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30/09/2016

Husseignies de 1789 à 1814 (4), les "hochniots" au service de la gloire de Napoléon....

                 La conscription et les husseigniens morts pour la gloire de Napoléon….

Dans l’ancien régime….

Jusqu’à la fin du 18e siècle, l’armée était principalement une armée de métier. C’était la tâche des fameux « sergents recruteurs » de la constituer.
Les sergents recruteurs placardaient sur les murs ce qui sera la première affiche publicitaire de l’histoire « Avis à la belle jeunesse ». Ceux-ci étaient des personnages hauts en couleur qui arpentaient villes et campagnes pour embaucher, belles promesses à l’appui, les jeunes gens épris d’aventures, d’autres dégoûtés de leur état de paysan exploité, d’autres encore pour qui l’enrôlement sera l’occasion d’échapper à la potence.

Sous le régime français…..
C’est en 1798 que le général Jourdan fit passer une loi instaurant le service militaire obligatoire et que naquit le mot « conscription » qui consistait en l’inscription au rôle des jeunes gens parmi lesquels le tirage au sort désignait les « conscrits », c’est-à-dire ceux qui devaient partir pour le service militaire. Quand, la même année, furent apposés les premiers placards annonçant l'extension des lois sur la conscription à la Belgique, il s'ensuivit un tollé général et des manifestations de rébellion des paysans éclatèrent aux quatre coins du pays. L’insoumission était quasi générale.
En l’an VII de la République (1799), une proclamation du général Collaud, commandant en chef des départements belges, promettait le pardon à ceux qui gagneraient enfin les rangs de l’armée. Ces belles promesses n’eurent pas beaucoup d’audience et les belges restèrent farouchement hostiles à la conscription. Il faut dire qu’annexés, nos ancêtres n’avaient pas, comme les Français, le stimulant de la gloire nationale.

La charge de la circonscription se révèlera inégale de région en région. Les départements annexés de la Belgique ont payé un lourd tribut à la levée des conscrits. Dans le département de Jemappes, la part des conscrits dans la population totale était de 1% alors que la moyenne française était de 0.74%.

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Le tirage au sort

D'habitude, au mois de février, une affiche signée du bourgmestre et des échevins faisait savoir aux futurs miliciens la date du tirage au sort. Le jour fixé, on groupait les intéressés de toutes les communes faisant partie du canton de milice . C'est au chef lieu du canton (Chièvres) qu'avaient lieu les opérations de ce mode de recrutement des jeunes troupiers. Celles-ci étaient présidées par le Commissaire d'arrondissement d’Ath. Individuellement, le conscrit mobilisé pouvait, après être passé en conseil de révision, demander à un suppléant, moyennant finance, de rejoindre le régiment à sa place.  Le conseil de révision du département de Jemappes se prononçait sur les exemptions pour raisons physiques qui constituait un tiers des appelés.

A noter que nous faisions partie du département 86, celui de Jemappes...en référence à la célèbre bataille remportée par les français.

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Les husseigniens connus, morts au combat pour Napoléon

Brassart Nicolas-Joseph, grenadier au 21ème régiment d’infanterie de Ligne, 4ème bataillon, entré par évacuation à l’hospice (hôpital) civil de Haguenau le  8 du mois de mai 1809 et y est décédé le 10 juin 1809 par suite d’une blessure.

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Duquesne Jean-Baptiste, fusillier à la 5ème compagnie du 1er bataillon de la 2ème légion de ...(?)  est entré à l’hôpital de Pamplune (Espagne) le 22 du mois de décembre de l’an 1808 et y est décédé le 4 janvier de l’an 1809 des suites de fièvre.

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Duquesne Jacques-Joseph, 2ème canonnier à la 2ème compagnie du 1er régiment à pied du corps impérial de l’artillerie est entré à l’hôpital de Tudela (Navarre Espagne) le 24 janvier 1809 et y est décédé le 21 février de l’an 1809.

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Dubois Pierre-Joseph, grenadier au 21ème régiment d’infanterie de Ligne, 3ème bataillon, est entré à l’hôpital de Thorn (Pologne) le 2 du mois de septembre 1807 et y est décédé le 22 du mois de la même année.

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Meurant Narcisse, fusillier à la 6ème compagnie du 1er bataillon du régiment de Walcheren, âgé de 25 ans est entré à l’hôpital de Middelbourg (Pays-Bas) le 12 du mois de septembre de l’an 1811 et y est décédé le décédé le 17 de novembre de l’an 1811.

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Jaivars Dominique, fusillier au 6ème régiment de Walcheren, 1er bataillon 2ème compagnie, âgé de 25 ans est entré à l’hôpital de Berg-op-Zoom (Pays-Bas) le 5 du mois d’octobre de l’an 1811 et y est décédé le 30 du mois de novembre 1811 de suite de dysenterie.

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Sources: Archives de l'ancienne maison communale de Huissignies.

29/07/2016

In Memoriam Marc De Braekeleer (1950-2016)

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Fils de Roger et Irène Picron, Marc naquit en mars 1950 à Huissignies au 30 rue du Pluvinage.

Après ses études primaires à l'école du village, il effectuera ses humanités à l'athénée royale d'Ath.

Il poursuivra ensuite des études de médecine à l'Université Libre de Bruxelles d'où il sortira en 1975 avec le titre de "Docteur en médecine générale".

Il s'installera de 1975 à 1985 comme médecin généraliste à Huissignies, à la rue Maifrette où il avait construit une villa.

Rattrapé par le virus de la recherche, il entamera ensuite un parcours de globe-trotter scientifique qui le mènera d'abord au Canada où il participa à des recherches sur la mucovicidose, et ensuite à la faculté de médecine de Bordeaux et enfin à l'Université de Brest en Bretagne.

Dans cette université, il sera responsable du laboratoire de cyto-génétique et biologie de la reproduction et sera pendant quelques années Doyen de la faculté de médecine.

Il était le père de deux enfants: Etienne et Marianne.

Nous avons appris son décès inopiné la semaine passée; voici le communiqué de l'université de Brest.....

Brest

L'Université de Bretagne Occidentale, l'UFR Médecine et Sciences de la Santé et le Centre Hospitalier Régional et Universitaire de Brest, s'associent à la peine de la famille et des proches de Monsieur Marc DE BRAEKELEER Professeur des Universités Practicien hospitalier Doyen honoraire de la Faculté de Médecine Responsable du laboratoire cytogénétique et biologie de la reproduction au CHRU de Brest. suite à son décès survenu brutalement.

Un dernier hommage lui sera rendu lundi 25 juillet, à 16 h 30, au Centre funéraire du Vern à Brest. Dans le respect des souhaits de sa famille, des dons sont à privilégier, au profit de l'action de l'association soutenue par le Professeur Marc De Braekeleer.

 

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Photo d'école de Huissignies. Marc se trouve au 2ème rang; le 2ème à partir de la droite.

02/07/2016

Husseignies sous la période française (1794-1814)(3): Recensements et réquisitions.

Généralité

De tout temps, nos ancêtres payèrent un lourd tribut aux occupations militaires....l'occupant français ne fut pas en reste! 

Les réquisitions faisaient partie de ces lourds fardeaux à supporter, elle portaient tant sur les denrées alimen­taires que sur les hommes, les chevaux attelés à des chariots, des bestiaux soit vivants ou abattus pour avoir de la viande fraîche pour le ravitaillement des troupes, mais aussi du pain et des céréales pour les chevaux des troupes: froment, avoine, seigle, paille. Les fermiers étaient en plus corvéables de missions de transport diverses suivant les charrois et animaux de trait qu'ils possédaient.

 Les réquisitions diverses

  • Les premières troupes françaises entrées en ville d’Ath pour en prendre possession au nom de la république française, l’assemblée des magistrats et conseils de la ville d’Ath s’est réunie le 7 juillet 1794.

15000 rations de pain, 8000 livres de viande et 7000 pots de bière sont à fournir  le lendemain matin à Meslin-L’Evêque où se trouve campé un corps d’armée.

D’autres réquisitions sont déjà mentionnées à l’assemblée du 11 juillet : fer, plomb, cuir, drap.

  • Bétail, chevaux et chariots

En séance du 18 nivose de l’an II (1794), les maires et municipaux de Husseignies disent qu’ils n’ont trouvé dans leur commune que 7 vaches, 2 bœufs et 12 moutons propres à livrer aux réquisitions et qu’ils ne sauroient fournir les 12 vaches, 5 bœufs que l’on demande à la dite commune et prient le Directoire d’être déchargés des 5 restants.

Le 17 septembre 1794: les autorités communales déclarent 52 chevaux et 13 chariots. Signé Joseph Coulon, PA Dath, FJ Meurant, P Staumont et Luc Fontaine.

En séance du 3 floral an III (1795), les maires et municipaux d’Husseignies demandent exemption de fournir bœufs et vaches disant qu’elles servent toutes à la consommation des habitants.

Au 15 prairial de l'an III, les autorités communales déclarent qu'il existe à Husseignes: 10 chariots, 18 chevaux de plus de 3 ans et 15 juments pleines.

