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29/10/2017

Le parcours de jeunes hochniots durant la 2ème guerre mondiale.....

Ils sacrifièrent 5 ans de leur jeunesse pour résister au nazisme.....

2. Florian Houx

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Voici le discours que prononça Florian à l’amicale des anciens prisonniers de guerre de Huissignies lors du 50ème anniversaire de la libération en 1995….Il relate son parcours de guerre :

Milicien de la classe 1939 au 3ème chasseur à pied de Tournai, 14ème compagnie, canon anti-char je suis entré à la caserne de Tournai un an avant la déclaration de guerre.

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Le  10 mai 1940, à l’entrée de l’armée allemande en Belgique, commencent les mouvements de troupes.

Ma compagnie prend position à Leuze au carrefour de Tourpes, puis retour dans les environs de Tournai et ensuite évolution vers Herent, Geel pour aboutir à Zingen sur les bords de l’Escaut.

C’est là que mon camarade Augustin Melsens de Huissignies et Jean Foucart de Beloeil trouvèrent la mort et ç’est là aussi que je fus fait prisonnier le 20 mai après des bombardements meurtriers par l’artillerie et l’aviation allemandes.

L’aventure ne faisait que commencer et cette aventure durera 5 ans.

D’abord traversée de l’Escaut en embarcation, puis direction Denderleeuw et Brasschaat à pied.

Ensuite, nous embarquons à bord d’un train qui longera la frontière hollandaise pour arriver finalement dans un camp où des milliers de prisonniers s’y trouvent déjà.

De là on repart toujours par train, ou plutôt un vrai convoi de bestiaux, on passe la frontière allemande direction le sud pour arriver au camp de Ludwisburg et on m’attribue le matricule 10.008 Stalag 5A et ensuite stalag 5B.

A partir de là, on nous répartit dans des fermes pour y faire la fenaison.

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Après un certain temps, on effectue une sélection par métier; je me déclare mécanicien et je suis envoyé dans une usine où je travaille sur un tour automatique qui produit des vis. La machine utilise beaucoup d’huile, ce qui provoque sur mes bras une irruption de boutons.

Je suis dès lors envoyé à l’infirmerie et on me choisit un autre travail dans une laiterie dans la ville de Ulm, dans le Bad-Wurtemberg  sur la rive gauche du Danube.

Nous sommes 2 prisonniers pour effectuer un travail très lourd : Nous devions réceptionner les cruches de lait et de crème des petites laiteries, les peser, les vider dans la baratte pour en faire du beurre et ensuite les nettoyer…ce qui revient à manipuler 50.000 litres de lait par jour pour en faire 3000 Kgs de beurre. Ajouter à cela le nettoyage du pasteurisateur et des 2 écrémeuses Alfa-Laval avec un bol énorme, il faut 2 hommes pour la soulever.

On nous permettra de boire du lait …mais en cachette !

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Nous logeons dans un fortin sous terre, un des 12 fortins vestiges de la guerre de Napoléon.

Nous préférons dormir à même le plancher de bois car les paillasses sont remplies de puces.

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Question manger, nous étions au régime de la ratatouille tous les jours; heureusement nous recevions régulièrement des colis de la famille et de la croix-rouge !

Un beau jour, à cause de l’avancée des troupes alliées, les allemands nous obligèrent à fuir en nous couvrant de drapeaux blancs de façon à ce que l’aviation nous repère.

Et enfin, nous rencontrons une jeep américaine qui nous libère et ils nous emmènent à la gare de Stuttgart où nous prenons un train en direction de Chalon-sur-Marne en France.

Pour vous parler de mes rapports avec la population allemande, je vous dirais qu’ils étaient quasi nuls sauf dans le cadre du travail quotidien. Je dirais enfin que j’avais des contacts un peu plus intimes mais néanmoins restés platoniques avec une jeune fille qui travaillait à la laiterie…. !

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