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01/12/2017

La guerre 14-18 (14): L'année 1917 dans notre terroir.....

L’année commence mal, une rumeur insistante évoquant « une prise d’hommes prochaine « court.

Le mercredi 3 janvier, l’ordre est affiché : tous les hommes de 17 à 55 ans doivent se trouver à Grandglise le samedi 6 à 11 heures. Aucune exception n’est admise. Pendant que les femmes préparent les paquets, les hommes recherchent les preuves d’occupation : certificat de travail, feuilles de contributions. Le samedi, tout le long du canal, un triste défilé, les hommes chargés de lourds paquets, les femmes et les enfants les accompagnant. A Grandglise, les hommes reçoivent leur numéro par ordre alphabétique et sont rangés militairement 4 par 4 dans une rue face à la maison communale. Les hommes sont triés entre ceux qui peuvent rester et ceux qui doivent partir. Les déportés iront travailler dans les camps en Allemagne, en France ou même en Belgique. Rien que pour l’entité de Beloeil, près de 1000 citoyens seront déportés, pour la plupart en France près du front. 19 y perdront la vie. Quatre hommes de Huissignies déportés mouront des suites de la déportation (Gaston Ghislain, Jaivenois Oger, Lefèvre Léon, Van Hulle Oscar). Finalement, les déportés mettront toute leur mauvaise volonté possible au travail et les allemands seront forcés de constater l’échec des déportations et permettront aux belges de rentrer chez eux.

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Des batteries allemandes commencent à prendre leur repos chez nous…..le 17 avril, une première batterie de prussiens prenant retraite du front pour se reposer nous arriva. On trouvait mille prétextes pour déclarer nos maisons impropres à l’accueil mais rien n’y fit. Les habitants s’accoutumèrent à leurs hôtes, ils y resteront jusqu’au 8 mai. D’inévitables amitiés parfois même naquirent…. !

Le 21 mai, nos villages deviennent réellement « zone d’étape « donc astreints à un régime de surveillance plus sévère.

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Le 24 mai, des schrappels éclatent au-dessus de Ladeuze. Ils sont lancés  contre 6 avions alliés par des canons allemands installés à Tongre-Notre-Dame. Le 25 mai, c’est une seconde batterie bavaroise qui s’y installe mais elle sera rappelée au front le 1er juin.

Le 13 juin, il faut livrer les objets de cuivre, d’étain, de bronze : chaudrons, casseroles, bouilloires, chandeliers…etc  mais toutes ces pièces seront soigneusement cachées et on ne portera que quelques vieux objets usagés.

Le 18 juillet, une nouvelle batterie saxonne forte de 200 hommes et 150 chevaux vient s’installer mais ils partiront le 2 août. Ensuite, ce sera une batterie prussienne qui viendra aussi s’installer.

Le 16 octobre, un aérostat en dérive s’abîma au Fayt à Ladeuze. Les aéronautes allemands en sortent indemnes.

Le 18 octobre, une batterie saxonne s’installe à Ladeuze. Quelques jours plus tard, ils donnent un concert sur la place du village pour célébrer la victoire de l’Allemagne sur l’Italie. Les villageois qui depuis le début du conflit tentent de garder « une distance patriotique » avec l’occupant ne se rendent pas à ce concert.

Le 1er novembre, le régime d’étape se fait particulièrement sentir : défense de sortir avant 6 heures du matin et après 8 heures du soir sous peine d’amendes.

Le 14 novembre, après la messe, un officier et 4 soldats pénètrent dans l’église pour y réquisitionner des objets, ornements divers….C’est bien triste de devoir perquisitionner dans une église , déclare gêné l’officier.

Le 15 novembre, par décision de l’autorité allemande, le contrôle des hommes de 17 à 50 ans ne se fera plus à Chièvres mais  à la maison communale du village. Il faut s’y rendre à la date et l’heure militaire; il est interdit de fumer, de parler ou gare les amendes.

Pendant le séjour d’une nouvelle batterie prussienne, se fait la livraison des laines de matelas. La salle de ravitaillement est désignée pour recevoir les lots de « flocons de laine » mais les amateurs se font rares, les gens préfèrent continuer à dormir sur des matelas remplis de paille et de foin.

Pour réparer les avions endommagés dans le ciel de France, la 17ème armée allemande installe un champ d’aviation aux environs du lieu-dit « le Lancier » entre Quevaucamps, Stambruges et Grandglise. Trois bosquets ainsi que le bois de Stambruges offrent un camouflage naturel aux hangars et aux troupes de protection. L’effectif dit de l’AFP 17 est composée de 27 officiers et de 128 soldats. Pour loger les  gradés, les plus beaux immeubles de Grandglise sont investis et leurs propriétaires expulsés. Des prisonniers de guerre russes, des déportés civils et des artisans locaux travailleront également à cette base aérienne de guerre improvisée.

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                                           AFP17, hangars, piste et avions. (WW.flieger-album de)

Sources: Histoire de Ladeuze (Abbé Demeuldre), Beloeil à l'heure allemande 1914-1918 (Lieven Malfait), Archives communales de Huissignies.  

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