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20/06/2015

La Maison-Forte ou Bastionnet (4): la tour et la herse

 

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La tour 

Au pignon nord, est accolée une sorte de tour de plan semi-elliptique dont la construction  aurait suivi de peu celle du bastionnet. 

On y pénétrait à l'époque par une porte percée dans le pignon à hauteur de la cave.

 

numérisation0005 (Copier) (2).jpg(René Sansen)

 

Dans sa hauteur, la tour était coupée par un premier niveau correspondant au carrelage de l’étage. 

Cette seconde partie de la tour servait de lieu de retraite, d’aisance aménagée après coup. Le conduit se vidangeait par des sorties inférieures maçonnées et démaçonnées suivant les nécessités qui aboutissaient dans un puits perdu. 

Au dessus du lieu d’aisance, se trouvait un colombier dans lequel on aboutissait en passant par le grenier du bastionnet.

Le colombier était inséparable de tout ensemble appelé à être défendu.

Que ce soit un château, une abbaye ou une ferme-forte, chacun avait son colombier soigneusement organisé pour prévenir les alliés d’un danger et leur demander aide. C’était pour l’époque le seul moyen rapide et sûr de communiquer en quelques minutes avec les châteaux voisins. 

Conclusion :

Colombier dans sa partie haute, "lieu d'aisance" plus bas....cette tour avait pour mission essentielle d’être un observatoire.

Il se peut que le bas ait servi de prison plus tard...après avoir mis hors d’usage le lieu d’aisance du 1er étage !!

 

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Photo intérieure actuelle de la tour

Le système défensif: la herse 

Le premier élément défensif d’un château qui se présentait à l’assaillant était le pont-levis ou la herse. 

Ce bâtiment n’était pas isolé de son environnement par un mur d’enceinte mais par des douves. 

La porte d’entrée se trouvait sur la façade ouest à un niveau supérieur de plus d’un mètre du sol ; on l’a transformée en fenêtre. 

Un fléau intérieur et d’énormes verrous renforçaient l’entrée et à l’extérieur de celle-ci la herse coulissante rendait l’entrée inviolable comme l’explique René Sansen.  

Celui-ci a pu identifier la façon avec laquelle la herse  était actionnée.   

Le remaniement des pierres au-dessus de la fenêtre a d’abord attiré son attention ; ensuite en enlevant quelques pierres, il a mis à jour une cavité verticale qui se prolongeait par la fenêtre du dessus jusqu’au grenier.

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Il avait donc par cette recherche put identifier la glissière totale de la herse actionnée par une corde de traction tirée à partir du grenier. 

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Le passage de la corde dans le linteau de la petite fenêtre est toujours visible aujourd'hui.

Au temps de l’étude de René Sansen (vers 1963), les vestiges du mécanisme de la herse étaient encore présents.

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 Reproduction du mécanisme de la herse selon René Sansen

Des ferrailles ayant supporté un rouleau étaient encore cloués dans les chevrons (C) ; Ce rouleau ayant servi à dévier la corde vers un moulinet à bras tournant (B). le tambour de ce moulinet se trouvait encore là ; A chaque extrémité de ce tambour étaient fixézs des bras en croix permettant à 2 hommes de lever le lourd encadrement en bois constituant la herse.  

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Une herse sur un autre site médiéval 

Sources: La maison-forte de Huissignies de René Sansen; Le bastionnet d'Huissignies de Charles Dens; Thèse de doctorat de Michel de Waha, Châteaux et chevaliers au Moyen-Age en Hainaut (Collectif du Crédit Communal de Belgique).  

 Suite sur la maison-forte à la prochaine rubrique.....

 

 

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