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02/04/2016

La garde civique et la patrouille de nuit…Un« Partenariat Local de Prévention » efficace, avant la lettre.

La garde civique.

Le principe de sécurité publique n’est pas neuf, il trouve sa source déjà dans l’ancien régime. Chaque village disposait de son corps de garde avec ses gardes qui dépendaient de l’autorité militaire et étaient chargés d’un service d’ordre et de surveillance. Chaque nuit à minuit, les gardes tiraient un coup de feu pour attester leur présence. Ce service fut supprimé en 1790 et ses fonctions furent confiées à la gendarmerie. Le corps de garde de Huissignies se trouvait à la « Rue de la Garde » à l’emplacement de la maison Massy.

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La patrouille de nuit.

Le principe de la garde civique réapparait en 1831 sous la forme de la création d’une patrouille de nuit constituée par le bourgmestre du village qui sera garante de la tranquilité publique. C’est d’ailleurs inscrit dans la Constitution de 1831 (articles 122 et 123).

Elle est composée de citoyens entre 21 et 50 ans, prioritairement les jeunes célibataires et veufs sans enfants, ne faisant pas partie de l’armée. Des dérogations et dispenses de service peuvent être obtenues pour cause de maladies, difformités, mutilations et autres nécessités d'entretenir sa famille…

Domitien Gosselin bourgmestre, en 1831, envoye une lettre au commissaire d’arrondissement d’Ath signifiant qu’il été porté à la connaissance des habitants de Husseignies à l’issue de la messe paroissiale par voie de publication d’une circulaire relative à la constitution d’une patrouille de nuit. 

« Cent dix hommes seront pris parmi les habitants de la commune de Husseignies pour la formation d’une force armée. Cinq hommes sont appelés à tour de rôle pour faire le service nuitamment depuis 6 heures du soir jusqu’au lendemain 6 heures du matin. Il est ordonné à tout un chacun et notamment au brigadier qu’aussitôt que la malveillance se démontrerait soit dans cette commune ou dans une commune voisine de recourir au tocsin (*) et qu’immédiatement après, les 110 hommes composant cette force armée devront se trouver en rassemblement près de l’église pour se diriger ensuite vers l’endroit menacé par la malveillance. Chacun doit être pénétré et convaincu que cette mesure de police n’est prise que pour le maintien du bon ordre garantie réciproque des propriétés et la tranquilité personnelle. Signé « Le Bourgmestre Domitien Gosselin »

(*) Le tocsin est une sonnerie de cloches pour alerter la population d’un danger imminent tel qu'un incendie, une invasion, une catastrophe naturelle, mais aussi pour rassembler la population en urgence. En l’occurrence, il s’agissait des cloches du clocher de l’église. 

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Composition des 22 équipes de surveillance, 4 hommes et un brigadier :

  • André François, chef à Croisiaux Jean Baptise, Meurant Modeste, Andrieux Jean Baptiste dit Cousin, Debay Jean Joseph.
  • Debay Maximilien chef à Meurant Hypolite, Meurant Narcisse, Delmée François, Fouquemberg Edouard.
  • Massart François chef à Quitton François, Stampe Noël, Croisiaux Auguste, Legrand Joseph.
  • Fouquemberg Casimir, chef à Gicart François fils, Stampe François, Legrand Zacharie, Jonniaux Jean Baptiste.
  • Gosselin Stanislas, chef à Gicart père, Stampe Luc, Duquesne Antoine et Charles Leclercq.
  • André Jean-Baptiste chef à Duquesne Noël Anne, Duquesne Jacques Anne, Grenier Jean-Baptiste et André François père.
  • Capelle Badilon, chef à Pottiez Isidore, Duquesne François Auguste, Capelle Isidore et Jouret Joseph.
  • Dufrasne Joseph chef à Dufrasnes François dit Pain, Cauchie Henri , Dufrasne Augustin, Duquesne Jean Jacques.
  • Degauquier Dominique chef à Dufrasne Augustin Simon, Dufrasne Vincent, Duquesne Aimé, Duquesne Joseph.
  • Dath Désiré chef à Dufrasne Pierre, Duquesne Jean-Baptiste, Legrand Edouard, Quitton Jean-Baptiste.
  • Legrand Désiré chef à Cambier Grégoire, Dath Victor, Deltour Hypolite, Duquesne Augustin.
  • Bersez Joseph, chef à Bersez Augustin, Picron Jean-Prince, Dath Hubert, Dath Jean-Baptiste dit Charpentier.
  • Bersez Romain chef à Dath Jean-Baptiste, Dath Vincent, Nopenaire Ferdinand, Fontaine Jean-Baptiste.
  • Dath Barthélémy Joseph chef à Dath Henri Joseph, Degauquier Eleuthère, Croisiaux Louis, Miroir Auguste.
  • Coulon François chef à Coulon Dominique, Coulon Désiré, Stassart Augustin, Duquesne Hector.
  • Coulon Pierre chef à Duquesne Augustin, Jaivenois François, Duquesne Fabien, Coulon Chrisotome.
  • Lefebvre Jean-Baptiste chef à Jaivenois Eloi, Duquesne Florent, Blaivacq Joseph, Miroir Antoine.
  • Grard Augustin chef à Jaivenois Jean-Baptiste, Nopenaire François, Nopenaire Benjamin, Jaivare Jean-Baptiste.
  • Coulon Augustin chef à Nopenaire Isidore, Grard Valentin, Negleputte Jean-Baptiste, Broquet Ferdinand.
  • Negleputte François chef à Bastien Modeste, Destrain Joachim, Coulon Pierre Deffe, Capelle Domitien.
  • Laurent François instituteur chef à Destrain Jean-Baptiste, Capelle François, Fontaine François Xavier, Massy Fidèle.
  • Gosselin Domitien Bourgmestre chef à Degouy Jean-Baptiste, Cauvain Honoré, Gosselin Athanase, Destrain Chrisotome

Ainsi renouvellée la présente liste et fait en double à Husseignies le 11 février 1831.

Documents originaux......

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Patrouille de nuit 4.JPG

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(Collection personnelle JN Gosselin)

En janvier 1835, le bourgmestre répond à une lettre du gouverneur relative à une circulaire émanant du ministre de l’intérieur concernant le service de la patrouille de nuit….

« J’ai l’honneur de vous informer Monsieur le Gouverneur que le service de la patrouille de nuit s’effectue avec zèle et exactitude, et que pour donner plus de loyauté et redoubler de zèle, nous avons donné connaissance aux habitants de cette commune des dites circulaires par voie de publications, à l’effet de leur faire sentir la conséquence de ce service, en leur faisant observer qu’il était de leur devoir de faire le plus grand silence possible lorsqu’ils sont occupés à effectuer leur ronde nuitamment afin de ne pas avertir par le bruit qu’ils pourraient faire les malfaiteurs de leur approche, ce qui donnerait à ces derniers, le temps et les moyens de leur échapper. »

(Archives de la ville d’Ath)

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Lettre au gouv 2.jpg

 

Après l’établissement de la paix avec la Hollande en 1839, la garde civique se désagrège, même si quelques corps de chasseurs se maintiennent comme à Mons et à Liège. La garde civique est mise en situation de non activité, laquelle est confirmée par les lois des 8 mai 1848 et 13 juillet 1853. Quelques-unes subsisteront toutefois, comme à Binche, Charleroi et Mons.

 

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