http://huissigniesretro.skynetblogs.be

22/02/2014

La Rue des Haud'Oignons

Huissignies Album Charles de Croÿ-01 (Copier).JPG

Notre mystérieux "Haut Donjon" au centre de ce dessin naïf de la fin du 16ème siècle qui donna son nom à la rue des Haud'Oignons.(Album de Croÿ)

HD07.jpg

Rue des Haud'Oignons, nom déformé de rue du Haut Donjon comme on le retrouve vers 1502 dans les textes: rue du Donjon et rue du Haut Donjon en 1716 .

Au XIIème siècle, notre région faisait partie d’une zone tampon entre la Flandre et le Hainaut qu’on appelait Burbant. En 1136, cette région est rattachée au Hainaut et la frontière Nord est fortifiée avec la Tour Burbant à Ath, la maison-forte d’Irchonwelz, notre maison forte et notre donjon qui devait occuper une position stratégique. Puisque nous sommes dans un fief du comte du Hainaut, le dit Haut Donjon était donc inféodé à celui-ci. On trouve dans les archives: Castellum; Ruelle du Hainault 1595 ruelle menant au Bas Trieux. 

P1000580.JPG

Endroit présumé du "Haut Donjon" (Derrière maison Delphine Miroir)

L'endroit présumé par Michel Baugnies, se trouverait à l'arrière des maisons Delphine Miroir et de Suzanne Duquesne....pour d'autres, plutôt sur les hauts de la rue en dessous du château d'eau (1659 Couture du Haut Donjon)....en tout cas, les cartes aériennes ne révèlent aucune trace visible de vestige ancien...le mystère reste complet car en plus les archives contiennent très peu de renseignements qui permettraient de la localiser avec précision.Déçu! Les présomptions de Michel découlent d'actes anciens et aussi de pierres bien taillées retrouvées dans le sous-sol de cet endroit. Il semble que sa démolition ait été effectuée au 17ème siècle et les matériaux récupérés pour l'extension de notre maison-forte, le château dit Malaise....??  

La ruelle du Bon Dieu,

 La Mauvaise Voie Côté Haut d'Oignons 1982.jpg

La "ruelle du Bon Dieu" et au fond l'ancienne "Ferme du Bon Dieu" (Photo d'Ovide Canseliet 1980)

La carte Ferraris révèle que la rue était une drève plantée d’arbres depuis le lieu-dit « Coucou » jusqu’en haut de la Dieffe, vraisemblablement des chênes. Le premier de ces chênes à l'angle de la ruelle et de la rue portait un Christ, de là l’explication de la ruelle dite "du Bon Dieu", et aussi l'explication du nom de l'ancienne ferme qui se trouve au fond de la ruelle "La ferme du Bon Dieu » (...Maurice du Bon Dieu, Suzanne du Bon Dieu)! Aux limites des villages, on y trouvait très souvent une croix. On trouve dans les archives en 1701: Chemin du chêne au Dieu .

Chêne Dieu.jpg

Le chêne au Dieu (Représentation) 

 Les Coucous 

 Coucou.jpg

Lieu-dit "Les Coucous"

Le Coucou, c’était l’enseigne que portait le cabaret tenu par Eloi-Joseph Jaivenois en 1850, on retrouvait assez fréquemment cette appellation pour un cabaret situé à l’orée d’un bois; en ce qui nous concerne, l’ancien bois de Huissignies qui commençait à cet endroit et couvrait l'espace jusqu'au sein du village d'Autreppe. En 1836, c’était aussi une barrière d'octroi pour la perception du droit de chausséage (= Péage à charge des transporteurs).

La maison de l'aveugle, la piedsente de l'aveugle et la piedsente de Tiripré

Au fond de la ruelle de Tiripré, la ferme Locreille fut d'abord une forge, appartenant à François Coulon, dit « l’aveugle ». La piedsente dite de " l’aveugle" passait à proximité, elle partait de la prairie jouxtant la ferme Degauquier et parallèlement à la rue des Haud’Oignons rejoignait la ruelle du moulin à vent.

numérisation0311.jpg

La ferme Locreille au fond de la ruelle de Tiripré (Photo de Ovide Canseliet 1980)

La piedsente de Tiripré partait des Coucous pour rejoindre le lieu-dit Tiripré aujourd'hui sur le territoire de Ladeuze. 

