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29/03/2014

La rue de l'église (1)...de la Maladrerie au Court-Tournant....

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La rue de l'église et le Court-Tournant (Edition Equeter-Lorphèvre 1902)

La rue de la Maladrerie

La Maladrerie et la rue de la Maladrerie, actuellement rue de l’église, sont cités de nombreuses fois dans les actes: 1483 "Chemin de la maladrerie"; 1507: "Couture et rue de la Maladrerie", 1508 "Chemin des maladreries"; 1558: "La voye qui maine de la maladrerie d'Husseignies à Ladeuze".

 

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Une Maladrerie à l’usage des lépreux d’Hunchegnies, occupait le terrain sur lequel se trouve l’ancienne ferme Pierre-Anne Duquesne. C’était le chapitre de Leuze qui l’avait fait bâtir sur les terres appartenant à sa Seigneurie. La dernière mention de la présence de lèpre chez nous, est donnée dans les comptes des pauvres en 1594 « don d’un manteau à Jehan de Bruffay, lépreux ». L’ancien enclos de la maladrerie ou "Hurée Pierre-Anne" fut supprimée lors du pavage de la rue vers 1835.

 Le calvaire,

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Le Calvaire Pierre-Anne (Photo de Ovide Canseliet 1980)

Le vieux calvaire qui trônait à l’angle de cette propriété fut aussi supprimé lors du pavage et l'élargissement de la rue du Pont Goret.

La famille Duquesne érigea un nouveau calvaire sur le pignon de sa ferme face au chemin de la Garde. Le Christ actuel ou "Bon Dieu Pierre-Anne "provient du calvaire Duhoux, rue de Warpotte à Ladeuze, en face de la maison Ghislain.

L'ancienne ferme des Tourelles (...ou des Tourettes)

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Sur la gauche, l'ancien emplacement de la ferme des Tourelles; y subsistaient encore en 1980 une partie des murs d'enceinte (photo de Ovide Canseliet)

La ferme des Tourelles déjà citée en 1409 était un important domaine agricole ayant appartenu pendant des siècles à la noble famille Dedessuslesmoustier de Bovekerke; elle fera l'objet d'une rubrique spécifique ultérieurement.

 

Le Court Tournant

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Photo du Court Tournant vers 1925 (Auteur inconnu)

A la jonction avec la rue de la Corne, se trouve le court-tournant, on comprend mieux l’origine du nom de l’endroit en voyant le départ vers Ath avant la réalisation de la nouvelle route en 1956.

La maison de la boucherie était un cabaret dit "Chez Quéquinze" où l'on dansait à la viole.

La ferme-Brasserie Domitien Gosselin

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L'ancienne ferme Jean Dath, aussi appelée anciennement "Ferme du  Canari ».

Elle fut le siège de l’exploitation agricole et brassicole de Domitien Gosselin, bourgmestre et brasseur au 19ème siècle dont la grange construite en 1815 était la plus vaste du village. (Plus d'informations suivront dans la rubrique relative aux anciennes brasseries)

La piedsente Jean Manon

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La piedsente Jean Manon offrait un raccourci pour la majorité des gens du village se rendre au cimetière. Déjà reprise sous ce nom dans le plan Popp de 1850, elle porte le nom d'un ancien propriétaire de la ferme Debay à la rue de la Corne.

 La rue de l'église et le plan Popp de 1850

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Section B (à gauche du Court Tournant vers le Calvaire, direction Blicquy)  
N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
474/473/472 Maison/Jardin/Verger Delavallée Ernest, Maréchal
469/470/471 Maison/Jardin/Jardin Domitien Gosselin, Bourgmestre et Brasseur
467a/467a bis/468a Maison/Maison/Jardin Croisiaux Auguste, Tailleur
465a/464b Verger/Terre Idem
385/386/384a Maison/Jardin/Verger Delestray Auguste, Cultivateur
382/383 Maison/Jardin Defroyen Joseph, Tisserand
376/377/378 Maison/Maison/Jardin Coulon Pierre-Joseph, Cultivateur et consort
379/380 Jardin/Verger Idem
379b/375b/373a Maison/Jardin/Verger Jaivenois Jean-Baptiste, Cultivateur
353/352/354 Maison/Jardin/Verger Duquesne Pierre-Louis, Cultivateur
     
