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30/05/2014

La rue de la Quemogne

Nous entamons le 4ème circuit qui nous emmène de la rue de la Quemogne, vers la rue de la Cour, la rue Maifrette et la rue Augustin Melsens.

 

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La couture de la Quemogne

Le Quemon est une ancienne couture cédée partiellement en échange à Ladeuze en 1827.

Les archives paroissiales de Huissignies renseignent les formes suivantes dans l'orthographe de ce nom: Kemoigne en 1369; ès petites kemognes en 1472; la couture des grandes kemognes en 1522; kemoignes 1555; Rue Quemoignes en 1768; la Quemône en 1750; Couture d'Esquemoine 1802. (G. Decamps, Les communes de l'arrondissement d'Ath)

Sous l'ancien régime, les pâtures de ce lieu-dit appartenaient directement et presque totalement au seigneur du lieu en vertu de son titre. Les manants n'avaient que l'usage de la superficie selon les clauses d'un règlement qui en ordonnait la gestion et moyennant la redevance d'un cens (imposition) en argent. Ces pâturages, parce que communs, s'appelaient les communes, les communs, les kemoignes.

En 1845, on note qu'il existe à Huissignies la propriété dite "Marais d'Esquemogne" indivisible par moitié entre la commune et le seigneur SA Le Duc d'Arenberg. Le chemin de grande communication d'Ath à Beloeil traverse cette propriété dans toute sa longueur. Il est le moins carrossable de tous ceux de la commune tant à cause de sa profondeur que de la nature du terrain bordant la Hunelle.  

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En outre, la plantation épaisse de peupliers du Canada couvre le marais et provoque ombrage sur le chemin à l'heure de midi. Cette plantation est indivisible entre les parties comme le marais lui-même.

La propriété des bois blancs constitua à maintes reprises dans le passé un sujet de litige entre la communauté de Huissignies et le Duc d'Arenberg. Les habitants du lieu coupaient régulièrement les arbres sans en demander la permission au seigneur.

Domitien Gosselin, bourgmestre, s'adressa au Duc d'Arenberg en 1844 pour obtenir sa sollicitude et son concours aux fins de donner au chemin une assiette convenable, une direction régulière et un élargissement suffisant, ce qui nécessite l'emprise d'une partie du marais indivisé dans le but du pavage complet de la rue.

Le Duc d'Arenberg répondit favorablement et autorisa son régisseur à accéder à ces vœux sans qu'il soit nécessaire de recourir à aucune formalité d'expropriation mais en actant sur une convention de 4 articles conclus entre les 2 parties en 1845.

Il fut convenu entr'autre de vendre toute la plantation de peupliers du Canada qui se trouve sur la marais en adjudication publique et dont le produit de la vente sera partagé équitablement entre la commune et la propriété d'Arenberg.

La convention fut signée le 4 septembre 1845 par Domitien Gosselin, bourgmestre, Camille Fouquemberg 1er échevin, Négleputte échevin et Mr Choppinet, fondé de pouvoir et régisseur du Duc d'Arenberg. Vu et approuvé par le conseil communal d'Husseignies le 18 février 1846.

Les différentes parcelles à vendre ont été estimées à un total de 904 francs.

La rue put ainsi être pavée et ainsi s'acheva l'œuvre de pavage de Husseignies entamée par Domitien Gosselin en 1829.

Le Blois

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La couture du Blois avec au fond l'église de Beloeil et la route qui mène à Beloeil

Ce lieu-dit se trouve au niveau de la ruelle qui relie la rue de la Quemogne au canal. Le propriétaire était une ancienne famille constituant la Seigneurie de Tongre-saint-Martin. (Poncelet. Sceaux et armoiries des villes, communes et juridictions du Hainaut).

Ce terrain entra dans le territoire de Ladeuze en 1827et conserva son nom à la couture. (Histoire de Ladeuze de Demeuldre, pages 11-12

Le Pont Colleau et l'Aubette

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Pour la construction du Pont Colleau construit sur la Hunelle au niveau de l'endroit dit l'Aubette à la limite de Ladeuze. 

Tant pour les pierres, la chaux, sable, voiturages, manœuvres et maçons, il a coûté à la commune de Huissignies une somme de 350,80 frs aux maîtres maçons Jean-Baptiste Battard et Cyrille Legrand.(Archives communales de Huissignies).