La mauvaise voie

Ex Piedesente La Mauvaise voie.JPG

C'était l’ancien sentier qui partait des Coucous pour aboutir à la ferme Jaivenois aux Culots, le remembrement en a fait un chemin bétonné rectiligne. Cette ancienne piedsente devait son nom probablement à la praticabilité difficile due à la présence du Fossé Piquet sur le bas. Dans les archives de la ville d'Ath: La Planque Haynin, ponton sur le Fossé Piquet (1535); la Ruelle Bannum 1598. 

La ruelle du moulin

 

petite Ruelle du Moulin.jpg

La ruelle du Moulin avec Eloi Boulvin,  dernier Maréchal-Ferrant du village (Photo de Ovide Canseliet 1980)

Cette ruelle déjà évoquée précédemment qui reliait la Grande Carrière au moulin à vent aboutissait à cet endroit en la rue des Haud'Oignons.

numérisation0150.jpg

C’est en la maison Caroche qu’une boulangerie s’établit au début du XIX ème siècle et en hiver, le fournil servait de salle d’école. (Photo d'Ovide Canseliet 1980)

 

Couture du Cailloix 1.JPG

Les vestiges de l'ancien cabaret et dernière maison de la rue que l'on nommait « Au Gueux ». 

 

La rue des Haud 'Oignons et le plan Popp

 

Haud Oignons.jpg 

Section C (à gauche direction Autreppe)
N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
489b bis/489c bis/488a Maison/Maison/Jardin Nopenaire-Duquesne Maximilien, Cultivateur
490a/490c Maison/Jardin Duquesne Pierre Joseph, Cabaretier
489/488b/490a Maison/Jardin/Verger Duquesne Pierre Joseph, Cultivateur
483/484/485 Maison/Jardin/Jardin Bonte Désiré, Journalier et consorts
479/480/478 Maison/Jardin/Verger Médart Aimé, journalier et Duquesne Julie ép Dath J Bapt
474/475/476 Maison/Jardin/Verger Dath Jean Bapt dit Triste Henri, Cultivateur
473/472  Maison/Jardin Coulon-Dumoulin Théodore, Cultivateur
467b/467c/467abis Maison/Maison/Maison Duquesne Augustin, Sabotier et héritiers
467a Terre idem
428/429 Maison/Jardin Dequiper Jean-Baptiste, Sabotier
Section A (à droite direction Autreppe)
90/89 Maison/Jardin Thibaut Pierre, Journalier 
87/86/88 Maison/Jardin/Verger Degouys Désiré Joseph, Boulanger (Caroche)
84/85 Maison/Jardin Coulon-Marbaix Joseph, Ouvrier
82/81/83 Maison/Jardin/Jardin Coulon Florent, Journalier
71/70/68 Maison/Jardin/Verger Cousin Pierre Joseph et consorts, Ouvrier
72/73/77 Maison/Jardin/Jardin Cousin Jean Baptiste, Tisserand
69b Maison Limbourg Ghislain, Ouvrier
65/66/67 Maison/Jardin/Verger Duquesne Veuve Jean Baptiste, Cultivateur
64/63/62 Maison/Jardin/Verger Dath François Joseph Veuve et enfants, Cultivateur
56a/56b Maison/Maison Nopenaire Hypolite et Augustin, Cultivateurs
57a/58a Verger/Jardin  
60a/61a/59 Maison/Jardin/Verger Coulon François dit aveugle et héritiers, Journalier
55/54a Maison/Verger Jaivenois Eloi Joseph, Cabaretier (Le Coucou)

Prochaine publication: Des Haud'Oignons vers la Djeffe et les Goulouffes...

15/02/2014

La Rue Ludger Lapoulle, ex Rue des Bas Trieux

P1000396.JPG

Lieu-dit "Les Bas Trieux", aujourd'hui aménagé en "square".

Les Bas Trieux étaient des waréchaix(*) ou prés communs, terrains en friche appartenant à la commune et dont la location rapportait un droit de"patar" (monnaie ancienne de faible valeur). La commune vendit les waréchaix des Bas Trieux en 1824 pour consolider la trésorerie en vue de la construction de la première école communale.