En séance du 19 nivose de l'an III, Cyril Legrand, François Dufrasne et PF Hennebicq demandent être exempts de pourvoir une quotité pour la réquisition en vaches frappée sur leur commune. Les pétitionnaires n'étant que des ménagers détenant 2 vaches au plus chacun.

 

  • Journal 697 du 19 décembre 1813 :

Vu la dépêche de son Excellence le ministre directeur de l’administration de la guerre . Ce dernier vient d’ordonner la levée par réquisition de 15000 chevaux de cavalerie dans laquelle le département de Jemappes est compris pour savoir :

Chevaux de cuirassiers 120

Chevaux de dragons 80

Chevaux de cavalerie légère 80.

Les chevaux devront au moins avoir 60 mois et pas plus de 9 ans.

Leur taille mesurée sous potence devra être au moins :

Pour les cuirassiers de 1m549cm à 1m597cm.

Pour les dragons : de 1m502 à 1m543cm

Pour la cavalerie légère : de 1m434 à 1m439cm.

Tous les chevaux seront hongres, on pourra toutefois admettre 1/3 de juments garanties non pleines.

Le recensement de 1813 relève l’existence de 82 chevaux à Husseignies.

  • Céréales

En séance du 6 germinal de l’an II, la municipalité de Husseignies prévient le Directoire qu’il leur est impossible de fournir les 4 sacs de grain qu’ils sont invités à livrer à cause que les habitants de la dite commune seront bientôt obligés à aller en chercher ailleurs.

En séance du 9 vendimiaire de l’an II, les fermiers de Husseignies déclarent ne pas avoir assez de grain pour la subsistance des habitants de leur commune et exposent l’impossibilité où ils se trouvent de fournir du grain au marché d’Ath et demandent d’être exempts de cette livrance.

En séance du 23 vendimiaire: Les citoyens Isidore Lefebvre et Théodore Massart, ce dernier pour sa mère, disent qu'ils sont requis de fournir une quotité d'avoine chacun, mais ils observent qu'ils n'en ont pas assez pour la subsistance de leurs chevaux tandis qu'il serait aisé aux municipaux de la faire parvenir à la réquisition par les ménagers de la dite commune qui n'ont pas de bétail. Ils demandent que le Directoire leur en donne l'ordre. Signé Isidore Lefebvre. 

...Réponse du Directoire: Les pétitionnaires pourront s'adresser à leur municipalité laquelle est invitée d'avoir tel égard que de justice, observent qu'on doit prendre l'avoine que des particuliers ont à vendre, avant de requérir celle nécessaire à la subsistance des chevaux de la commune.

Le 3ème pluviose de l'an III: Nous, officiers municipaux de la dite commune d'Husseignies, sommes transportés au domicile de Joseph Coulon, habitant la commune, tenant genièvre où nous avons fait le recensement des grains préparés pour la distillation de la dite genièvrerie, nous y avons trouvé le nombre de 80 sacs de grains préparés à cette distillation et nous lui avons donné le temps de 40 jours pour la consommation de l'entièreté du grain germé pour la dite distillation de genièvre. Fait le présent procès verbal pour valoir ce que de raison. Signé Fr Meurant, FRJ Picron, P Staumont, PA Dath et Luc Fontaine maire. 

Les brasseurs de genièvre de la région d'Ath, dont Joseph Coulon, demanderont de pouvoir continuer leur genièvre jusquà consommation de ces denrées qu'ils ont préparées à ce seul usage. 

Sources: "Archives de la ville d'Ath".

28/05/2016

Husseignies de 1789 à 1814 (2). L'occupation française: Les biens du clergé sont nationalisés.....

Contexte....

  • La bataille de Jemappes du 6 novembre 1792 : La ferveur révolutionnaire des sans-culottes, déguenillés et équipés de bric et de broc triomphe à la baïonnette des troupes autrichiennes pourtant plus nombreuses. La Belgique se retrouve sous bannière française. Cette victoire donne aux révolutionnaires français le goût de la conquête.
  • La bataille de Neerwinden le 18 mars 1793: les troupes impériales du général Cobourg battent les sans-culottes sous l’ordre de Dumouriez et notre région redevient autrichienne.
  • La bataille de Fleurus le 26 juin 1794 : Au printemps 1794, les révolutionnaires français redressent la tête et reprennent le dessus. Unité, discipline, encadrement, tactique, les soldats de l’an II ont mûri depuis la campagne désespérée de 1792 mais le feu sacré les anime toujours. Au bout de 14 heures de combat, les troupes françaises avec le général Jourdan sortiront de justesse vainqueurs des troupes autrichiennes. Ces dernières abandonnent les Pays-Bas aux français ; ainsi se referme le chapitre autrichien qui aura duré 80 ans.

Conséquences....

Il est difficile de juger au travers des maigres archives quel était l’état d’esprit des husseigniens face à l’envahisseur français.

La disette et la crainte de manquer de subsistance, la généralisation des réquisitions, l’effondrement de la monnaie républicaine, les atteintes au culte dans nos villages si catholiques n’étaient probablement pas de nature à tranquiliser nos ancêtres. Ensuite, la conscription à partir de 1798 viendra encore aggraver la situation. A décharge, la suppression des privilèges féodaux était néanmoins de bonne augure pour nos citoyens. La seigneurie d'Husseignies sous la coupe de la famille d'Arenberg devient obsolète, leurs biens sont mis sous séquestre mais les d'Arenberg restent néanmoins propriétaires.

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Persécution du clergé durant le régime français (Dessin de Geelhant Archives de la ville de Turnhout)

1. Réquisition et enlèvement des cloches dans les communes de l’arrondissement d'Ath, An II.

Situation à Husseignies : 1 grosse cloche, 1 moyenne et 2 petites ; quantité qui existoient dans la commune avant l’enlèvement.

Quantité enlevée : 1 moyenne et 2 petites.

Date des réquisitions : 30 thermidor an III de la république (17 août 1794)

Noms des commissaires qui les ont mis à exécution : Jean-Joseph Botte et Ghislain Legay.

Désignation du dépôt où elles ont été conduites : Mons, reçues par Gaudillot garde magasin le 24 brumaire an III (le 14 novembre 1794)

Remarque : l’église auroit désirée retenir la clochette  avec la grosse cloche pour l’aisance de l’office divin et autres nécessités journalières. Malgré ces raisons, elle n’a pu l’obtenir malgré que plusieurs l’ont obtenu.

Le commissaire Botte et Legay et leurs adjoints venus  enlever les cloches ont employés environ 2 heures a cette besogne et ont resté une journée dans la commune, ont reçu du maire pour salaire 87 livres, outre les dépenses qu’ils ont faites et qu’ils ont laissé à payer aux cabaretiers  et autres, montant à la somme d’environ 101 livres.

Signé: Coulon, Staumont, F Meurant, FJ Meurant, PJ picron, Luc Fontaine, PA Dath

Fait à Husseignies par les maires et municipaux soussignés ce 30 frimaire de l'an III de la république (20 décembre 1794).

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  • L’arrêté du 4 thermidor an III (22/07/1795) interdit l’exercise du culte hors des églises. Suivant les termes de la loi, les croix des clochers, christs, madones, petites chapelles dans les façades, les calvaires, tout ce qui avait un rapport avec le culte devrait disparaître. C’est probablement à cette époque que disparaît la croix située au bout de la rue de la Garde à la limite de Ladeuze.

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  • Le 22 nivose de l’an VI, le ministre de la police générale rappelle aux municipalités de canton qu’il est interdit par les lois l’usage du son des cloches qui annonce les cérémonies du culte catholique.

2. La cure de Husseignies construite dans la 2ème partie du XVIIIème siècle est mise en vente ainsi que diverses propriétés.

  • La 1ère séance d’enchères aura lieu le 1er prairial an VII (Mai 1799) : Maison curiale couverte en ardoises, composée de 7 places au rez de chaussée, 2 cabinets à l’étage, avant cour, remise et jardin comprenant 20 verges de terrain, affermée par bail de 3-6-9 ans commencé le 9 pluviose an VI (Janvier 1798) au citoyen Laroche moyennant un rendage annuel de 50 francs, porté à un revenu à l’époque de 1790 de 300 francs et en capital à la somme de 12.000 francs. Frais 57 francs.

La cure sera achetée par Jos Provins d’Ath mais ce dernier n’ayant jamais pu la payer, elle sera restituée à la commune après la période française.

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D’autre part, 10 terres et prairies sur le territoire de la commune appartenant : à l’Abbaye d’Ath, aux Sœurs Grises de Chièvres, à l’Abbaye de Vicogne, à l’Abbaye de St Ghislain, aux Oratoriens de Chièvres, à la fabrique d’église de Tongre-Notre-Dame, au Chapitre de Leuze seront vendues et majoritairement achetées par des fermiers de Husseignies.
 