Il se trouvait à cet endroit au 19ème une barrière d'octroi, sorte de péage à charge des transporteurs qui venaient de Beloeil, d'où le nom de ce lieu "L'Aubette".

Le Pont Birique

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Le Barbechin passe sous la route au coin de l'ancienne ferme Oscar Degauquier et se dirige derrière la Marcotte

Ce pont couvre le Barbechin dans la courbe de la rue de l'église au début de la rue de la Quemogne.

Coût de sa construction en 1834 par les maître-maçon Cyrille Legrand et Jean-Batiste Battard: 170 francs 40 centimes. (Archives communales de Husseignies)

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 Le Barbechin au pont Birique avec la pompe permettant de puiser l'eau du ruisseau à destination des animaux en prairie l'été

Dans un extrait des messes basses de 1779 est cité Pierre-Joseph Duquesne dit "Birique", déclaré agriculteur et tisserand.

Le pont fut aussi appelé au 19ème siècle: Pont tin du Bos et le morceau de la rue: Tin du Bot sur le plan Popp.

Le " chalet"

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Cette jolie demeure au caractère "cottage" fut construite en 1896, par Oscar Verbeek, directeur de la brasserie Dantoing-Verbeek située de l'autre côté de la rue. 

Après la famille Verbeek, elle appartint à la famille Oscar Laurent-Taverne dont l'épouse Marie-Sidonie était institutrice à Huissignies; d'où la dénomination "Chalet Madame Sidonie" pendant très longtemps. Cette maison sera ensuite propriété de la famille Georges Fauvaux avant d'être acquise par la famille Pierre Dath.

Dans la matrice cadastrale du plan Popp de 1850, on note à cet endroit l'existence d' une ferme, propriété de Duquesne Jean-Baptiste.

 La piedsente Masson 

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Ce sentier relie la Quemogne et plus particulièrement la ferme Masson (Eul céss Machon) à l'ancienne gare de Huissignies. Une partie du sentier regagne aussi le pont-à-chêne.

C'est un endroit bucolique le long de la Hunelle apprécié par les marcheurs.

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La brasserie Dantoing-Verbeek fera l'objet d'une rubrique ultérieure.

 

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 Le plan Popp de 1850 et la rue de la Quemogne

 

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Section B (à droite direction Beloeil)  
N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
340a/341/342b/339f Maison/Jardin/Terre/Verger Duquesne Jean-Baptiste (emplacement maison Pierre Dath)
339a/339b/339c/342a Maison/verger/Terre/Terre Duquesne, Magloire Jasques, Cultivateur
339a bis/339a ter  Jardin/Jardin idem
333d / 332a Maison/Jardin Potier Victoire ép Leclercq Florimond, Ouvrier
333c/331a Maison/Jardin Potier Jules, Ouvrier
328/327a/326a/325a Maison/Jardin/Verger/Terre Massart Zéphirin-Joseph, Cultivateur
322a/320/321/322b Maison/Jardin/Verger/Terre Dupret-Devos, Veuve et enfants Emmanuel, Leuze
     
  (à gauche dir. Beloeil)  
605a/6006a/604a Bâtiment rural/Verger/Jardin Jonniau Jean-Bapt, Cultivateur/ Emplacement anc. Brasserie
329a/338b/330 Maison/Terre/Jardin Baugnies Jean-Baptiste, Ouvrier, Ladeuze
338g/338f Maison/Terre Peltier Veuve Pierre-Joseph, Journalier
338r/338q/338m Maison/Jardin/Terre Wanberchies Casimir, Menuisier, Ladeuze
338u/338v Maison/Terre Dremière-Cousin, Désiré, Charpentier
318c/319b Maison/Jardin Capelle Fabien, Désiré et Sidonie-Joseph, Journaliers, Quaregnon
317b Maison Coulon Chevalier Louis, Cultivateur
     

Le début de la rue de la Quemogne en venant de l'église au niveau du pont Birique....P1010587.JPG

Prochaine publication après le 15 juin: La rue de la Cour

 

24/05/2014

Le canal Blaton-Ath

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Photo d'Ovide Canseliet vers 1980

