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29/11/2014

La guerre 14-18 (9) / Les jeunes hochniots dans l'enfer des combats / Georges Fauvaux

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Photos Collection famille Fauvaux

Georges Fauvaux , né à Callenelle en 1884, instituteur de Huissignies en 1914, faisait partie de ces brancardiers de 14-18 qui étaient essentiellement réservistes « dispensés du service en temps de paix ».

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 Georges en haut à droite lors de sa mobilisation en août 1914 à Lierre.

Séminaristes, prêtres ou instituteurs, ils furent mobilisés pour constituer l'effectif des colonnes d'ambulances. 

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 Mais les brancardiers n'ont pas que des tâches d'assistance médicale . Parce qu'ils sont souvent très scolarisés, ils rendent d'éminents services à leurs compagnons d'infortune dont beaucoup sont illettrés. 

Les mois du cantonnement étaient longs; le service même des tranchées n'exigeait pas une égale tension dans tous les secteurs; la lecture était, pour beaucoup, le meilleur passe-temps. Mais il fallait des livres. Les brancardiers aidèrent les aumôniers à créer de nombreuses bibliothèques.

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 La salle de lecture dans un barraquement à Wulpen près de Furnes.

Plus encore que les livres, les journaux faisaient la joie des soldats. Les brancardiers prenaient les abonnements et se chargeaient de la distribution. Chaque jour, et parfois au péril de leur vie, ils allaient jusqu'aux avant-postes porter aux sentinelles la feuille impatiemment désirée.

Les hôpitaux permanents du front et les ambulances

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 Georges dans son tablier blanc de soignant à l'hôpital permanent de Wulpen près de Furnes en 1915

L'abandon d'Anvers, le retrait sur l'Yzer eurent comme conséquence que tous les blessés du front devaient être traités d'abord dans des hôpitaux permanents à proximité du front avant d'être évacués vers la région côtière.  

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Dès novembre 1914, grâce à l'initiative du Dr Depage, la Croix Rouge installa à La Panne "l'hôpital de l'Océan" qui contint plus de 800 lits. Ensuite, un autre à Adinkerke dans la Villa Cabour près duquel s'agglomèrèrent de nombreux baraquements. A Vinckem, on installa également un hôtpital de 1500 lits.

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 Le Roi Albert 1er à gauche (...et le général Jacques?) le long de la digue à La Panne (Photo prise par Georges Fauvaux)

L'hôpital militaire belge de Calais

En 1915 furent créés à Calais et dans la banlieue une série d'établissements qui constituèrent la base sanitaire. Au début 1916, 18 hôpitaux et ambulances étaient en activité dans cette ville.

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Georges,2ème à partir de la gauche aux côtés de 2 militaires français du 43ème Régiment d'Infanterie Coloniale et de militaires anglais en 1916 à Calais.

L'hôpital militaire belge de Calais, appelé aussi de la porte de Gravelines ou encore du Petit Courgain fut édifié en 1915. De 36 baraques, il passa à 54 pavillons soit 1.500 lits. C'était un très gros hôpital médico-chirurgical qui hospitalisa 25.000 hommes de 1916 à 1918.

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Georges à gauche en compagnie d'un aumônier (en col blanc sous la veste), d'un autre brancardier et d'un médecin.

Les piquets de 2ème ligne..photos prises par Georges Fauvaux à Oostkerke près de Dixmude...

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Une zone de piquet de 2ème et 3ème ligne à Oostkerke en 1916

Un roulement s’instaure entre les jours passés en première ligne (3-4 jours), le piquet en deuxième ligne (3-4 jours) et le repos dans un cantonnement à l’arrière (aussi 3-4 jours). Ce repos est rythmé de travaux divers, de manoeuvres et d’inspections. Mais il permet aussi aux soldats de se distraire, de se laver, d’ajouter un supplément à leurs rations, de visiter des amis. 