Dans l’ancien régime, l’Eglise remplissait une série de fonctions sociales que le nouveau pouvoir reprend à son compte. Les actes de naissance, de mariage et de décès étaient régis par l’église, ce que l’on appelait les régistres paroissiaux. Désormais, ils seront régis par l’administration communale et seront nommés les régistres de l’état civil.

Les différents curés de notre commune auront tenu les régistres paroissiaux :

  • de 1678 à 1797 pour les baptêmes.
  • de 1667 à 1797 pour les décès.
  • de 1678 à 1797 pour les mariages.

Voir numérisations (des régistres paroissiaux et état civil) de la commune sur le site des archives de l'état.

3. Arrêt de la construction de l’église

L’ancienne église fut démolie en septembre 1793 et reconstruite aussitôt par ordre et aux frais des abbayes de St-Ghislain et de Vicoigne en qualité de décimateurs ( = Institution écclésiastique à qui revenait le bénéfice de la dîme levée sur une paroisse; et qui en retour devait participer aux frais d'entretien de la paroisse). A l’entrée des troupes françaises en juillet 1794…. »On étoit parvenu aux sous bases des fenêtres dans tout le contour de la dite église du côté du chœur à la hauteur de 20 pieds et 15 pieds du côté des nefs. Les décimateurs privés de leurs biens et en fuite, l’entrepreneur sans payement abandonna les ouvrages et l’église est restée dans le même état jusqu’à présent (1796). Pendant ce temps, on célébroit les offices dans une grange qu’on louoit ; l’année suivante on a pris la résolution de profiter des murailles assez élevées pour empêcher d’y entrer sans échelles en couvrant le chœur et la grande nefd’un toit de paille, élevés dans la dite nefsur piliers en pierre et, fermé dans le contour par un paillasson laissant les petites nefs et les murailles extérieures dans l’état où elles étoient ; la sacristie est couverte de pannes….etc. ».

Ainsi, les offices purent reprendre dans une église semi restaurée jusqu’en 1810. A partir de cette année, avec les accords des autorités, les travaux purent reprendre grâce aux moyens financiers dégagés par la vente de certains terrains de la commune.     

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Soucieux de se concilier la majorité de la population restée attachée à l’église traditionnelle, Napoléon Bonaparte va s’efforcer de normaliser la situation religieuse. Il négocie avec le Pape  Pie VII le concordat le 16 juillet 1801. Napoléon Bonaparte estime que la religion est nécessaire à la stabilité de l'État, mais est aussi partisan d'un nécessaire pluralisme religieux.

30/04/2016

L'histoire de nos chemins

Le pavage des rues de Husseignies

Le premier pavage des rues de Husseignies remonte à 1829, grâce entr’autre à des dites « corvées » d’habitants du village.

Avant cette période, l’état de nos chemins était comme dans tous les villages à la limite du praticable surtout l’hiver et durant les périodes de fortes pluie. Ils étaient étroits, empiérrés c'est-à-dire couverts d’un mélange de cailloux et de débris divers issus de la démolition de bâtiments.

Un paysage bien différent d'aujourd'hui...

Les rues et les prairies étaient bordées de haies servant de clôtures et les prairies souvent plantées d’arbres comme on peut le constater sur le plan Ferraris de 1750.

Le bois était un matériau extrêmement important, il servait:

  • pour la construction des maisons: madrier de charpente, poutres et chevrons de voûtes,linteaux de portes et de fenêtres, chassis et portes, battants.
  • pour l'ameublement surtout le chêne, le hêtre, le merisier et les bois fruitiers.
  • pour le chauffage.

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Extrait du livre des correspondances de la commune en 1834:

En 1834, le bourgmestre Domitien Gosselin établit un prix de revient d’un mètre de pavage sur une largeur de 3.5m.

Contre toute attente, on utilise pour les 1ers pavages non pas des pavés de porphyre de Lessines mais bien des grès issus des carrières de sable de Grandglise et plus précisément du site les « Bruyères ». La proximité des carrières de sable de Grandglise était prépondérante dans le choix par rapport aux carrières de porphyre de Lessines.

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Grès de Grandglise (Soubassement de l'église de Grandglise)

Etat estimatif du coût d’un mètre de pavés sur une largeur de 3 mètres et demi :

  1. Pour coût d’un mètre courant pour les pierres prises aux carrières de Grandglise près d’Harchies : 16 centimes
  2. Idem pour le voiturage des dites pierres : 1 frs 80 ctmes du mètre
  3. Idem pour droits de chausséages des communes d’Estrambruges et Beloeil : 36 ctmes au mètre.
  4. Idem pour le sable : 4 ctmes du mètre.
  5. Idem pour le voiturage du sable les main d’œuvre d’ouvriers comprises : 80 ctmes du mètre.
  6. Idem pour salaire d’ouvriers travaillant à la terrasse:30 ctmes du mètre.
  7. Idem pour salaires des paveurs: 90 ctmes du mètre.

Total : 4 francs 36 ctmes du mètre.

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Pour frais de réparations des pavés construits en 1829, 1830, 1831, 1832,1833 et 1834 sur une longueur de 1909 mètres ainsi que pour les ponts et aqueducs nécessitera en 1835 une somme de 182 francs 92 centimes et lors de l’achèvement des dits pavés une somme de 900 frs sera nécessaire pour leur réparations annuelles.

Fait à Husseignies, le 10 septembre 1834

Comment financer ces travaux ?

La commune était pauvre et ses habitants n’avaient guère beaucoup de réserves; seuls les paysans s’en sortaient bien mais les rentes foncières sur les terres étaient chères.

Dans un premier temps, les écrits nous apprennent que le bourgmestre-brasseur Domitien Gosselin a prêté de l’argent à la caisse communale pour initier les 1ers travaux de pavage. Ensuite, il fallait bien faire quelques emprunts et les banques n’existaient pas. Ce sont les riches de l’époque qui servaient de banque en prêtant de l’argent.

Les premiers emprunts ont été effectués auprès des héritiers Ducorron de L'esclatière *.

Ensuite, la commune étant exsangue et se devait de continuer à faire des améliorations au réseau débuté en 1829 et aussi paver de nouveaux tronçons, il était donc indispensable de trouver du nouvel argent frais.

Le document ci-dessous nous montre que le bourgmestre sollicite en mai 1835 le Duc d’Arenberg, le plus riche propriétaire du village (214 hectares sur 600 + le moulin à eau + la maison-forte) via son gestionnaire Mr Chopinet pour un emprunt.

Il sollicite un emprunt de 600 francs (300 pour payer les paveurs + 350 pour les pierres prises aux carrières de Grandglise + 150 pour les droits de chausséage sur les territoires de Stambruges et Beloeil). Les 200 autres florins seraient prélevés dans les réserves communales. Le bourgmestre estime qu’un emprunt de 2-3 ans ne lèserait pas trop le contribuable. Il demande une certaine diligence à sa demande car les travaux ne peuvent être exécutés qu’à la bonne saison et avant la moisson. Pour plaire au Duc d'Arenberg, il note qu’il ferait empierrer le tronçon entre la pont Colleau et le petit pont sur le Barbechin au niveau de la maison-forte.

Le Duc d’Arenberg répondra de façon positive et les travaux purent débuter le 15 juin comme en témoigne une lettre envoyée au commissaire d’arrondissement en juillet 1835. Dans une seconde lettre toujours adressée au commissaire, il signale qu’ils ont pris un peu de retard car la moisson est fort avancée cette année mais qu’ils ont néanmoins pu effectuer 515 mètres et qu’ils leur reste encore 136 mètres à terminer pour la fin août.

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La construction des ponts sur la Hunelle et les ruisseaux (Barbechin et Fossé Piquet)

 En 1834, la commune a du procéder à la construction de 6 ponts et 22 aqueducs sur les cours d’eau de la commune….

Voici l’état estimatif des travaux (la facture…) dressé par Cyrille Legrand maître maçon domicilié à Husseignies et Jean-Baptiste Battard, maître maçon domicilié à Ladeuze délégués par l’administration communale de Husseignies, « à charge de leur âme et conscience » .

  1. Construction du Pont Colleau construit sur la rivière appelée « la Lunelle » tant pour les pierres que pour la chaux,sable, cendre,voiturages, maçons et manœuvres, il a coûté à la commune une somme de 350 francs et 80 centimes. (Le Pont Colleau est celui sur la Hunelle à la rue de la Quemogne, à la limite de Huissignies et Ladeuze en direction de Beloeil)
  2. Idem pour le pont de la Butte construit sur la même rivière, il a coûté pour sa construction une somme de 360 francs et 50 centimes. (Le Pont de la Butte est celui construit sur la Hunelle le long de la Quemogne )
  3. Idem pour le pont du moulin près du Barouset construit sur le ruisseau du Barbechin une somme de 300 francs 60 ctmes. (au moulin Vandenhaute)
  4. Idem pour le pont Tin du bois construit sur le même ruisseau du Barbechin une somme de 170 francs 40 ctmes. (Pont en face de la friterie à la limite de la rue de l’église et de la Quemogne)
  5. Idem pour le pont Marcotte construit sur le ruisseau du Pont Goret (=le fossé Piquet) une somme de 290 frs 35 ctmes. (Pont en face de la Marcotte enjambant le Fossé Piquet)
  6. Idem pour le pont Goret construit sur le ruisseau du même nom, une somme de 170 frs75 ctmes. (Pont enjambant le Fossé Piquet à la rue Joseph Lizon).
  7. Idem pour un aqueduc sa construction a coûté une somme de 35 francs 65 cmes par conséquent la construction de 21 aqueducs existants dans la dite commune, a coûté une somme de 748 francs 65 centimes.

