557 Maison/Jardin/Verger Dath Jean-Baptiste dit Triste Henri, cultivateur

Prochaine publication: De Notre-Dame-des-Champs vers La Djeffe....

29/12/2013

Des Mervaux à Notre-Dame-des-Champs....

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En partant de la ferme Mon Dieu vers le village, on laisse sur la gauche la "vallée des Mervaux" qui laisse une vue sur la ferme de la "Grande Rosière" d'Autreppe. Cet espace aujourd'hui en culture était couvert du "Bois de la Rosière"qui fut propriété:

  • du Comte du Hainaut au XIIème siècle, 
  • de l'Abbaye de Cambron qui posséda jusqu'à un quart des terres du village et englobait dans une seigneurie "haute justice" dite de la Rosière les paroisses d'Ormeignies et d'Autreppe,
  • de l'Abbaye de Ghislenghien qui l'avait reçu d'Agnes d'Assignies (Descamps, les communes de l'arrondissement d'Ath), 
  • Enfin, de l'Abbaye de Vicogne près de Valenciennes.

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La vallée des Mervaux au niveau de la ferme Mon Dieu vers le TGV et la Djef.

A ce niveau, il y a 3 lieux-dit: le "Camp de Casteau", le "Dérodé" et le "Haut de l'Enfer" 

L'origine du nom de Camp de Casteau vient simplement du fait que le propriétaire de ces endroits était l'Abbaye de Cambron Casteau. Le Dérodé vient du verbe "déroder"ou défricher la forêt.

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Le lieu-dit "L'Enfer", au fond le village. 

« L’Enfer »,  c’est le nom de la dépression brusque située entre le « Camp de Casteau » et les « Monts Brunehaut ». L'Enfer, nom fréquemment donné en France et en Belgique aux endroits encaissés. Un acte de 1554 cite « des Roelz dites d’Infer », on trouve en 1665, une autre appellation « le Tro de l’Infer »(*). C'est aujourd'hui un ensemble de champs et prairies dans une cuvette parcourue de plusieurs sources qui aboutissaient à « l’pâture Fauquet », verger dans le bas converti en champs depuis une vingtaine d'années.

La "piedsente de l’Enfer"aujourd'hui disparue partait du chemin des Monts Brunehaut à la hauteur de « la Marlière »en direction de la "Grande carrière" pour aboutir ensuite au "sentier des bois blancs" et enfin regagner Autreppe..

Les « Ganaffes » étaient un champ humide sur le haut de Canteleux, tenant aux Monts Brunehaut et à coté « d’eul Pointe de kmise » aujourd’hui, petit bois triangulaire planté de peupliers depuis 1955.

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Le champ de "la Marlière" et le bosquet "Eul Pointe de kmise"; derrière se trouve Canteleux.

Nous avons cité précédemment « la Marlière », c’était un endroit situé au champ des Ganaffes où on extrayait de la marne, sorte de terre calcareuse, qui servait à amender les terres acides. Ce lieu est cité sous la dénomination « Marlière de Saint Ghislain » en 1407, devenue mare et nommée « trô Marlière » en 1663 (*), elle était une halte privilégiée des oies lors de leur migration.

La "Couture des Monts Brunehaut" d’altitude variant entre 70 et 82 m, s’étend sur le versant sud, entre le chemin du même nom et le chemin de Canteleux, tenant d’un coté aux Ganaffes et de l’autre au Barbazan.

Le "chemin des Monts Brunehaut" était un diverticulum, un chemin dérivé de la grande chaussée Romaine qui partait de Bavay, passait par Ellignies, Blicquy pour se diriger vers Gand. A noter que le nom Brunehaut proviendrait du fait que la reine Brunehaut d’Austrasie fit apporter au VI siècle de notables améliorations et prolongements aux chaussées romaines et leur légua ainsi son nom. Le diverticulum qui nous concerne partait de la chaussée romaine à Ellignies Ste Anne, il passait par les Quéwettes, le haut des Mervaux, l’Accostrie, les Monts Brunehaut, le Barbazan, le sentier des Veaux, les Culots, le fond des Bas Trieux, la ruelle du Moulin à vent et le chemin de Tiripré à Ladeuze où il aboutissait; son parcours initial figurait encore sur la carte Ferraris de 1770. On en modifia le parcours après les défrichements début 18ème siècle. Les "Monts Brunehaut" sont signalés en 1554 sous la dénomination « Mont Bruneau » et en 1576 "Champ du montbruneau)(*).

