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02/06/2017

Le parcours de jeunes hochniots durant la 2ème guerre mondiale.....

Ils sacrifièrent 5 ans de leur jeunesse pour résister au nazisme.......

1. Marcel Labie (1ère partie)

Le jeudi 1er mars 1939, Marcel Labie est appelé sous les armes à la caserne Rucqoy à Tournai pour y faire son service militaire au 12ème chasseur à pied. Il est désigné pour devenir « Tireur Fusil Mitrailleur ». Quatre autres hochniots connaissent le même sort et l’accompagnent: Willy Croissieaux, André Jaivenois, Gérard Dubuisson et Jules Coulon. L’optimisme n’est pas de mise car la Pologne est déjà en guerre avec l’Allemagne.

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La guerre….

Le vendredi 10 mai 1940, l'Allemagne brise la neutralité de la Belgique et leurs troupes franchissent la frontière….C’est la guerre !

Marcel et ses comparses sont réveillés à 2 heures du matin, ils reçoivent armes et minutions et quittent la caserne 2 heures plus tard; ils se dirigent vers Gaurain-Ramecroix  où ils occuperont une ferme.

La nuit est mouvementée à cause des alertes incessantes, des combats aériens se poursuivront toute la journée, des raids destructeurs sont menés sur Tournai. A 3 heures du matin, la nuit suivante, ils embarquent en train à destination de Ath, Grammont, Alost et à l'entrée de Gand, le train essuye des tirs de mitraillette; les soldats fuient dans la campagne et rejoignent Gand où ils seront logés dans une école.

Le 13 mai, ils regagnent le village de Kieldrecht où ils sont logés dans le salon communal….pendant ce temps, les troupes allemandes progressent au travers de la Belgique. Le peloton de Marcel a pour mission de monter la garde de guet hors du village pour surveiller les avions ennemis.

Le 14 mai, ils voient défiler de nombreuses troupes françaises avec de lourds canons tirés par des chevaux; ces derniers se dirigent vers la Dyle pour y renforcer les troupes belges.Toute la nuit, des bataillons français et de cavalerie défilent avec leurs canons.

Le 15 mai au matin, tout tremble, les allemands se rapprochent, leurs canons tonnent, ils tirent sur des cibles distantes de 35 Km. Sur les routes, c’est un cortège permanent de citoyens qui évacuent et de troupes françaises. Dans l’après-midi le lieutenant décide de quitter et de partir à pied vers Beveren où ils embarqueront à bord d’un train.

A ce moment, le commandement belge s'est probablement résigné; on ne lutte pas à armes égales, les allemands sont bien mieux équipés que les alliés. De nouveaux plans de repli sur la France sont certainement élaborés.

Le train dans lequel ils ont embarqués se dirige le 17 mai vers Bruges, Dixmude, Boulogne et pendant 9 jours, ils se dirigeront vers le sud de la France via Bordeaux et Montpelier. Pendant tout ce temps, le ravitaillement fait défaut et est bien mal organisé.

Le 22 mai, ils débarquent à Avignon et poursuivent leur exode à pied au travers de villages de collines provençales; ils établissent leur camp dans une ferme du village de Saint-Gély.

Le 28 mai, ils sont toujours présents dans ce village; le commandant leur apprend que le roi Léopold III a capitulé, il le qualifie de « traître »; le gouvernement belge se retire vers Londres pour continuer la lutte et le roi est chassé.

Le lendemain, le bataillon est désigné « Bataillon de travailleurs ».

Le 7 mai, la TSF (radio de l’époque) annonce que les troupes belges repliées en France vont monter en ligne.... ce qui les rend inquiets.   

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Abandon et détention….

Le dimanche 9 juin, on les embarque dans un train de marchandise à Pont-Saint-Esprit en direction du nord-est de la France. Ils arriveront à Verdun le lendemain après-midi. Ils partent à pied dans la campagne évacuée, ils logent dans une ferme où ils trouvent de quoi se rassasier, ils y dormiront dans le fenil. A 23 heures, ils entendent les canons tonner. Le lendemain, il y aura des raids aériens sur Verdun.

La nuit du 14 au 15 juin, ils dorment par une nuit froide dans un bois près de Souilly au sud de Verdun. La nuit est rythmée par d’incessants passages d’avions de la DCA qui effectuent des bombardements sur Verdun.

Les 3 compagnies de la caserne tournaisienne marchent toujours ensemble vers Bar-le-Duc et ensuite vers Pierrefitte. Ils croisent des convois de ravitaillement qui montent vers le front et des troupes en retraite qui vont comme eux vers le sud des Ardennes françaises.

Le 15 juin, les gradés disent à la troupe : « Vous êtes libres, faites ce que vous voulez et allez le plus loin possible en direction de la Suisse…. !! » A partir de cet instant, c’est la débandade mais ils restent néanmoins groupés et se dirigent vers Epinal.

A Epinal, ils croisent les allemands qui mitraillent…Marcel sera légèrement blessé au bras droit; il sera soigné par un brave brancardier allemand et ensuite par la Croix Rouge.

Le 20 juin…OUF, la France signe l’armistice avec l’Allemagne ! Les allemands défilent dans la ville d’Epinal, Marcel reçoit une piqûre antitétanique à l’hôpital, les hochniots se retrouvent à la caserne de la même ville où ils peuvent se loger….mais pour se nourrir, c’est le règne de la débrouille !

Le 23 juillet, ils peuvent enfin partir. Ils embarquent à bord d’un train en partance pour Saarbrucke et ensuite direction Cologne.

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Le retour…..

Le train ne passera jamais le Rhin, ils ne sauront jamais pourquoi….toujours est-il que le convoi prendra la direction d’Hasselt où ils passent la nuit dans la gare.

Le 28 juillet, le train repart en direction de Mons et arrive à Jurbise.... le train ralentit….les hochniots en profitent pour sauter en bas du train et faire la belle; ils rejoignent Vaudignies à pied! Un habitant du village, l’oncle d’André Jaivenois les ramènent en voiture à Huissignies….

L’accueil chaleureux à Huissignies….

C’est dimanche et il est 10H30, les cloches sonnent et les paroissiens sortent juste de la messe….c’est l’effervescence. Ils sont entourés et embrassés par la foule en liesse qui en oublie le curé Marquegnies qui célébrait sa première messe….Il faut dire qu’ils étaient les derniers soldats qui rentraient au village; les autres ayant déjà regagné leur foyer depuis belle lurette.

Tout est bien qui finit bien….Marcel peut enfin retrouver sa famille et surtout sa fiancée Rose Dupont…… !!

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A l’endroit où ils furent ramenés à la rue de l’église, la famille Georges Croissiaux-Lorphèvre, parents de Willy Croissiaux, érigèrent une chapelle en 1945 en reconnaissance à Sainte-Rita, à Sainte-Thérèse et à la Sainte-Vierge. 

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Dès le lendemain, Marcel reprend le chemin du travail…à la briqueterie de son oncle Oscar Labie à Ellignies-Sainte-Anne…. !!

             La guerre n'est pas terminée pour autant pour Marcel....suite à la prochaine rubrique.

Source: Mémoires de guerre, Soldat et travailleur déporté (Remémoration de faits saillants des 2280 jours qui gâchèrent six des plus belles années de ma vie) écrit par Marcel Labie.

 

Commentaires

Georges Croissiaux et Maria Lorphèvre étaient mes grands-parents Willy mon oncle qui était coiffeur à Huissignies, merci pour cet article que je ne connaissais pas mon père parlait trop peu de cette époque

Écrit par : croissieaux | 04/06/2017

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