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29/10/2017

Le parcours de jeunes hochniots durant la 2ème guerre mondiale.....

Ils sacrifièrent 5 ans de leur jeunesse pour résister au nazisme.....

2. Florian Houx

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Voici le discours que prononça Florian à l’amicale des anciens prisonniers de guerre de Huissignies lors du 50ème anniversaire de la libération en 1995….Il relate son parcours de guerre :

Milicien de la classe 1939 au 3ème chasseur à pied de Tournai, 14ème compagnie, canon anti-char je suis entré à la caserne de Tournai un an avant la déclaration de guerre.

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Le  10 mai 1940, à l’entrée de l’armée allemande en Belgique, commencent les mouvements de troupes.

Ma compagnie prend position à Leuze au carrefour de Tourpes, puis retour dans les environs de Tournai et ensuite évolution vers Herent, Geel pour aboutir à Zingen sur les bords de l’Escaut.

C’est là que mon camarade Augustin Melsens de Huissignies et Jean Foucart de Beloeil trouvèrent la mort et ç’est là aussi que je fus fait prisonnier le 20 mai après des bombardements meurtriers par l’artillerie et l’aviation allemandes.

L’aventure ne faisait que commencer et cette aventure durera 5 ans.

D’abord traversée de l’Escaut en embarcation, puis direction Denderleeuw et Brasschaat à pied.

Ensuite, nous embarquons à bord d’un train qui longera la frontière hollandaise pour arriver finalement dans un camp où des milliers de prisonniers s’y trouvent déjà.

De là on repart toujours par train, ou plutôt un vrai convoi de bestiaux, on passe la frontière allemande direction le sud pour arriver au camp de Ludwisburg et on m’attribue le matricule 10.008 Stalag 5A et ensuite stalag 5B.

A partir de là, on nous répartit dans des fermes pour y faire la fenaison.

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Après un certain temps, on effectue une sélection par métier; je me déclare mécanicien et je suis envoyé dans une usine où je travaille sur un tour automatique qui produit des vis. La machine utilise beaucoup d’huile, ce qui provoque sur mes bras une irruption de boutons.

Je suis dès lors envoyé à l’infirmerie et on me choisit un autre travail dans une laiterie dans la ville de Ulm, dans le Bad-Wurtemberg  sur la rive gauche du Danube.

Nous sommes 2 prisonniers pour effectuer un travail très lourd : Nous devions réceptionner les cruches de lait et de crème des petites laiteries, les peser, les vider dans la baratte pour en faire du beurre et ensuite les nettoyer…ce qui revient à manipuler 50.000 litres de lait par jour pour en faire 3000 Kgs de beurre. Ajouter à cela le nettoyage du pasteurisateur et des 2 écrémeuses Alfa-Laval avec un bol énorme, il faut 2 hommes pour la soulever.

On nous permettra de boire du lait …mais en cachette !

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Nous logeons dans un fortin sous terre, un des 12 fortins vestiges de la guerre de Napoléon.

Nous préférons dormir à même le plancher de bois car les paillasses sont remplies de puces.

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Question manger, nous étions au régime de la ratatouille tous les jours; heureusement nous recevions régulièrement des colis de la famille et de la croix-rouge !

Un beau jour, à cause de l’avancée des troupes alliées, les allemands nous obligèrent à fuir en nous couvrant de drapeaux blancs de façon à ce que l’aviation nous repère.

Et enfin, nous rencontrons une jeep américaine qui nous libère et ils nous emmènent à la gare de Stuttgart où nous prenons un train en direction de Chalon-sur-Marne en France.

Pour vous parler de mes rapports avec la population allemande, je vous dirais qu’ils étaient quasi nuls sauf dans le cadre du travail quotidien. Je dirais enfin que j’avais des contacts un peu plus intimes mais néanmoins restés platoniques avec une jeune fille qui travaillait à la laiterie…. !

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01/07/2017

Le parcours de jeunes hochniots durant la 2ème guerre mondiale.....

Ils sacrifièrent 5 ans de leur jeunesse pour résister au nazisme......

1. Marcel Labie (2ème partie)

Pendant les mois qui suivent son retour, les activités de Marcel seront partagées entre la briqueterie de son oncle et les travaux à la ferme familiale.

Doté de notions de dessin industriel, il sera embauché dans cette spécialité par la fonderie Jadot à Beloeil le 25 septembre 1941.

Le 6 octobre 1942, l’occupant instaure une loi obligeant le travail obligatoire en Allemagne ….Dès ce moment, les allemands seront à la recherche de jeunes dont le profil les intéresse particulièrement.

Le 13 novembre 1942, une délégation allemande visite la fonderie Jadot et désigne parmi le personnel 10 jeunes aux compétences spécifiques; Marcel fait partie de ceux-là. Le lendemain, les recrutés sont priés de se rendre à Tournai pour remplir les formalités de déportation.

Sept autres hochniots  subiront le même sort: Herman Thibaut, Léon Massy, Marcel Carlier, Hector Labie, Roger Gilgean, Paul Barbieux et Emile Dubois.

La déportation

Le 16 novembre, les désignés déportés embarquent tous en gare de Huissignies pour l’exil vers l’Allemagne via le centre de regroupement de Mons. Ils arriveront à Leipzig le lendemain matin, il y fait glacial et il neige.

Les déportés sont dispersés, Marcel et Roger Gilgean sont désignés pour la même usine, une petite fonderie dans le petit village de Bösdorf à 10 Km à l’est de Leipzig. L’usine comporte une centaine de personnes et est spécialisée  dans les pièces pour le chemin de fer; Marcel est incorporé au bureau de dessin.

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Le village de Bösdorf près de Leipzig

D'emblée, la nourriture est réduite à sa plus simple expression: pain gris, choux, un peu de viande et un café « synthétique »…. Des colis en provenance de Belgique seraient les bienvenus!

Ils sont logés dans des baraquements; leur régime de travail est comme disent les allemands « la semaine anglaise » cad 5 jours de 10 heures de travail et ils reçoivent un salaire hebdomadaire de 12.47 RM (Reich Mark).

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Une des nombreuses lettres de Rose la fiancée de Marcel

Marcel reçoit un demi-jour libre par semaine pour y suivre des cours de dessin industriel à l’école technique de Leipzig ; ce qui est plutôt une nouvelle positive.

Le dimanche est réservé à la messe mais aussi aux travaux d’entretien de l’habillement et au nettoyage du baraquement. La première lettre de Rose sa fiancée arrivera le mercredi 3 décembre. Toutes les lettres leur étant destinées sont ouvertes par les autorités dont ils dépendent.

 Le 19 décembre un 1er colis de marchandises arrive de Huissignies !

Marcel constate que la population du village est assez courtoise, voire même sympathique; par contre la jeunesse embrigadée, « radicalisée au nazisme » est plus agressive . Pour se faire comprendre, ils utilisent un petit dictionnaire de traduction.

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La fonderie de Bösdorf

1943….

L’année 1943 est vécue au rythme des évènements de guerre dont les échos retentissent sur la population locale comme par ex la capitulation des nazis à Stalingrad ce qui provoque au sein de la population une sorte de sanctification des 200.000 victimes allemandes de cette célèbre bataille.

De fréquents passages d’avions sillonnent le ciel et menacent de bombardements ; les exilés sont dans ce cas priés de se disperser dans la campagne environnante, ce qu'ils finiront par considérer comme étant un fait distrayant.  

Sinon, l’ambiance parmi les déportés est assurément pessimiste, cafard et périodes de blues profond….comme on dit aujourd’hui, le « burn out » est plutôt généralisé, ce que l’on comprend aisément !

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A l'intérieur des baraquements, les déportés entassés.....Marcel en haut à gauche 

Le 6 août 1943, un certificat émanant du bourgmestre de Huissignies attestant que Marcel est fils de ferme lui parvient. Ce document est à remettre aux autorités du camp, il pourrait influencer pour obtenir une permission provisoire, le temps que la moisson puisse s’effectuer….malheureusement, la demande sera refusée par les responsables en place.

En octobre 1943, toute la région sera soumise à d’incessants bombardements qui provoquent invariablement la panique au sein de la population locale. Le mois de décembre verra de violents bombardements alliés sur Leipzig, la grande ville proche est en ruine.

Le réveillon du 31 décembre se passe en compagnie de déportés russes, tchèques et polonais qui vivent dans d’autres baraquements.   

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Un baraquement près de la fonderie

1944….

Le 4 janvier, Marcel reçoit un colis de marchandises envoyé de Huissignies le 25 novembre !

Roger Gilgean peut partir 2 semaines en congé mais Marcel doit s’en porter garant; ce qui signifie que si Roger ne revient pas en Allemagne, Marcel ne pourra à son tour partir en congé !

Le 2 février, les bombes pleuvent sur les villages environnants, tout tremble, l’horizon est en feu, un roulement infernal de tonnerre  retentit pendant environ 1 heure….scène d’apocalypse…heureusement les baraquements ne sont pas la cible de ce bombardement ! On leur dit que ces raids menés par les alliés seraient les représailles de bombardements allemands sur Londres.

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Il fallait bien se distraire comme on le pouvait le dimanche.....

En plus de son travail quotidien à l’usine et de son rôle de délégué des déportés du baraquement, Marcel est désigné cuistot suite à l’invalidité subite du préposé.

Juin 44, des rumeurs circulent sur un débarquement des alliés en Normandie, le moral de la population locale est au plus bas mais pour la revigorer, les autorités parlent plutôt de bombardements allemands sur Londres avec une nouvelle arme utilisée: les V2.

Le 1er juillet, ils sont priés de se rendre à Leipzig pour écouter une conférence de Léon Degrelle, le grand leader rexiste wallon. Un souvenir inoubliable pour Marcel et ses compagnons; ils découvrent une bête furieuse vociférant des discours haineux !  

En août et septembre, les bombardements alliés sur la région et particulièrement sur Leipzig s’enchaînent pendant que les bonnes nouvelles venant de l’ouest se multiplient: Paris est libéré par les américains, Charleroi, Tournai et Mons et ensuite Bruxelles le sont également.

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Marcel devant la porte de la fonderie

En novembre, de violents affrontements aériens se produisent entre les chasseurs allemands et anglais, c’est le grand fracas….! Le travail diminue à l’usine faute de combustibles ; le chemin de fer allemand est affecté par les bombardements ce qui explique le manque d’approvisionnement.