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 Le lieu-dit "Les Monts Brunehaut" (dans le fond et vers le sud: Canteleux)

 « Le Barbazan », est un lieu dit, étrange par son nom dès son origine. On trouve trace de cet endroit dès 1298 sous l’appellation « Couture derrière l’âtre », qui devient « faul  lattre » en 1650 puis « les faulx Barbasant » dès 1708 et finalement "Le Barbazan"en 1850(*). Âtre venant du latin « Âtrium », était le lieu où on faisait le feu, peut être le lieu où on incinérait les damnés de l’église…? C'était aussi le lieu où on y fabriqua des grandes quantités de briques à partir de 1850; les briqueteries y modifièrent considérablement les lieux.

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Le "Barbazan" sur la gauche du chemin entre la rue du Pluvinage et la chapelle "Notre-Dame-des-Champs" et aussi à gauche du chemin qui monte vers les Mervaux.

Cet endroit était un véritable « rond point » de sentiers et chemins; y aboutissaient, le chemin des Monts Brunehaut, la Grande Carrière, la "piedsente des Veaux", le chemin du Barbazan, le "sentier du Manou" et la "piedsente du Barbazan" venant de Canteleux par le « Risqu’à tout ».  

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Une représentation de la carte Ferraris montrant l'étendue des bois sur la commune de Huissignies (Hunsignies) vers 1760.

Le "bois de Huissignies"s'étendait de Canteleux et partait vers l'ouest à la droite du Chemin de Ligne, jusque la ferme des Quéwettes et jusqu'aux Monts Brunehaut à l'est et la Djef au nord. Il appartenait aux d'Arenberg.

Le "bois de la Rosière"qui s'étendait depuis la ferme de la Grande Rosière jusqu'au delà de la ferme Mon Dieu et recouvrait une partie de l'Autreppe actuel. Il faisait partie de la commune d'Huissignies.

(*) Archives de la ville d'Ath.

Prochaine publication: La Chapelle Notre-Dame-des-Champs et la rue du même nom.

24/12/2013

Le site gallo-romain des Mervaux

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Le champ du site en lisière du bois des Mervaux et à 200 mètres au sud de la ferme Mon Dieu. 

Les premiers vestiges humains retrouvés à Huissignies remontent à l’âge de la pierre polie dite période néolithique (environ 6000 ans avant JC). 

A cette époque, notre région était recouverte d’une immense forêt avec çà et là des clairières habitées par des groupes humains gaulois ou celtiques. Ils choisissaient des points culminants et des versants sud bien abrités des vents. Suivant ces conditions, le site des Mervaux était idéalement localisé.

A cet endroit, Michel Baugnies et une équipe d’archéologues amateurs entreprirent dans les années 1950 une série de fouilles étalées sur plusieurs années. 

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Ils mirent au jour un oppidum, sorte de village défensif, fortifié par un très large et profond fossé (3 mètres de large sur 2 m de profondeur) entouré d’une rangée de pieux plantés sur le rejet intérieur.

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A l'intérieur de ce site de quelques hectares, les fondations d'une villa romaine furent aussi découverts.

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Mise au jour des fondations de la villa romaine

A l’âge du fer (500 ans avant JC), un petit campement fut ajouté à l’extérieur du premier, on y fondait du minerai de fer dans deux bas-fourneaux.  

Le bas fourneau consistait en un trou dans le sol d'environ 30 cm de diamètre, rempli de charbon de bois et de "minerai". On y mettait le feu et au bout d'environ dix heures, on en tirait une loupe incandescente de la taille du poing, grossier mélange de fer plus ou moins réduit et de scories. 

 

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Représentation d'un oppidum

Un ensemble de tombes à incinération fut aussi mis au jour à l'extérieur de l'enceinte de l'oppidum à quelques mètres de la ferme actuelle.

