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28/05/2016

Husseignies de 1789 à 1814 (2). L'occupation française: Les biens du clergé sont nationalisés.....

Contexte....

  • La bataille de Jemappes du 6 novembre 1792 : La ferveur révolutionnaire des sans-culottes, déguenillés et équipés de bric et de broc triomphe à la baïonnette des troupes autrichiennes pourtant plus nombreuses. La Belgique se retrouve sous bannière française. Cette victoire donne aux révolutionnaires français le goût de la conquête.
  • La bataille de Neerwinden le 18 mars 1793: les troupes impériales du général Cobourg battent les sans-culottes sous l’ordre de Dumouriez et notre région redevient autrichienne.
  • La bataille de Fleurus le 26 juin 1794 : Au printemps 1794, les révolutionnaires français redressent la tête et reprennent le dessus. Unité, discipline, encadrement, tactique, les soldats de l’an II ont mûri depuis la campagne désespérée de 1792 mais le feu sacré les anime toujours. Au bout de 14 heures de combat, les troupes françaises avec le général Jourdan sortiront de justesse vainqueurs des troupes autrichiennes. Ces dernières abandonnent les Pays-Bas aux français ; ainsi se referme le chapitre autrichien qui aura duré 80 ans.

Conséquences....

Il est difficile de juger au travers des maigres archives quel était l’état d’esprit des husseigniens face à l’envahisseur français.

La disette et la crainte de manquer de subsistance, la généralisation des réquisitions, l’effondrement de la monnaie républicaine, les atteintes au culte dans nos villages si catholiques n’étaient probablement pas de nature à tranquiliser nos ancêtres. Ensuite, la conscription à partir de 1798 viendra encore aggraver la situation. A décharge, la suppression des privilèges féodaux était néanmoins de bonne augure pour nos citoyens. La seigneurie d'Husseignies sous la coupe de la famille d'Arenberg devient obsolète, leurs biens sont mis sous séquestre mais les d'Arenberg restent néanmoins propriétaires.

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Persécution du clergé durant le régime français (Dessin de Geelhant Archives de la ville de Turnhout)

1. Réquisition et enlèvement des cloches dans les communes de l’arrondissement d'Ath, An II.

Situation à Husseignies : 1 grosse cloche, 1 moyenne et 2 petites ; quantité qui existoient dans la commune avant l’enlèvement.

Quantité enlevée : 1 moyenne et 2 petites.

Date des réquisitions : 30 thermidor an III de la république (17 août 1794)

Noms des commissaires qui les ont mis à exécution : Jean-Joseph Botte et Ghislain Legay.

Désignation du dépôt où elles ont été conduites : Mons, reçues par Gaudillot garde magasin le 24 brumaire an III (le 14 novembre 1794)

Remarque : l’église auroit désirée retenir la clochette  avec la grosse cloche pour l’aisance de l’office divin et autres nécessités journalières. Malgré ces raisons, elle n’a pu l’obtenir malgré que plusieurs l’ont obtenu.

Le commissaire Botte et Legay et leurs adjoints venus  enlever les cloches ont employés environ 2 heures a cette besogne et ont resté une journée dans la commune, ont reçu du maire pour salaire 87 livres, outre les dépenses qu’ils ont faites et qu’ils ont laissé à payer aux cabaretiers  et autres, montant à la somme d’environ 101 livres.

Signé: Coulon, Staumont, F Meurant, FJ Meurant, PJ picron, Luc Fontaine, PA Dath

Fait à Husseignies par les maires et municipaux soussignés ce 30 frimaire de l'an III de la république (20 décembre 1794).

Document original:  Enlèvement cloches an III.jpg

  • L’arrêté du 4 thermidor an III (22/07/1795) interdit l’exercise du culte hors des églises. Suivant les termes de la loi, les croix des clochers, christs, madones, petites chapelles dans les façades, les calvaires, tout ce qui avait un rapport avec le culte devrait disparaître. C’est probablement à cette époque que disparaît la croix située au bout de la rue de la Garde à la limite de Ladeuze.

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  • Le 22 nivose de l’an VI, le ministre de la police générale rappelle aux municipalités de canton qu’il est interdit par les lois l’usage du son des cloches qui annonce les cérémonies du culte catholique.

