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30/03/2018

La Cense de la Tourette (1ère partie): Propriété de la noble famille Dessuslesmoustier-Boveckerke

 

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Photo du "Court Tournant" prise au début du 20ème et qui laisse apparaître dans le fond l'imposante "Cense de la Tourette"

Disparue du paysage de la rue de l’église depuis le début des années 70, la cense de la Tourette (appelée aussi dans la langue du village Ferme Bécart) imposait de par son volume et son étendue.

Localisation: elle se situait à l’endroit où ont été bâties les maisons Horlait-Wildeman, Nisolle-Bernard  et Dugauquier-Dath.

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Photo de 1980, sur laquelle apparaîssent encore les murs d'enceinte de la Cense de la Tourette

( Photo de Ovide Canseliet)  

La première vision de cette demeure chargée d’histoire apparaît sur la peinture à la gouache réalisée par Adrien de Montigny vers 1550 et extraite des albums de Croy. Cette vue panoramique du village de Husseignies (en cartouche Heucegney) permet de discerner parfaitement la silhouette de la ferme dont la tourette domine largement au dessus de la toiture.( Juste à côté l'église, à sa gauche)

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Sous la féodalité, cette ferme seigneuriale, juridiction de Ladeuze (Seigneurie d’Hardempont) avec son moulin à vent situé à quelques centaines de mètres, ses terres et ses près, ses aulnaies, constituait un fief important de la seigneurie d’Hardempont, seigneurie secondaire de Husseignies, enclavée dans le dit village. De la tour de guet, le censier pouvait surveiller ses terres et l’ardeur de ses valets qui y travaillaient, de là il pouvait aussi voir tourner son moulin à vent.

Cet important domaine agricole de plus de 30 bonniers (1 bonnier = 1.26 Ha suivant la région) était une ferme en carré, fortifiée avec tourette, muraille d’enclosure, pigeonnier et porche d’entrée avec armoirie en clé de voûte. Bâtie sur 10 journelles (1 journelle = 32 ares) dont 7 journelles 40 verges sont des fiefs relevants de la seigneurie d’Hardempont. Il y avait un fief de l’abbaye de Saint-Ghislain.

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La Cense de la Tourette sur le plan Ferraris (1770)

La ferme a été bâtie par la noble famille d’origine flamande Dessuslesmoustier et connue anciennement sous le nom Bovekercke. Cette famille s’établit au début du XVème siècle dans le comté du Hainaut où elle occupa à partir de ce moment une position distinguée. Dès 1424, elle donne plusieurs échevins à la ville de Mons.

Le porche d’entrée arborait en son cintre le blason de la famille Dessuslesmoustier Boveckerke aujourd’hui conservé par la famille Dugauquier-Dath : Armes d’argent à deux bandes de sable. Cimier : un buste de more tortillé d’argent et habillé aux armes de l’écu. Une annotation en bas du blason rappelle que la famille s'appelait Bovekercke (boven de kerk) qu'elle a traduit par « par-dessus le moutier » (mot ancien désignant l'église paroissiale). La date de 1719 figure aussi en bas du blason et laisse supposer que le porche fut construit à cette date.

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Si on ne connait pas exactement qui fut à l’origine de cette construction, par contre on en connait plus sur la descendance de la noble famille qui occupa en dernier lieu la ferme. Thomas Dessuslesmoutier, Seigneur de Broeucq né le 11 octobre 1682 à Grandmetz épousa Marie Isabelle de Mesnage née à Mons le 22 août 1691; le couple s’établit à la ferme de la Tourette où naquirent leurs 11 enfants (entre 1720 et 1732) dont 9 survivront. Ils naquirent tous à Husseignies et y furent baptisés. Les archives témoignent de l’énergie et du dévouement qu’Isabelle dépensa sans compter pour établir ses enfants honorablement.

Elle sacrifia sa résidence de la Tourette pour permettre à son fils aîné Jacques Antoine de se mettre au service du roi et de lever une compagnie d’infanterie wallonne au service donc des Pays-Bas autrichiens; un noble se mettant au service du roi levait des soldats qu’il devait équiper et payer. Il fut incorporé au 38ème régiment d’infanterie de Ligne pour lequel il devint capitaine major au service impérial et commandant de la ville de Damme de 1760 à 1781. En 1782, après 40 ans de bons et loyaux services militaires, il introduit une demande auprès de l’empereur d’Autiche pour accéder au titre de baron. Il mourut en 1792 à Mons quelque temps après le décès de sa fille Catherine.

Deux autres de ses frères embrassèrent aussi la carrière militaire tandis qu’un autre frère et les sœurs entrèrent en religion ; ces dernières au couvent de Ath.

Après la vente de la ferme et d’une partie du domaine, la veuve Dessuslesmoustier se retire en la ville de Mons.

2 documents à propos de la généalogie des Dessuslesmoustier......

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Prochaine rubrique: L'après Dessuslesmoustier.......