Total 2372.05

Fait à Husseignies le 20septembre 1834.

Le secrétaire Paul Abraham

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(*) La famille Ducorron de L'Esclatière était une riche famille aristocratique athoise.

02/04/2016

La garde civique et la patrouille de nuit…Un« Partenariat Local de Prévention » efficace, avant la lettre.

La garde civique.

Le principe de sécurité publique n’est pas neuf, il trouve sa source déjà dans l’ancien régime. Chaque village disposait de son corps de garde avec ses gardes qui dépendaient de l’autorité militaire et étaient chargés d’un service d’ordre et de surveillance. Chaque nuit à minuit, les gardes tiraient un coup de feu pour attester leur présence. Ce service fut supprimé en 1790 et ses fonctions furent confiées à la gendarmerie. Le corps de garde de Huissignies se trouvait à la « Rue de la Garde » à l’emplacement de la maison Massy.

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La patrouille de nuit.

Le principe de la garde civique réapparait en 1831 sous la forme de la création d’une patrouille de nuit constituée par le bourgmestre du village qui sera garante de la tranquilité publique. C’est d’ailleurs inscrit dans la Constitution de 1831 (articles 122 et 123).

Elle est composée de citoyens entre 21 et 50 ans, prioritairement les jeunes célibataires et veufs sans enfants, ne faisant pas partie de l’armée. Des dérogations et dispenses de service peuvent être obtenues pour cause de maladies, difformités, mutilations et autres nécessités d'entretenir sa famille…

Domitien Gosselin bourgmestre, en 1831, envoye une lettre au commissaire d’arrondissement d’Ath signifiant qu’il été porté à la connaissance des habitants de Husseignies à l’issue de la messe paroissiale par voie de publication d’une circulaire relative à la constitution d’une patrouille de nuit. 

« Cent dix hommes seront pris parmi les habitants de la commune de Husseignies pour la formation d’une force armée. Cinq hommes sont appelés à tour de rôle pour faire le service nuitamment depuis 6 heures du soir jusqu’au lendemain 6 heures du matin. Il est ordonné à tout un chacun et notamment au brigadier qu’aussitôt que la malveillance se démontrerait soit dans cette commune ou dans une commune voisine de recourir au tocsin (*) et qu’immédiatement après, les 110 hommes composant cette force armée devront se trouver en rassemblement près de l’église pour se diriger ensuite vers l’endroit menacé par la malveillance. Chacun doit être pénétré et convaincu que cette mesure de police n’est prise que pour le maintien du bon ordre garantie réciproque des propriétés et la tranquilité personnelle. Signé « Le Bourgmestre Domitien Gosselin »

(*) Le tocsin est une sonnerie de cloches pour alerter la population d’un danger imminent tel qu'un incendie, une invasion, une catastrophe naturelle, mais aussi pour rassembler la population en urgence. En l’occurrence, il s’agissait des cloches du clocher de l’église. 

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Composition des 22 équipes de surveillance, 4 hommes et un brigadier :

  • André François, chef à Croisiaux Jean Baptise, Meurant Modeste, Andrieux Jean Baptiste dit Cousin, Debay Jean Joseph.
  • Debay Maximilien chef à Meurant Hypolite, Meurant Narcisse, Delmée François, Fouquemberg Edouard.
  • Massart François chef à Quitton François, Stampe Noël, Croisiaux Auguste, Legrand Joseph.
  • Fouquemberg Casimir, chef à Gicart François fils, Stampe François, Legrand Zacharie, Jonniaux Jean Baptiste.
  • Gosselin Stanislas, chef à Gicart père, Stampe Luc, Duquesne Antoine et Charles Leclercq.
  • André Jean-Baptiste chef à Duquesne Noël Anne, Duquesne Jacques Anne, Grenier Jean-Baptiste et André François père.
  • Capelle Badilon, chef à Pottiez Isidore, Duquesne François Auguste, Capelle Isidore et Jouret Joseph.
  • Dufrasne Joseph chef à Dufrasnes François dit Pain, Cauchie Henri , Dufrasne Augustin, Duquesne Jean Jacques.
  • Degauquier Dominique chef à Dufrasne Augustin Simon, Dufrasne Vincent, Duquesne Aimé, Duquesne Joseph.
  • Dath Désiré chef à Dufrasne Pierre, Duquesne Jean-Baptiste, Legrand Edouard, Quitton Jean-Baptiste.
  • Legrand Désiré chef à Cambier Grégoire, Dath Victor, Deltour Hypolite, Duquesne Augustin.
  • Bersez Joseph, chef à Bersez Augustin, Picron Jean-Prince, Dath Hubert, Dath Jean-Baptiste dit Charpentier.
  • Bersez Romain chef à Dath Jean-Baptiste, Dath Vincent, Nopenaire Ferdinand, Fontaine Jean-Baptiste.
  • Dath Barthélémy Joseph chef à Dath Henri Joseph, Degauquier Eleuthère, Croisiaux Louis, Miroir Auguste.
  • Coulon François chef à Coulon Dominique, Coulon Désiré, Stassart Augustin, Duquesne Hector.
  • Coulon Pierre chef à Duquesne Augustin, Jaivenois François, Duquesne Fabien, Coulon Chrisotome.
  • Lefebvre Jean-Baptiste chef à Jaivenois Eloi, Duquesne Florent, Blaivacq Joseph, Miroir Antoine.
  • Grard Augustin chef à Jaivenois Jean-Baptiste, Nopenaire François, Nopenaire Benjamin, Jaivare Jean-Baptiste.
  • Coulon Augustin chef à Nopenaire Isidore, Grard Valentin, Negleputte Jean-Baptiste, Broquet Ferdinand.
  • Negleputte François chef à Bastien Modeste, Destrain Joachim, Coulon Pierre Deffe, Capelle Domitien.
  • Laurent François instituteur chef à Destrain Jean-Baptiste, Capelle François, Fontaine François Xavier, Massy Fidèle.
  • Gosselin Domitien Bourgmestre chef à Degouy Jean-Baptiste, Cauvain Honoré, Gosselin Athanase, Destrain Chrisotome

Ainsi renouvellée la présente liste et fait en double à Husseignies le 11 février 1831.

Documents originaux......

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(Collection personnelle JN Gosselin)

En janvier 1835, le bourgmestre répond à une lettre du gouverneur relative à une circulaire émanant du ministre de l’intérieur concernant le service de la patrouille de nuit….

« J’ai l’honneur de vous informer Monsieur le Gouverneur que le service de la patrouille de nuit s’effectue avec zèle et exactitude, et que pour donner plus de loyauté et redoubler de zèle, nous avons donné connaissance aux habitants de cette commune des dites circulaires par voie de publications, à l’effet de leur faire sentir la conséquence de ce service, en leur faisant observer qu’il était de leur devoir de faire le plus grand silence possible lorsqu’ils sont occupés à effectuer leur ronde nuitamment afin de ne pas avertir par le bruit qu’ils pourraient faire les malfaiteurs de leur approche, ce qui donnerait à ces derniers, le temps et les moyens de leur échapper. »

(Archives de la ville d’Ath)

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Après l’établissement de la paix avec la Hollande en 1839, la garde civique se désagrège, même si quelques corps de chasseurs se maintiennent comme à Mons et à Liège. La garde civique est mise en situation de non activité, laquelle est confirmée par les lois des 8 mai 1848 et 13 juillet 1853. Quelques-unes subsisteront toutefois, comme à Binche, Charleroi et Mons.

 

27/02/2016

Isidore Lefebvre, insoumis au régime autrichien en 1793....

La première occupation française (1792-1793)

Le 6 novembre 1792, l'armée française menée par Dumouriez bat l'armée autrichienne lors de la bataille de Jemappes. L'indépendance de la Belgique est déclarée le 8 novembre et les troupes autrichiennes quittent les provinces belges. Le 19 novembre, la Convention confirme sa doctrine de propagande et non d'annexion. Les Français sont accueillis en libérateurs.

Très vite, les français changent de doctrine et de vision lorsque Brissot, qui parlait encore le 21 novembre « d'une ceinture de républiques » autour de la France, exhorte le 26 devant la Convention de reculer « nos barrières jusqu'au Rhin ». L'annexion de la Belgique est réclamée par Danton le 31 janvier 1793 dans une déclaration à la Convention où il précise la doctrine des frontières naturelles de la France.

Les autichiens reviennent, les français repartent…..