Ce site sera à nouveau occupé plus tard par des exploitations agricoles, ce qui entraîne les premiers défrichements de la forêt et la construction d’un diverticulum, cad une voie romaine secondaire (le chemin des monts Brunehaut) de la chaussée romaine principale Bavay-Blicquy qui passait à Ellignies-Sainte-Anne (L'actuelle chaussée Brunehaut). 

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Des éclats de tuile romaine jonchent encore le champ des Mervaux.


Trois photos des trouvailles de notre archéologue amateur sur le site des Mervaux....

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Merci à Delphine pour son aimable assistance à la rédaction de cet article........Rigolant

Et à tous les lecteurs de ce site......

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La rue Marcel Bernard pendant le rude hiver 1981 (Photo d'Ovide Canseliet)

20/12/2013

De Canteleux vers les Quéwettes et les Mervaux...

De Canteleux, pour rejoindre les Quéwettes, il faut prendre le premier chemin à droite vers le petit Canteleux et ensuite emprunter le chemin « de Ligne ».

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Le chemin de Ligne dans les années 1940 (Photo de Vital Coltin)

Cette route ainsi nommée s'explique par le fait que le Seigneur du village de Ligne, le comte Frastré II, s’étant marié avec Jeanne de Condé, fille du Seigneur de Beloeil, a voulu réunir ses domaines de Ligne et de Beloeil par une route directe à travers champs et bois dite « Chemin de Ligne » .

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 Le chemin de Ligne en 2013, dans le fond le Petit Canteleux 

Cette route privée était autrefois bordée de 2 rangées de superbes hêtres d'où son nom populaire de « route à foyaux ». Le débardage des arbres provoqua l’encaissement du chemin, d’où son nom aussi  de « cavée ». 

Les racines béantes de ces grands hêtres centenaires dans le talus et les nombreux terriers creusèrent d’énormes cavités dites « traus à sorcières » car les cris des chouettes qui colonisaient ces lieux, en s'envolant le soir, pouvaient se confondre avec le ricanement cynique de sorcières.....Certes, cet endroit était paraît-il d'une beauté naturelle rare!  

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La ferme des Quéwettes et le Mont Isaac sur la droite

Les « Quéwettes », nous sommes à la ferme et au bois de ce nom; en haut de la montée, au sommet du plateau dit du « Mont  Isaac », à la côte 80, à la limite d’Ellignies Ste-Anne et d’Ormeignies- Autreppe. Le nom de « Quéwettes » signifie queue d’un village... dernière maison du village.

A proximité de la ferme, on doit noter l’existence antérieure d’un imposant monument mégalithique de l’époque celtique: un dolmen formé de 4 pierres droites plantées et recouvertes par une cinquième pierre plate. Etait-ce un tombeau ou un autel de sacrifice? Les restes de ces pierres se trouveraient toujours dispersées dans le bois des Quéwettes..? 

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Le bois des Quéwettes

A côté du bois des Quéwettes, il y a le bois « des Mervaux » dont le nom viendrait de « Mir – Mer » comme mirer, admirer, et de « Vaux » vallée, cela invite donc à admirer la vallée car, nous jouissons ici d’un large panorama sur toute la région, nous sommes en effet à la côte 85. Le site des Mervaux est à l’origine de notre communauté, des fouilles y ont mis au jour, des témoignages des périodes néolithique, celtique et gallo-romaine sur lesquels nous reviendrons.

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La ferme Mon Dieu (ou de Gaille) et le bois des Mervaux à l'arrière.

La « ferme  Mon Dieu » et la ferme de la « Grande Rosière » toute proche à Autreppe étaient propriété de l’Abbaye de Cambron. Ces biens du clergé ayant été confisqués sous la période française (1794-1815), une partie des "bois de la Rosière" fût vendue. Ils furent dérodés, mis en culture et la ferme Mon Dieu construite fut communément appelée « Eul’cees Gaill » (la ferme Gaill)....Pourquoi?...nous l'ignorons!

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Le Bois des Mervaux en automne. 

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A l'intérieur du bois des Mervaux en automne.(Propriété privée!)

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La ferme de la "Grande Rosière" (Autreppe) vue de la ferme Mon Dieu . 

Le bois de la Rosière couvrait tout cet espace jusque début 19ème siècle.

