http://huissigniesretro.skynetblogs.be

26/07/2014

La guerre 14-18 (1) / Il y a 100 ans... Août 1914, le début de la guerre.

Introduction

Les prémices de la guerre…

  • L’europe vit dans un climat politique tendu ; elle est divisée en 2 blocs hostiles : « L’Entente Alliance » qui regroupe la France, l’Angleterre et la Russie et la « Triple Entente » qui unit l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie.

  • La Belgique tente de sauvegarder une neutralité imposée par les accords internationaux de 1830. Notre pays est prospère, il est à la pointe de l’industrie et des affaires et sa main d’œuvre est très productive, son agriculture se porte bien.

  • L’Allemagne s’applique à rendre inévitable un conflit avec la France; elle tente de négocier avec notre roi certains territoires mais sans succès. La 1ère guerre n’est donc pas un conflit subitement éclaté, mais le fruit d’une politique à long terme soigneusement mené.

       Le 2 août, le ministre des affaires étrangères de la Belgique reçoit de

       Guillaume II l’ultimatum allemand: quitter la neutralité et aider à la conquête

       allemande ou être envahie!!

 

Déclaration de guerre.....jpg

 

Le roi et le parlement refuseront sèchement cet ultimatum et la mobilisation générale est déclenchée.

Cette dernière se déroule sans incident, sans panique. La plupart des mobilisés pensent en effet que la Belgique, protégée par son statut de neutralité, n’aurait pas à faire la guerre. Dans les derniers jours de juillet, on voulait encore croire à la paix mais on ignore qu'on se trouve à quelques heures à peine du début d'une des plus grandes tragédies qui va marquer le XXe. A cette époque, le sentiment patriotique est fortement ancré dans les mentalités. Un soldat part défendre sa patrie, sa famille, ses valeurs, sa liberté.

Le dimanche 2 août, dans toutes les églises de Belgique des prières publiques sont récitées afin que soit sauvegardée la neutralité de la Belgique.

Avant même l'échéance de cet ultimatum, impatientes de semer la terreur, les troupes du Kaiser Guillaume ont franchi la frontière et envahi l'Est du territoire.

numérisation0033.jpg

Le service militaire et l’armée

En décembre 1909, le roi Léopold II instaure la loi du service militaire obligatoire pour un fils par famille. Le contingent devient dès lors plus important et nécessite une première réorganisation de l'armée.  

En août 1913, le roi Albert Ier change le contenu de la loi et impose le service militaire obligatoire pour tous les fils d'une famille. Seul un état de santé défaillant évite l'appel sous les drapeaux. De nouveau, le contingent augmente et le pays se retrouve avec une armée de plus de 250.000 hommes qu'il faut armer, entraîner, habiller, loger et nourrir. Des manœuvres seront organisées afin d'appliquer les théories et plonger les hommes dans des situations plus réelles. Malgré les efforts consentis, notre armée ne sera pas complètement en ordre de marche lors de la déclaration de la guerre. 

  Miliciens avant 1914.jpg

  Miliciens avant 1914 (Collection Association de la sauvegarde du patrimoine de Huissignies)

Avant 1913, le service militaire était fondé sur un tirage au sort, hérité à l'indépendance de 1830 des occupations française et hollandaise. Chaque province devait fournir un nombre précis de conscrits, en vertu d'un contingent voté annuellement par le parlement. Le tirage avait lieu chaque année en février et il était possible pour celui qui avait tiré un mauvais numéro de se faire remplacer par un autre jeune homme .... moyennant paiement, souvent par l'intermédiaire de sociétés spécialisées.

 

Tirage au sort en 1908 - Numéro tiré par Louis Dath.jpg

Le tirage au sort en 1908 à Chièvres, Louis Dath de Huissignies a tiré le numéro 160

     Lors de l'introduction du service militaire personnel, il en coûtait ainsi 1.800 francs (environ   3.000 euros actuels) pour se faire remplacer sous les drapeaux. 

     Août 1914 dans notre région...

A Beloeil, la commune célèbre avec faste le 100ème anniversaire de la mort du Feld-Maréchal Charles-Joseph de Ligne le WE du 25 et 26 juillet. Les maisons sont pavoisées et les rues décorées.

A Tournai, le 4 août, une foule énorme assiste au départ des troupes à la gare. Les 3e et 6e Chasseurs partent pour le front, ils seront remplacés à Tournai par la Garde civique. 

"Les jours qui suivent seront plutôt fiévreux? Ce n'étaient qu'attroupements dans les rues, discussions dans les cafés. Les uns munis de journaux, d'autres de copies de dépêches les plus invraisemblables, commentaient les graves évènements de la journée. Chacun émettait son avis. Ces avis tantôt optimistes, tantôt pessimistes, produisaient des hauts et des bas d'espoir et de découragement.  