1945….

Après un mois d’inactivité, le travail reprend à la fonderie. Les rations de nourriture diminuent et en outre, les colis ne parviennent plus mais par contre une bonne nouvelle: les troupes russes progressent.

Le 10 avril, la gare de Leipzig est détruite et les chars américains se rapprochent par l'ouest. Les soldats allemands recherchent des tenues civiles, les usines arrêtent de fonctionner, le canon tonne aux portes de Leipzig et cette dernière est déclarée « ville sanitaire » pour être épargnée mais Hitler répète que l’Allemagne doit continuer à résister !

Le 11 avril, Marcel et ses compagnons se terrent dans un abri creusé dans le sol ; les chars américains sont tout proches et on entend le bruit des mitrailleuses.

Le 14 avril, ordre est donné aux prisonniers de guerre français d’évacuer; le climat est tendu et quelques heures plus tard, c’est à leur tour de recevoir l’ordre de partir. C’est l’effervescence, en une heure de temps, les bagages sont prêts et placés sur des charettes à bras. Ils partagent les restes de nourriture et se dirigent tous les étrangers ensemble vers un village où ils logeront dans une salle.

Le lendemain, on ne sait que faire d’eux et pour survivre, ils trouveront un peu de travail chez des maraîchers locaux. Les combats continuent sans cesse, les bombes pleuvent un peu partout.

La libération

Le mercredi 18 avril, hourah…un soldat américain  se présente à eux…c’est la délivrance après 884 jours d’exil !! 

Les habitants des villages sortent des drapeaux blancs, les jeunesses hitlériennes se réfugient dans les bois. Après le déluge des combats de la veille, enfin le calme revient ! L’armée américaine occupe le village et la nettoye !

Marcel et ses compagnons retournent à leur ancien baraquement près de l’usine, ils reçoivent du jambon, une caisse de biscuits et du pain de la boulangerie locale…mais ils sont obligés de rester car l’armée américaine engage la bataille de Leipzig où 1400 d’entre eux furent tués !

Le 23 avril, ils se dirigent à Leipzig où 5000 belges se regroupent.

Le 28 avril, l’Allemagne capitule.

Le 8 mai, l’Allemagne signe sa reddition à Reims…..c’est la fin officielle de la guerre.

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Le 1er char américain qui arrive à Huissignies ( Croisement rue Joseph Lizon et rue des Hauts D'Oignons) le 9 sept 1944

Le mardi 23 mai, après 919 jours de déportation, les exilés belges peuvent partir et embarquer sur un train qui se dirigera vers la France et ensuite le Luxembourg. Entrée en Belgique le 27 mai via Arlon, Namur et enfin arrivée à la gare d’Ath le 28 mai.

Marcel raconte : « Me voilà chez les Hainaut à la rue de Brantignies, c’est là que l’abbé Leleux, mon cousin  vicaire à Ath, est venu me chercher. C’est là aussi que ma fiancée Rose me rejoint ; nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre après cette terrible séparation ; ma mère et ma sœur l’avaient accompagnée. Eugène Mayeur averti par mon père est venu me rechercher avec sa voiture. A la maison, une fausse porte avait été dressée par mes voisins pour m’accueillir et je retrouve mon père Sylva et mon frère Willy et toute ma famille. Enfin, je suis chez moi »    

Et Marcel de conclure….

En 1944, nous étions 2.120.000 belges déportés en Allemagne. De leur exil, certains sont revenus avec une jeune femme russe ou polonaise.

Pendant ces  924 jours de déportation, nous avons subi 236 alertes ; au 27 mai 1944, nous en avions subi 190, les autres furent terribles mais par miracle, nous en sortons vivants !

Et dans l’ensemble notre détention dans un village de campagne près de Leipzig fut supportable en comparaison avec la détention dans les camps des grandes villes où la discipline était bien plus rigoureuse.

Dernière anecdote sinistre: un jour que nous n’avions plus à manger, nous avons du tuer le chat qui nous tenait compagnie pour pouvoir survivre quelques jours…. !!

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Le groupe de Marcel et le malheureux petit chat.....

 

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Marcel, 2ème à droite avec un groupe de déportés et prisonniers du village lors d'une commémoration du 8 mai dans les années 80 (On reconnaît aussi Emile Davister avec le flambeau, Alphonse Degouys, Albert Dorsimont, Aryl Martin....)  

 

Source: Mémoires de guerre, Soldat et travailleur déporté (Remémoration de faits saillants des 2280 jours qui gâchèrent six des plus belles années de ma vie) écrit par Marcel Labie.

02/06/2017

Le parcours de jeunes hochniots durant la 2ème guerre mondiale.....

Ils sacrifièrent 5 ans de leur jeunesse pour résister au nazisme.......

1. Marcel Labie (1ère partie)

Le jeudi 1er mars 1939, Marcel Labie est appelé sous les armes à la caserne Rucqoy à Tournai pour y faire son service militaire au 12ème chasseur à pied. Il est désigné pour devenir « Tireur Fusil Mitrailleur ». Quatre autres hochniots connaissent le même sort et l’accompagnent: Willy Croissieaux, André Jaivenois, Gérard Dubuisson et Jules Coulon. L’optimisme n’est pas de mise car la Pologne est déjà en guerre avec l’Allemagne.

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La guerre….

Le vendredi 10 mai 1940, l'Allemagne brise la neutralité de la Belgique et leurs troupes franchissent la frontière….C’est la guerre !

Marcel et ses comparses sont réveillés à 2 heures du matin, ils reçoivent armes et minutions et quittent la caserne 2 heures plus tard; ils se dirigent vers Gaurain-Ramecroix  où ils occuperont une ferme.

La nuit est mouvementée à cause des alertes incessantes, des combats aériens se poursuivront toute la journée, des raids destructeurs sont menés sur Tournai. A 3 heures du matin, la nuit suivante, ils embarquent en train à destination de Ath, Grammont, Alost et à l'entrée de Gand, le train essuye des tirs de mitraillette; les soldats fuient dans la campagne et rejoignent Gand où ils seront logés dans une école.

Le 13 mai, ils regagnent le village de Kieldrecht où ils sont logés dans le salon communal….pendant ce temps, les troupes allemandes progressent au travers de la Belgique. Le peloton de Marcel a pour mission de monter la garde de guet hors du village pour surveiller les avions ennemis.

Le 14 mai, ils voient défiler de nombreuses troupes françaises avec de lourds canons tirés par des chevaux; ces derniers se dirigent vers la Dyle pour y renforcer les troupes belges.Toute la nuit, des bataillons français et de cavalerie défilent avec leurs canons.

Le 15 mai au matin, tout tremble, les allemands se rapprochent, leurs canons tonnent, ils tirent sur des cibles distantes de 35 Km. Sur les routes, c’est un cortège permanent de citoyens qui évacuent et de troupes françaises. Dans l’après-midi le lieutenant décide de quitter et de partir à pied vers Beveren où ils embarqueront à bord d’un train.

A ce moment, le commandement belge s'est probablement résigné; on ne lutte pas à armes égales, les allemands sont bien mieux équipés que les alliés. De nouveaux plans de repli sur la France sont certainement élaborés.

Le train dans lequel ils ont embarqués se dirige le 17 mai vers Bruges, Dixmude, Boulogne et pendant 9 jours, ils se dirigeront vers le sud de la France via Bordeaux et Montpelier. Pendant tout ce temps, le ravitaillement fait défaut et est bien mal organisé.

Le 22 mai, ils débarquent à Avignon et poursuivent leur exode à pied au travers de villages de collines provençales; ils établissent leur camp dans une ferme du village de Saint-Gély.

Le 28 mai, ils sont toujours présents dans ce village; le commandant leur apprend que le roi Léopold III a capitulé, il le qualifie de « traître »; le gouvernement belge se retire vers Londres pour continuer la lutte et le roi est chassé.

Le lendemain, le bataillon est désigné « Bataillon de travailleurs ».

Le 7 mai, la TSF (radio de l’époque) annonce que les troupes belges repliées en France vont monter en ligne.... ce qui les rend inquiets.   

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Abandon et détention….

Le dimanche 9 juin, on les embarque dans un train de marchandise à Pont-Saint-Esprit en direction du nord-est de la France. Ils arriveront à Verdun le lendemain après-midi. Ils partent à pied dans la campagne évacuée, ils logent dans une ferme où ils trouvent de quoi se rassasier, ils y dormiront dans le fenil. A 23 heures, ils entendent les canons tonner. Le lendemain, il y aura des raids aériens sur Verdun.

La nuit du 14 au 15 juin, ils dorment par une nuit froide dans un bois près de Souilly au sud de Verdun. La nuit est rythmée par d’incessants passages d’avions de la DCA qui effectuent des bombardements sur Verdun.

Les 3 compagnies de la caserne tournaisienne marchent toujours ensemble vers Bar-le-Duc et ensuite vers Pierrefitte. Ils croisent des convois de ravitaillement qui montent vers le front et des troupes en retraite qui vont comme eux vers le sud des Ardennes françaises.

Le 15 juin, les gradés disent à la troupe : « Vous êtes libres, faites ce que vous voulez et allez le plus loin possible en direction de la Suisse…. !! » A partir de cet instant, c’est la débandade mais ils restent néanmoins groupés et se dirigent vers Epinal.

A Epinal, ils croisent les allemands qui mitraillent…Marcel sera légèrement blessé au bras droit; il sera soigné par un brave brancardier allemand et ensuite par la Croix Rouge.

Le 20 juin…OUF, la France signe l’armistice avec l’Allemagne ! Les allemands défilent dans la ville d’Epinal, Marcel reçoit une piqûre antitétanique à l’hôpital, les hochniots se retrouvent à la caserne de la même ville où ils peuvent se loger….mais pour se nourrir, c’est le règne de la débrouille !

Le 23 juillet, ils peuvent enfin partir. Ils embarquent à bord d’un train en partance pour Saarbrucke et ensuite direction Cologne.

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Le retour…..

Le train ne passera jamais le Rhin, ils ne sauront jamais pourquoi….toujours est-il que le convoi prendra la direction d’Hasselt où ils passent la nuit dans la gare.