  • Il faut attendre le XVIIème siècle pour que l'on envisage sérieusement le passage de bateaux sur la Dendre de Ath à Dendermonde. Plus précisément, en 1641, le roi Philippe IV autorise la navigation sur le cours d'eau.
  • En 1724, on étudia l'ouverture d'une navigation de Jemappes à Ath d'après les ordres du duc d'Arenberg, grand Bailli du Hainaut. Bien qu'il y ait une nécéssité d'acheminer le charbon du Borinage vers la région d'Alost, aucune suite n'est donnée à ce projet. Les chariots chargés de charbon du Borinage emprunteront la chaussée Mons-Ath pour rejoindre Ath et être embarqués sur la Dendre, mais le marché du charbon continuera à croître et cette chaussée sera rapidement saturée.
  • En 1859, sous l'impulsion et l'influence du prince Eugène de Ligne, sénateur d'Ath, le gouvernement décidera la jonction entre la gare d'Ath et la Dendre canalisée et décrète dans la foulée la construction du canal de Blaton à Ath.
  • Le cahier des charges fixe le départ du canal à Blaton, du canal Pommeroeul-Antoing, et son terme à Ath, au bassin construit près de la gare. Les eaux devront être maintenues à une hauteru de 2.10 m au moins.
  • Le canal fut creusé de 1863 à 1866; les ouvrages d'art: ponts, écluses, maisons furent parchevés en 1867.
  • L'inauguration du canal fut réalisée le 1er octobre 1868; dans l'après-midi, passa le bateau de l'inauguration, lesté de 80 m³ de sable et tiré par 2 chevaux. Il était décoré et fleuri, 3 jeunes filles habillées en marin se trouvaient à la tête du bateau; les explosions de 3 bouches à feu avertissaient de son arrivée.  

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 Traction hyppomobile en 1939 (Photo d'auteur inconnu)

  • L'exploitation du canal fut autorisée par arrêté royal du 2 janvier 1869.
  • Le 23 janvier 1869, la société amenait du charbon à destination des pauvres de la ville d'Ath et le 9 février commença définitivement la navigation.
  • Le trafic a varié entre 356.000 et 479.000 tonnes début du 20ème siècle pour atteindre un record de 1.054.000 tonnes en 1920 dont principalement du charbon transporté. L'importance du trafic diminuera ensuite progressivement pour atteindre 410.000 tonnes en 1938.

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Photo de 1939 d'auteur inconnu.

Le transport du charbon se fera peu à peu de plus en plus rare mais il sera remplacé dans les années 60 par celui de grains, de maïs, ainsi que la production de la malterie de Beloeil, de produits chimiques ou d'engrais. Le transit de bois sera également intense jusque dans les années 50, sans oublier le rôle des multiples carrières bordant le canal et la Dendre.

La traction hyppomobile perdurera jusqu'après la seconde guerre mondiale.

Après les années 70, le transport fluvial n’a fait que diminuer et le trafic de marchandises est quasiment nul à ce jour.

Quelques chiffres:

1987 - Tonnage: 38.600 T- Nbre de péniches: 339

1990 - Tonnage: 27.400 T – péniches: 224

2000 - Tonnage: 12.700 T – péniches: 149

2004 - Tonnage: 2500 T – péniches: 29

2005 - Tonnage: 1470 T – péniches: 47

Depuis quelques années, on a amélioré le revêtement du chemin de halage en le bétonnant au grand enchantement des nombreux cyclistes et marcheurs. Le site et l'environnement du canal Blaton-Ath représente un trésor patrimonial naturel qu'il convient de protéger sans ménagement. 

 Morphologie du canal

Le canal, long de 22,6 km, relie Blaton, sur le canal Nimy-Blaton-Péronnes, à Ath où il rejoint la Dendre après avoir franchi un bief de partage. 
À Blaton, la côte altimétrique est de 33 mètres. Le parcours s'élève ensuite jusqu'à la cote 60,39 en passant par 10 écluses. On atteint ainsi le bief de partage qui s'étend de Stambruges à Belœil.  Ensuite, on entame la descente vers la Dendre au travers de 11 écluses pour atteindre la cote 28,65. 
Durant tout ce parcours, 21 écluses doivent être franchies, dont certaines sont très rapprochées. La distance minimum entre 2 écluses se trouve entre l'écluse de Blaton 5 et celle de Blaton 6, soit 257 m.

Le canal a été conçu pour la navigation de bateaux de type "spits" cad d'une longueur de 38 m, d'une largeur de 5 m et d'un port en lourd d'environ 350 tonnes mais comme l'enfoncement maximum de la voie d'eau a été limité à 1.90m, cela réduit la capacité des bateaux à 250 à 300 tonnes. 