Bas Trieux.jpg

Sous la rue des Bas Trieux coule le ruisseau "Le Fossé Piquet" aujourd'hui enfui dans un aqueduc; il était anciennement bordé de parties en friche formées d’étroites bandes de prés. Ces terrains étaient aussi des aisances communales sujettes à inondations où nos manants avaient le droit de vaine pâture pour leur bétail.

 numérisation0295.jpg

Photo de Ovide Canseliet 1980

A l’entrée de la rue, à l’emplacement du jardin Petit, se trouvaient les Maisons des Veuves, sorte de mini-hospice relevant de l’assistance publique, elles furent détruites vers 1950.

Il n’y avait pas d’autres habitations en ces lieux sur la carte Ferraris en 1770, des endroits bâtis sont repris uniquement au fond des Bas Trieux, vers la droite sur la partie plus élevée à l'abri des débordements du Fossé Piquet.

La "Rue des Bas-Trieux" deviendra "Rue Ludger Lapoulle" en 1919 en hommage à ce soldat natif de cette rue tombé en octobre 1914 dans la sanglante bataille de l'Yzer à Ramscapelle.

Ludger Lapoulle.jpg

Photo de Ludger Lapoulle en 1914 (Auteur inconnu) 

La ruelle du Moulin à Vent

P1000182.JPG

Ainsi nommée sur le Plan Popp de 1850, déjà évoquée au départ de la rue des Culots, cette ruelle qui suivait le parcours du diverticulum romain traversait les Bas Trieux, au travers de la propriété Lefebvre (Céss du Mayeur Sidore) en servitude, pour aboutir à la rue des Haud' Oignons au coin de la  maison Boulvin. Elle portera plusieurs noms au cours des temps: Ruelle du Waressay (1533), Ruelle à la Barre (1526), ruelle du Coron (1627).

Le "Paradis des kvaux"

Eul Paradis des kveaux.JPG

Cité aux Bas-Trieux en 1540, cet endroit marécageux en bordure du Fossé Piquet était propice à y enterrer les animaux, les chevaux en particulier.

La Piedsente Zante

Du nom de l'ancienne ferme riveraine à cette piedsente, elle relie les fonds des Bas Trieux à la rue des Haud'Oignons en 2 points: au "Coucou" d'une part et la " Ruelle du Moulin" d'autre part.

 

Piedsente Zante 2.JPG

La Piedsente Zante

La Piedsente des Bas Trieux

Près de la maison Jean Paul, partait la "Piedsente des Bas Trieux", aujourd'hui disparue, ainsi nommée sur le Plan Popp, elle longeait le Fossé-Piquet jusque la maison Pierre Jaivenois et ensuite obliquait pour rejoindre le chemin de Blicquy au-delà de la ferme Degauquier. 

Piedsente des Bas Trieux auj. disparue.JPG

La Piedsente du Bas-Trieux près de la maison Pierre Jaivenois, aujourd'hui disparue qui reliait en raccourci la rue de l'église à la Djeffe via la Piedsente du Pont Goret. 

La rue des Bas Trieux et le plan Popp de 1850

  

P1010111.JPG

N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
     
507/507bis/508 Maison/Maison/Jardin Delcourt Laurent, les héritiers, Journaliers 
516/518/517 Maison/Jardin/Verger Renard Aimé-Joseph, Cultivateur
512/513/511 Maison/Jardin/Verger Lefebvre François, Cultivateur (céss du mayeur Sidore)
514/515a Pépinières Lefebvre François, Cultivateur
463c/463b Maison/Jardin Baugnies-Labie Désiré, ouvrier
461b/462/463a Maison/Jardin/Jardin Labie François, ouvrier
465/464/466 Maison/Jardin/Verger Coulon-Cauchies Hypolyte, cultivateur
460/459/458a Maison/Jardin/Verger Coulon Chrisostome, Rosalie et Henri, Cultivateurs
455a/454a Maison/Jardin Capelle Veuve Nicolas
453a/453b/452 Maison/Maison/Jardin Duquesne Augustin, Cultivateur
520b/519g/521d Maison/Terre/Jardin Miroir Auguste, Tisserand
520a bis/519c Maison/Jardin Waroux Pierre-Joseph, Domestique
522/523/524 Maison/Jardin/Verger Duprez-Devos Veuve et enfants, Leuze