Le 28 juillet, le train repart en direction de Mons et arrive à Jurbise.... le train ralentit….les hochniots en profitent pour sauter en bas du train et faire la belle; ils rejoignent Vaudignies à pied! Un habitant du village, l’oncle d’André Jaivenois les ramènent en voiture à Huissignies….

L’accueil chaleureux à Huissignies….

C’est dimanche et il est 10H30, les cloches sonnent et les paroissiens sortent juste de la messe….c’est l’effervescence. Ils sont entourés et embrassés par la foule en liesse qui en oublie le curé Marquegnies qui célébrait sa première messe….Il faut dire qu’ils étaient les derniers soldats qui rentraient au village; les autres ayant déjà regagné leur foyer depuis belle lurette.

Tout est bien qui finit bien….Marcel peut enfin retrouver sa famille et surtout sa fiancée Rose Dupont…… !!

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A l’endroit où ils furent ramenés à la rue de l’église, la famille Georges Croissiaux-Lorphèvre, parents de Willy Croissiaux, érigèrent une chapelle en 1945 en reconnaissance à Sainte-Rita, à Sainte-Thérèse et à la Sainte-Vierge. 

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Dès le lendemain, Marcel reprend le chemin du travail…à la briqueterie de son oncle Oscar Labie à Ellignies-Sainte-Anne…. !!

             La guerre n'est pas terminée pour autant pour Marcel....suite à la prochaine rubrique.

Source: Mémoires de guerre, Soldat et travailleur déporté (Remémoration de faits saillants des 2280 jours qui gâchèrent six des plus belles années de ma vie) écrit par Marcel Labie.

 

28/04/2017

Maurice Leleux, un hochniot dans les ordres.....il deviendra doyen de Leuze-en-Hainaut!

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Maurice Leleux naquit à la rue du Pluvinage le 28 août 1915, il était le fils de Eugène Leleux (6/11/1870-8/11/1946) boucher et de Claire Dubois (26/4/1876-9/12/1935)....des racines "hochniotes" qu'il ne reniera jamais.

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Son père Eugène exploitait la boucherie au 9 de la rue du Pluvinage; cette dernière sera ensuite reprise par le neveu d'Eugène, Felix Lorphèvre qui assurera sa continuité jusqu'en 1965, année de son décès. C'est Guy le fils de Félix qui reprendra la boucherie jusque sa retraite début des années 90.

Adolescent, il découvre la JOC (Mouvement des jeunesses ouvrières chrétiennes) et est directement séduit par les discours de Monseigneur Cardijn (*), empreints d'humanité et de militantisme à l'égard du monde ouvrier chrétien. 

Engagé dans la JOC de Beloeil au côté du vicaire Arille Delange, il devient permanent jociste. Cette mission consistait entre autres, à enfourcher le soir son vélo, pour se rendre à la réunion des sections locales environnantes. Il lui arrivait de loger chez le curé de la paroisse visitée. Il assuma pendant des années ce rôle d'animateur itinérant.

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Un petit air de curé de campagne........

Il est ensuite entré au séminaire en "vocations tardives" à Saint-Gérard vers 1937; il  restera quelques années chez les assomptionnistes pour y apprendre le latin.  

Après sa théologie au séminaire de Tournai, il fut ordonné prêtre le 25 juillet 1943. Il devenait ainsi le premier permanent jociste ordonné prêtre.  

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Le cortège des prémices quitte la maison familiale de la rue du Pluvinage à Huissignies

Les cérémonies de prémices solennelles eurent lieu à Beloeil le 1 août 1943 et à Huissignies le 8 août.

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Le cortège des prémices à Beloeil à la Grand Rue

En 1945, il est nommé vicaire de la paroisse Saint-Martin à Ath, puis nommé l'année suivante aumônier des oeuvres de la région d'Ath-Lessines-Enghien. Il parcourait les villages pour susciter et soutenir les responsables des mouvements d'action catholique; il restera dans l'aumônerie jusqu'en 1963. 

En 1963, il fut nommé doyen de Leuze-en-Hainaut; le vicaire général du diocèse de Tournai Mgr Joos procéda à l'installation du nouveau doyen le 9 juin.  

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La cérémonie d'installation comme doyen de Leuze (Photo du Courrier de l'Escaut)

Amateur du beau, il fit procéder en collaboration avec les autorités communales à la restauration de l'église décanale de Leuze à la fin des années 70.

Après 25 ans d'apostolat du doyenné de Leuze, il abandonne ses fonctions le 18 septembre 1988 à l'âge de 73 ans. A cette occasion, le bourgmestre Soudant évoque les bons rapports entre l'administration communale et la paroisse en précisant que de doyen Leleux s'était bien intégré à la vie associative leuzoise.  

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                Durant la messe d'adieu et de succession le 18 septembre 1988 à la collégiale de Leuze.

Pétri d'humilité et d'attention, il a marqué tous ceux qui l'ont côtoyé. Il souligna régulièrement "qu'être chrétien, c'est souvent ne pas faire comme tout le monde".

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A l'occasion d'une procession à Huissignies, à la chapelle de la Vierge à l'Enfant du musée de la vie rurale

Après sa retraite, il continua à vivre à Leuze et s'occupa activement de la vie de la paroisse en assurant notamment la chronique "Du haut du clocher" sous le pseudonyme "Chanteclerc" dans l'hebdomadaire paroissial "Dimanche". Au travers de ses billets, il se plaisait à rattacher des faits qui touchaient de près la vie familiale et l'éducation des jeunes au but chrétien de l'existence.

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                   Il s'éteint le 15 février 1990 à la clinique de Leuze victime d'un second accident cardiaque.

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Il repose au cimetière de Huissignies dans la tombe de ses parents. 

(*) Joseph Léon Cardijn est le fondateur en 1925 de la jeunesse ouvrière chrétienne, la JOC. Nommé cardinal en 1965 par le pape Paul VI, il est l'un des principaux acteurs de l'engagement social de l'Eglise catholique romaine au début du XXème siècle. — Wikipédia  

Sources: Bibliothèque du séminaire de Tournai, Archives du cercle d'histoire de Leuze en Hainaut, Photos collection de la famille Labie, ferme du Moulin à Vent Huissignies.

Dans la colonne de droite, un album photo qui illustre la vie de Maurice Leleux. 

01/04/2017

Une cabale amoureuse "qui tourne au vinaigre"....

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On peut lire dans l’écho de la Dendre du 13 septembre 1891….

Un crime a été commis dans la nuit de dimanche à lundi à Husseignies. Un jeune homme de Ladeuze du nom de Julien M…… , courtisait une jeune fille appelée Louisa B…….

Le père de cette dernière, âgé de 63 ans, était couché dimanche soir au rez de chaussée, lorsqu’il crut percevoir du bruit dans la chambre de Louisa : il se hata d’y monter et y découvrit sa fille en compagnie de M……

Que se passa-t-il, on ne sait. Toujours est-il qu’alors deux coups de révolver retentirent et le vieillard tomba baigné dans son sang. Une balle lui avait brisé l’extrémité d’un doigt, tandis qu’une autre pénétrait dans l’abdomen, perforant l’intestin. Tandis que le fils et la mère se précipitaient au secours de la victime, les deux coupables prirent la fuite et se réfugièrent dans les bois de Beloeil.

Vers  6 heures et demi du matin, des médecins arrivèrent et tentèrent d’extraire la balle, opération qui ne put réussir.

Le parquet de Mons immédiatement prévenu est arrivé à Husseignies par le train de 1 heure 37 après midi.

Lundi matin, les gendarmes de Basècles en tournée, aperçurent les deux coupables dans le bois de Beloeil.     

Ils voulurent les appréhender au corps, mais M…… à la vue des uniformes, braqua son révolver sur sa compagne en annonçant sa volonté de la tuer, puis de se tuer ensuite. La jeune fille détourna le coup et son compagnon se sauva.

Elle s’est laissé arrêter sans résistance : elle est gardée à vue chez elle, où son père mourant lui a pardonné.

Vingt gendarmes furent réquisitionné, par le juge d’instruction Dugniolle pour cerner et fouiller le bois avec les gendarmes d’Ath, Beloeil et Basècles. 

La victime B.......  est morte mardi matin.

L’auteur du crime, Julien M…… a été arrêté le même jour dans l’après-midi au moment où il cherchait à rentrer chez lui. Il a été dirigé vers la prison de Mons sous bonne escorte, par le train partant d’Husseignies à 4 heures. Louisa B……. a été laissée en liberté.

Le parquet de Mons a fait mercredi une nouvelle descente pour assister à l’autopsie de la victime. Celle-ci était le cousin germain du braconnier B……. tué à Stambruges en 1888 par un garde particulier et c’est son frère, qui le jour de l’enterrement du braconnier, pilla la maison du garde. On se rappelle l’affaire qui fit sensation. 

Dans l’Echo de la Dendre du 22 novembre 1891, on peut lire….

Le jury du Hainaut a eut à se prononcer sur le cas de Julien M……, maçon à Ladeuze, ayant été trouvé avec sa maîtresse Louisa B……. par le père de celle-ci, il fut assailli à coups de manche de fourche et il se défendit en tirant deux coups de révolver qui blessèrent son agresseur à la main et aux intestins. Le père B……. succomba deux jours après et M…… fut arrêté par les gendarmes dans le bois de Beloeil.

Le jury a acquitté M…… estimant qu’il s’était trouvé en état de légitime défense au moment où les coups de fourche pleuvaient sur lui.   

 

Sources: L'Echo de la Dendre (Archives de la ville d'Ath) 

25/02/2017

Photos scolaires issues de la collection de Mme Médart Madeleine, ancienne institutrice...et photos de remise des prix.

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Madeleine Debeaumont (Huissignies 14/07/1917- Huissignies 16/08/1986) fut institutrice primaire de l'école communale de 1951 à 1975.

Elle épousa Marcel Médart (1915-1961) avec qui elle eut un fils Michel (1948-2011). Elle était la fille de Victor Debeaumont (1877-1952) et de Marie Legrand (1890-1971).