Section A (à droite du Court Tournant vers le Calvaire, direction Blicquy)  
350a Maison Degouys Eleuthère et Héritiers
352/351b/353 Maison/Jardin/Jardin Massy François, Cultivateur
354a/355/354c Maison/Jardin/Brasserie Gosselin Domitien et Stanislas, Brasseurs
328a/326/329a/329b Maison/Jardin/Verger/Terre Bécart Adrien, Cultivateur (Ferme des Tourelles)
324/325/323 Maison/Jardin/Verger Marbaix Jean-Baptiste, Cultivateur
     

 

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Une ancienne maison au court-tournant portant une pierre en-dessus de porte datée  1777. (Maison de Croisiaux Auguste sur le Plan Popp)

Prochaine publication: La rue de l'église, depuis le court tournant jusqu'au Pont Birique. 

22/03/2014

La rue de la Corne

Nous entamons un 3ème circuit qui nous conduira de la rue de la Corne via la rue de l'église vers le canal Ath-Blaton.

 

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Photo de Ovide Canseliet 1980

 La rue de la Corne

On devrait son nom au profil de la rue qui amorçait un tournant en forme de Corne pour éviter 2 waréchaix un peu au-dessus du cimetière; la rectification de cette courbe eut lieu en 1844 lors du pavage de la rue.

C’est au cabaret « A la Corne » à la limite de Ladeuze que dès 1836, on percevait le droit de chausséage.

Le cimetière

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Le cimetière actuel date de 1900, avant cette date nos morts reposaient autour de l’église. Le terrain appartenait sous l'ancien régime à la cure de Husseignies; elle en fut démunie sous le régime français au profit du bureau de bienfaisance.

En face, se trouve la ferme « Debay », son pignon porte la date de 1880: c’est une des plus anciennes du village, ses bâtiments auraient abrité une autre brasserie.

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  La ferme Debay (Photo Ovide Canseliet 1980)

La Place à Ladeuze,

Lieu-dit qu'il ne faut pas confondre avec la Place de Ladeuze. C'est une sorte de placette triangulaire à l'endroit où la rue de la Corne et le chemin Bailli Dupont forment un Y.

Cet endroit devenu terrain communal pendant la domination française faisait partie du territoire de Ladeuze et ne fût rattaché à Huissignies que lors des échanges de 1837. 

On note en 1447 : « Le place à Ladeuse parmy sissante 60 verges de kakeuve(*) tenu de Mme de la Hamaide ». 

En 1577: "Près à caqueuse"

(*) Kakeuve, caqueuse = Prêle.

bailli

 

 La rue Bailli Dupont 

Du nom d'un ancien bailli (*) de la seigneurie de Ladeuze, et aussi nommée "Ruelle Maton" dans le plan Popp de 1850.

En empruntant cette rue , on trouve " la couture du  Chesneau " ou couture du petit chêne. Ensuite au delà de l'ancienne voie de chemin de fer, on trouve sur la droite le lieu-dit « Le Pachy des bœufs » déjà cité en 1569, il s’agit d’un « Bonnier »(environ 1ha27) d’aulnois appartenant à la Seigneurie de Ladeuze avec autorisation de pacage, donc de pâturage libre. 

(*) Le bailli était un agent d'administration ou officier de l'autorité seigneuriale; il percevait les impots et amendes de justice.