(*) Waréchaix: Les waréchaix appartenaient de droit au seigneur qui percevait un cens de ceux qui en étaient les usagers. Peu à peu, par l'effet de l'évolution qui tendait à affaiblir la puissance seigneurale au profit des communautés, les waréchaix comme les pâturages devinrent de véritables propriétés collectives dont les communautés disposaient en maîtresses quasi-absolues. (Léo Verriest, Le régime seigneurial)   

Prochaine publication: La rue des Haud 'Oignons

08/02/2014

Rue Joseph Lizon (2nde partie)

numérisation0028 (Copier).jpg

La rue du Pont Goret vers 1925

Quelques grafitis taillés dans les grés des anciens bâtiments de la "Ferme Bourdeau » nous rappelent que l'ancienne ferme date du 19ème siècle.....photo ci-dessous.

Céss Bourdeau.jpg

Cette partie de la rue montante située sur la droite entre le sentier du Pont Goret et le début de la rue de l'église faisait partie dans l'ancien régime de la Seigneurie d'Hardempont, dépendant elle-même du Chapitre Saint-Pierre de Leuze, mais sous juridiction administrative de Ladeuze. Cette situation perdurera jusque la démarcation cadastrale de 1837, sorte de remembrement des communes. Avant 1837, Les villages n'étaient pas homogènes, ils étaient enclavés de lambeaux de territoire appartenant à diverses seigneuries laïques ou religieuses qui étaient foncières, justicières ou les deux à la fois. La Seigneurie d'Hardempont possédait 3 autres enclaves au sein du territoire de Huissignies: à la rue Augustin Melsens, à la rue de l'église et aussi à la Quemogne. La démarcation cadastrale de 1837 se solda donc par une augmentation de la population de Huissignies au détriment de celle de Ladeuze.

L'Hounenne.jpg

Le cabaret de l'Hounenne se trouvait à la droite de la grange "1860". A la gauche de la grange: la maison Dupont. (Photo d'Ovide Canseliet 1980) 

Plus loin, nous sommes à l’emplacement de l’ancien cabaret de «L’Hounenne»(chenille en dialecte), lieu de loisir et de rencontre renommé qui avait d'ailleurs sa propre grande ducasse. La cour « Eschabinale » de la Seigneurie d’Hardempont y tenait également séance. Cet établissement était la propriété de Magloire André, cultivateur, mais aussi prestataire de services divers et en plus cabaretier. Les descendants de ce dernier nous ont légué le régistre qui servait de livre des comptes du cabaret et des services divers dont voici un extrait datant de 1730....

numérisation0001.jpg

Le moulin d’en Haut, au départ un atelier de charronnage, fut transformé au début du siècle en moulin à farine par la famille Bauwens, il était actionné par une machine à vapeur. Il fut la propriété successive des: de Vroede-Bambois, Vanlierde-Gabriels, Caron-Groothaerd, la dernière exploitation, en mode mineur, fut celle de Vanderauwera en 1971. Le moulin fut ensuite transformé en maison particulière.

Les Preux.jpg

Au Preux (1ère maison sur la droite); le moulin d'en haut, seconde maison sur la droite (Photo d'Ovide Canseliet 1980)

Au Preux. 

Nos régions n'ont pas été épargnées par la lèpre! La Maladrerie et la rue de la Maladrerie, partie de la rue de l’église, sont cités de nombreuses fois dans les actes de 1497 et 1599. Une Maladrerie à l’usage des lépreux d’Hunchenies, occupait le terrain sur lequel se trouve l’ancienne ferme Pierre Anne Duquesne (au coin de la rue) . C’était le chapitre de Leuze qui l’avait fait bâtir sur les terres appartenant à sa Seigneurie. La dernière mention de la présence de lèpre chez nous, est relatée dans les comptes des pauvres en 1594 « don d’un manteau à Jehan de Bruffay, lépreux ». La lèpre était un fléau du moyen-âge et le malheureux malade à l'aspect physique repoussant était exclu socialement, mis à l'écart dans une ladrerie ou maladrerie malgré le faible degré de contagiosité de cette maladie. L’ancien enclos de la maladrerie ou hurée Pierre-Anne, fut détruit lors du pavage de la rue du pont Goret vers 1835.