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1951 Mrs Mariaulle et Clarot, Mmes Médart, Isa Derumier et Noëlle Jean

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Mme Noëlle, Mme Vandenbroeck, Mr Mariaule, Mme Médart, Mme Grumiaux et Mme Arlette Borgies

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30 novembre 1978 à l'hôtel de ville de Chièvres 

Source: Collection familiale de Mme Médart gracieusement prêtée par Marie-France Thésin, veuve Michel Médart.  

 Les remises des prix (ou distribution des prix) *

Après la guerre et jusqu'au début des années 70, l'incontournable cérémonie des remises des prix et des bulletins organisée par les écoles communales se déroulait à la salle des fêtes du trieu le dernier samedi du mois de juin.

La "distribution des prix" consistait à la remise du bulletin annuel accompagnée de prix, livres gracieusement offerts par l'administration communale du village. Cette cérémonie était précédée par un spectacle de scénettes et chansonnettes soigneusement préparé par les différentes classes sous l'égide de leurs institutrices et instituteurs respectifs. Ces derniers redoublaient chaque année de créativité pour offrir aux parents un spectacle de qualité. Mme André accompagnait au piano les chants des élèves. La fanfare participait aussi à cette fête en assurant les intermèdes.

* En patois local: Eul rendition des prix.

Voici quelques photos de ces remises des prix (Collections diverses)........

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1956 "La belle époque" (Michel Médart et....?)

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1953 "La complainte des petits vieux"

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1954 "Naissance du printemps"

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1954 "Chinois, chinoises"

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1957 "Le ballet des roses et des guirlandes"

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1957 Peter Pan

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1958 "Le beau Danube bleu"

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1958 "Le beau Danube bleu"

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1958 Les indiens

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1959 "La fête des cerisiers japonais"

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1959 Les facteurs

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1960 "Le ballet des midinettes"

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1960 (Michel Médart, Jean Paul Vandevelde, André Dessoignies)

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1960 "Rayons de soleil"

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1960 La tactique du gendarme (Bourvil)

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1961 Mon beau chapeau (Sacha Distel) et les cosaques

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1962 "Les Coccinelles"

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Alain Fagnot reçoit avec joie son bulletin et un prix offert par le bourgmestre de l'époque Albert Jaivenois entouré de ses échevins et conseillers communaux.

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JN Gosselin qui a aussi reçu son prix.

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28/01/2017

La guerre 14-18 (13): Que s'est-il passé en 1916 dans notre coin....?

A partir de début 1916, la majorité des communes disposeront d'un comité de secours. Ces derniers mettent d'abord en place une soupe populaire à destination des nombreux chômeurs; l'activité économique ayant fortement ralenti dans les mines, les usines, les carrières, les bonnetteries.. Dans certains villages, les comités de secours distribuent également des rations de farine.

Le 1er février 1916, c'est un bruit fracassant qui réveille les habitants de Mainvault. Le zeppelin LZ79 s'est écrasé sur une ferme.

Le 15 février, une rumeur mensongère se répand: les allemands réquisitionnent les porcs. Il n'en faut pas plus pour motiver la tuerie de porcs qu'on vend frauduleusement au qu'on entasse dans les saloirs.

Le 25 février, une escouade d'allemands fait visite dans les fermes pour relever des réserves de pailles, de foin, d'avoine. Le bétail est mis à la ration.

En ce mois des voleurs sévissent. Ils opèrent nuitamment enlevant lapins, poules, cochons et aussi du linge.

Le 1er avril, vers 8 heures du soir, on entend un grand bruit dans le ciel. On aperçoit dans la demi obscurité d'un ciel étoilé un "zeppelin". C'est comme un énorme cigare, il file à quelques centaines de mètres de hauteur, traversant le ciel du sud au nord ouest; il disparaît très vite. Le lendemain, à 5 heures du matin, même vacarme, même apparition.

Dans la 1ère partie de l'année, des borains en petites bandes, circulent de maison en maison, de ferme en ferme , quémandant des pommes de terre. Malgré la rareté du précieux tubercule, chacun donne ce qu'il peut. Plus tard, ils se verront forcés d'aller en Flandre. Ils repasseront, sac à dos et bien chargés. bien heureux s'ils arrivent à destination sans avoir été dépouillés par quelque gendarme.

Le 1er mai apporte une innovation: "l'heure d'été". Toutes les horloges doivent être avancées d'une heure. Motif: économie d'énergie. Les gens rechignent un peu, tardent mais ils finissent par se soumettre.

Le 5 mai, par l'effet d'un brusque changement de température, un fil télégraphique placé le long de la voie ferrée se rompt entre Ladeuze et Tongre-Notre-Dame. Ces 2 communes sont rendues responsables et punissables. Huissignies et Ormeignies sont englobées dans le châtiment. Ces 4 communes reçoivent l'ordre de faire la garde pendant 1 mois, jour et nuit, le long de la ligne. De plus, dans ces mêmes communes, la circulation est interdite après 7 heures du soir. La punition prend fin le 25 mai.

Nous entrons dans une période de vexations répétées...d'après la "Kommandatur", les déclarations d'avoine ne correspondent pas à la réalité. La présence de quelques grains d'avoine observée dans la nourriture des animaux devient pour le fermier l'occasion d'une forte amende.

Le rythme des réquisitions s'intensifie. Partout les allemands enlèvent les métaux, les laines, les matelas et les chevaux.

Malgré les nombreuses initiatives de solidarité mises en place, les restrictions alimentaires toujours plus importantes provoquent une hausse du maraudage. Les cultures font l'objet de vols fréquents à tel point que les autorités doivent engager du personnel afin de patrouiller dans les champs. 

Le 19 septembre, tous les chevaux doivent se trouver à 2 heures au trieu, des belles juments seront saisies. Le 8 novembre, nouvelle saisie de 8 chevaux à Aubechies.

A Beloeil, des repas scolaires sont distribués pour 250 enfants depuis le 1er octobre.

Notre région se trouve dans la zone d'organisation militaire allemande dite des "Etapes" cad zone tampon proche de front et administrée par les officiers militaires allemands présents sur place. Dans la zone dite d'étape, les restrictions de liberté sont plus importantes qu'ailleurs en Belgique. Le 1er octobre 1916, Wadelincourt devient frontière d'étape (cad à la limite de la zone dite d'étape et de la zone dite "du gouvernement général") et un poste de garde y est installé. Un officier allemand y résidera jusqu'à la fin de la guerre.

Les très jeunes enfants ne sont pas oubliés et sont aidés grâce à l'oeuvre de "la goutte de lait". Des comités se forment en vue de collecter le lait dans les fermes. Durant la guerre, les oeuvres de l'aide à l'enfance marcheront si bien qu'elles perdueront sous le nom d'"Oeuvre nationale de l'enfance", ancêtre de l'actuel "Office de la naissance et de l'enfance".

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Dans les 1ers jours de novembre, une rumeur parle de réquisition d'hommes...tout le monde vit dans l'anxiété.

Fin octobre 1916, les premières déportations de main d'oeuvre ouvrière commencent à Mons. Au total, 120.000 subiront ce sort, 2614 d'entre eux mourront en déportation. 

Le 22 novembre, tout le beurre est saisi pour le ravitaillement.

Le 10 décembre, l'éclairage fait défaut. Plus de carbure, plus d'essence. On s'éclaire avec la graisse du ravitaillement.

Le 31 décembre, durant toute la nuit, une pluie abondante tombe sans discontinuer. Le matin, la Hunelle déborde sur la rue de l'église et la rue des Hauts Arbres est envahie par 75 cm d'eau. 

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Sources: "L'histoire de Ladeuze" de l'abbé Demeuldre et "Beloeil à l'heure allemande 1914-1918" de Valentin Malfait.

29/12/2016

L'empoisonneuse de Husseignies: l'affaire la plus machiavelique de l'histoire du village...

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Extrait de "L'Echo de la Dendre" du 21 juin 1877

Husseignies. - La dernière semaine, un vieillard de cette commune, M. Napoléon  D., rentier, mourait à l'âge de 70 ans; des bruits d'empoisonnement ayant circulé, le bourgmestre fit surseoir à l'inhumation et prévenir le parquet: une descente de justice a eu lieu, et, après l'autopsie du cadavre une arrestation a été opérée.

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Extrait de "L'Echo de la Dendre" du 16 août 1877

Les empoisonnements d'Husseignies - On écrit de Ladeuze à L'Etoile. C'est à Husseignies, village situé sur le chemin de fer d'Ath à Blaton, que les faits se sont passés.

  • Le 31 juillet, mourait dans cette commune un propriétaire cultivateur nommé Napoléon Demarlière. Il avait, disait-on, succombé en quelques heures à des douleurs d'entrailles accompagnées de vomissements. Cette mort si inattendue et entourée de circonstances si anormales avait éveillé des soupçons. On se glissait à l'oreille le mot empoisonnement, et l'on accusait tout bas la veuve Duvivier, fille de Napoléon, d'avoir fait mourir son père par le poison.
  • Le garde-champêtre du village, justement inquiet de l'accusation grave qui circulait dans le public, se rendit à Chièvres, chez le juge de paix du canton, et lui raconta ce qui se passait.
  • Celui-ci informa aussitôt le procureur du roi, qui se rendit le lendemain sur les lieux accompagné de la gendarmerie et de deux médecins légistes. On procéda à l'autopsie du cadavre, et les entrailles de la victime, renfermées dans des bocaux, furent transportées à Mons pour être soumises à l'analyse chimique. C'était le 2 août. Le 3, une enquête judiciaire eut lieu à la suite de laquelle M. le procureur du roi délivra un mandat d'arrestation contre la veuve Duvivier. Elle traversa le village entre deux gendarmes et fut incarcérée le jour même à la prison de Mons.
  • Une nouvelle descente de justice eut lieu le jour suivant. La mort étrange du frère de l'accusée, décédé il y a deux mois; celle de son mari, mort il y a dix mois; celle de son oncle, riche célibataire, enlevé subitement il y a deux ans, à la veille du jour où il devait se marier: enfin les révélations graves qui furent faites pendant l'enquête sur les tristes antécédents de la veuve Duvivier apprirent bientôt à la justice que cette malheureuse pouvait avoir commis quatre crimes d'empoisonnement. On procéda successivement à l'exhumation et à l'autopsie des trois cadavres. Le père, Jules Demarlière avait été enterré dans le cimetière d'Husseignies; le mari Florent Duvivier et l'oncle, François Demarlière reposaient dans le cimetière de Tongre-Notre-Dame. C'est dans cette commune qu'auraient été commis les deux premiers crimes. 