Exemple: "Jehan Desmasures, bailli de Monseigneur Philippe Comte de Lalaing, seigneur de Husseignies dépose plainte contre Martin du Frasne de Husseignies, qui après avoir bu en novembre 1572 à la taverne Jehan de Vertenoelle devant l'église et en étant sorti avait blessé à sang et de nuit, d'un coup d'épée sur la rue Pierre Pottier dit Lachu. Le bailli réclame au nom du seigneur une amende de 20 livres blans et demande un jugement aux échevins. Après enquête et examen des chartes générales et coutumes du Hainaut, ils confirment l'amende de 20 livres blanc à imposer au coupable."  (Extrait des chirographes du greffe scabinal de Huissignies)

 Le chemin de la justice

 

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Le chemin de la justice qui allait du centre de Ladeuze aux fourches patibulaires

A la "Place à Ladeuze", on aperçoit vers l'est l’ébauche d’une ancienne voie qui va vers "les Près", c’était le "chemin de la justice" qui avant la percée du canal, reliait le centre de Ladeuze au champ des Fourques. Les condamnés en haute justice de Ladeuze étaient détachés du pilori et étaient amenés par ce chemin pour être pendus au gibet.

Les Frais Près

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 En face du cimetière, un espace bucolique, très boisé à la nature encore sauvage: "Les Frais Près" ou "Couture des Près" dans le Plan Popp. 

"Es fretz prés (1564) tenant à la couture condist des Bayart et à la rivière, jugement d'Hunchignies". 1588: Es pret; en 1594: Es prée.

  La rue de la Corne et le Plan Popp

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Section A (à gauche direction Ath)  
N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
357a/357b/356 Maison/Maison/Jardin Degand Thomas, Journalier Valenciennes
344 d/b/c Bâtiment rural/jardin/Jardin Nopenaire Benjamin, Marchand de lin
343b/342b/340b Maison/Verger/Terre Stassart Céline, èpouse Andrieux Jean-Bapt, Cultivateur
230/232/233/231 Maison/Jardin/Terre/Verger Dupret-Devos, Veuve et enfants Emmanuel , Leuze
229/227/228 Maison/Jardin/Verger Vivier Elie, Ouvrier
     
Section B (à droite direction Ath)  
495a/496/494a Maison/Jardin/Verger Crucq Joseph, Sabotier
498/499/500/501/502 Maison/Verger/terre/Terre/Pré Cossée Victor Louis Joseph, Contrôleur de 1ère classe, Mons
507/506/505/510/514 Maison/Verger/Terre/Verger/terre Dupont Veuve Félix, Cultivateur
508/509/511/513 Maison/Jardin/Verger/Terre Dupont Elie, Frères et sœurs, Cultivateurs
522/524/525/523 Maison/Maison/Maison/Jardin Jouret Hippolyte, Propriétaire et consorts, Chièvres
526/527/528/529 Jardin/Terre/Terre/Terre Idem
535c/535d/535f/535g Maison/Maison/Maison/Terre/Jardin Delecourt Philippe, Meunier à Ladeuze et Cauvin Louis Emphytéote
     

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L'église de Huissignies vue des "Frais Près", entre les saules têtards.

 

15/03/2014

La Rue de la Garde

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Le corps de garde se trouvait au coin de la rue , sur la pelouse de la maison Massy

Le corps de garde

Il se situait au début de la rue sur le coin.

Le corps de garde était un bâtiment où se tenait un poste de soldats appelés gardes. Ces gardes qui dépendaient de l’autorité militaire étaient chargés d’un service d’ordre et de surveillance.

Leurs principales fonctions étaient de garder le territoire, de veiller à l’éxécution des ordonnances, de dénoncer les soldats déserteurs, d’arrêter les mendiants, les vagabonds, les gens sans aveu, d’examiner les passeports des étrangers et de prêter main forte aux patrouilles paysannes, de prévenir la population d'un danger iminent.

Les appréhendés étaient enfermés dans le corps de garde, en attendant d’être emmenés dans les prisons du chef-lieu.

Chaque nuit à minuit les gardes tiraient un coup de feu pour attester leur présence. Le service militaire des gardes fut supprimé en 1799 et ses fonctions furent confiées à la gendarmerie.

D’apparence modeste, le corps de garde ne comprenait qu’une seule pièce éclairée par une fenêtre unique.