 La rue du Pont Goret (2ème partie) et le plan Popp de 1850

Section B (Partie droite du Trieu vers la rue des Hauts d'Oignons)
  Au-delà de la piedsente du Pont Goret  
361/362/363 Maison/Jardin/Verger Bourdeau Vital, Cultivateur 
358/359/360 Maison/Jardin/Verger Magloire André, Cultivateur (Cabaret L'Hounenne)
356/357/355 Maison/Jardin/Verger Nopenaire maximilien, Tisserand
353/352/354 Maison/Jardin/Verger Duquesnes Pierre-Louis, Cultivateur

 

P1010065.JPG

 

Section C (Partie gauche du Trieu vers la Rue des Hauts d'Oignons)
  Au-delà de la rue Ludger Lapoulle  
507/507 bis/508 Maison/Jardin/Verger Delcourt Laurent, les héritiers, Journaliers
506/505 Maison/Jardin Duquesne François, Cultivateur Mainvault
503/504 Maison/Jardin Nairuez Hypolyte et Augustin, Cultivateurs
502a/501b Maison/Jardin Nairuez Eleuther, Ouvrier Trazegnies
499/500 Maison/Jardin Grard Léocadie Vve Cauchies Jean Baptiste, batelière, Arquennes
498b/495b Maison/Jardin Vandevelde Désiré, Domestique
498a/493c Maison/Jardin André François, Cultivateur
497a/496a/495bis Maison/Jardin/Verger Degauquier Eusèbe-Joseph, Cultivateur
493/494/491/492 Maison/Jardin/Verger/Verger Blervacq Joseph
490d/490c Maison/Jardin Duquesne Pierre-Jpseph et fils, Cabaretiers

 Les maisons du Marquis.jpg

Les maisons dites du "Marquis" aujourd'hui emplacement de la propriété Groyne-Sculier.(Photo de Ovide Canseliet 1980). Le même endroit aujourd'hui, ci-dessous.

Le Marquis.JPG

En haut de la rue, La maison Dupont, maison bourgeoise bâtie à la fin du 19ème était propriété d'Edmond Dupont, candidat notaire et clerc de notaire de Maître Dulieu à Beloeil. 

Dupont famille.jpg

 Les demoiselles Emma et Isa Dupont et leur mère devant leur demeure vers 1932 (Photo d'auteur inconnu)

 

01/02/2014

La rue Joseph Lizon ou rue du Pont Goret (1)

Reprenons notre promenade dans le village pour un deuxième circuit, à partir du Trieu, mais cette fois, vers le nord par la rue Joseph Lizon, les Hauts d'Oignons vers la Dieffe, le Moulin à vent et la Marcotte par la rue de l’église. 

numérisation0002.jpg

La Rue du Pont Goret vers 1902 (Edition Equeter-Lorphèvre) 

La rue Joseph Lizon, anciennement Rue du Pont Goret

Cette rue devait son nom au pont qui recouvre le Fossé Piquet à sa sortie des Bas-Trieux, au niveau du magasin Marilou.

On retrouve ce nom de Pont-Goret avec plusieurs orthographes à partir de 1480....

Aux archives de la ville d’Ath: Acte de 1550 : le « Pont Ghorelz » et de 1561: « Pont Ghoret ».

Goret est le nom d’une très ancienne famille locale dont l’habitation se trouvait à cet endroit; cette famille ayant même donné un mayeur (1479 : Melcior Ghoret, mayeur) et en 1662, "Maximilien Ghoret, brasseur à la rue des Culotz ». On trouve encore vers 1694 : Arnould Goré, Martine Goret, Toussaint Gorêt, Julien Ghoré, Marie Goret.

JL.jpg

 En 1945, la rue changea de dénomination, elle devint rue Joseph Lizon, en souvenir de ce citoyen de Huissignies décédé pendant sa captivité en Allemagne durant la seconde guerre mondiale.

JL.jpg

Au début de cette rue on trouvait le cabaret du Trieu, qu’on  appelait « L’hôtesse ». En 1798, les tenanciers étaient Isidore Bastien, charron, natif de Gages et sa femme Nathalie Gosselin; leur fils Christian devint curé d’Hastières- Lavaux, il se retira à Huissignies en 1878 pour y mourir en 1883.