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  • On ne connait pas encore dans le public les résultats des recherches de la science pour découvrir le poison dans les viscères des victimes; mais s'il faut en croire tout ce qui se dit et se répète sur cette triste affaire, les annales de la cour d'assises de Mons, déjà si tristement célèbres, pourront prochainenent enregistrer les détails lugubres de ce drame en quatre actes, dont le triste héros est une femme, une mère de famille!
  • Il est impossible de dépeindre la pénible émotion causée chez les habitants de ce pays par la découverte de quadruple crime. 

Extrait de "L'Echo de la Dendre" du 25 octobre 1877

Husseignies.- L'instruction de l'affaire de Husseignies est presque terminée; d'après une rumeur qui circule, les empoisonnements auraient été pratiqués à l'aide de l'arsenic: on croit que l'affaire pourrait être mise au rôle des assises de novembre.

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Extrait de "L'Echo de la Dendre" du 1 novembre 1877

L'ouverture des assises du Hainaut aura lieu le 11 février 1878, sous la présidence de M Le Conseiller Bahut du Mares. - L'affaire des empoisonnements de Husseignies sera jugée pendant cette session.

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Extrait de "L'Echo de la Dendre" du 31 janvier 1878

Chronique judiciare - Cour d'assises du Hainaut - Condamnation à mort de: L'empoisonneuse d' Husseignies.

C'est la semaine dernière qu'ont eu lieu à Mons les débats relatifs à cette affaire dont on a beaucoup parlé dans nos contrées.

Flore Demarlière, nos lecteurs ne l'ont pas oublié, est accusée d'avoir commis, avec intention de donner la mort, des homicides volontaires sur son mari, son frère, et son père, et des tentatives d'homicide volontaire sur sa mère et sur Louise Demarez, Eugène Demarez, Marie Fontaine, Jules Brooms, François Debruxelles et Palmyre Demarlière. 

Flore Demarlière s'est présentée à l'audience avec un aplomb extrême; c'est une femme d'une cinquantaine, un peu bouffue, haute en couleur et qui ne semble pas détester le petit verre; elle s'occupe plutôt d'arranger sa toilette que de ce qui se passe autour d'elle et regarde le public avec assurance. Elle a nié avec tenacité tous les empoisonnements dont elle s'est rendue coupable.

Soixante témoins sont venus corroborer les faits contenus dans l'acte d'accusation. Les débats ont été très animés entre les médecins légistes et ceux produits par la défense, comme entre le ministère public et l'avocat Pichnèque chargé de la défense.

Malgré les efforts de celui-ci le verdict du jury rendu jeudi soir a reconnu coupable d'empoisonnement sur son mari, son père et son frère, la femme Demarlière qui a été condamnée à la peine de mort.

La condamnée s'est levée au prononcé de cette sentence, a dit qu'elle était innocente et qu'avant un mois ce jugement injuste serait cassé.

Ramenée dans sa cellule, elle aurait dit: " Pas une larme, pas un regret, montrons que nous avons du courage et Dieu ne nous abandonnera pas."

Comme le dit un confrère de Mons, cette femme, ou est un monstre ou est une folle. 

Extrait de "L'Echo de la Dendre" du 4 avril 1878

Chronique judiciaire.

La trop célèbre Flore Demarlière, veuve Duvivier d'Husseignies, s'était on le sait pourvue en cassation contre l'arrêt de la cour d'assise de Mons qui l'avait condamnée à la peine de mort comme coupable d'un empoisonnement par l'arsenic, sur la personne de son père, de son mari et de son frère et de tentatives d'empoisonnement sur plusieurs autres personnes de son entourage. La cour suprême (section criminelle) présidée par M. De Longé, s'est occupée de cette importante affaire dans une de ses récentes séances et elle a maintenu la sentence prononcée par la cour d'assises et condamne Flore Demarlière aux frais de l'instance.  

Sources: L'Echo de la Dendre - Archives de la ville d'Ath

Extraits:

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D'autres organes de presse ont également relayé cette triste affaire: Le Courier de l'Escaut, l'Echo du Parlement, le Bien Public et la Meuse. Vous pouvez retrouver des extraits de ces médias dans le document qui suit. (Issus du site de la Bibliothèque Royale de Belgique KBR / Journaux numérisés) 

Flore Demarlière KBR 11.docx

 

Et pour terminer l'année, un clin d'oeil à André Dequiper qui nous a brusquement quitté il y a quelques semaines; il aurait eu 64 ans ce 30 décembre.....  

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André est assis au 1er rang, le 4ème garçon à partir de la droite (Photo de 1961)

Il était le fils d'Oscar Dequiper (1929-2000) et d'Eliane Depauld.

 

26/11/2016

Louisa Delcourt, la centenaire de 1970...le 4 octobre 1970, c'est la fête au village!

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Louisa naquit le 1er octobre 1870 à Ladeuze à la rue du Hameau, elle était la fille d’Emerille et de Joséphine André.

Elle effectua ses écoles primaires à l’école des religieuses de Tongres-Notre-Dame; elle se plaisait à rappeler qu’elle s’y rendait en sabots.

Elle entama son adolescence en entrant en service à Chièvres, mais très vite ses parents la rappelèrent pour travailler à la ferme familiale. En même temps, elle effectuait des services à la ferme voisine où elle y travaillait pour 80 centimes (francs belges) la journée. Elle y effectuera toutes les tâches de la ferme de l’époque: par ex piquetter, tirer le lin, faire jusqu à 11 charretées de paille en une journée.

Elle se marie avec Oscar Baugnies (dit Eul Gris) le 3 mai 1905 et vient habiter à Huissignies au lieu dit « les coucous » à la rue des Hauts Doignons où les époux exploiteront une petite ferme.

Ils eurent 2 enfants, Léon qui épousa Simone Duquesne et Marcel qui épousa Solange Coupez et 1 petit-enfant Jean Baugnies.

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C'est au lieu-dit "Les Coucous", au fond de l'impasse de la rue des Hauts Doignons que vécut Louisa. 

 

      Une superbe fête est organisée par la commune de Huissignies le dimanche                                                    4 octobre 1970….

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Dès 9H30, un cortège se forme sur le Trieu avec la participation de la royale fanfare communale, des écoles et d’autres sociétés locales. Le cortège se dirige vers « les coucous » au domicile de la centenaire qui prend place dans une BMW conduite par Mr Depotter, garagiste de Vaudignies.

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Cécile Assoignons, jeune majorette de la fanfare remet des fleurs à Louisa sa voisine

Le cortège se rend à l’église où un office est célébré par l’abbé Delire, curé honoraire de la paroisse et l’abbé Meerschaut, curé de l’époque. Au cours de la messe dans une église comble l’abbé Meerschaut rappelle les nombreux pélérinages que Louisa effectua dans sa vie et spécialement durant la guerre 14-18.

Après la messe, le cortège part vers les écoles remarquablement garnies où le conseil communal de Huissignies accueille la jubilaire. La fanfare et les majorettes exécutent de magnifiques parades sur le Trieu.

La bourgmestre de la commune Jeanne André au nom du conseil communal et de la population prend la parole : « Vous êtes ma chère Louisa la vedette de l’actualité, une belle centenaire qui a un cœur de 20 ans; et vous aimez tant raconter les anecdotes de votre bon vieux temps. Vous êtes une dure au caractère heureux; à l’âge de 82 ans vous disiez « je ne sais pas vieillir » et à l’âge de 95 ans avec ardeur et courage, vous guérissiez d’une cassure du col du fémur ».

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Louisa entourée de sa famille

La bourgmestre lui remet ensuite un magnifique fauteuil, des fleurs et une photocopie de son acte de naissance. Elle lit ensuite une lettre adressée par le roi Baudouin et la reine Fabiola qui s’associent à cette journée. Elle recevra des souverains une bonbonnière en argent. Louisa reçoit également des cadeaux du Crédit Communal, de l’association des commerçants et de la royale fanfare.

Un vin d’honneur est ensuite servi en son honneur.... y sont présents: le bourgmestre et ses échevins: Jacques Houx, échevin de l’instruction publique, René Fauquet échevin des travaux, Marcel Labie échevin des finances, ainsi que les conseillers communaux; Hector Labie, président des déportés, Albert Jaivenois président des anciens combattants, Maurice Gévas, président des LFNJF, Irma Houx présidente des commerçants et Jean Dulac, sénateur et bourgmestre de Beloeil.

L’après-midi, un festival de musique regroupant les fanfares de Huissignies, Ladeuze, Vaudignies et Chièvres se déroule à la Marcotte. A la fin de l’après-midi, la jubilaire remit au chef de chaque fanfare un fanion portant la mention: « Centenaire de Louisa Delcourt Huissignies 4 octobre 1970 ».

A 20 heures, des feux d’artifice furent tirés près du domicile de Louisa "aux Coucous" à la rue des Hauts d’Oignons .

La journée se terminera par un bal en la salle des fêtes du Trieu animé par un tout jeune orchestre local(*).

Louisa ouvrit même le bal avec son petit-fils Jean Baugnies sous les applaudissements nourris de la foule estimée à 800 personnes.

Louisa meurt le 10 mai 1973 à son domicile à l’âge de 102.5 ans....De mémoire d’archive, personne n’a jamais vécu aussi vieux à Huissignies.

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L'ancien corbillard de Huissignies, descendant la rue des Hauts Doignons, emmène Louisa vers sa dernière demeure

(*) orchestre formé par les jeunes de la fanfare : Chantal et Francis Degouys, Jean Pierre et Michel Houx et Eddy Tilly.

Sources : « Courrier de l’Escaut » et « Nord Eclair » et avec l'aide de Suzanne Duquesne.

29/10/2016

In Memoriam Michel Baugnies (1927-2016)

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                                                        A l'église de Huissignes - Journée du patrimoine 2012

Michel est né à Canteleux le 31 décembre 1927, fils de René Baugnies (1893-1957) et de Jeanne Cousin (1896-1984) qui exploitaient une ferme dans ce hameau de Huissignies. Il avait un frère de 2 ans son aîné.