Sur le territoire de Ladeuze, il existait un corps de garde au Fayt et ce sont les communautés de Ladeuze, d’Hardempont et de Grosage qui en avaient l’entretien.

Les gardes du Fayt avaient la surveillance des routes jusqu’au corps de garde d’Huissignies, ceux de Huissignies jusqu’au corps de garde de Blicquy.  (L’histoire de Ladeuze, Abbé Demeuldre) 

8 à 13 hommes assuraient ce service qui déjà suspendu en 1770, fût confié en 1790 à la gendarmerie (Brigade de Basècles).

Les soussignés maire et échevins du village d’Husseignies ordonnent à Pierre-Joseph Duquesne, receveur de la taille du dit lieu de payer à Amand Legrand, maître maçon, la somme de 148 livres pour avoir démoli et rétabli le corps de garde du dit Husseignies, lequel lui fut adjugé le 20 mai de cette présente année telle qu’il en comte pour la criée concernant ce sujet et donné en notre assemblée ce 9 août 1789. Signé : FJ Massart, Blat, Staumont, André, PJ Cauchies, JB Duquesne. Amand-Joseph Legrand a reçu. (Archives de la ville d’Ath

 

terrage,fourche patibulaire,chaufour

 La rue de la Garde,

elle n’a pas toujours porté ce nom, on trouve, en 1384 : « à la rue Croix du kemin d’Ath » et en 1558, « la voye qui maine de la Maladrerie d’Husseignies à Ladeuze, couture de la Croix ».   

 Au Caufour,

C’est la dénomination de la dernière maison de la rue de la Garde (Maison Herman Thibaut).

Dès 1462, on retrouve « Les Chaufours Condist de Hunsegnies, terre de Ladeuze; "où l'on dist à chaufour en la couture de la Croix près de la cense de la Tourette (1751) ».

Des fours à cuire la roche pour la convertir en chaux (chaux fours, fours à chaux) y étaient installés. 

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Le lieu-dit "Au Caufour" 

Cette dénomination « Chaufours », se retrouve d’ailleurs dans de nombreux villages voisins où on exploitait des fours à chaux. La chaux mélangée à de la farine de seigle servait de ciment pour la construction.

 Coutures Delcroix

Citée plusieurs fois du XIV au XVIème siècle avec les noms de Delcroix-Occidentale,  Delcroix-Orientale et Mont en Croix.

Il s'agit en réalité " De la Croix...", car il y avait présence d'une croix à l'intersection de la rue de la Garde et de la rue de la Corne. C'est en 1395 que la croix est mentionnée pour la première fois.

C'était au nom de la croix et la croix sur l'habit que les chevaliers croisés au XI ème siècle partaient en Palestine pour la conquête du tombeau du Christ. La dévotion à la croix en devint très répandue et sa manifestation extérieure se traduisit dans les campagnes par la plantation de croix le long des chemins et aux abords des champs. C'était aussi un lieu de refuge; en se réfugiant auprès d'une croix, la victime arrêtait la poursuite de son agresseur.

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Un exemple de croix de campagne 

De la croix comme point de repère, la couture est divisée en: "Couture Delcroix Occidentale", du chemin de la Garde jusqu’à la couture des Vaulx à l'ouest,

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La couture Delcroix Orientale 

"Couture Delcroix Orientale", du même chemin de la Garde jusqu’à la Hunelle, aussi appelée couture des Prés, et "Le Mont-en-Croix", à partir de la croix en remontant vers Tiripré (sous juridiction de Ladeuze avant 1827).

 

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La couture Delcroix Occidentale sur la gauche de la rue 

Le Champ des Fourques,

Lieu-dit situé en la Couture Delcroix occidentale.

1517: "Couture des Fourches"; 1568: "Courtil des Fourches"; 1645: "Courtil des Fourques, 3 journels enclos de fossés".