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 Le nombre de jours se distribue différemment suivant l’époque, le secteur selon qu’il est calme ou agité, l’imminence de combats ou non. Les soldats déménagent constamment, avec tout leur barda, sans jamais rien laisser derrière eux, puisque d’autres occupent la place libérée. Tous les trois à six mois, les soldats bénéficient d’un grand congé, de deux à quatre semaines.

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    Georges Fauvaux avec ses classes de l'école communale de Huissignies en 1919 arborant un panneau de gratitude envers la ville de Sparta aux Etats-Unis qui a fourni pendant la guerre des vêtements aux enfants des écoles du village.

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Georges épousa Célina (dite Adèle) Massart de Huissignies avec qui il eut 5 
enfants: Emile, Julienne, Nathalie, Georges et Jean-Marie (Jurbise) et 4 petits-
enfants: Victor (décédé) et Marie-Ange (Australie), Georges (Huissignies) et
Véronique (Jurbise) .
Il habitait au N° 35 de la rue de l'église.
Il fut un instituteur remarquable qui marqua de nombreuses générations d'enfants 
du village de
1895 à 1945.
 
Il décèdera le 13 juillet 1958, il est enterré au cimetière de Huissignies.

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15/11/2014

La guerre 14-18 (8) / Les jeunes hochniots dans l'enfer des combats / Gaston Vilette

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Gaston Vilette naquit le 16 décembre 1893 à Husseignies de l'union de Désiré, maréchal-ferrant résidant au trieu et de Haubourdin Antoinette également du village.

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Gaston qui exerce le métier de maréchal-ferrant avec son père est appelé en service le 15 septembre 1913 au 1er Régiment d'Artllerie à Gand.

En août 1914, il fait partie de la 4ème brigade mixte / 9ème bataillon.

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Photos et documents de la collection Famille de Bernard Vilette

 Il sera blessé au bras d'un éclat d'obus dans la défense d'Anvers à Rumst la nuit du 30 septembre au 1er octobre 1914. Il reçoit l'ordre de regagner en train la gare centrale d'Anvers pour être évacué vers un centre de revalidation. En cours de route, le train est bombardé et après moultes péripéties il aboutira à pied via Knocke, Dixmude, Dunkerque au dépot de la 1ère Division d'Artillerie d'Offekerque près de Calais en France.

Il y est soigné dans une maison privée durant un mois et il reçoit ensuite l'ordre de regagner le front à pied dans son régiment d'origine qui s'est replié au front de l'Yzer à Ramscapelle. 

Il entame la bataille de l'Yzer le 12 novembre 1914. 

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 Oostkerke Mai 1916 / Gaston est en bas à droite

A partir de juillet 1915, notre armée se réorganise, se remet en état, renforce sa position principale sur l'Yzer et marque une recrudescence de travaux: renforcement des abris des tranchées, on bétonne et on blinde les caves servant d'abris. 

Le régiment d'artillerie sera mis à l'honneur pour tous les travaux exécutés partout et surtout de nuit et jusque les postes les plus avancés, pour renforcer et améliorer la légendaire position de l'Yzer.

Il prend place à Oostkerke près de kaaskerke dans une des 4 lignes de défense le long de l'Yzer .

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Oostkerke Juillet 2016

En 1916, l'artillerie reçoit des mortiers de tranchée, une batterie anti-aéronefs et des batteries d'obusiers légers. Le 1er Régiment occupe le lieu-dit "La ferme franco belge" toujours à Oostkerke, à l'ouest de la ligne de chemin de fer "Dixmude-Nieuport" .

Ils prendront part à l’offensive libératrice  par la forêt d’Houthulst et les hauteurs de Clercken, pour se trouver, à l’armistice, aux portes de Gand.

Gaston sera gratifié de plusieurs distinctions: la Médaille Militaire de 2ème Classe, la Croix de Guerre, Médaille de la Victoire, la Médaille Commémorative, la Croix du Feu et sera élevé Chevalier de l'ordre de Léopold II et Chevalier de l'Ordre de la Couronne.

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La blessure traitée avec retard avec les moyens de l'époque provoquera une invalidité qui lui empêchera de reprendre la profession de maréchal-ferrant par la suite. 