Il fera son école primaire à Beloeil et poursuivra sa scolarité à l’institut provincial d’horticulture de Tournai d’où il sortira diplômé à la fin de la 2ème guerre mondiale.

Il exercera la profession de jardinier-horticulteur durant toute sa vie active. 

Dès sa tendre enfance, il sent battre de façon particulière le cœur de son terroir; enraciné à sa terre natale, il en percevra tous les aspects historiques, humains et politiques. 

Très jeune, les dires des anciens de Canteleux l’intriguèrent; ces derniers prétendaient remonter des éléments de toute nature lors des travaux de labour des champs aux Mervaux. Un jour, il voulut en avoir le cœur net; il prit sa pelle et sa pioche et commença à en investiguer le sol. Ainsi naquit sa passion pour l'archéologie.

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Ses recherches ne furent pas vaines, il mettra à jour avec l'aide d’autres archéologues un oppidum, un camp fortifié, des bas-fourneaux et quelques tombes gallo-romaines.

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Intéressé par la vie de nos ancêtres, il écoute avec attention lors des longues soirées d'hiver les abondantes racontes de ses aïeux et des anciens de Canteleux qui eux-mêmes remontaient le temps. Ainsi naquit sa passion pour l’histoire locale.

Ses investigations d’archives locales et régionales sont incommensurables, les heures passées aux archives d’Ath et de Mons sont incalculables.

Il sauvera des flammes les archives de la commune de Huissignies, archives traitées avec négligence et inconscience lors du transfert vers Chièvres suite à la fusion des communes en 1976!

Grâce à sa mémoire exceptionnelle qui restera intacte jusqu’au bout, il enregistrera le moindre détail de façon étonnante; son esprit était une abondante bibliothèque, sorte de disque dur de mémoire de plusieurs siècles. 

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Aux Mervaux, sur les terres de son enfance en 2013

Les extraits d’archives et annotations diverses puisées ci et là, recopiés patiemment avec une écriture calligraphique ont finalement permis un travail de transmission d'histoire et de mémoire locale via  le site « Huissignies Rétro » que j’ai créé avec lui en 2013. De nombreuses rubriques postées à ce jour ont trouvé leur inspiration dans ces travaux de recherche.   

Guide en temps et heure au musée du pain de Grosage, il est aussi parmi ceux qui ont créé l'association de la sauvegarde du patrimoine en 1980 qui donnera naissance ensuite au musée de la vie rurale.

Epris de justice, respectueux de son prochain, homme de bonté, la devise de Michel était « Paix aux hommes de bonne volonté ».

Il s'en est allé le 12 octobre dans la paix, la discrétion et la sérénité comme il a vécu.

Son esprit lucide qui n’avait pas pris une ride me laissait espèrer qu’il puisse encore rester parmi nous quelques années....il est parti plus vite que je ne l'aurais imaginé !

Il avait épousé Marcelle Marchal (1930-2000), gaumaise d'origine avec qui il eut une fille Corinne, elle même maman d'un fils Kevin.

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                    En vacance dans le Var en 2014

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30/09/2016

Husseignies de 1789 à 1814 (4), les "hochniots" au service de la gloire de Napoléon....

                 La conscription et les husseigniens morts pour la gloire de Napoléon….

Dans l’ancien régime….

Jusqu’à la fin du 18e siècle, l’armée était principalement une armée de métier. C’était la tâche des fameux « sergents recruteurs » de la constituer.
Les sergents recruteurs placardaient sur les murs ce qui sera la première affiche publicitaire de l’histoire « Avis à la belle jeunesse ». Ceux-ci étaient des personnages hauts en couleur qui arpentaient villes et campagnes pour embaucher, belles promesses à l’appui, les jeunes gens épris d’aventures, d’autres dégoûtés de leur état de paysan exploité, d’autres encore pour qui l’enrôlement sera l’occasion d’échapper à la potence.

Sous le régime français…..
C’est en 1798 que le général Jourdan fit passer une loi instaurant le service militaire obligatoire et que naquit le mot « conscription » qui consistait en l’inscription au rôle des jeunes gens parmi lesquels le tirage au sort désignait les « conscrits », c’est-à-dire ceux qui devaient partir pour le service militaire. Quand, la même année, furent apposés les premiers placards annonçant l'extension des lois sur la conscription à la Belgique, il s'ensuivit un tollé général et des manifestations de rébellion des paysans éclatèrent aux quatre coins du pays. L’insoumission était quasi générale.
En l’an VII de la République (1799), une proclamation du général Collaud, commandant en chef des départements belges, promettait le pardon à ceux qui gagneraient enfin les rangs de l’armée. Ces belles promesses n’eurent pas beaucoup d’audience et les belges restèrent farouchement hostiles à la conscription. Il faut dire qu’annexés, nos ancêtres n’avaient pas, comme les Français, le stimulant de la gloire nationale.

La charge de la circonscription se révèlera inégale de région en région. Les départements annexés de la Belgique ont payé un lourd tribut à la levée des conscrits. Dans le département de Jemappes, la part des conscrits dans la population totale était de 1% alors que la moyenne française était de 0.74%.

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Le tirage au sort

D'habitude, au mois de février, une affiche signée du bourgmestre et des échevins faisait savoir aux futurs miliciens la date du tirage au sort. Le jour fixé, on groupait les intéressés de toutes les communes faisant partie du canton de milice . C'est au chef lieu du canton (Chièvres) qu'avaient lieu les opérations de ce mode de recrutement des jeunes troupiers. Celles-ci étaient présidées par le Commissaire d'arrondissement d’Ath. Individuellement, le conscrit mobilisé pouvait, après être passé en conseil de révision, demander à un suppléant, moyennant finance, de rejoindre le régiment à sa place.  Le conseil de révision du département de Jemappes se prononçait sur les exemptions pour raisons physiques qui constituait un tiers des appelés.

A noter que nous faisions partie du département 86, celui de Jemappes...en référence à la célèbre bataille remportée par les français.

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Les husseigniens connus, morts au combat pour Napoléon

Brassart Nicolas-Joseph, grenadier au 21ème régiment d’infanterie de Ligne, 4ème bataillon, entré par évacuation à l’hospice (hôpital) civil de Haguenau le  8 du mois de mai 1809 et y est décédé le 10 juin 1809 par suite d’une blessure.

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Duquesne Jean-Baptiste, fusillier à la 5ème compagnie du 1er bataillon de la 2ème légion de ...(?)  est entré à l’hôpital de Pamplune (Espagne) le 22 du mois de décembre de l’an 1808 et y est décédé le 4 janvier de l’an 1809 des suites de fièvre.

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Duquesne Jacques-Joseph, 2ème canonnier à la 2ème compagnie du 1er régiment à pied du corps impérial de l’artillerie est entré à l’hôpital de Tudela (Navarre Espagne) le 24 janvier 1809 et y est décédé le 21 février de l’an 1809.

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Dubois Pierre-Joseph, grenadier au 21ème régiment d’infanterie de Ligne, 3ème bataillon, est entré à l’hôpital de Thorn (Pologne) le 2 du mois de septembre 1807 et y est décédé le 22 du mois de la même année.

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Meurant Narcisse, fusillier à la 6ème compagnie du 1er bataillon du régiment de Walcheren, âgé de 25 ans est entré à l’hôpital de Middelbourg (Pays-Bas) le 12 du mois de septembre de l’an 1811 et y est décédé le décédé le 17 de novembre de l’an 1811.

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Jaivars Dominique, fusillier au 6ème régiment de Walcheren, 1er bataillon 2ème compagnie, âgé de 25 ans est entré à l’hôpital de Berg-op-Zoom (Pays-Bas) le 5 du mois d’octobre de l’an 1811 et y est décédé le 30 du mois de novembre 1811 de suite de dysenterie.

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Sources: Archives de l'ancienne maison communale de Huissignies.

29/07/2016

In Memoriam Marc De Braekeleer (1950-2016)

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Fils de Roger et Irène Picron, Marc naquit en mars 1950 à Huissignies au 30 rue du Pluvinage.

Après ses études primaires à l'école du village, il effectuera ses humanités à l'athénée royale d'Ath.

Il poursuivra ensuite des études de médecine à l'Université Libre de Bruxelles d'où il sortira en 1975 avec le titre de "Docteur en médecine générale".

Il s'installera de 1975 à 1985 comme médecin généraliste à Huissignies, à la rue Maifrette où il avait construit une villa.

Rattrapé par le virus de la recherche, il entamera ensuite un parcours de globe-trotter scientifique qui le mènera d'abord au Canada où il participa à des recherches sur la mucovicidose, et ensuite à la faculté de médecine de Bordeaux et enfin à l'Université de Brest en Bretagne.

Dans cette université, il sera responsable du laboratoire de cyto-génétique et biologie de la reproduction et sera pendant quelques années Doyen de la faculté de médecine.

Il était le père de deux enfants: Etienne et Marianne.

Nous avons appris son décès inopiné la semaine passée; voici le communiqué de l'université de Brest.....

Brest

L'Université de Bretagne Occidentale, l'UFR Médecine et Sciences de la Santé et le Centre Hospitalier Régional et Universitaire de Brest, s'associent à la peine de la famille et des proches de Monsieur Marc DE BRAEKELEER Professeur des Universités Practicien hospitalier Doyen honoraire de la Faculté de Médecine Responsable du laboratoire cytogénétique et biologie de la reproduction au CHRU de Brest. suite à son décès survenu brutalement.

Un dernier hommage lui sera rendu lundi 25 juillet, à 16 h 30, au Centre funéraire du Vern à Brest. Dans le respect des souhaits de sa famille, des dons sont à privilégier, au profit de l'action de l'association soutenue par le Professeur Marc De Braekeleer.

 

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Photo d'école de Huissignies. Marc se trouve au 2ème rang; le 2ème à partir de la droite.

02/07/2016

Husseignies sous la période française (1794-1814)(3): Recensements et réquisitions.

Généralité

De tout temps, nos ancêtres payèrent un lourd tribut aux occupations militaires....l'occupant français ne fut pas en reste! 