En mars 1793, l'armée française est vaincue à Neerwinden: les Autrichiens réoccupent, avec l'assentiment du peuple belge, les "Etats belgiques" et replacent le prince-évêque de Liège sur son trône.

Les réquisitions et corvées....

De tout temps, nos ancêtres payèrent un lourd tribut aux occupations militaires.

Les exactions étaient nombreuses, les réquisitions se portaient tant sur les denrées alimen­taires, que sur les hommes, les chevaux attelés à des chariots, des bestiaux soit vivants ou abattus pour avoir de la viande fraîche pour le ravitaillement des troupes, mais aussi du pain et des céréales pour les chevaux des troupes: froment, avoine, seigle, paille. Les fermiers étaient en plus corvéables de missions de transport diverses suivant les charrois et animaux de trait qu'ils possédaient.

A Husseignies, Isidore Lefebvre se distingue par son insoumission aux autrichiens…il sera condamné….!

« Vu par l’office roial des villes et chatellenie d’Ath le rapport des maire et échevins des village d’husseignies du 7 7bre 1793, duquel il résulte qu’Isidore Lefebvre habitant du dit lieu, a fait refus de fournir à Ath le 15 du dit mois à cinq heures du matin un chariot attelé de deux chevaux pour transporter jusqu’à Valenciennes des caisses, tonneaux et harnais au régiment de Latour chevaux légers, ensuite de leur ordre lui intimé le 14 précédent par Philippe Saligot mayeur du dit Husseignies, conformément à l’ordonnance qu’ils avoient reçue de Monsieur le Chatelain au dit jour 14, tout considéré.

Le dit office, pour le dit défaut, a condamné le dit Isidore Lefebvre a être emprisonné, à quel effet, il sera appréhendé et conduit dans les prisons de cet office, en outre à paier tous frais occasionnés pour le chariot qui a du être fourni par son défaut, le condamnant au surplus aux frais et mises en justice, le tout conformément aux reglemans du 25 juin 1744 et 27 juillet 1793.

Ainsi prononcé à Ath le 21 septembre 1793.

Signé Tainteniez

Le soussigné Messier d’Husseignies certifie d’avoir dument semoncé le nommé Isidore Lefebvre à la fin reprise en cet acte. Husseignies le 17 7bre 1793.

Signent les échevins et mayeur de Husseignies : Philippe Saligot, Philippe Staumont, François Joseph Picron, Luc Fontaine, Jacques-François Denis, Pierre-André Dath et Joseph Coulon. »

(Archives de la ville d'Ath)

Isidore Lefebvre dit "Mayeur Sidore" (1746-1831)

Originaire d'Ormeignies, époux de Marie-Françoise Massy, il était cultivateur à la rue Ludger Lapoulle (Rue des Bas Trieux à l'époque), et était le principal locataire foncier du Duc d'Arenberg.

Isidore Lefebvre fut maire de la commune de 1806 à fin 1812.

Il est un ancêtre en ligne directe à Bruno Lefebvre, actuel bourgmestre député de la commune de Chièvres.

Nous ne savons pas si Isidore exécuta sa peine car peu de temps après, les français reviendront et la Belgique sera française jusqu'en 1815. 

Les documents originaux....

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Le Comte Baillet de Latour.

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Feld-Maréchal au service de l'Autriche, il naquit en Belgique d'une famille noble luxembourgeoise d'origine de France. Il gravit rapidement les échelons hiérarchiques militaires malgré la jalousie des généraux autrichiens. Il continua à servir remarquablement son souverain et il se distingua en 1793 dans la guerre que la coalition menait à la France. L'armée autrichienne avait repoussé l'armée française au delà de Valenciennes, c'est au cours du siège de cette ville qu'Isidore Lefebvre fut sollicité à exécuter une corvée à destination du régiment de Latour.

 

30/01/2016

Cartographie de Huissignies et environs

 

  1. Via le site de la Bibliothèque royale

Cliquer sur le lien ci-dessous qui permet une super visualisation du plan Popp accompagné de sa matrice cadastrale.

  http://opac.kbr.be/index.php?lang=FR 

Mettre le nom du village en face de "tous les champs", ensuite cocher "uniquement données numérisées" puis cliquer sur « Chercher ».

Dans la matrice cadastrale, vous retrouverez la liste alphabétique des propriétaires de 1850 avec leurs propriétés foncières cad: maison, jardin, verger, grange (bien rural) et terres avec leur numéro cadastral respectif et leur superficie ainsi que le revenu net imposable à la contribution foncière.

Le village est divisé en 3 sections A, B et C. Grâce au numéro cadastral et sa situation dans une section, vous pouvez retrouver l’endroit de la propriété sur le plan Popp.

Exemple (voir la liste):

Bécart Adrien : Article 647

Cultivateur à Husseignies.

Matrice cadastrale Bécart Adrien.jpg

Voir sur le plan Popp dans la section A, la parcelle cadastrée 328a, Adrien Bécart habite à la ferme des Tourelles à la rue de l’église.

2. Via le site « Cartesius ».

www.ngi.be/FR/FR-cartesius.shtm

 Cliquer sur « recherche » ensuite zoomer avec la carte sur Huissignies puis de nouveau « Recherche ».

Le plan parcellaire Popp de Husseignies apparaîtra, aussi celui de Ladeuze, également des cartes aériennes et des plans régionaux divers.

 3. La matrice cadastrale et la plan Popp (en moins bonne résolution)  sans devoir passer par les sites mentionnés.

Huissignies POPP.pdf

Atlas cadastral parcellaire Huissignies.pdf

4. Carte Ferraris

http://www.kbr.be/collections/cart_plan/ferraris/ferraris_fr.html

 

Cliquer sur Chièvres ensuite déplacer et zoomer sur Huissignies

 

5. Carte particulière des environs d'Ath (1745)

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b5904113v/f1.item.zoom

 

Heussegnies 1745.jpg

 

30/12/2015

La Maison-forte ou Bastionnet (6)...les transformations au cours du temps

Au XIIIème siècle:

  • Recouvrement en pierre du colombage
  • Au pignon nord, construction de la tour

Au XVIème siècle: Sous les de Lalaing, aménagement du bastionnet en résidence; ce dernier quitte sa fonction de tour de défense.

Au XVIIème siècle, sous la famille d'Arenberg:

 

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Façade ouest de l'extension

 

  • Suppression de la terrée (= monticule).
  • Caves restaurées et voûtées.
  • Le pignon sud du bastionnet est démoli et est remplacé par un mur de réfend.
  • Des communications sont établies à tous les niveaux entre l'ancien bastionnet et les extensions. 
  • La toiture est rénovée à 2 versants appuyée sur les pignons.
  • Une grande pierre aux armes d'Arenberg est placée au dessus de la porte d'entrée, façade ouest. 

 

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  •  L'ancienne porte d'entrée est transformée en fenêtre.
  • Deux nouvelles fenêtres sont percées en façade ouest.
  • Dans la tour, une prison (dite oubliette) est installée plus bas que le niveau des caves; une porte y est placée à un mètre de hauteur de même qu'une grille à barreaux, de sorte que les coupables ne peuvent s'y échapper. La porte était munie de pentures énormes et d'une serrure gigantesque.

 

Vers la prison... (Copier).JPG

  • Dans le haut de la tour, les latrines sont supprimées.
  • L'ancien cellier du bastionnet fait également office de prison, des anneaux d'entrave sont scellés dans voûte, les prisonniers y sont enchaînés. 

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  • La brétèque sur le contrefort est abbatue et une baie y est percée.
  • des douves rectangulaires entourent l'ensemble du château.

Au XVIIIème siècle: construction de l'aile sud est (Ci-dessous).

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Héraldique des armoiries d'Arenberg 

Armoiries d'Arenberg (Copier).JPG

 

De gueules à trois fleurs de néflier d'or percées du champ, l'écu sommé du bonnet ducal du Saint-Empire et supporté à dextre par un lion couronné d'or et à senestre par un griffon couronné d'or. Les armoiries portent le collier de la toison d'or.

Extraits des archives....

15 octobre 1518:..."terre devant la porte de notre bastionnet d'Hussignies..."

3 février 1538: ...."auprès la thour d'icelle ville d'Hunchenies..."

8 janvier 1540: ...."pasture tenant à la maison du seigneur...."

15 mai 1582:...."chemin qui va de la dite kemoigne au chasteau du dit Hunchenies..."

La famille d'Arenberg....

Ils seront seigneurs d'Huissignies jusqu'à la révolution française et resteront propriétaires jusqu'en 1871.

A la mort de Prospère-Louis duc d'Arenberg, le notaire Vandenhouten procède le 7 septembre 1863 au partage de ses biens; le bastionnet revient à la princesse Elisabeth Thérèse Engelberte Leonarda Borghese ou Aldobrandini qui le revend à Florimond Malaise et à ses enfants suivant acte reçu par le notaire Le Tellier d'Ath le 23 février 1871. La princesse est la fille de Marie-Flore d'Arenberg, elle a épousé son Excellence Don Filippo, Prince Lancelloti, propriétaire à Rome. Le moulin à eau et probablement les terres feront aussi partie de l'héritage de la Princesse italienne acté à Ath la même date. 