Le 16 août, par décision du gouvernement, toute distribution de correspondance est suspendue et le 22 août les journaux ne paraîtront plus. Les lettres et correspondances des soldats parviennent néanmoins.

Le 20 août, la garde civique doit remettre les armes aux mains de l'autorité locale. Les sentinelles désignées pour la nuit du 21 au 22 se trouvent ainsi désarmées; la garde fut ainsi congédiée au motif qu'une garde sans armes n'avaient plus de raison d'être.

Les allemands entrent à Ath le 21 août. C'est la veille de la ducasse; toutes les festivités sont suspendues; les usines de meubles d'Ath sont fermées. Il est défendu de rouler à vélo, de lire les journaux, d’avoir des pigeons, les gens étaient réquisitionnés. Au soir du 21 août, les premières cannonades se firent entendre. Le 23, on les entendra plus distinctement et chaque jour sans interruption notable jusqu'au 11 novembre 1918.

En même temps, arrivaient à la rue d'Hardenpont à Ladeuze et à la rue de la Corne, 12 "Uhlans éclaireurs"(Cavaliers). Ils hébergèrent, hommes et chevaux à la ferme Botte de Ladeuze. Le lendemain, seul un d'eux survivait encore. Le même soir, vers 18 heures, 200 vélocipédistes allemands occupaient le "pont du Chasseur" et 1500 cavaliers arrivaient camper à Tongre-Notre-Dame pour y passer la nuit. " (Extrait résumé de l'histoire de Ladeuze de l'Abbé Demeuldre)

Le 23 août, à Huissignies des patrouilleurs rebroussent chemin avec plusieurs chevaux sans cavalier.

Des troupes allemandes passeront toute la journée à Hardenpont, venant de Chièvres et se dirgeant vers Beloeil. Ce sont des canons, des mitrailleuses, des caissons à larges roues qui se succèdent, serrant dans leurs intervalles des bandes de cavaliers ou de fantassins. Pendant les temps d'arrêt, les soldats envahissent les maisons, exigent du pain, du lait, du beurre, des chaussettes, des chemises, furettent de la cave au grenier en quête de quelque chose d'utile. Les vergers sont ravagés par les soldats, les puits vidés pour fournir de la boisson aux chevaux. Le corps d'armée qui a défilé est estimé à 40.000 hommes. La route n'était plus reconnaissable; elle était retournée, les accottements étaient creusés de profondes ornières. 

Le lundi 24 août, une fièvre d'évacuation s'empare des habitants de Huissignies et des environs, et rares sont ceux qui n'ont pas pris la direction de Blicquy ou d'Ormeignies; le soir, cependant, presque tous étaient déjà rentrés. Les faux bruits colportés avaient surexcités les esprits au point qu'une grande terreur s'était emparée de nos citoyens.

Le 26 août, la bataille du Borinage envoye l'écho du canon. Le soir une brigade d'allemands emmenant 300 prisonniers anglais et français passe à Hardempont, se dirigeant vers Chièvres. 

 Le 30 août, à midi, passe à la rue de l'église à Ladeuze un convoi de prisonniers anglais. 

 Les jeunes hommes de Huissignies qui sont mobilisés

Léon Baugnies.jpg

Léon Baugnies, volontaire au 18ème Régiment de Ligne

31 seront rappelés et Baugnies Léon se porte volontaire. 

Les miliciens de la classe 1913 qui terminent leur service militaire devront rester sous les armes.

 

