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30/12/2015

La Maison-forte ou Bastionnet (6)...les transformations au cours du temps

Au XIIIème siècle:

  • Recouvrement en pierre du colombage
  • Au pignon nord, construction de la tour

Au XVIème siècle: Sous les de Lalaing, aménagement du bastionnet en résidence; ce dernier quitte sa fonction de tour de défense.

Au XVIIème siècle, sous la famille d'Arenberg:

 

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Façade ouest de l'extension

 

  • Suppression de la terrée (= monticule).
  • Caves restaurées et voûtées.
  • Le pignon sud du bastionnet est démoli et est remplacé par un mur de réfend.
  • Des communications sont établies à tous les niveaux entre l'ancien bastionnet et les extensions. 
  • La toiture est rénovée à 2 versants appuyée sur les pignons.
  • Une grande pierre aux armes d'Arenberg est placée au dessus de la porte d'entrée, façade ouest. 

 

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  •  L'ancienne porte d'entrée est transformée en fenêtre.
  • Deux nouvelles fenêtres sont percées en façade ouest.
  • Dans la tour, une prison (dite oubliette) est installée plus bas que le niveau des caves; une porte y est placée à un mètre de hauteur de même qu'une grille à barreaux, de sorte que les coupables ne peuvent s'y échapper. La porte était munie de pentures énormes et d'une serrure gigantesque.

 

Vers la prison... (Copier).JPG

  • Dans le haut de la tour, les latrines sont supprimées.
  • L'ancien cellier du bastionnet fait également office de prison, des anneaux d'entrave sont scellés dans voûte, les prisonniers y sont enchaînés. 

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  • La brétèque sur le contrefort est abbatue et une baie y est percée.
  • des douves rectangulaires entourent l'ensemble du château.

Au XVIIIème siècle: construction de l'aile sud est (Ci-dessous).

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Héraldique des armoiries d'Arenberg 

Armoiries d'Arenberg (Copier).JPG

 

De gueules à trois fleurs de néflier d'or percées du champ, l'écu sommé du bonnet ducal du Saint-Empire et supporté à dextre par un lion couronné d'or et à senestre par un griffon couronné d'or. Les armoiries portent le collier de la toison d'or.

Extraits des archives....

15 octobre 1518:..."terre devant la porte de notre bastionnet d'Hussignies..."

3 février 1538: ...."auprès la thour d'icelle ville d'Hunchenies..."

8 janvier 1540: ...."pasture tenant à la maison du seigneur...."

15 mai 1582:...."chemin qui va de la dite kemoigne au chasteau du dit Hunchenies..."

La famille d'Arenberg....

Ils seront seigneurs d'Huissignies jusqu'à la révolution française et resteront propriétaires jusqu'en 1871.

A la mort de Prospère-Louis duc d'Arenberg, le notaire Vandenhouten procède le 7 septembre 1863 au partage de ses biens; le bastionnet revient à la princesse Elisabeth Thérèse Engelberte Leonarda Borghese ou Aldobrandini qui le revend à Florimond Malaise et à ses enfants suivant acte reçu par le notaire Le Tellier d'Ath le 23 février 1871. La princesse est la fille de Marie-Flore d'Arenberg, elle a épousé son Excellence Don Filippo, Prince Lancelloti, propriétaire à Rome. Le moulin à eau et probablement les terres feront aussi partie de l'héritage de la Princesse italienne acté à Ath la même date. 

Les différents châtelains ou baillis

Les divers seigneurs n'ont jamais résidés à Huissignies, ils avaient pour les remplacer un châtelain qui étaient leur bailli, greffier ou receveur.

Voici quelques uns de ces châtelains:

Jacques Daix, Bailly de la terre d'Huncegnies (Actes de 1548-1551)

Robert de Hauport résidant au château d'Huissignies (Actes du 15 mai 1582 et du 10 novembre 1616)

Fin décembre 1693, Mr Trympont, Bailly de la terre et seigneurie d'Husseignies meurt au château.