Les différents châtelains ou baillis

Les divers seigneurs n'ont jamais résidés à Huissignies, ils avaient pour les remplacer un châtelain qui étaient leur bailli, greffier ou receveur.

Voici quelques uns de ces châtelains:

Jacques Daix, Bailly de la terre d'Huncegnies (Actes de 1548-1551)

Robert de Hauport résidant au château d'Huissignies (Actes du 15 mai 1582 et du 10 novembre 1616)

Fin décembre 1693, Mr Trympont, Bailly de la terre et seigneurie d'Husseignies meurt au château.

1803-1804-1806: Athanase Pennincq, originaire de Tournai, célibataire, maire d'Husseignies habite le château; il y décèdera en 1806 âgé de 62 ans.

Jean Baptiste Brison, Bailly de la terre et village d'Husseignies.. 

Quelle était le rôle du bailli...?

Il était donc le représentant du seigneur surtout en ce qui concerne la surveillance du village et l'administration de la justice. Il était en quelque sorte le seigneur sans en avoir les titres.

  • Il nommait et révoquait le mayeur, les échevins (ou les conseillers communaux), le sergent (garde-champêtre ou policier de quartier aujourd'hui), les messiers (gardiens des récoltes).
  • Il contrôlait et approuvait les comptes du massard (receveur communal), ainsi que ceux du mambour (receveur aussi) des pauvres et de l'église.
  • Il présidait les réunions de la cour féodale.
  • Il était également le receveur des droits seigneuriaux: revenus, taxes et amendes, reliefs et dénombrement des fiefs.
  • Il avait aussi dans ses attributions les affaires de haute justice; il était président de la cour féodale où l'on s'occupait des affaires criminelles, des délits divers et contraventions. 

 Les autres propriétaires après les d'Arenberg....

A partir de 1871: Florimond Malaise, riche commerçant de Beloeil.

En 1877: les enfants de Florimont Malaise.

En 1905: Le doyen Michaux de Beloeil

En 1907: Honoré Dumest, éleveur.

En 1909: Henri Houx

En 1938: Robert Houx

En 1961: Sylva Houx

En 1962: Jean-Marie Legros, restaurateur à Tertre.

A partir de 1964: la famille Detrain de Beloeil qui fera procéder à la restauration.

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12/12/2015

La guerre 14-18 (12) / L'année 1915 chez nous

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Après une année 1914 tragique, les premiers jours 1915 se passent dans le calme; la vie économique reprend de jour en jour.

De temps en temps, un petit incident vient troubler cet état de choses.

Le 10 janvier. Un chef allemand accompagné de quelques subalternes descend à la maison communale où les attendent les jeunes gens des classes 1914, 1915 et 1916. Ordre est donné de signer un engagement de ne pas faire pacte avec les alliés en cas de recul allemand. Chacun s’exécute puisqu’il le faut. L’ennuyeux est qu’il faudra se présenter à Chièvres tous les 15 jours, pour le contrôle.

Le 19 janvier: Réquisition des noyers (gautiers en wallon) . Ceux-ci sont condamnés. Qu’en feront l’ennemi ? Certains prétendent des crosses de fusil. Quoiqu’il en soit, la bêche et la hache commencent l’œuvre de destruction. Déjà un bon nombre d’arbres sont étendus sur le sol, quand arrive l’ordre d’arrêter.

Dès les premiers contacts avec la population, l'armée allemande réquisitionne tous les vivres possibles. Avoine pour les chevaux, viande ou bière, les soldats font main-basse sur tout ce qu'ile peuvent trouver. Les communes doivent fournir d'inombrables denrées pour les forces allemandes.

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Les prisonniers : Les familles reçoivent rarement de leurs nouvelles, leur situation est lamentable. Se forment des comités de secours à l’initiative de quelques jeunes qui s’en vont frapper aux portes et touchent les cœurs de nos villageois. Ils reçoivent partout un généreux accueil. Ils enverront tous les 15 jours un colis de 6 Kgs de vivres. Un comité central qui a son siège à Mons, rue Lamir centralisera la confection et l’envoi des collis. Les prisonniers recevront ainsi régulièrement un supplément bien nécessaire sur la ration ordinaire, ce qui leur procure en même temps la consolation de savoir que dans la petite Patrie, il en est qui partagent leurs peines. Ces envois se feront de façon ininterrompue jusqu’en janvier 1917, date à laquelle l’autorité allemande interdit tout rapport avec les prisonniers.

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Les semaines, les mois s’écoulent sans évènement notable.

 

Sources: Histoire de Ladeuze de l'Abbé Demeuldre / Beloeil à l'heure allemande 1914-1918 (Expo et document n°4 ASPB.

21/11/2015

Archives de la mairie du village d’Husseignies sous la république française: Déclaration de grossesse et enfantement....

 Extrait de l'état civil 

Marie-Angélique C….. jeune fille âgée de 22 ans de résidence au dit Husseignies, fille de Pierre-Joseph C…..et de Albertine H…., de même résidence, après avoir prêté serment, l’importance duquel lui ayant été donné à connoître, a déclaré, que le citoyen Hector M….., fils de Jacques et Marie-Joseph ……lui a fait diverses visites en qualité de galand, lequel l’a si bien cajolé sous diverses promesses de mariage de sorte qu’il a eu plusieurs acointances charnelles avec elle, de quoi elle déclare qu’elle se trouve enceinte du dit Hector M….., de sept mois environ, sans qu’autres que lui l’aie jamais connue charnellement.

Après lecture, la dite Marie-Angélique a persisté et signé de sa marque ayant déclaré ne savoir écrire.

Fait à Husseignies, le cinq du mois de brumaire, an dix de la république française (*).

Ainsi reçu et accepté par le soussigné Isidore Lefebvre, maire de la commune d’Husseignies, le jour, mois et an ci-dessus.

 

Le trois du mois de nivose l’an dix (**) de la république française, le maire d’Husseignies étant requis de la part de Marie-Angélique C…..pour faire la réitération de son serment, le maire étant là en présence du citoyen Théodore Massart chirurgien accoucheur, la dite Marie-Angélique C….. se trouvant dans les plus grands et pressants mals de son accouchement et enfantement, a déclaré et fait serment en présence du dit maire et chirurgien accoucheur, que l’enfant qu’elle espèroit de mettre au monde étoit des œuvres du citoyen Hector M….. comme elle l’avoit déclaré dans le procès-verbal ci-dessus en date du cinq brumaire an dix, fait à Husseignies en date, mois et an ci-dessus.

 (*) = 26 octobre 1812

(**) = 23 décembre 1812

 

…Finalement naîtra à 10 heures du soir, Hector-Noël C….., « sans adoption de père » ainsi déclaré.

 

Par crainte des infanticides, les mères portant des fruits illégitimes étaient tenues de faire la déclaration de leur grossesse devant la justice ou les autorités.

Etait auditionnée en premier lieu la femme enceinte. Si cela lui était possible, elle devait donner le nom de l'homme qui l'avait mise enceinte. Il pouvait être ainsi interrogé et la justice pouvait connaître ses intentions à l'égard de cette naissance.

Cette déclaration était bien souvent consécutive à des évènements tels que la fuite ou l’abandon du séducteur, une rupture ou encore les fiançailles ou mariage de celui-ci avec une autre. .

On ne rencontre pas fréquemment dans les archives ce genre de déclaration.

 

31/10/2015

Les brasseries à Huissignies (1)

Généralités

C’est dans l’ancien comté du Hainaut que les brasseries de campagne prennent leur origine. Sur cette terre d’élevage et de céréales, se dressaient les “censes”, pittoresques fermes carrées, au porche parfois surmonté d’un colombier.

Au 14e et 15e siècles, les brasseries se multiplient. La bière devient une boisson populaire. A l’époque, il était conseillé de boire de la bière, dont la teneur en alcool éliminait les germes pathogènes, plutôt que de l’eau qui était souvent le vecteur de transmission des épidémies telles que le choléra, la peste… 

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Production de bière au moyen-âge dans un monastère

On considère qu’à l’époque médiévale, la bière était préparée selon le même principe qu’aujourd’hui avec bien sûr un matériel rudimentaire, et à la différence près que la boisson fabriquée jusqu’à la seconde moitié du XIVème siècle n’était pas houblonnée, c’est pourquoi elle portait le nom de cervoise.

L’activité brassicole se concentre dans les exploitations agricoles d’une certaine dimension car il faut disposer de céréales et de combustible en suffisance. 

Exploitations qui rassemblent outre la famille du censier, une domesticité à demeure et des saisonniers en nombre, c’est la « ferme brasserie ».

L’abondance des brasseries à l’époque reflète le caractère largement autarcique de l’économie, la fabrication de la bière est familiale. On consomme ce que l’on produit, et étant donné les difficultés de faire une bière de garde, on produit souvent et peu à la fois, principalement des bières à fermentation haute.