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Gaston épousera en 1921 Warniez Denise de Huissignies. Ils s'établirent au N° 54 de la Rue de l'église (maison contiguë à la boucherie du Court Tournant), ils eurent un fils Bernard qui deviendra plus tard bourgmestre de Lanquesaint et ensuite 5 petits enfants. Il était le frère d'Albert Vilette, un des derniers maréchal-ferrant de Huissignies, et donc aussi l'oncle de Lutgard et Josée Vilette. Devenu veuf, en seconde noce, il mariera Julia Latour. Il exerça la profession d'électro-mécanicien notamment à la firme Cambier d'Ath.

Il décède le 14 avril 1965 et est enterré au cimetière de Huissignies.

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Gaston, sa 1ère épouse Warniez Denise et leur fils Bernard vers 1940

Cette rubrique fut réalisée grâce aux documents et photos transmises par les petits-enfants de Gaston. 

01/11/2014

La guerre 14-18 (7) /Des jeunes hochniots dans l'enfer des combats / Debeaumont Léopold dit Georges

Léopold est né le 1 septembre 1888 à Ladeuze  au n° 11 de la rue des Hauts Arbres, fils de Debeaumont Eugène et de Polard Alodie Marie tous deux nés à Harchies. Sa mère Alodie était garde-barrière à la gare de Huissignies.

Léopold Debeaumont étant le 7ème d'une lignée de 7 garçons consécutifs, il a donc eu le privilège d'être le filleul de sa majesté le roi Léopold II et il reçut le prénom du roi. Toutefois, à Huissignies, il se faisait appeler Georges.

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 Il reçut à cette occasion une médaille honorifique ainsi qu’un brevet de l’association nationale des filleuls de SM Léopold II. 

Il fit son école primaire à l’école des frères à Ath et apprit le métier de menuisier-ébéniste à l’école industrielle d'Ath.

Le 22 septembre 1908 alors âgé de 20 ans, il entre au service militaire au régiment des GrenadiersIl avait pourtant tiré un bon numéro au tirage au sort mais un jeune homme plus riche qui avait tiré un mauvais numéro lui rachète ses deux années de service militaire. 

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Léopold dans sa tenue militaire de campagne, modèle 1870 (Photos Collection Frédéric Cornillie)

Démobilisé, il se marie en 1912 avec Marthe Carlier et de leur union naquit le 26/6/1913 leur fille unique Georgette Debeaumont.

Le 4 août 1914 il est rappelé dans son régiment d'origine le 2ème bataillon de garde des Grenadiers .

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Pendant la première partie de la guerre, les deux régiments de grenadiers prirent part à toutes les sorties d’Anvers et combattirent vaillamment à Hofstade, Elewijt, Molen, Werchter, Opdorp et St-Amand. 

Repliés sur l’Yser, du 21 au 30 octobre 1914, ils se battirent sans répit et dans des conditions épouvantables à Tervaete, à Schoorbakke, à Stuyvekenskerke, au Groot Beverdijck et à Pervyse. 

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Jusqu’en février 1915, les grenadiers continrent l’ennemi devant Dixmude. 

Reconstitué à quatre bataillons grâce aux recrues, aux volontaires et aux blessés guéris, le régiment releva les Français aux tranchées de Steenstraete de mars à juillet 1915. C’est dans ce secteur que les grenadiers subirent le 22 avril la première attaque allemande par gaz asphyxiants et que, résistant pendant plusieurs jours aux attaques furieuses de l’ennemi, ils arrêtèrent complètement son offensive, l’empêchant ainsi de violer notre front de combat.  

Après Steenstraete et jusqu’à la fin de l’année 1915, les grenadiers reprirent à nouveau la garde dans le périlleux secteur de Dixmude. En 1916, ils tinrent le front entre Dixmude et Drie Grachten. 

En 1917, les deux régiments occupèrent les secteurs de Boesinghe et de Nieucappelle. 

En 1918, ils relevèrent les Français à Nieuport, puis les Anglais à Ypres. 