Nom  Levée Profession Corps d'affectation  
         
André Emile 1904 Briquetier 1er Chasseur à pied Rappelé
André Oscar  1900 Terrassier Troupe d'administration Rappelé
Baugnies Eugène  1914 Ouvr. Travaux Publics  Mitrailleur 5ème de Ligne  
Baugnies Léon 1914 Cultivateur 18ème de Ligne Volontaire
Baugnies René 1913 Boulanger 8ème de Ligne  
Bernard Marcel 1909 Ing. Ponts et Chaussées 2ème de Ligne Rappelé
Bonte Camille 1913 Briquetier Sergent / 7ème de Ligne  
Broquet Gaston 1913   III TAS  
Coulon Oscar 1896 Terrassier Cavalier 1ère classe Rappelé
Cousin Georges        
Croissieaux victor 1910 Tailleur d'habits Chasseurs à pied Rappelé
Debeaumont Léopold 1908 Menuisier Grenadiers Rappelé
Degouys Edmond 1906 Cultivateur Chasseurs à pied Rappelé
Dequiper Oscar  1906 Sabotier Carabiniers Rappelé
Duquesne Emile 1908 Briquetier 21ème de Ligne Rappelé
Fauvaux Georges 1904 Instituteur Troupe d'administration Dispensé en temps de paix
Foucart Auguste 1910 Mineur 4ème de Ligne Rappelé
Gosselin Edgard  1912 Maçon 21ème de Ligne Rappelé
Hérode Clovis  1911 Maçon 1er de Ligne Rappelé
Houx Alphonse 1913 Maréchal Ferrant 16ème Régim. d'artillerie  
Houx Léopold        
Labie Camille 1899 Ouvrier Agricole 9ème de Ligne Rappelé
Lapoulle Ludger 1912 Briquetier 25ème de Ligne Rappelé
Laurent Désiré 1909 Cultivateur Chasseurs à pied Rappelé
Leclercq Henri 1909 Terrassier Régim. d'Artillerie Rappelé
Locreille Gaston  1915 Maréchal Ferrant 14ème Régim. d'artillerie  
Lorphèvre Oswald        
Massy Charles  1904 Briquetier 11ème de Ligne Rappelé
Médart Philippe 1902 Ouvr. Agricole 11ème de Ligne Rappelé
Miroir Edouard 1904 Briquetier Canonnier Rappelé
Miroir Eloi 1907 Cultivateur 4ème de Ligne Rappelé
Picron Octave 1909 Briquetier 3ème Chasseurs à pied Rappelé
Renard Alphonse       Rappelé
Renard Hector 1906 Briquetier 3ème Chasseurs à pied Rappelé
Rouzé Jules        
Rutteau Augustin 1901 Ouvr.Brassicole 12ème de Ligne Rappelé
Vilette Gaston  1913 Maréchal Ferrant   1er Rég d'Artillerie  
         

  

numérisation0005.jpg

Livret de mobilisation de René Baugnies (Collection Michel Baugnies)

 

 Planche 1.jpg

 Plans d'opérations des forces françaises et allemandes en août 1914 

 

cartehalen.jpeg

12/07/2014

La rue Maifrette

 

P1010592.JPG

La ruelle Maifrette

On trouve dans les archives les dénominations suivantes:

  • 1600: La fraitte de la maize d'Hardempont sur Huncegnies. 

       Une maize  (dérivé de manse) était une sorte de ferme à laquelle était attachée à

       perpétuité une quantité de terre indéterminée.

       Fraitte (frette, frete..) dérivé de frayer: une brèche, un passage.

       La fraitte de la maize était donc un passage qui conduisait à 2 fermes situées à cet

       endroit et qui appartenaient à la seigneurie d'Hardempont dépendant elle même du

       Chapitre Saint-Pierre de Leuze sur le territoire de Huissignies.

       Donc, encore une enclave qui disparaîtra lors de la démarcation cadastrale de 1837, la

       rue Maifrette revenant alors définitivement à Huissignies.

  • 1638: La Maisse Frëtte
  • 1664: Ruelle de la Maizefrete
  • 1675: La Maisse fraitte en Hardempont
  • 1755: Rue Maisfrette
  • 1850: sur le plan Popp, mentionnée: Ruelle de la Maisfrette 

Rue maifrette2.jpg

Les 2 censes de la ruelle....

Au 18ème, la Seigneurie d'Hardempont du Chapitre Saint-Pierre de Leuze possédait 2 fermes importantes dans cette ruelle et les domaines de celles-ci étaient séparés par un fossé coupant les lieux-dits "Couturelle" et "Couture du Barbechin".

  • La Cense dite "Honoré " ou "du Chapitre"

 La ferme du Chapitre 2 (1982).jpg

 La Cense du Chapitre aujourd'hui disparue. Photo d'Ovide Canseliet vers 1980

Cette ferme fut démolie dans les années 1980, la dernière famille qui y habita était la famille Mikuletich. 

Dans les archives, on trouve:

  • Au 17éme siècle, la ferme appartint à la famille Dath dont un des enfants "Messire André Dath" devint chanoine de la cathédrale de Saint-Donnat à Bruges
  • En 1694: "Obit chanté pour André Dath, Yvonne Dath et Jean André".
  • En 1696: "Les cinq vendredy de quaresme, il y a messe basse avec le saint de la sainte Croix fondée par Maître André Dath, on donnera à sept pauvres venus priant pour son âme à chacun....livres".
  • En 1755: Vente à Nicolas-Joseph Delhaye de la maison rue Maisfrette...par cette vente, Nicolas-Joseph Delhaye devient propriétaire des 2 censes de la rue Maisfrette. 
  • En 1793: "Au trépas de Maître Robert-François Bar en son tems vicaire d'Husseignies l'espace de 17 ans et puis curé de Forchies et Piéton et ensuite curé de Huissignies en 1771, a laissé aux pauvres de Husseignies une rente de 21 livres au denier 24 argent fort, hypothéqué sur une maison, héritage des héritiers Jean Delhaye, seigneur d'Hardempont, comme on peut le voir aux greffes de Leuze, échéance le 3 décembre à charge de 2 messes basses et annuellement est à célébrer par le Vicaire du lieu...."