Il faut noter aussi que parfois certaines brasseries ne sont pas liées à des fermes mais à des estaminets, des auberges.

Le terme « brassin » vient du fait que l’agitation du moût, mécanique aujourd’hui, était réalisée à la force du «bras ».

Au XIXe siècle, la dif­fu­sion de la machine à vapeur dans les cam­pa­gnes favo­risera l’émergence d’une tech­ni­que brassicole.

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Brasserie au 17ème siècle 

Le signage et le gambage

La connaissance brassicole était empirique et les procédés reposaient sur l’observation minutieuse d’un certain nombre de phénomènes naturels qui se transmettait oralement de génération en génération.

La fermentation et ses bouillonnements de gaz carbonique revêtait un caractère mystérieux, il fallut attendre 1850 pour que Pasteur donne une explication scientifique à ce phénomène.  Ses recherches scientifiques sur les micro-organismes vont permettre de maîtriser peu à peu le processus de la fermentation alcoolique et d'améliorer les conditions sanitaires des brasseries afin de produire une boisson plus saine et plus claire.

Avant cette époque, de nombreux accidents de fabrication survenaient suite à un manque d’hygiène ou aux développements de levures ou bactéries parasites.

C’est pourquoi, les anciens brasseurs étaient amenés à croire à l’intervention de forces occultes pour prévenir de ces phénomènes nocifs.  

Le signage du brassin ou bénédiction par le curé revêtu de l’étole, faisait partie du rite courant qui s’accompagnait d’un « droit de signage », une redevance à payer ou taxe paroissiale et qui rétribuait l’acte du ministère paroissial.

A Huissignies, le curé a droit à la fin du XVIIIème à une part de bière qui se brasse dans la paroisse, cette part se traduisant par 2 lots par brassin au curé du village (Verus pastor) et 2 pots au collateur cad l'abbaye à laquelle appartenait la paroisse (Primitivus pastor) » (L'abbaye de Saint-Ghislain)

On relève dans les archives une sentence de la Cour de Mons en 1424, qui termine un conflit opposant l’Abbaye de Saint-Ghislain, demanderesse, et Thierry La Burier, brasseur d’Harchies, défendeur, qui refusait de payer le droit de « sainiage de plusieurs brassins de cervoise ». (Source: Le droit de signage au moyen-âge en Hainaut de Daniel Van haudenaerde)

Quant au « Cambage ou Gambage », c’était une seconde redevance à payer au seigneur de l’endroit représentant une compensation de l’abandon par le seigneur de la banalité de la brasserie (autrement dit compensation au fait que la brasserie ne faisait plus partie du domaine seigneurial).

Dans une lettre du 18 septembre 1791 qu'adresse Mr Peninck, receveur du Duc d'Arenberg à Husseignies, à la maison d'Arenberg, il signale que "Le fief de Husseignies a dans sa terre un droit de gambage qui se loue 9 livres annuellement. Ce droit de gambage consiste en 4 pots (*) de bierre que le fermier retire à chaque brassin, il s'en brasse 10 à 12 chaque année. Plusieurs habitants de Husseignies, pour éviter cette redevance vont brasser  dans le village voisin, soit à Ladeuze ou à Tongre-Notre-Dame et refusent les 4 pots". (Archives de la fondation d'Arenberg à Enghien / Liasse sur Husseignies...voir archive ci-dessous)

(*) le lot ou pot, mesure de capacité pour les liquides qui avait une valeur différente suivant l’endroit; à Huissignies, on utilisait la mesure dite du "Pot de Peruwelz" qui correspondait 1.85 litre.

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Les premières brasseries à Huissignies....

(Source: Archives de la ville d'Ath)

  •  1517: Nicaise Charlett d'Hunsegnies, brasseur au Parme ( en face des Ets Richart à la rue des Hauts Arbres )
  • 1523: Brasserie Fourmanoir chez Braisette (à la rue des Culots)
  • 1550: Sire Estien du Puch, prêtre demeurant à Hunsegnies vend à Pierre Flamen d'Hunsegnies: maison, brasserie, etc tenant au chemin des 2 sens (Rue des Culots )
  • 1555: Maison et brasserie de Jacques Lebrun au Parme
  • 1558: Ernould Bouillez, brasseur à Huncegnies.
  • 1596: Emile Robette, brasseur à Huncegnies vend à Hendrick Snyder, maison, chambre, brasserie, puich, 6 journels sur le grand maret (entre l'église et la Hunelle, sur la droite en descendant le sentier
  • 1599/1609: Guillaume Robette, brasseur.
  • 1609: Philippe Robette, brasseur vend à maître Jacquemart, curé, 18 livres 5 sols sur maison, brasserie tenant au rieu venant du Barbechin tenant des 2 côtés aux waréchais (musée de la vie rurale)
  • 1611: Vente d'une maison, brasserie rue du Monceau par Philippe Robette, carpentier et brasseur. Acquéreur: Jean Pleting. (en face du musée)
  • 1614: Guillaume Robette, cambier(*) vend à Claude du Buisson de Boussu, sa maison, brasserie, etc sur les triels (=Trieux
  • 1624: Toussaint Ghoret donne sa brasserie tenant au rieu Barbechin à Anne Rousseau, sa femme et à André de la Motte, fils d'Anne de son premier mari à charge d'un obit de vigiles à 3 leçons, sabre pour l'âme de Toussaint Ghoret et d'Anne Rousseau. Il a pour enfants: Jean-Nicolas-Jenne et marie qu'il a eu de sa 1ère femmeJeanne regnault. Anne Rousseau a un fils: Andrieu de la Motte qu'elle a eu d'Estienne de la Motte son 1er mari.
  • 31-12-1643: La maison et brasserie d'André de la Motte ont brûlé par cas fortuit. Pour rebâtir, il vend sous autorisation des échevins, Cour de Mons, les biens de ses enfants mineurs du 1er lit à Julien Legrand brasseur et cambier à Huncegnies, le 23-6-1644.
  • 1664: Guillaume Pletin, laboureur et brasseur demeurant à Hunchegnies vend à Jacques de la Forge, mayeur de Beloeil par l'intermédiaire de Philippe Jacquelard, maison brasserie, etc, et terre dont 1/2 bonnier appelé le Rond Courtil vis-vis de la brasserie au Joncquoy (derrière l'église en descendant la piedsente).  

 

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10/10/2015

Aperçu de la population de Huissignies (Husseignies) entre 1797 et 1822

 Sources utilisées : Archives communales / Régistres de la population

 La période française a duré de 1794 à 1814.

1. Les professions

 

Les hommes

Statistiques effectuées sur les déclarations de mariage et sur les déclarations de décès sur un échantillon aléatoire  de 200 personnes qui se sont mariés ou qui sont décédés entre 1797 et 1822

Ouvriers 25%

Cultivateurs 19%

Ménagers 18%

Sabotiers 9%

Tisserands 6% (occupation hivernale de certains cultivateurs)

Journaliers 2%

Domestiques 2%

Autres (20% restants), on trouve :

Marchand de lin, meunier, berger, bourrelier, maréchal-ferrant, charron, peigneur de lin et de laine, lammier, épongeur de laines, blanchisseur, jardinier, scieur, boulanger, boucher, brasseurs, coordonnier, maçon, spadeur, charpentier, tailleur d’habit, garde-forêt, rentier, bûcheron, horloger, champêtre, tonnelier, menuisier, cabaretier, vitrier, commerçant, voiturier, négociant, couvreur de paille, aubergiste, instituteur, joueur de violon, mendiant, chirurgien.   

Les femmes

Echantillon aléatoire de 134 personnes. 

Ménagères 33%

Fermières 21%

Ouvrières 26%

Servantes 7.5%

Fileuses de lin 6.5%

Couturières 4%

Journalières, lingères

 

2.Degré d’alphabétisation

Evaluation simple faite sur la faculté des mariés et des mariées à pouvoir y apposer leur signature sur leur déclaration de mariage (les autres y apposent une croix).

Les hommes : 56% peuvent y apposer une signature.

Cultivateurs : 81%

Sabotiers : 50%

Ménagers : 45%

Ouvriers : 28%

Les femmes : 28% peuvent y apposer une signature.

Cultivatrices : 70%

Couturières : 33%

Ménagères : 25%

Ouvrières : 7% 

3.Mortalités

421 décès entre 1797 à 1822 soit une moyenne de 16.5 par an pour une population de +- 1000 personnes.

10% des nouveaux nés n’atteignent pas l’âge de 1 an

16% décèdent entre 1 et 11 ans

30% n’atteignent pas l’âge adulte

On doit épingler 5 années de record de décès :

  • 1806 (28 décès dont 12 atteignent des enfants de moins de 12 ans) caractérisée globalement en Belgique par des épidémies très meurtrières de rougeole, de scarlatine et d’angine aphteuse.

  • 1810 la plus catastrophique pour le village car on y recense 43 décès (dont 23 atteignent des enfants de moins de 12 ans) sans pouvoir l’expliquer.