 

Prochaine publication: le site gallo-romain des Mervaux. 

13/12/2013

Canteleux, hameau de Huissignies (3)....Album Photos

En noir et blanc, des photos des années 1940, de Vital Coltin.....

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La ferme Delbecque au printemps 1943.

 

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Les Longs Prés.

 

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Cour de ferme à Canteleux...le jeu avec les oies.

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Le berger de Canteleux, Emile Scotte, dans les Longs Prés et sous la neige.

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Hypolite Cousin (Grand-père de Michel Baugnies) savourant une pipe au coin de son poêle au charbon en 1946 sous le regard attentif de son chien Ketty,... paraît-il le plus grand braconnier de l'histoire de Canteleux.

 

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Emile Scotte, le dernier berger de Huissignies, faisant pâturer ses moutons à l'orangerie du château

Et d'autres photos, plutôt du Petit Canteleux.....

 

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Le petit Canteleux sous la neige.

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Culture de tabac, "étoques"de paille (...dizeau en français) et labourage avec un attelage de vaches. 

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Le repos sur une charretée de paille prête à être engrangée.

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Traite manuelle en fin de journée d'été.

Et deux photos en couleur d'Ovide Canseliet vers 1980

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Oscar Deaspe et ses chevaux; la ferme Delbecque avec son rucher à l'arrière.

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La ferme Delbecque au printemps 1984.

07/12/2013

Canteleux, hameau de Huissignies (2)

 Les Longs Prés

Ce lieu-dit est aujourd'hui le bosquet planté de peupliers traversé par un ruisseau nommé "Rieu Notre-Baie" qui vient d'Ellignies-Sainte-Anne et qui fait limite avec la commune de Huissignies. Ses eaux traversant les Longs Prés étaient autrefois retenues par les éclusettes pour le rouissage du lin et le curoir servait pour blanchir les toiles de lin des tisserands de Canteleux.  

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Le "Rieu Notre-Baie" dans les "Longs Prés" (Photo d'Ovide Canseliet 1983)

Le système d’ éclusettes permettait d’inonder les parties basses de chaque coté du rieu et servait ainsi au rouissage du lin, ce qui facilitait la séparation des fibres textiles du reste de la plante. Plusieurs vestiges des ces anciennes éclusettes subsistaient encore il y a une vingtaine d'années le long du ruisseau: maçonnerie dans les berges, pierres avec rainures dans lesquelles on glissait des planches pour retenir l’eau. Les derniers tisserands connus à Canteleux, appartenaient à la famille Cousin, l’atelier se trouvait au coin du hameau, le curoir se trouvait en avant cour. 

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Eclusette dans "Les longs Prés" (Photo d'Ovide Canseliet 1983)

 En bordure des longs près, partait la piedsente  « du Viau » dite aussi piedsente « des longs près » qui longeait la ferme Delbecque pour aboutir à Robertsart (Ellignies-Ste-Anne)en passant par la ferme dite du « Viau ».

 

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Une ancienne borne, présente aujourd'hui au musée de la vie rurale, avec les lettres AR liées qui désignaient les initiales d’Arenberg, derniers Seigneurs de Huissignies; cette borne limitait les propriétés d’Arenberg et de Ligne.

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La borne d'Arenberg (Photo de Ovide Canseliet 1983)

Le « Vivier Dame Colle », cité dans un acte de 1194  était un petit étang, une réserve de poissons.

1367 : « Record demandé par Jean le Maître contre jean Baudri de la convention faite par ce dernier devant Jean Plateau et Jeanne de Briffeuil, femme de guillaume le Mouton, de payer par moitié les dommages qui pourraient résulter lorsqu’on romprait l’Eclusettte parce que leur preis qu’on dist au vivier dame colle float tous d’aive »

Acte du 28 janvier 1553 (Archives de la ville d’Ath): "Jehan Aliot, brasseur à Ladeuze vend à Maître Antoine Pureur laboureur à Hunchegnies espreis condist de canteleu, tenant à l’éritage de Monseigneur le Comte de Ligne, condist le vivier dame Colle ». 

Ce vivier se transforma ensuite en prairie marécageuse de plusieurs hectares avec une faune et une flore aquatique typique traversée par  le rieu « Notre Baie ». 

