http://huissigniesretro.skynetblogs.be

07/12/2013

Canteleux, hameau de Huissignies (2)

 Les Longs Prés

Ce lieu-dit est aujourd'hui le bosquet planté de peupliers traversé par un ruisseau nommé "Rieu Notre-Baie" qui vient d'Ellignies-Sainte-Anne et qui fait limite avec la commune de Huissignies. Ses eaux traversant les Longs Prés étaient autrefois retenues par les éclusettes pour le rouissage du lin et le curoir servait pour blanchir les toiles de lin des tisserands de Canteleux.  

 numérisation0024.jpg

Le "Rieu Notre-Baie" dans les "Longs Prés" (Photo d'Ovide Canseliet 1983)

Le système d’ éclusettes permettait d’inonder les parties basses de chaque coté du rieu et servait ainsi au rouissage du lin, ce qui facilitait la séparation des fibres textiles du reste de la plante. Plusieurs vestiges des ces anciennes éclusettes subsistaient encore il y a une vingtaine d'années le long du ruisseau: maçonnerie dans les berges, pierres avec rainures dans lesquelles on glissait des planches pour retenir l’eau. Les derniers tisserands connus à Canteleux, appartenaient à la famille Cousin, l’atelier se trouvait au coin du hameau, le curoir se trouvait en avant cour. 

Rieu Notre-Baie Eclusette.jpg

Eclusette dans "Les longs Prés" (Photo d'Ovide Canseliet 1983)

 En bordure des longs près, partait la piedsente  « du Viau » dite aussi piedsente « des longs près » qui longeait la ferme Delbecque pour aboutir à Robertsart (Ellignies-Ste-Anne)en passant par la ferme dite du « Viau ».

 

Piedsente du Viau.JPG

Une ancienne borne, présente aujourd'hui au musée de la vie rurale, avec les lettres AR liées qui désignaient les initiales d’Arenberg, derniers Seigneurs de Huissignies; cette borne limitait les propriétés d’Arenberg et de Ligne.

Borne limite propriétés de Ligne et d'Arenberg.jpg

La borne d'Arenberg (Photo de Ovide Canseliet 1983)

Le « Vivier Dame Colle », cité dans un acte de 1194  était un petit étang, une réserve de poissons.

1367 : « Record demandé par Jean le Maître contre jean Baudri de la convention faite par ce dernier devant Jean Plateau et Jeanne de Briffeuil, femme de guillaume le Mouton, de payer par moitié les dommages qui pourraient résulter lorsqu’on romprait l’Eclusettte parce que leur preis qu’on dist au vivier dame colle float tous d’aive »

Acte du 28 janvier 1553 (Archives de la ville d’Ath): "Jehan Aliot, brasseur à Ladeuze vend à Maître Antoine Pureur laboureur à Hunchegnies espreis condist de canteleu, tenant à l’éritage de Monseigneur le Comte de Ligne, condist le vivier dame Colle ». 

Ce vivier se transforma ensuite en prairie marécageuse de plusieurs hectares avec une faune et une flore aquatique typique traversée par  le rieu « Notre Baie ». 

Dame Colle.JPG

L'arbre borne

C'est un charme vieux de quelques centaines d’années, le « bos troê » qui a élevé en son sein, un frêne déjà plus que centenaire, c’est donc une curiosité naturelle. Le charme, était souvent choisi comme témoin de propriété, c'est-à-dire d’arbre-borne, en raison de sa longévité, celui-ci délimitait à Canteleux, les Seigneuries de Beloeil-Ligne et de Huissignies-d’Arenberg.

Charme Borne.jpg

Au centre de la photo, le charme-borne

A partir de Canteleux vers les Quéwettes, s’étendait autrefois, le bois de Canteleux.

Le bois de Canteleux comme le bois d'Husseignies qui s'étendait à partir de la rue des Hauts Doignons étaient propriété de la "terre et seigneurie d'Husseignies"; ils deviendront ensuite propriété du Duc d’Arenberg. Ils ont été défrichés au XVIIIème et dans la première partie du XIX siècle. La déforestation était appelée à cette époque le "dérodage".

Les commentaires sont fermés.