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Photo d'Ovide Canseliet vers 1980

 

    Voici le profil en long du canal Blaton - Ath, dont l'alimentation en eau est assurée par      pompage dans le cours de la Dendre orientale (près de Maffle) et déversement dans le bief de partage:

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 Sources:

  • Descamps D et Dupont A, Le canal de Blaton à Ath, Archives de la ville d'Ath.
  • Mouligneau V; histoire du canal Blaton-Ath, Evidendre n°7, Mars 1995
  • Van Haudenard M; Aperçu historique sur la navigation de la Dendre dans les annales du cercle archéologique de Mons, t.55.

 

17/05/2014

La ligne de chemin de fer 81 Blaton-Ath et l'ancienne gare de Huissignies

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Photo d'auteur inconnu

Les débuts de la ligne Blaton-Beloeil

Dans l'Echo de la Dendre du jeudi 27 juin 1876, on peut lire: "A partir du 20 juillet 1876, la section de Blaton à Beloeil du chemin de fer Blaton à Ath sera livrée à l'exploitation pour le service de voyageurs, des bagages et des marchandises. Le trajet entre Blaton et Beloeil sera de 28 minutes".

Toujours dans l'Echo de la Dendre du 21 juin 1877: "Enfin, la section du chemin de fer d'Ath à Beloeil sera mise en exploitation dimanche prochain 24 courant".

L'inauguration du complexe: gare, maisonnette, dépot de marchandises,barrières et bascules aura lieu aussi en 1877.

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Photo d'auteur inconnu

 La station de Huissignies

Du 26 juin 1881, le Journal de Leuze dit avoir appris de source certaine qu'une station de chemin de fer sera prochainement établie en la commune d'Husseignies et à proximité de la fabrique de sucre et du moulin Dantoing-Brouez.

L'Echo de la Dendre de la même époque écrit: "Il se confirme que Husseignies va être doté d'une station de chef. L'emplacement des bâtiments de recettes et des magasins est fixé; c'est à une centaine de mètres du centre de la commune d'Husseignies et à proximité de la fabrique de sucre et du moulin Dantoing-Brouez. Les habitants sont dans une jubilation qui s'explique du reste et ils témoignent une grande reconnaissance à Mr Descamp et Durieu, nos honorables députés, aux efforts desquels ils doivent la réussite d'un projet ardemment sollicité par tout le monde."

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Polémique autour du nom de la station "Gare de Husseignies"... ou suggestion d'un original ladeuzois: "Ladeuze Midi" ou pour un autre " Gare de Ladeuze-Hunchenies"

 Dans l'Echo de la Dendre du 24 juillet 1881, on peut lire:

"Nous avons reçu d'un habitant de Ladeuze fort en archéologie une lettre que l'impartialité nous fait un devoir de publier, laissant à son auteur la pleine responsabilité de ces affirmations. Quant à nous, nous ne voyons dans tout cela qu'une seule chose: les habitants d'Husseignies ont demandé et ont obtenu une station et il est peu important qu'elle soit sur le territoire de Ladeuze si l'emplacement satisfait les intéressés. Le correspondant du reste ne doit pas ignorer que les stations de Bruxelles Nord et Bruxelles Midi sont situées respectivement à St Josse-ten-Noode et à St Gilles, la station d'Enghien et de Petit-Enghien...etc. Il n'y a donc rien de bien extraordinaire à ce que la station d'Husseignies soit à Ladeuze."

Un autre habitant de Ladeuze enverra à L'Echo de la Dendre la lettre suivante:

 Monsieur le Rédacteur,

"Dans un petit article que vous avez publié en date du 10 juin courant pour annoncer une nouvelle station sur la ligne de chemin de fer Blaton-Ath, vous dites que l'emplacement de cette station est fixée à une centaine de mètres du centre de la commune d'Husseignies et à proximité de la fabrique de sucre. Or, ce chemin de fer ne passe qu'à l'extrême limite du territoire d'Hunchenies tandis qu'il traverse la commune de Ladeuze dans toute sa longueur. C'est donc sur ce territoire de Ladeuze et près de la sucrerie de Ladeuze, à 100 mètres de la limite et non près du centre de la commune de Hunchenies que cette station nouvelle sera établie. Les hunchenois, de tout temps jaloux de leurs voisins, ont donc tort de s'attribuer cette station et de dénaturer l'orthographe du nom de leur commune, qui se nomme non pas Husseignies, ni Huissignies mais bien Hunchenies (comme le constatent les archives communales) du nom des huns qui campèrent sur leur territoire, non loin de la rivière Hunelle qui sépare les 2 localités. La commune de Ladeuze sera ainsi dotée d'une seconde station. Aussi est grande sa gratitude pour ses députés: messieurs Descamps et Durieu. Elle n'oubliera jamais que c'est à Mr Descamps aujourd'hui élevé à la dignité de Président à la chambre des représentants que l'on doit l'existence de ce chemin de fer. On sait que pour l'obtenir, Mr Descamps a fait l'impossible. Il faut lui en rendre justice. Cette seconde station donnera beaucoup de facilités aux commerçants et aux individus des 2 localités. Pour la distinguer de la station actuelle et satisfaire nos voisins, on pourrait la désigner sous le nom de "Ladeuze-Hunchenies".  

Signé: Un habitant de Ladeuze, le 18 juillet 1881.

 

 Echo de la Dendre du 8 octobre 1882:

"Par arrêté royal du 25 septembre 1882, il acte qu'un bureau de station rangé dans la 5ème classe a été créé à Huissignies."

"A dater du 20 novembre 1882, un bureau télégraphique sera ouvert à la correspondance privée au départ d'Husseignies, station de chemin de fer."

Pendant la guerre 14-18:

Le samedi 9 novembre 1918, les allemands détruisirent les ponts du chemin de fer sur le Domissart et sur la Hunelle, ainsi que les voies des passages à niveau périphériques. Des mines posées en d'autres endroit n'ont pas explosé.

Une  ligne de chemin de fer à l'activité intense...

La ligne Blaton-Ath connaîtra une activité croissante surtout en période des betteraves.

On dénombre en 1892, 49 passages de trains (voyageurs et marchandises) par semaine.

Des dizaines d’ouvriers de chez-nous, martelaient le pavé de leurs bottines à clous, pour aller prendre le premier train vers 4 heures du matin et regagner les charbonnages de Tertre, Hornu, Bernissart, Wasmes ou les autres usines du Borinage.

En 1953, on  dénombrait 86 passages de trains et michelines.

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Le dernier train est passé le 3 juillet 1960, il portait le N° 7901.  

 Le café de la gare

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Le Café de la gare E.Rousseau-Dath au début du siècle dernier (Photo des éditions Equeter-Lorphèvre)

En face de l’ancienne station, le café Hansart Fidèle était aussi un magasin de chaussures; une bascule publique permettait aux fermiers de venir y peser leurs diverses marchandises.

La ducasse de la gare à la Pentecôte restera active jusque les années 1980.....

 

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Le café de la gare Ets Nottez-Deramaix, Marchand de bestiaux, avec la bascule, vers 1930. (Photo d'auteur inconnu)

 

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 Photo d'auteur inconnu vers 1925

 

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 Photo d' Ovide Canseliet vers 1980

 

10/05/2014

L'ancien moulin à eau, à la rue des Hauts Arbres.

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Photo de 1980, époque à laquelle Arthur Vandenhaute cultivait la vigne (Photo d'Ovide Canseliet)

  • En 1150, le comte du Hainaut possède l'entièreté du territoire d'Huchegnies.
  • En 1176, Baudouin V, Comte de Hainaut, cède sous certaines réserves le quart du territoire de Hunchegnies à l’Abbaye de Vicoigne (située à Raismes près de Valenciennes).
  • En 1224, Gauthier de Ligne, Seigneur voisin, fait également une donation à la même Abbaye, mais en 1264, l'Abbaye de Vicoigne fit un échange avec les Seigneurs du Roeulx, qui possédaient de grands biens près de Vicoigne près de Valenciennes.

C’est entre 1176 et 1264, que les moines de cette abbaye firent construire un moulin à eau en leur « Seigneurie et Terres de Hunchegnies ».  Il est implanté en un lieu dit « Baudouin prés » sur les bords de la Hunelle.

Pour activer la roue force hydraulique, on élève un barrage pour provoquer une chute d’eau et pour donner au cours d'eau un débit suffisant, les moines de l'abbaye de Vicoigne modifient le cours d’eau en amont, depuis la tannerie de Beloeil sur une distance d’un kilomètre en supprimant les méandres.