Les réquisitions faisaient partie de ces lourds fardeaux à supporter, elle portaient tant sur les denrées alimen­taires que sur les hommes, les chevaux attelés à des chariots, des bestiaux soit vivants ou abattus pour avoir de la viande fraîche pour le ravitaillement des troupes, mais aussi du pain et des céréales pour les chevaux des troupes: froment, avoine, seigle, paille. Les fermiers étaient en plus corvéables de missions de transport diverses suivant les charrois et animaux de trait qu'ils possédaient.

 Les réquisitions diverses

  • Les premières troupes françaises entrées en ville d’Ath pour en prendre possession au nom de la république française, l’assemblée des magistrats et conseils de la ville d’Ath s’est réunie le 7 juillet 1794.

15000 rations de pain, 8000 livres de viande et 7000 pots de bière sont à fournir  le lendemain matin à Meslin-L’Evêque où se trouve campé un corps d’armée.

D’autres réquisitions sont déjà mentionnées à l’assemblée du 11 juillet : fer, plomb, cuir, drap.

  • Bétail, chevaux et chariots

En séance du 18 nivose de l’an II (1794), les maires et municipaux de Husseignies disent qu’ils n’ont trouvé dans leur commune que 7 vaches, 2 bœufs et 12 moutons propres à livrer aux réquisitions et qu’ils ne sauroient fournir les 12 vaches, 5 bœufs que l’on demande à la dite commune et prient le Directoire d’être déchargés des 5 restants.

Le 17 septembre 1794: les autorités communales déclarent 52 chevaux et 13 chariots. Signé Joseph Coulon, PA Dath, FJ Meurant, P Staumont et Luc Fontaine.

En séance du 3 floral an III (1795), les maires et municipaux d’Husseignies demandent exemption de fournir bœufs et vaches disant qu’elles servent toutes à la consommation des habitants.

Au 15 prairial de l'an III, les autorités communales déclarent qu'il existe à Husseignes: 10 chariots, 18 chevaux de plus de 3 ans et 15 juments pleines.

En séance du 19 nivose de l'an III, Cyril Legrand, François Dufrasne et PF Hennebicq demandent être exempts de pourvoir une quotité pour la réquisition en vaches frappée sur leur commune. Les pétitionnaires n'étant que des ménagers détenant 2 vaches au plus chacun.

 

  • Journal 697 du 19 décembre 1813 :

Vu la dépêche de son Excellence le ministre directeur de l’administration de la guerre . Ce dernier vient d’ordonner la levée par réquisition de 15000 chevaux de cavalerie dans laquelle le département de Jemappes est compris pour savoir :

Chevaux de cuirassiers 120

Chevaux de dragons 80

Chevaux de cavalerie légère 80.

Les chevaux devront au moins avoir 60 mois et pas plus de 9 ans.

Leur taille mesurée sous potence devra être au moins :

Pour les cuirassiers de 1m549cm à 1m597cm.

Pour les dragons : de 1m502 à 1m543cm

Pour la cavalerie légère : de 1m434 à 1m439cm.

Tous les chevaux seront hongres, on pourra toutefois admettre 1/3 de juments garanties non pleines.

Le recensement de 1813 relève l’existence de 82 chevaux à Husseignies.

  • Céréales

En séance du 6 germinal de l’an II, la municipalité de Husseignies prévient le Directoire qu’il leur est impossible de fournir les 4 sacs de grain qu’ils sont invités à livrer à cause que les habitants de la dite commune seront bientôt obligés à aller en chercher ailleurs.

En séance du 9 vendimiaire de l’an II, les fermiers de Husseignies déclarent ne pas avoir assez de grain pour la subsistance des habitants de leur commune et exposent l’impossibilité où ils se trouvent de fournir du grain au marché d’Ath et demandent d’être exempts de cette livrance.

En séance du 23 vendimiaire: Les citoyens Isidore Lefebvre et Théodore Massart, ce dernier pour sa mère, disent qu'ils sont requis de fournir une quotité d'avoine chacun, mais ils observent qu'ils n'en ont pas assez pour la subsistance de leurs chevaux tandis qu'il serait aisé aux municipaux de la faire parvenir à la réquisition par les ménagers de la dite commune qui n'ont pas de bétail. Ils demandent que le Directoire leur en donne l'ordre. Signé Isidore Lefebvre. 

...Réponse du Directoire: Les pétitionnaires pourront s'adresser à leur municipalité laquelle est invitée d'avoir tel égard que de justice, observent qu'on doit prendre l'avoine que des particuliers ont à vendre, avant de requérir celle nécessaire à la subsistance des chevaux de la commune.

Le 3ème pluviose de l'an III: Nous, officiers municipaux de la dite commune d'Husseignies, sommes transportés au domicile de Joseph Coulon, habitant la commune, tenant genièvre où nous avons fait le recensement des grains préparés pour la distillation de la dite genièvrerie, nous y avons trouvé le nombre de 80 sacs de grains préparés à cette distillation et nous lui avons donné le temps de 40 jours pour la consommation de l'entièreté du grain germé pour la dite distillation de genièvre. Fait le présent procès verbal pour valoir ce que de raison. Signé Fr Meurant, FRJ Picron, P Staumont, PA Dath et Luc Fontaine maire. 

Les brasseurs de genièvre de la région d'Ath, dont Joseph Coulon, demanderont de pouvoir continuer leur genièvre jusquà consommation de ces denrées qu'ils ont préparées à ce seul usage. 

Sources: "Archives de la ville d'Ath".

28/05/2016

Husseignies de 1789 à 1814 (2). L'occupation française: Les biens du clergé sont nationalisés.....

Contexte....

  • La bataille de Jemappes du 6 novembre 1792 : La ferveur révolutionnaire des sans-culottes, déguenillés et équipés de bric et de broc triomphe à la baïonnette des troupes autrichiennes pourtant plus nombreuses. La Belgique se retrouve sous bannière française. Cette victoire donne aux révolutionnaires français le goût de la conquête.
  • La bataille de Neerwinden le 18 mars 1793: les troupes impériales du général Cobourg battent les sans-culottes sous l’ordre de Dumouriez et notre région redevient autrichienne.
  • La bataille de Fleurus le 26 juin 1794 : Au printemps 1794, les révolutionnaires français redressent la tête et reprennent le dessus. Unité, discipline, encadrement, tactique, les soldats de l’an II ont mûri depuis la campagne désespérée de 1792 mais le feu sacré les anime toujours. Au bout de 14 heures de combat, les troupes françaises avec le général Jourdan sortiront de justesse vainqueurs des troupes autrichiennes. Ces dernières abandonnent les Pays-Bas aux français ; ainsi se referme le chapitre autrichien qui aura duré 80 ans.

Conséquences....

Il est difficile de juger au travers des maigres archives quel était l’état d’esprit des husseigniens face à l’envahisseur français.

La disette et la crainte de manquer de subsistance, la généralisation des réquisitions, l’effondrement de la monnaie républicaine, les atteintes au culte dans nos villages si catholiques n’étaient probablement pas de nature à tranquiliser nos ancêtres. Ensuite, la conscription à partir de 1798 viendra encore aggraver la situation. A décharge, la suppression des privilèges féodaux était néanmoins de bonne augure pour nos citoyens. La seigneurie d'Husseignies sous la coupe de la famille d'Arenberg devient obsolète, leurs biens sont mis sous séquestre mais les d'Arenberg restent néanmoins propriétaires.

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Persécution du clergé durant le régime français (Dessin de Geelhant Archives de la ville de Turnhout)

1. Réquisition et enlèvement des cloches dans les communes de l’arrondissement d'Ath, An II.

Situation à Husseignies : 1 grosse cloche, 1 moyenne et 2 petites ; quantité qui existoient dans la commune avant l’enlèvement.

Quantité enlevée : 1 moyenne et 2 petites.

Date des réquisitions : 30 thermidor an III de la république (17 août 1794)

Noms des commissaires qui les ont mis à exécution : Jean-Joseph Botte et Ghislain Legay.

Désignation du dépôt où elles ont été conduites : Mons, reçues par Gaudillot garde magasin le 24 brumaire an III (le 14 novembre 1794)

Remarque : l’église auroit désirée retenir la clochette  avec la grosse cloche pour l’aisance de l’office divin et autres nécessités journalières. Malgré ces raisons, elle n’a pu l’obtenir malgré que plusieurs l’ont obtenu.

Le commissaire Botte et Legay et leurs adjoints venus  enlever les cloches ont employés environ 2 heures a cette besogne et ont resté une journée dans la commune, ont reçu du maire pour salaire 87 livres, outre les dépenses qu’ils ont faites et qu’ils ont laissé à payer aux cabaretiers  et autres, montant à la somme d’environ 101 livres.

Signé: Coulon, Staumont, F Meurant, FJ Meurant, PJ picron, Luc Fontaine, PA Dath

Fait à Husseignies par les maires et municipaux soussignés ce 30 frimaire de l'an III de la république (20 décembre 1794).

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  • L’arrêté du 4 thermidor an III (22/07/1795) interdit l’exercise du culte hors des églises. Suivant les termes de la loi, les croix des clochers, christs, madones, petites chapelles dans les façades, les calvaires, tout ce qui avait un rapport avec le culte devrait disparaître. C’est probablement à cette époque que disparaît la croix située au bout de la rue de la Garde à la limite de Ladeuze.

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  • Le 22 nivose de l’an VI, le ministre de la police générale rappelle aux municipalités de canton qu’il est interdit par les lois l’usage du son des cloches qui annonce les cérémonies du culte catholique.

2. La cure de Husseignies construite dans la 2ème partie du XVIIIème siècle est mise en vente ainsi que diverses propriétés.

  • La 1ère séance d’enchères aura lieu le 1er prairial an VII (Mai 1799) : Maison curiale couverte en ardoises, composée de 7 places au rez de chaussée, 2 cabinets à l’étage, avant cour, remise et jardin comprenant 20 verges de terrain, affermée par bail de 3-6-9 ans commencé le 9 pluviose an VI (Janvier 1798) au citoyen Laroche moyennant un rendage annuel de 50 francs, porté à un revenu à l’époque de 1790 de 300 francs et en capital à la somme de 12.000 francs. Frais 57 francs.

La cure sera achetée par Jos Provins d’Ath mais ce dernier n’ayant jamais pu la payer, elle sera restituée à la commune après la période française.