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L'arbre borne

C'est un charme vieux de quelques centaines d’années, le « bos troê » qui a élevé en son sein, un frêne déjà plus que centenaire, c’est donc une curiosité naturelle. Le charme, était souvent choisi comme témoin de propriété, c'est-à-dire d’arbre-borne, en raison de sa longévité, celui-ci délimitait à Canteleux, les Seigneuries de Beloeil-Ligne et de Huissignies-d’Arenberg.

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Au centre de la photo, le charme-borne

A partir de Canteleux vers les Quéwettes, s’étendait autrefois, le bois de Canteleux.

Le bois de Canteleux comme le bois d'Husseignies qui s'étendait à partir de la rue des Hauts Doignons étaient propriété de la "terre et seigneurie d'Husseignies"; ils deviendront ensuite propriété du Duc d’Arenberg. Ils ont été défrichés au XVIIIème et dans la première partie du XIX siècle. La déforestation était appelée à cette époque le "dérodage".

30/11/2013

Canteleux, hameau de Huissignies (1)

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Canteleux dans les années 1940 (Photo d'auteur inconnu)

En entrant dans Canteleux sur la droite, le lieu-dit « Le buisson Frangière », qui était autrefois un bocage avec végétation franche très touffue; aujourd'hui ne subsistent que quelques arbrisseaux. Les enfants redoutaient de passer seuls à cet endroit car, comme il était de coutume à l'époque, les ainés colportaient des légendes...en outre subsistait la peur du loup-garou caché dans les buissons....sans oublier d'ajouter que le soir, l'endroit n'était pas éclairé!  

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Sur la droite de la photo, le "Buisson Frangière" et sur la gauche, il y a le « Petit Camp », champ autrefois traversé par le "sentier du Coq", raccourci qui conduisait à Beloeil au moulin (Le Tournebride) et à la brasserie Descamps.

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Mythes et légendes du loup

Canteleux,

Hameau de Huissignies, son nom est déjà cité en latin en 1194 : « Cantilupus », ensuite on trouve canteleup, Canteleur, Quanteleux et Canteleu en 1391 (Les communes de l’arrondissement d’Ath par G Decamp).

Un acte de 1668 cite "terre au loup", un autre stipule "terre du leu". Le souvenir du loup survit dans quelques localités dans le Hainaut et aussi en France.

Canteleux, chante loup ou camp de loups… ? 

L’ancienne forêt qui englobait le bois de Canteleux était un excellent refuge pour ces carnassiers, les derniers y auraient été exterminés en 1805. Les anciens au 20ème siècle ont maintes fois conté les souvenirs qu’évoquaient leurs aïeux à propos d'un carnage que les loups auraient fait dans le troupeau de moutons de Jacques Chevalier à la fin du 18ème siècle. Disaient ils, parfois même, ils allaient jusqu’à déterrer des cadavres de moutons enfouis dans la prairie « Dame Colle ». 

Canteleux, appartenait à la commune de Ladeuze jusqu'en 1837, année de la démarcation cadastrale, et devint alors hameau de Huissignies. 

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Photo de Canteleux (Ovide Canseliet 1983)

 

Canteleux et le plan Popp de 1850

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N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
9 et 10 Maison /Jardin Quertinier Marie Léocard épouse Cauvin Charles,Cultivateur
11/8a Jardin/Bien Rural idem + Baugnies François Cultivateur
7b/6b/12b Maison /Jardin/Verger Quertinier François Cultivateur
6a/7a/12a Maison /Jardin/Verger Quertinier Edouard Cultivateur
4a/5b/12d Maison /Jardin/Verger Quertinier Jean Baptiste Cultivateur
5a/4b Maison/Jardin Quertinier Adrien Joseph Cultivateur
1/2 et 3 Maison /Jardin/Terre Chevalier Louis Cultivateur
143/144/145/146 Maison /Jardin/Verger/Terre Duquenne Aimé, Jean Bapt et Jean Jacques Cultivateurs
140/141/142 Maison /Maison/Jardin Degauquier Pierre Joseph Cultivateur
139/138a Jardin/Verger  
     

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Canteleux aujourd'hui