1803-1804-1806: Athanase Pennincq, originaire de Tournai, célibataire, maire d'Husseignies habite le château; il y décèdera en 1806 âgé de 62 ans.

Jean Baptiste Brison, Bailly de la terre et village d'Husseignies.. 

Quelle était le rôle du bailli...?

Il était donc le représentant du seigneur surtout en ce qui concerne la surveillance du village et l'administration de la justice. Il était en quelque sorte le seigneur sans en avoir les titres.

  • Il nommait et révoquait le mayeur, les échevins (ou les conseillers communaux), le sergent (garde-champêtre ou policier de quartier aujourd'hui), les messiers (gardiens des récoltes).
  • Il contrôlait et approuvait les comptes du massard (receveur communal), ainsi que ceux du mambour (receveur aussi) des pauvres et de l'église.
  • Il présidait les réunions de la cour féodale.
  • Il était également le receveur des droits seigneuriaux: revenus, taxes et amendes, reliefs et dénombrement des fiefs.
  • Il avait aussi dans ses attributions les affaires de haute justice; il était président de la cour féodale où l'on s'occupait des affaires criminelles, des délits divers et contraventions. 

 Les autres propriétaires après les d'Arenberg....

A partir de 1871: Florimond Malaise, riche commerçant de Beloeil.

En 1877: les enfants de Florimont Malaise.

En 1905: Le doyen Michaux de Beloeil

En 1907: Honoré Dumest, éleveur.

En 1909: Henri Houx

En 1938: Robert Houx

En 1961: Sylva Houx

En 1962: Jean-Marie Legros, restaurateur à Tertre.

A partir de 1964: la famille Detrain de Beloeil qui fera procéder à la restauration.

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12/12/2015

La guerre 14-18 (12) / L'année 1915 chez nous

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Après une année 1914 tragique, les premiers jours 1915 se passent dans le calme; la vie économique reprend de jour en jour.

De temps en temps, un petit incident vient troubler cet état de choses.

Le 10 janvier. Un chef allemand accompagné de quelques subalternes descend à la maison communale où les attendent les jeunes gens des classes 1914, 1915 et 1916. Ordre est donné de signer un engagement de ne pas faire pacte avec les alliés en cas de recul allemand. Chacun s’exécute puisqu’il le faut. L’ennuyeux est qu’il faudra se présenter à Chièvres tous les 15 jours, pour le contrôle.

Le 19 janvier: Réquisition des noyers (gautiers en wallon) . Ceux-ci sont condamnés. Qu’en feront l’ennemi ? Certains prétendent des crosses de fusil. Quoiqu’il en soit, la bêche et la hache commencent l’œuvre de destruction. Déjà un bon nombre d’arbres sont étendus sur le sol, quand arrive l’ordre d’arrêter.

Dès les premiers contacts avec la population, l'armée allemande réquisitionne tous les vivres possibles. Avoine pour les chevaux, viande ou bière, les soldats font main-basse sur tout ce qu'ile peuvent trouver. Les communes doivent fournir d'inombrables denrées pour les forces allemandes.

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Les prisonniers : Les familles reçoivent rarement de leurs nouvelles, leur situation est lamentable. Se forment des comités de secours à l’initiative de quelques jeunes qui s’en vont frapper aux portes et touchent les cœurs de nos villageois. Ils reçoivent partout un généreux accueil. Ils enverront tous les 15 jours un colis de 6 Kgs de vivres. Un comité central qui a son siège à Mons, rue Lamir centralisera la confection et l’envoi des collis. Les prisonniers recevront ainsi régulièrement un supplément bien nécessaire sur la ration ordinaire, ce qui leur procure en même temps la consolation de savoir que dans la petite Patrie, il en est qui partagent leurs peines. Ces envois se feront de façon ininterrompue jusqu’en janvier 1917, date à laquelle l’autorité allemande interdit tout rapport avec les prisonniers.

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Les semaines, les mois s’écoulent sans évènement notable.

 

Sources: Histoire de Ladeuze de l'Abbé Demeuldre / Beloeil à l'heure allemande 1914-1918 (Expo et document n°4 ASPB.