  • 1813 (26 décès dont 12 atteignent des enfants de moins de 12 ans) qui s’expliquerait par un hiver particulièrement rigoureux.

  • 1817 (26 décès dont 11 atteignent des enfants de moins de 12 ans) caractérisée globalement par une épidémie de typhus en Belgique.

  • 1820 (33 décès) qui a connu un hiver particulièrement rigoureux .

          

4.Naissances

692 naissances entre 1797 et 1822 soit une moyenne de 27 par an.

5.Mariages

154 entre 1797 et 1822 soit une moyenne de 6 par an.

Moyenne d’âge des mariés : 30 ans pour les hommes et 26.5 ans pour les femmes.

  • 54% des filles mariaent un garçon de Huissignes ( Endogamie géographique *)

  • 30% mariaent un garçon d’un village tout limitrophe. 

  • 13% mariaent un garçon d’un village non immédiat mais situé à moins de 15 Km.

  • 2% mariaent un garçon d’un village éloigné de plus de 15 Km (Exogamie géographique)

L’année 1811 est une année record quant au nombre de mariages. On peut lire dans les régistres que 11 mariés sur 14 déclarent « avoir approuvé leur acte de liberté délivré par le maître des requêtes, préfêt du département de Jemappes », c’était probablement la condition sina qua none pour pouvoir officiellement convoler en juste noce.

(*) La démographie historique a démontré que jusqu’au 19ème siècle, le conjoint était choisi dans 80 à 90% des cas dans un rayon de 8 à 10 Km; cad les 2 heures que mettait à pied le jeune homme pour aller courtiser sa fiancée.

6.Les noms de famille les plus courants à Huissignies

Dans l’ordre :

Duquenne/Duquesne, Laurent, Coulon, Capelle, Massy, Labie/Labbye/Labye, Destrain, Brouillard, Picron, Dupont/Dupond, Dubois, Dath, Carlier, Renard, Cauchies, Jaivenois, Auverleau, Masson, Miroir, Cousin, Meurant, Gosselin, Caudron, Legrand, Nopenaire, Dufrasne, Laventure, Baugnies, André, Delestray.

 

 

 

19/09/2015

Archives communales: Extraits du régistre des correspondances de 1833 à 1839

 Régistre des correspondances de la commune d'Husseignies de 1833 à 1839 

 (Bourgmestre: Domitien Gosselin, Secrétaire: Abraham Paul)

 

11 août 1833 : En réponse à une circulaire du 31 juillet relative aux mesures à prendre pour parvenir à faire disparaître toutes les causes d’insalubrité et les appréhensions pour la santé publique. « Nous avons l’honneur de vous informer Monsieur le Gouverneur que pendant le courant de cette année, nous avons fait blanchir les maisons au lait de chaux aux frais du bureau de bienfaisance et des visites réitérées ont été faites par messieurs les membres de la sous commission sanitaire et ont reconnu que le tout avait été assaini d’une manière convenable et conforme à la circulaire de Monsieur le Gouverneur du 18 février 1832. » 

14 octobre 1833 : « A propos de la lutte contre l’incendie : Nous avons un règlement approuvé par le collège des états députés en date du 4 juin 1823 pour lequel il est enjoint aux habitants mâles de cette commune et notamment à ceux de 18 à 60 ans lorsqu’un incendie se déclare, ils doivent apporter de chez eux tous les objets propres et nécessaires à l’extinction du feu ». 

9 octobre 1935 : Le bourgmestre informe le gouverneur que l’anniversaire des journées de septembre 1830 a été célébré à Huissignies par les jeux de balle et de cartes dont les prix consistaient en mouchoirs que l’administration a donné à cette fin et que les fêtes ont été célébrées avec pompe et enthousisasme. 

25 mars 1836 : « Nous avons l’honneur de vous informer monsieur le Gouverneur, que d’après la délimitation cadastrale, il a été réuni à la commune d’Husseignies un hameau nommé Canteleux qui faisait partie de la commune de Ladeuze avant la dite délimitation et dont sa population est de 42 habitants et nous vous informons en outre, qu’il n’existe point d’autre hameau dans la commune d’Husseignies et ce dit hameau est situé à un quart de lieue de la place de Husseignies. 

11 juillet 1836 :J’ai l’honneur de vous informer monsieur le Gouverneur qu’il n’existe qu’une école primaire dans cette commune et elle est permanente, on y enseigne la doctrine chrétienne, la lecture, l’écriture en 5 genres, la grammaire française, l’analyse grammaticale, l’analyse logique, la syntaxe française, la numération, les 4 règles sur les nombres fractionnaires, l’évaluation des fractions, l’application des fractions au calcul des nombres complexes, l’histoire sainte, l’histoire de la Belgique, la géographie astronomique-naturelle et politique de l’Europe, de la Belgique et du Hainaut, la tenue des livres des comptes. On y admet les enfants dès l’âge de 5 ans, l’étude dure 2 heures et demi par chaque demi jour. Dans ce temps, l’école peut être fréquentée par 25 garçons et 10 filles. 

18 juillet 1836 : Adressé à Monsieur le Gouverneur : L’administration d’Husseignies ayant besoin d’une copie de l’instruction ministérielle relative à la nouvelle délimitation cadastrale afin de connaître aux habitants de la commune de Ladeuze dont les propriétés se trouvent enclavées dans la nôtre, les obligations qui les incombe sous le rapport de la cotisation personnelle à partir de 1836.

18 septembre 1836 : Par arrêté royal, Léopold 1er Roi des belges autorise d’établir un péage sur les chemins empierrés existant à Husseignies. La commune est autorisée à percevoir pour un terme de 6 ans un droit de péage suivant les tarifs et les conditions ci-après…. 

Résumé  des 9 articles relatifs à ces péages:  

Pour chaque paire de roues de toute voiture quelconque (3 roues comptant pour 2 paires) : 2 centimes. Pour chaque cheval, mulet, bœuf, vache ou âne attelé : 2 centimes. Le produit du péage sera affecté exclusivement à l’entretien et amélioration des chemins pavés et empierrés et à leur prolongement ainsi qu’à la construction de nouvelles communications. Trois bureaux seront installés (Risqu’à tout, Aubette et Limite Ladeuze à la Rue de la Corne) et le droit ne sera dû qu’une fois. Un compte exact et détaillé du produit et dépenses effectuées sera tenu par l’autorité locale et transmis annuellement à la députation …etc etc… 

27 décembre 1836 : J’ai l’honneur de vous informer Monsieur le Commissaire qu’il n’a seulement pas été employé un hectare de betteraves sucrières dans cette commune mais que l’on ne récolte que des betteraves propres à la nourriture des bestiaux.

 

04/07/2015

La Maison-Forte ou Bastionnet (5): La chapelle castrale

P1010468 (Copier) - Copie (2).JPG

Sur la face "côté est" du bastionnet, on observe directement que le pilastre de la façade est a été mutilé dans sa hauteur, la modification dans la maçonnerie est frappante.

René Sansen a prouvé que ce pilastre était plein de maçonnerie et les sondages n'ont rien révèlé.

A l'étage, il a trouvé à cet endroit une large baie  ménagée dans le colombage; baie qui donnait accès à une sorte de loggia ayant posé sur le contrefort.

René Sansen y voit l'emplacement de la chapelle du bastionnet qui n'était bien sûr qu'un modeste oratoire.

Pourquoi une chapelle dans un donjon fortifié....?

Les antagonistes de ce temps étaient animés, les uns et les autres, d'une crainte supersticieuse, sinon d'un respect pour les choses sacrées.

Personne, sous peine de sacrilège, n'aurait osé forcer une place du côté de la chapelle. Celle-ci constituait donc dans la défense, une zone protégée par une sorte d'accord tacite.

Sur d'autres sites médiévaux, on observe souvent que les chapelles sont bâties sur de solides blocs de maçonnerie défiant la sape et le bélier.

La chapelle Sainte-Cécile et sa pierre d'autel...

Les textes disent que la chapelle était placée sous l'invocation de Sainte-Cécile (*).

René Sansenn situe donc la chapelle dans une alcôve surmontant le pilastre.  

Il retrouva dans les décombres la pierre d'autel de la chapelle castrale.

 

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C'était une dalle de 20 cm d'épaisseur , longue d'1m25cm et large de 80 cm; on pouvait y apercevoir la cavité qui recueillait la relique.

Il semble d'après lui que la chapelle suivit ensuite les résidents dans leurs pérégrinations à l'intérieur de la bâtisse. Probablement qu'au XVIème, la chapelle fut réaménagée au rez-de-chaussée. Il y découvrit l'emplacement d'une baie garnie d'un ciel d'autel peint en bleu azur et parsemé d'étoiles. 

 (*) 26 mars 1619....Georges de baye de Beloeil doit une rente de 10 sols à la chapelle Sainte-Cécile à Huissignies.....

D'autre part, l'Abbé Demeuldre signale que la chapelle est mentionnée dans les régistres de la paroisse en qualité de chapelle castrale.