         Nicolas Delhaye propriétaire des lieux payera ces 21 livres.

  • En 1845, cette ferme apprtient toujours à Honoré Delhaye et ensuite par partage en 1855 à Jean-Baptiste Delhaye époux de Marie-Ursule Delhaye.

 

  • La Cense dite "du Marou"

La ferme se situait à l'endroit de la maison actuelle de Georges Fauvaux.

Dans les archives, on trouve:

  • 1755: Nicolas-Joseph Delhaye est propriétaire de la dite cense et il devint mayeur de la Seigneurie d'hardempont en 1791.
  • 1845: La cense du Marou appartient à la veuve Nicolas Delhaye
  • 1877: Delhaye devient bourgmestre de Huissignies.

Par successions succesives, la ferme resta propriété des descendants de la famille Delhaye jusque dans les années 1930. 

Elle appartint ensuite à la famille de Clément Wilmart, vétérinaire et ensuite à la famille de Rosine et Maurice Decoster qui exploitèrent un commerce de bière, de charbon et une affaire de transports. La ferme fut démolie à la fin des années 1960.

 La rue Maifrette

 En 1850 sur le plan Popp, on relève que seules 7 maisons existent dans cette rue 

Rue Maifrette    
N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
253a/254a/255 Maison/Jardin/Verger Picron Maximilien, Maçon
253b Maison/Jardin/terre

 

Duquesne François-Joseph dit Blond, Cultivateur

279/278/280 Maison/Jardin/Verger Delhaye Veuve Nicolas, Ménager
273/274/275 Maison/Jardin/Verger Hennebicq Jean-Baptistre, Cultivateur
258/257/256 Maison/Jardin/Verger Delhaye Jean-Baptiste, Cultivateur
269/267/268/269 Maison/Jardin/Jardin Delhaye-Delhaye Jean-Baptiste, Cultivateur
266/270 Terre/verger  
     

 

P1010598.JPG

 L'aspect définitif de la rue...

Comme le montrent les photos de Michel Baugnies ci-dessous, il fallut attendre 1963, sous le mayorat d'Albert Jaivenois, pour que la rue prenne l'aspect qu'elle présente aujourd'hui. Les travaux consistèrent à l'élargir et à l'asphalter.  

numérisation0010.jpg

Jonction avec la rue Augustin Melsens

 

 

numérisation0011.jpg

numérisation0015.jpg

numérisation0003.jpg

numérisation0007.jpg

numérisation0012.jpg

 

numérisation0004.jpg

numérisation0001.jpg

numérisation0014.jpg

 Les Piedsentes de la rue Maifrette...

  • La Piedsente dite d'Olivier sur le Plan Popp reliait le Trieu plus précisément la rue des Huées à la rue de la Quemogne. Elle portait le nom, comme souvent, d'un riverain qui habitait au coin de la Piedsente à la rue de la Quemogne.

  Piedsente Olivier Côté Quemogne.JPG

Piedsente d'Olivier à la jonction avec la Rue de la Quemogne

Eul Cache.JPG

 Piedsente d'Olivier à la jonction avec la Rue Maifrette

Piedsente Olivier 1.JPG

 

Planque Olivier sur le Barbechin.JPG

 La "Planque d'Olivier" sur le Barbechin dans la Piedsente d'Olivier vers la Quemogne

Une partie de la piedsente, celle qui relie la rue Maifette et la rue des Huées portera ensuite le nom de "Piedsente Didie" du nom de l'ancien "Café Didie" situé au coin de la rue des Huées.

P1000154.JPG

     Partie de la Piedsente d'Olivier (ou Didie) entre la Rue Maifrette et le Trieu

  • La Piedsente du Chapitre, du nom de l'ancienne ferme du Chapitre (...de Saint-Pierre de Leuze) relie la rue Maifrette à la rue du Pluvinage.

Piedsente du Chapitre.JPG

Couturelle et piedsente du Chapitre.JPGj

Prochaine publication: La Rue Augustin Melsens (ancienne Rue du Monceau)