Dans tous ces secteurs, les grenadiers se distinguèrent par de fréquentes patrouilles et des raids audacieux dont ils ramenèrent de nombreux prisonniers. Toutes les attaques allemandes y furent repoussées et bien des postes ennemis y furent capturés, occupés et maintenus. 

Pas un jour de garde aux tranchées ne se passa sans que plusieurs des leurs n’y fussent tués ou blessés. 

C’est d’Ypres qu’ils partirent, le 28 septembre 1918, pour participer à l’offensive libératrice.

Ils laissèrent de nombreux camarades dans les combats sanglants livrés pour conquérir la crête de Passchendaele, libérer la Flandre et poursuivre l’ennemi jusqu’à l’Escaut. 

Ils venaient de traverser ce fleuve, après avoir perdu 50 hommes au cours de la dernière nuit de guerre, lorsque, le 11 novembre au matin, l’armistice mit fin à leur ultime combat. 

   Durant ses 52 mois de guerre Léopold eut la chance de ne pas avoir été blessé et sera exempt de séquelles de son exposition aux gaz asphyxiants.

 

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 Il reçut de nombreuses décorations qu’il plaçat dans un cadre qu'il confectionna lui-même. 

On peut entre autre y distinguer la croix de chevalier de l’ordre de Léopold 1er avec Glaives, la croix de chevalier de la couronne avec Glaives, la croix de chevalier de l’ordre de Léopold II avec glaives, la croix de guerre avec 2 palmes et lion de bronze, la croix de feu, la croix de l’Yser ainsi que de nombreuses autres distinctions honorifiques

Il fut décoré sur la plage de la Panne face au régiment de grenadiers par le roi Albert 1er qui motive comme suit sa décoration de la "Croix de guerre": « Excellent sous officier d’une conduite exemplaire, d’un courage et d’un dévouement absolu, qualités dont il n’a cessé de donner des preuves durant toute la campagne et particulièrement lors du violent bombardement du 16 novembre 1917. Ce brave gradé n’a jamais quitté le front depuis le 01/08/1914."

Un adjudant, 3 caporaux et 5 soldats ont été décorés en même temps que lui le 15/12/1917.

Leurs drapeaux à fourragère amarante portent cinq citations glorieuses et les noms de leurs 1300 morts sont gravés dans la pierre de leur mémorial à la caserne Prince Albert. 

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Les promotions militaires de Léopold....

  • Caporal le 10 novembre 1914
  • Sergent le 11 novembre 1915
  • Sergent Fourrier le 10 mars 1918 (Aux ordres du sergent-major, le fourrier tient toutes les écritures de la compagnie)
  • Sergent-Major le 15 juillet 1919 

Il sera mis en congé définitif le 26 août 1919

Il s'établit d'abord à la rue du Pluvinage et fit construire ensuite une maison à la rue de la cour n° 20, à la section dite de la "Voie de Beloeil". Il travaillera comme menuisier à la Société Nationale des Chemins de Fer. Sa fille Georgette exploitera plus tard l'épicerie Unic près du château de Beloeil et 2 petits enfants naquirent , Anne-Marie et Jean Lenoir. L'histoire locale était ausi une marotte pour lui.

Il est décédé le 16 juillet 1970 à l’âge de 82 ans, quelques mois après son épouse. 

Il sera enterré au cimetière de Huissignies le mardi 21 juillet 1970 le jour de la fête nationale …. un beau jour pour enterrer un vétéran de la grande guerre qui a défendu fièrement et courageusement sa patrie !

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 Georges Debeaumont dans son verger dans les années 1960

Ce texte put être rédigé grâce aux documentations et photos transmises par Frédéric Cornillie de Mont-sur-Marchienne, arrière petit fils de Léopold et fils d'Anne-Marie Lenoir.

Merci aussi à  Bernadette Terrasse qui grâce à ses relations beloeiloises nous aida à rentrer en contact avec la descendance de Georges Debeaumont. Merci également à Christian Philipart et Jacques Deconinck pour leur expertise de la grande guerre.