 

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Photo d'auteur inconnu vers 1940 

A proximité du moulin, il y avait deux viviers dont les produits étaient réservés aux Prémontrés de Vicoigne (Ordre de chanoines).

  • L'abbaye de Vicoigne possédait donc à Hunchegnies un moulin actionné par un courant d'eau (Hunelle) et flanqué de 2 viviers, ce qui amena Gauthier de Ladeuze, dont la Seigneurie se trouvait en aval de Huissignies à souscrire en 1233, un règlement d’eau fixant la hauteur du seuil du moulin et de celle de ses vantaux; le texte de cet accord est conservé dans les archives de l’Abbaye de Vicoigne à Lille.

La pêche fut réservée aux prémontrés de Vicogne dans la limite de leurs biens propres et ils s'engagèrent à ne créer en amont, ni étang, ni vivier, à payer cens et rentes pour les terres qu'ils rachèteraient sur Ladeuze, et à laisser à Gauthier de Ladeuze la haute justice sur ce territoire.

 Voici l'accord passé en 1233 entre Gauthier Wale de Estrepi, Sire de Ladeuze, et l'église de Vicoigne (Cartulaire de l'abbaye de Vicoigne conservé aux archives du nord à Lille sous la côte 59H97, Numérotation XXVII) :

"ke li sucle et li ventaille del moelin ke l'église de Vicoigne a Huceignies demoreroient de cele hauteté et de cel point ke ils estoient al jor. Ke il (les arbitres) disent jor dit ki fu lendemain de la feste Saint Nichaise, sauf ce ke les ventailes ki estoient depeciet pooent li segnor de Vicogne refaire de la hauteté des autres et le sucle et les ventelles poent ils refaire de cele hauteté a lor volonté et de cela hauteté doije avoir la mesure se je vuel et il aussi. L'escluse de lvivier d'une part et d'autre del moelin poet l'église agrangier et enforcier tout com se terre dire à sa volonté"

  • En novembre 1264, les prémontrés de Vicogne cédèrent à Thierry le Roeulx tous les biens à Huissignies y compris le moulin et ne conservèrent que la dîme (J. Genevois, L'abbaye de Vicogne-1929-Lille).

Comme dans la plupart des Seigneuries, le moulin était banal, c'est-à-dire qu’il y avait « ban » ou défense de faire moudre ailleurs, les habitants du lieu étaient contraints d’y faire moudre leur grain.

  • Le moulin resta la propriété des seigneurs successifs sur la " Seigneurie et Terre d'Husseignies" , les derniers étant durant des siècles, les duc d’Arenberg.
  • Sous le régime français et les lois révolutionnaires, le Duc d'Arenberg perdit ses titres et privilèges ainsi que la banalité du moulin, mais restait propriétaire de l'ensemble des biens.

Dans une lettre de 1832, le bourgmestre Domitien Gosselin interpelle le Duc d'Arenberg en lui demandant de justifier l'autorisation de l'établissement du moulin à eau d'Husseignies, la réponse du régisseur du Duc d'arenberg est assez ironique:

"Il est connu que Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Duc d'Arenberg possède ce moulin à titre de succession de son père qui le possédait au même titre du chef de ses Ancêtres Seigneurs d'Husseignies. Ce moulin existe depuis plusieurs siècles, il a été établi, non par un particulier qui aurait du en obtenir l'autorisation des devanciers du duc d'Arenberg, mais par le Seigneur d'Husseignies lui-même qu'en avoit le droit par suite des lois existantes à l'époque à laquelle cette construction eut lieu.

Dans un tel état de choses on ne se donnaoit pas une autorisation par écrit à soi-même pour exercer un droit que l'on possédait légalement. Les lois qui donnoient ce droit ont été abolies mais la députation des états sait que les lois abolitives de la féodalité ont eu pour seul objet d'anéantir les rapports de la puissance d'un côté et la sujétion de l'autre, que ces lois n'ont frappé que sur les droits recognitifs de cette puissance, et qu'elles n'ont porté aucune atteinte aux propriétés antérieurement acquises ou établies en vertu des lois féodales ou coutumières. En vous donnant ces explications, je pense avoir satisfait à votre demande. Agréez monsieur le bourgmestre l'assurance de ma parfaite considération. Signé J. Chappinet fondé de pouvoir du Duc d'Arenberg." (Archives communales de Huissignies)

 

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Dans le régistre des propriétés- Plan Popp-commune d'Husseignies publié vers 1850, le bâtiment du moulin même, cadastré Section B n°596 et celui attenant sur la même face et portant section B N° 595 appartenaient toujours à Prosper-Louis Duc d'Arenberg. Par contre les autres bâtiments du site du moulin (Bâtiment rural et maison) appartenaient déjà à la veuve Joseph Brouez, meunière à Husseignies.