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D’autre part, 10 terres et prairies sur le territoire de la commune appartenant : à l’Abbaye d’Ath, aux Sœurs Grises de Chièvres, à l’Abbaye de Vicogne, à l’Abbaye de St Ghislain, aux Oratoriens de Chièvres, à la fabrique d’église de Tongre-Notre-Dame, au Chapitre de Leuze seront vendues et majoritairement achetées par des fermiers de Husseignies.
 
Dans l’ancien régime, l’Eglise remplissait une série de fonctions sociales que le nouveau pouvoir reprend à son compte. Les actes de naissance, de mariage et de décès étaient régis par l’église, ce que l’on appelait les régistres paroissiaux. Désormais, ils seront régis par l’administration communale et seront nommés les régistres de l’état civil.

Les différents curés de notre commune auront tenu les régistres paroissiaux :

  • de 1678 à 1797 pour les baptêmes.
  • de 1667 à 1797 pour les décès.
  • de 1678 à 1797 pour les mariages.

Voir numérisations (des régistres paroissiaux et état civil) de la commune sur le site des archives de l'état.

3. Arrêt de la construction de l’église

L’ancienne église fut démolie en septembre 1793 et reconstruite aussitôt par ordre et aux frais des abbayes de St-Ghislain et de Vicoigne en qualité de décimateurs ( = Institution écclésiastique à qui revenait le bénéfice de la dîme levée sur une paroisse; et qui en retour devait participer aux frais d'entretien de la paroisse). A l’entrée des troupes françaises en juillet 1794…. »On étoit parvenu aux sous bases des fenêtres dans tout le contour de la dite église du côté du chœur à la hauteur de 20 pieds et 15 pieds du côté des nefs. Les décimateurs privés de leurs biens et en fuite, l’entrepreneur sans payement abandonna les ouvrages et l’église est restée dans le même état jusqu’à présent (1796). Pendant ce temps, on célébroit les offices dans une grange qu’on louoit ; l’année suivante on a pris la résolution de profiter des murailles assez élevées pour empêcher d’y entrer sans échelles en couvrant le chœur et la grande nefd’un toit de paille, élevés dans la dite nefsur piliers en pierre et, fermé dans le contour par un paillasson laissant les petites nefs et les murailles extérieures dans l’état où elles étoient ; la sacristie est couverte de pannes….etc. ».

Ainsi, les offices purent reprendre dans une église semi restaurée jusqu’en 1810. A partir de cette année, avec les accords des autorités, les travaux purent reprendre grâce aux moyens financiers dégagés par la vente de certains terrains de la commune.     

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Soucieux de se concilier la majorité de la population restée attachée à l’église traditionnelle, Napoléon Bonaparte va s’efforcer de normaliser la situation religieuse. Il négocie avec le Pape  Pie VII le concordat le 16 juillet 1801. Napoléon Bonaparte estime que la religion est nécessaire à la stabilité de l'État, mais est aussi partisan d'un nécessaire pluralisme religieux.

30/04/2016

L'histoire de nos chemins

Le pavage des rues de Husseignies

Le premier pavage des rues de Husseignies remonte à 1829, grâce entr’autre à des dites « corvées » d’habitants du village.

Avant cette période, l’état de nos chemins était comme dans tous les villages à la limite du praticable surtout l’hiver et durant les périodes de fortes pluie. Ils étaient étroits, empiérrés c'est-à-dire couverts d’un mélange de cailloux et de débris divers issus de la démolition de bâtiments.

Un paysage bien différent d'aujourd'hui...

Les rues et les prairies étaient bordées de haies servant de clôtures et les prairies souvent plantées d’arbres comme on peut le constater sur le plan Ferraris de 1750.

Le bois était un matériau extrêmement important, il servait:

  • pour la construction des maisons: madrier de charpente, poutres et chevrons de voûtes,linteaux de portes et de fenêtres, chassis et portes, battants.
  • pour l'ameublement surtout le chêne, le hêtre, le merisier et les bois fruitiers.
  • pour le chauffage.

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Extrait du livre des correspondances de la commune en 1834:

En 1834, le bourgmestre Domitien Gosselin établit un prix de revient d’un mètre de pavage sur une largeur de 3.5m.

Contre toute attente, on utilise pour les 1ers pavages non pas des pavés de porphyre de Lessines mais bien des grès issus des carrières de sable de Grandglise et plus précisément du site les « Bruyères ». La proximité des carrières de sable de Grandglise était prépondérante dans le choix par rapport aux carrières de porphyre de Lessines.

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Grès de Grandglise (Soubassement de l'église de Grandglise)

Etat estimatif du coût d’un mètre de pavés sur une largeur de 3 mètres et demi :

  1. Pour coût d’un mètre courant pour les pierres prises aux carrières de Grandglise près d’Harchies : 16 centimes
  2. Idem pour le voiturage des dites pierres : 1 frs 80 ctmes du mètre
  3. Idem pour droits de chausséages des communes d’Estrambruges et Beloeil : 36 ctmes au mètre.
  4. Idem pour le sable : 4 ctmes du mètre.
  5. Idem pour le voiturage du sable les main d’œuvre d’ouvriers comprises : 80 ctmes du mètre.
  6. Idem pour salaire d’ouvriers travaillant à la terrasse:30 ctmes du mètre.
  7. Idem pour salaires des paveurs: 90 ctmes du mètre.

Total : 4 francs 36 ctmes du mètre.

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Pour frais de réparations des pavés construits en 1829, 1830, 1831, 1832,1833 et 1834 sur une longueur de 1909 mètres ainsi que pour les ponts et aqueducs nécessitera en 1835 une somme de 182 francs 92 centimes et lors de l’achèvement des dits pavés une somme de 900 frs sera nécessaire pour leur réparations annuelles.

Fait à Husseignies, le 10 septembre 1834

Comment financer ces travaux ?

La commune était pauvre et ses habitants n’avaient guère beaucoup de réserves; seuls les paysans s’en sortaient bien mais les rentes foncières sur les terres étaient chères.

Dans un premier temps, les écrits nous apprennent que le bourgmestre-brasseur Domitien Gosselin a prêté de l’argent à la caisse communale pour initier les 1ers travaux de pavage. Ensuite, il fallait bien faire quelques emprunts et les banques n’existaient pas. Ce sont les riches de l’époque qui servaient de banque en prêtant de l’argent.

Les premiers emprunts ont été effectués auprès des héritiers Ducorron de L'esclatière *.

Ensuite, la commune étant exsangue et se devait de continuer à faire des améliorations au réseau débuté en 1829 et aussi paver de nouveaux tronçons, il était donc indispensable de trouver du nouvel argent frais.

Le document ci-dessous nous montre que le bourgmestre sollicite en mai 1835 le Duc d’Arenberg, le plus riche propriétaire du village (214 hectares sur 600 + le moulin à eau + la maison-forte) via son gestionnaire Mr Chopinet pour un emprunt.

Il sollicite un emprunt de 600 francs (300 pour payer les paveurs + 350 pour les pierres prises aux carrières de Grandglise + 150 pour les droits de chausséage sur les territoires de Stambruges et Beloeil). Les 200 autres florins seraient prélevés dans les réserves communales. Le bourgmestre estime qu’un emprunt de 2-3 ans ne lèserait pas trop le contribuable. Il demande une certaine diligence à sa demande car les travaux ne peuvent être exécutés qu’à la bonne saison et avant la moisson. Pour plaire au Duc d'Arenberg, il note qu’il ferait empierrer le tronçon entre la pont Colleau et le petit pont sur le Barbechin au niveau de la maison-forte.

Le Duc d’Arenberg répondra de façon positive et les travaux purent débuter le 15 juin comme en témoigne une lettre envoyée au commissaire d’arrondissement en juillet 1835. Dans une seconde lettre toujours adressée au commissaire, il signale qu’ils ont pris un peu de retard car la moisson est fort avancée cette année mais qu’ils ont néanmoins pu effectuer 515 mètres et qu’ils leur reste encore 136 mètres à terminer pour la fin août.

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La construction des ponts sur la Hunelle et les ruisseaux (Barbechin et Fossé Piquet)

 En 1834, la commune a du procéder à la construction de 6 ponts et 22 aqueducs sur les cours d’eau de la commune….

Voici l’état estimatif des travaux (la facture…) dressé par Cyrille Legrand maître maçon domicilié à Husseignies et Jean-Baptiste Battard, maître maçon domicilié à Ladeuze délégués par l’administration communale de Husseignies, « à charge de leur âme et conscience » .

  1. Construction du Pont Colleau construit sur la rivière appelée « la Lunelle » tant pour les pierres que pour la chaux,sable, cendre,voiturages, maçons et manœuvres, il a coûté à la commune une somme de 350 francs et 80 centimes. (Le Pont Colleau est celui sur la Hunelle à la rue de la Quemogne, à la limite de Huissignies et Ladeuze en direction de Beloeil)
  2. Idem pour le pont de la Butte construit sur la même rivière, il a coûté pour sa construction une somme de 360 francs et 50 centimes. (Le Pont de la Butte est celui construit sur la Hunelle le long de la Quemogne )
  3. Idem pour le pont du moulin près du Barouset construit sur le ruisseau du Barbechin une somme de 300 francs 60 ctmes. (au moulin Vandenhaute)
  4. Idem pour le pont Tin du bois construit sur le même ruisseau du Barbechin une somme de 170 francs 40 ctmes. (Pont en face de la friterie à la limite de la rue de l’église et de la Quemogne)
  5. Idem pour le pont Marcotte construit sur le ruisseau du Pont Goret (=le fossé Piquet) une somme de 290 frs 35 ctmes. (Pont en face de la Marcotte enjambant le Fossé Piquet)
  6. Idem pour le pont Goret construit sur le ruisseau du même nom, une somme de 170 frs75 ctmes. (Pont enjambant le Fossé Piquet à la rue Joseph Lizon).
  7. Idem pour un aqueduc sa construction a coûté une somme de 35 francs 65 cmes par conséquent la construction de 21 aqueducs existants dans la dite commune, a coûté une somme de 748 francs 65 centimes.

Total 2372.05

Fait à Husseignies le 20septembre 1834.

Le secrétaire Paul Abraham

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(*) La famille Ducorron de L'Esclatière était une riche famille aristocratique athoise.