2. La cure de Husseignies construite dans la 2ème partie du XVIIIème siècle est mise en vente ainsi que diverses propriétés.

  • La 1ère séance d’enchères aura lieu le 1er prairial an VII (Mai 1799) : Maison curiale couverte en ardoises, composée de 7 places au rez de chaussée, 2 cabinets à l’étage, avant cour, remise et jardin comprenant 20 verges de terrain, affermée par bail de 3-6-9 ans commencé le 9 pluviose an VI (Janvier 1798) au citoyen Laroche moyennant un rendage annuel de 50 francs, porté à un revenu à l’époque de 1790 de 300 francs et en capital à la somme de 12.000 francs. Frais 57 francs.

La cure sera achetée par Jos Provins d’Ath mais ce dernier n’ayant jamais pu la payer, elle sera restituée à la commune après la période française.

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D’autre part, 10 terres et prairies sur le territoire de la commune appartenant : à l’Abbaye d’Ath, aux Sœurs Grises de Chièvres, à l’Abbaye de Vicogne, à l’Abbaye de St Ghislain, aux Oratoriens de Chièvres, à la fabrique d’église de Tongre-Notre-Dame, au Chapitre de Leuze seront vendues et majoritairement achetées par des fermiers de Husseignies.
 
Dans l’ancien régime, l’Eglise remplissait une série de fonctions sociales que le nouveau pouvoir reprend à son compte. Les actes de naissance, de mariage et de décès étaient régis par l’église, ce que l’on appelait les régistres paroissiaux. Désormais, ils seront régis par l’administration communale et seront nommés les régistres de l’état civil.

Les différents curés de notre commune auront tenu les régistres paroissiaux :

  • de 1678 à 1797 pour les baptêmes.
  • de 1667 à 1797 pour les décès.
  • de 1678 à 1797 pour les mariages.

Voir numérisations (des régistres paroissiaux et état civil) de la commune sur le site des archives de l'état.

3. Arrêt de la construction de l’église

L’ancienne église fut démolie en septembre 1793 et reconstruite aussitôt par ordre et aux frais des abbayes de St-Ghislain et de Vicoigne en qualité de décimateurs ( = Institution écclésiastique à qui revenait le bénéfice de la dîme levée sur une paroisse; et qui en retour devait participer aux frais d'entretien de la paroisse). A l’entrée des troupes françaises en juillet 1794…. »On étoit parvenu aux sous bases des fenêtres dans tout le contour de la dite église du côté du chœur à la hauteur de 20 pieds et 15 pieds du côté des nefs. Les décimateurs privés de leurs biens et en fuite, l’entrepreneur sans payement abandonna les ouvrages et l’église est restée dans le même état jusqu’à présent (1796). Pendant ce temps, on célébroit les offices dans une grange qu’on louoit ; l’année suivante on a pris la résolution de profiter des murailles assez élevées pour empêcher d’y entrer sans échelles en couvrant le chœur et la grande nefd’un toit de paille, élevés dans la dite nefsur piliers en pierre et, fermé dans le contour par un paillasson laissant les petites nefs et les murailles extérieures dans l’état où elles étoient ; la sacristie est couverte de pannes….etc. ».

Ainsi, les offices purent reprendre dans une église semi restaurée jusqu’en 1810. A partir de cette année, avec les accords des autorités, les travaux purent reprendre grâce aux moyens financiers dégagés par la vente de certains terrains de la commune.     

Concordat 2 (Copier).jpg

Soucieux de se concilier la majorité de la population restée attachée à l’église traditionnelle, Napoléon Bonaparte va s’efforcer de normaliser la situation religieuse. Il négocie avec le Pape  Pie VII le concordat le 16 juillet 1801. Napoléon Bonaparte estime que la religion est nécessaire à la stabilité de l'État, mais est aussi partisan d'un nécessaire pluralisme religieux.

Commentaires

Bonjour Jean Noël,

Je suis très intéressé par la reconstruction de l'église qui fut couverte par mon ancêtre Pierre François Picron, aidé de son jeune frère Husmé Joseph. Ils étaient couvreurs en paille, héritiers d'une lignée de couvreur et qui fut suivie (jusqu'à aujourd'hui) par des Picron, couvreurs.
J'ai des précisions relatives à ce travail.
Bien à toi,
Gilbert

Écrit par : PICRON Gilbert | 28/05/2016

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