  • Justine Brouez, fille de Joseph, se marie avec Auguste Dantoing du moulin de Grosage.
  • En 1871, le moulin est vendu aux Dantoing-Brouez par la descendante des d'Arenberg: Elisabeth Thérèse Engelberte Leonarda Borghese ou Aldobrandini, fille de Marie-Flore d'Arenberg, épouse de son excellence Don Filippo, Prince Lancelloti, propriétaire à Rome.
  •  L'acte fut passé à Ath chez maître Le Tellier le 23 février 1871. (Minutes particulières de Arthur Vandenhaute et minutes de la succession Dantoing)
  • Par succession, le moulin à eau appartiendra ensuite aux Dantoing-Verbeek. De 1871 à 1911, le moulin a connu une belle prospérité: 30 tonnes par jour. En 1905, on y installe une machine à vapeur. En 1911, il finit par sombrer, concurrencé par les grosses minoteries de 100 tonnes la journée.
  • En 1912, Overleau devint propriétaire du moulin par vente publique après la faillitte des Dantoing.
  • La famille Vandenhaute devient ensuite propriétaire par rachat à Overleau. Ils louent à Brocart, et c'est à ce moment que le moulin est transformé en fabrique de tourteaux pour bétail mais le 17 février 1930, le moulin brûle et Brocart part au Chili.
  • Arthur Vandenhaute, revenu du Congo, aura la lourde tâche de reconstruire le moulin et par la même occasion, il sera doté de l'électricité pour moudre à façon. Il sera le dernier propriétaire de l'ancien moulin et il terminera ses activités dans les années 60. 

 

duc d'arenberg,abbaye de vicogne

      Les vantelles du moulin à eau et l'endroit de l'ancienne roue.

 Notes diverses relatives au moulin à eau....

  • Le 15 primaire de l'an 9 de la république française(1801): décès de Catherine Goret, meunière 72 ans, née à Lens et demeurant au dit Huissignies, veuve en première noce de Ferdinand Gicart déclarant Zéphirin Joseph Massart, petit-fils de la défunte meunière.
  • 1808: François Gicart, meunier, 28 ans, époux de Marie Thérèse Deridder native de Blicquy. 
  • Le 20 mars 1822, Tourneur Désirée, 18 ans tricoteuse, et domiciliée à Beloeil est décédée vers les 7 heures du soir sous les roues du moulin à eau d'Husseignies.
  • 1826, le droit de mouture établi sous la période hollandaise a rapporté à la recette des accises de la commune la somme de 1152 francs.
  • 1846: Brouez Armand Constant Joseph, meunier, marié à la fille de François Gicart et de Marie-Thérèse Deridder.
  • 1848: Décès de Brouez Armand Constant, meunier à Tongre-Notre-Dame. 

 

duc d'arenberg,abbaye de vicogne

L'ancien moulin aujourd'hui vu de la piedsente Masson derrière la demeure.

 

Prochaine publication: L'ancienne ligne de chemin de fer Blaton-Ath

 

 

 

01/05/2014

La rue des Hauts Arbres

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La rue des Hauts Arbres vers 1905 (Auteur inconnu) 

La rue des Hauts Arbres, anciennement aussi appelée Rue du Moulin, était une ancienne drève de hêtres avec des marais de chaque coté; le marais de gauche à l’emplacement des jardins actuels, celui de droite appelé le Thibaurieu était en réalité, l’un des viviers du moulin.

Le Pont à Chênes

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La Hunelle (en crue) au Pont à Chênes

Nous franchissons la Hunelle sur le « Pont à Chênes » ou pont du But.