A partir du XIIème siècle, le comte de Hainaut reprit le jugement des causes qui entraînaient la peine d emort; l'homicide, le vol, le rapt, l'incendie, tout en laissant au seigneur l'exécution de la sentance. Le criminel était suspendu au gibet dit "fourches patibulaires" et son cadavre était abandonné aux oiseaux de proie. Le gibet se trouvait d'ordinaire en quelque endroit élevé pour intimider les malfaiteurs par l'exemple. 

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Les Fourches patibulaires (Représentation)

D'après la matrice cadastrale du plan Lebeau de 1758, la terre du "Champ des Fourches" appartenait à Joseph Negleputte, il devait terrage (*) à 4 seigneurs ce qui laisse supposer que ce lieu de supplice aurait servi pour plusieurs seigneuries. 

 (*) Le terrage, sorte d'impôt sur terres cultivées de céréales qui se traduisait par le prélèvement en gerbes de celles-ci  par le représentant du seigneur avant que le paysan ne puisse engranger sa récolte personnelle. Le contrôle s'opérait sur le champ juste récolté par un sergent seigneurial et plus tard par un officier spécial. Pour les prés et les coutures, l'impôt se nommait "Cens" qui lui était sonnant et trébuchant.

La rue de la Garde et le plan Popp 

 

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N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
312/311/310 Maison/Jardin/terre Miroir Auguste, Rosalie et jean-Bapt, Journaliers
314/313/315 Maison/Jardin/terre Nairuez jean, Tisserand
317/318/316c Maison/Verger/terre Nopenaire Isidore, Cultivateur 
319bis/319 Maison/terre Veuve Vanus Bélori, cabaretière
322/321 Maison/Jardin Dath Vincent, cultivateur
304/305 Maison/Jardin Carlier Désiré et Auguste, Ouvriers
303/302 Maison/Jardin Fouquembarg Théodore Casimir, Cultivateur
300b/300c Maison/Jardin Cuvelier Veuve Jean-Baptiste et Télesphore, Ouvriers
     

 

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La Croix bien représentée sur une carte de 1745

08/03/2014

Du Moulin à vent vers Tiripré

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La butte du moulin à vent à gauche

La Ruelle du Moulin à vent et l'ancien moulin à vent,

Faisant fourche avec la rue de la Garde, on trouve dans les archives de 1554 « Ruelle du Moulin »; 1624 "Ruelle du Moulin à vent".

L’emplacement de l'ancien  moulin devait être plus à gauche de la butte, peut être vers le Château d’eau actuel.

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La 1ère construction du moulin à vent serait donc antérieure à 1550 et le dernier moulin aurait été construit sur un tumulus à la fin du XVIII siècle.

A l'origine, le moulin à vent dépendait du domaine de la "Cense de la Tourelle" mais il en a été parfois séparé soit par vente ou succession.  

En 1801, il est la propriété de la famille Noël Joseph Coulon-Negleputte et c’est en ce temps qu’un enfant a été tué par les ailes en mouvement du moulin; ce drame allait d’ailleurs altérer profondément la santé mentale du meunier qui mourut aliéné à Tournai.

La matrice cadastrale du plan Popp (1850) révèle que la famille Bécart en est propriétaire au même titre que la ferme des Tourelles aussi appelée à l'époque "Ferme Bécart".

L’incendie qui le détruisit complètement en 1889 fut d'origine douteuse d'après la rumeur publique de l'époque. Sa démolition s'en suivit en 1890.

Le terrain du moulin et la ferme attenante, furent achetés en 1894 par Nestor Dupont, ancêtre des propriétaires actuels, la famille Labie.

 

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Annonce de vente du moulin à vent (Echo de la Dendre vers 1875)

Le château d’eau,

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Le château d'eau 

Réserve d’eau qui garantit une pression minimale dans le circuit de distribution d'eau; il a été construit en 1959 lors de la création du réseau du village. Ce bâtiment est situé à la côte d'altitude 76; du haut de son dôme, on découvre un large panorama avec vue sur Leuze, La Houppe, le relais hertzien de Silly, le château d’eau de Lens et la tour de Pairy Daisa à Cambron...pas sûr qu'il soit encore fonctionnel??