Diverses quittances nous prouvent que le cabaret servait en même temps de corps de garde, de chambre commune en l’absence de « Maison Communale » et de salle de fêtes.

En 1814:"Sur quittance du sieur Bastien, payé 30 frs pour loyer et entretien de la maison commune". De 1831 à 1834... payé 30 frs chaque année à Nathalie Gosselin, veuve Bastien,... entendu que la commune ne possède pas de maison commune autre qu'une chambre louée à cette fin. 

Le lundi 13 août 1828, à onze heures du matin, à la requête du sieur Nicaise, Maître Roucloux, notaire à la résidence de Chièvres, procèdera à la vente aux enchères publiques de la raspe croissante sur 5 bonniers environ, au bois de la Rosière dit menu bois, coupe ordinaire de 1829,divisé en 20 lots.

 Café des concerts.jpg

Le café du trieu nommé à l'époque "Café des concerts" à l'occasion de la     représentation de l'opérette "Les Saltimbanques" en 1941.                                   (Collection familiale Alain Fagnot)

Plus tard, la salle des fêtes connaîtra une intense activité théâtrale et musicale avant d’être transformée en maison particulière il y a plus de 20 ans…nous y reviendrons dans une rubrique dédiée aux « Cabarets et salles des fêtes ».

Eul Cabareu Schiettecatte 1982.jpg

Le cabaret Schiettecatte, dernier tenancier de cet ancestral débit de boissons et salle des fêtes (Photo d'Ovide Canseliet vers 1980)

La ferme Delestray était une propriété des Ducs d’Arenberg (Plan Popp de 1850),vendue vers 1870 à la famille Delestray-Bastien, et qui fut reconstruite à l’identique en 1875; une poutre réutilisée porte la date de 1760. En 1898, une fabrique de chicorée, actionnée par une machine à vapeur y fut installée. 

numérisation0296.jpg

La cour de la Ferme Delestray (Photo de Ovide Canseliet 1980)

 

 Le Plan Popp et la 1ère partie de la rue du Pont Goret

 

P1010064.JPG 

N° de parcelle Nature de la parcelle Propriétaire
Section B (Partie droite du Trieu vers la rue des Hauts d'Oignons)  
411/410 Maison/Jardin Bastien Modeste Charon (Anc café Schiettecatte)
408 bis /409 Maison/Jardin Duc d'Arenberg (Ferme Delestray)
408a/406a Maison/Verger Degauquier Edouard Joseph, Cultivateur
408b/407a Maison/Terre Trémont Zéphirin et Mixe Joséphine, Ouvriers
395/396/394bis/390 Maison/Verger/Pré/Terre Jonniaux Pierre-Fr.,Marchand de bois (Ferme V. Dath)
403a/4004a/402a/405b/405a Maison/Maison/Jardin/Verger/Jardin Coulon Pierre et Ferdinand, Sabotiers
400c/400d/401a Maison/Jardin/jardin André Louis, Cultivateur
399/398b/397a Maison/Jardin/Verger Dupont Jacques Joseph, Journalier

 numérisation0036.jpg

Une autre photo de la rue du Pont Goret en 1925 (le petit garçon est Florian Houx)

Section C (Partie gauche du Trieu vers la Rue des Hauts d'Oignons)  
532a/533/531 Maison/Jardin/Verger Degouys Jean Baptiste, Cultivateur
530c/530d/530a Maison/Jardin/Verger Meurant François dit Tanta, Briquetier
528/529/530c/526a Maison/Jardin/Verger Coulon François-Jos. Cult.(Maison Lucien Bernard)
527b/527c/527a Maison/Maison/Pré Meurant François dit Tanta, Briquetier

PG.jpg

La Piedsente du Pont Goret

Dans le bas de la rue, nous sommes sur le fossé Piquet, il a été couvert et coule maintenant dans un aqueduc sous la rue. De cet endroit part la "Piedsente du Pont Goret" ainsi appelée dans le plan Popp; elle joint la rue Joseph Lizon à la rue Marcel Bernard.

En 1834, le secrétaire Abraham Paul paye à Cyrille Legrand et à Jean-Baptiste Battard, tous deux maçons, la somme de 170frs75 pour la reconstruction du pont Goret sur le ruisseau.

P1000141.JPG

 La Piedsente du Pont Goret vers la Rue Marcel Bernard