Le pont délimite le territoire de Ladeuze et de Huissignies. Un écrit de Tongre-Saint-Martin(AP de Ladeuze) en date de 1741, appelle ce pont "Pont Achelle". Ensuite dans le language populaire, il sera appelé "Pont à fachennes". Ce qui explique le passage de ce pont autrefois difficile à la mauvaise saison. Pour aider à le franchir, on jetait de mètre en mètre des fagots de petit bois, dits en patois des fachennes. D'où la déformation vers la dénomination "Pont à chêne".

Nous sommes ici au point le plus bas de la partie habitée du village, c’est le confluent des différents affluents de la Hunelle, pour la rive gauche: le Barbechin et le fossé Piquet, pour la rive droite anciennement le Domissart, ce dernier venait de Grosage et pour diminuer les risques d’inondations au niveau du moulin, son cours a été modifié fin des années 1960; il longe le canal et se jette dans celui-ci au niveau de l'écluse de Ladeuze.

 

Le Jonquois 

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 Le lieu-dit "Jonquois" entre l'église et la Hunelle le long du sentier (Photo d'Ovide Canseliet 1980)

De l’autre coté de la Hunelle, nous trouvons le lieu-dit « Joncquois ».

Il s’agit des près tenant à la Hunelle et au sentier de la Haute Planque. C'est une ancienne propriété de l'église, vendue en 1809 pour financer l'achèvement de la construction de l'église; on y extraya l'argile pour y faire des briques pour continuer la construction de l'édifice. 

C’était une prairie marécageuse où poussaient des joncs, d'où l’origine de « Joncquois » qui est déjà cité dans les actes en 1443, on trouve aussi "Courtil au jonquoit, 3 journels de pasture" (1494).

 

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L'église vue du Jonquois

 La Haute Planque,

1755, la Haute Planque, nom donné au petit pont sur la Hunelle que l’on passait sur une planche .

Ce pont sur la Hunelle livrait par une large piedsente "passage à la vieille voie de Blicquy à Mons", l’accès à la prairie près de la pharmacie en est un dernier témoignage.

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Le pont de la Haute-Planque sur la Hunelle

A proximité se trouvaient la brasserie du Joncquois, la ferme du Puch ainsi qu’une houblonnière. La planque de pierre sur la Hunelle a été renouvelée en 1846 pour la somme de 33.5 F par les maître maçons Legrand et Battard .

L'ancienne "Ferme le Parme"(1616)

Dans le tournant face à Alliance Blé, il y avait un important domaine agricole ayant été aussi brasserie et auberge. Disparue au 19ème siècle, elle était aussi appelée "Ferme du Tigre".

Les usines de la rue des Hauts Arbres.... 

Une fabrique de sucre était implantée entre la ligne de chemin de fer et le canal, on ne connait pas la date du début des activités. Elle cessa ses activités à la suite de l’hiver 1880-81 qui fut particulièrement rigoureux; les fortes gelées anéantirent les récoltes et endommagérent inexorablement les installations; elle ne s'en releva pas et la partie du matériel encore valable prit la route de l’Argentine pour y travailler la canne à sucre. Cette sucrerie était agencée de 8 presses et pouvait transformer 10.000 tonnes de betteraves à chaque campagne. Elle était bâtie sur 1Hectare 60 ares de terrain entouré de murs avec une maison d'habitation. 

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Plus tard, une usine appelée Sucramos active dans la fabrication de produits mélassés pour bétail fonctionnera avec intermittence à partir de 1928 mais elle sera complètement incendiée en 1930.

Les « Pigments Minéraux » s’installèrent en 1911 pour fabriquer des colorants, des pigments en poudre, des peintures en pâtes et même le fameux blanc de zinc (Oxyde de Zinc) qui était utilisé dans la fabrication des peintures.

La société Chimique du Hainaut, sous l’administration des Bidaine, fut créée en 1928, elle fructifia jusqu’à occuper plus de cent ouvriers travaillant en 3 équipes.

L'entreprise s'oriente à partir de 1945 vers les peintures prêtes à l'emploi et commercialise des peintures au latex, synthétiques et acryliques.

 

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Les pigments minéraux ont laissé place dans les années 80 aux établissements Devleeschouwer toujours active dans les peintures et à la société Huygens spécialisée en menuiserie.

  

Autres photos de la rue des Hauts Arbres.....

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Photo prise du Pont-à-Chêne vers 1925 (Edition Equeter-Lorphèvre)

 

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Le Jonquois et la piedsente de la Haute Planque sous une parure automnale.