Tiripré

Appartenait à la commune de Huissignies avant la démarcation cadastrale de 1837, lieu-dit aujourd’hui appartenant au territoire de Ladeuze. 

1400, Thiery Pret,1428, couture de Thiripret, 1529, Theripret, 1588, Tiripret (comptes de pauvres).

C'est la couture comprenant des prés ayant appartenu à un certain Thierry.

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Le lieu-dit "Tiripré" sur la gauche; au fond à gauche l'église de Tongre-Notre-Dame et sur la droite la ferme du Chasseur à Ladeuze.

Appellée autrefois aussi "Ville de Tiripré" par les habitants de Huissignies et de Ladeuze.

Les fouilles pratiquées en 1912 par la société royale d'archéologie de Bruxelles à Tiripré (champ N°70 du cadastre et champ contigu) mirent à découvert les structures d'une villa romaine et aussi la présence d'une étable. Cette station romaine exploitée par un colon romain consistait à ravitailler l'armée romaine occupante. La nécessité de pâturages pour l'entretien de son bétail impliquerait dans le mot Tiripré, le terme "pré". Dans cette hypothèse, "Ville de Tiripré" signifierait: l'exploitation, Villa (ville) des prés (pré) de Thiron (Tiri). (Abbé Demeuldre, Histoire de Ladeuze)  

 Les Vaulx,

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Lieu-dit les Vaulx vu du Château d'eau; au fond l'église de Tongre-Notre-Dame

Dénomination en relation avec vallée ou vallon, cette appellation se retrouve déjà actée en 1450: "Couture des Vaulx". Cette couture s’abaisse en pente douce au Nord vers le Rieu-Sauveur, elle ne fût cédée à Huissignies qu’en 1827.

Sur cette couture, quelques noms de lieux dits très particuliers sont à signaler, dans un acte de 1668, on cite la « Houblonnière en la couture des Vaux", on y aurait donc cultivé le houblon pour quelque brasserie locale. Ce fait est d’autant plus vraisemblable qu’un acte de la même époque cite "La couture  de l’aramule », signifiant champ de ramules cad de rameaux; la culture du houblon, haute plante grimpante, nécessitant la mise en place de hautes perches ou ramures, en patois de chez-nous.

A noter aussi dans un acte de 1540:« le Haut Courtil en la couture des Vaux", un courtil étant un champ clos voire un grand jardin.

Prochaine publication: La rue de la Garde 

 

 

01/03/2014

Des Haud'Oignons vers la Djeffe et les Goulouffes....

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La Djeffe (direction Blicquy) n'avait rien à envier aux célèbres pavés du nord.(Photo de Michel Baugnies fin des années 60) 

Le Caillois,

Le petit Caillois, couture 1546 et le grand Cailloit, couture 1524.

C’est la couture qui s’étend à la droite de la Dieffe en direction d’Autreppe. Ce nom vient des cailloux qui jonchent ces terres car, en sous-sol à faible profondeur on trouve une veine rocheuse calcareuse fossilifère; cette même veine apparaissant presque à fleur de sol au lieu dit "Trô del Roc" à Ladeuze (Près du cimetière de Ladeuze).

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Le champ des Caillois à droite en montant la Djeffe

Dans la partie supérieure, à une altitude de 76 m, la couture du Caillois a parfois porté le nom de « couture de Glais, » tenant au chemin de Husseignies à Blicquy (acte du 3 mai 1554, Archives de la ville d'Ath).

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La terre à cochons en la couture du Caillois

On relève aussi dans les archives: 1555, La terre à cauchons (cochons) en la couture du Cailloix, qui était une glandée en bordure de la forêt...les glands appartenant à la seigneurie étaient probablement revendus comme nourriture pour les cochons.

La Djeffe

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La Djeffe vers Huissignies; à gauche La couture Les Caillois (Photo de Michel Baugnies des années 60)

Route qui mène vers Blicquy et qui est restée en mauvais pavés et difficilement carrossable jusqu'en 1974. Son nom issu du vieux français serait synonyme de "glay", son sous-sol est constitué d'une épaisse couche de terre glaise imperméable, propice à la poterie et déjà exploitée pendant la préhistoire et la période gallo-romaine puisqu'on y a retrouvé des objets de ces époques.

Les piedsentes oubliées

 

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Deux sentiers traversaient la couture du Caillois: la piedsente d’Ath partait de la ferme Nottez directement vers Ormeignies, elle constituait la voie essentielle pour les piétons et cyclistes se rendant à Ath.

Quant à la piedsente du Caillois, elle partait du même point pour rejoindre Autreppe par les Goulouffes.

Le Bois de la Rosière

couvrait la partie au delà du Caillois jusque dans le village d'Autreppe et jusque la ferme de la Rosière; la carte Ferraris et le plan Popp (noté Bois de Husseignies) nous le montrent très bien, en 1830 il occupait encore 84 ha, en 1850 il ne subsistait plus que 66 ha.Bois Huiss.jpg

Le comte du Hainaut cèdera cette forêt à l'abbaye de Cambron au 12ème siècle; de succession en succession, elle deviendra propriété des ducs d'Arenberg qui en seront d'ailleurs les derniers propriétaires de l'ancien régime jusqu'à la déforestation progressive durant le 18ème, déforestation qui sera terminera moitié du 19ème avec la vente au fur et à mesure des parcelles aux agriculteurs.  

Les Goulouffes 

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Le lieu-dit "Les Goulouffes" aujourd'hui traversé par le TGV, le bois Lafosse, et la ferme du même nom à l'arrière.

C’est une brusque dépression au nord de notre commune, le versant nord boisé forme le bois Lafosse, dernier vestige du bois de la Rosière.

Cette cuvette a été complètement comblée pour permettre le passage du TGV. La source qui jaillissait aux flancs des Goulouffes a donné pas mal de soucis aux ingénieurs lors de la réalisation de ces travaux, ils avaient beau lui imposer un trajet, elle rejaillissait ailleurs.

Cette source portait un nom poétique « La fontaine au lait buré », ce nom lui avait été donné car en période caniculaire, les fermiers venaient s'approvisionner en eau fraîche de la source pour refroidir le lait dans la fabrication du beurre. 

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 Les Goulouffes début des années 1980 (Photo de Ovide Canseliet)

La ferme Lafosse,

Elle faisait partie d'un ensemble de trois fermes que l’Abbaye de Cambron possédait sur Ormeignies-Autreppe sous le nom de « Seigneurie de la Rosière ». De cette ancienne seigneurie ne subsistent que les fermes de la « Grande Rosière » et de la « Petite Rosière », la troisième dite « Cense des Goulouffes » disparue était établie aux environs de la ferme Lafosse. Un acte de 1330, cite Jacques de la Fosse, mayeur de Husseignies.  

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La ferme Lafosse dite aussi ferme des Goulouffes, sur le territoire d'Ormeignies.

Le Rieu Sauveur

 En 1383,"rieu du Sauvée"; en 1594 et 1644,"rieu du Saulveur". En langue romane "salvarium", réservoir à poissons. 

 

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 Le Rieu Sauveur passe en dessous du TGV et coule vers Ladeuze.

Il prend sa source derrière le TGV et va se jetter dans la Hunelle entre Ladeuze et Tongre-Notre-Dame; il constitue la limite entre Huissignies et Ormeignies.

"Sur la terre de Tiripré arrosée par le rieu sauveur, les colons romains se faisaient creuser à proximité de la villa romaine un étang dans lequel ils élevaient des poissons pour leur usage personnel. Ce réservoir qu'ils dénommaient "salvarium", traduit et altéré par "sauveur" a transmis son nom au ruisseau qui l'alimentait". (Abbé Demeuldre; Histoire de Ladeuze).

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Une dernière photo de la Djeffe de jadis......